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Publié le 2 Mai 2020

Dessin de mon camarade Rudy

 LA FAUTE DE MACRON

Nous ne sommes pas ici dans le célèbre roman de Zola sur la « faute de l’abbé Mouret » découvrant les plaisirs pour ensuite devoir les refouler face aux turpitudes de l’église vis-à-vis des femmes.

Certes, Macron nous parle « des jours heureux », mais c’est pour ensuite nous plonger dans les horreurs de la mascarade macroniste sur la pandémie dont les erreurs et les manquements sont manifestes.

J’en prends un seul exemple : le masque.

Il est souvent dit que la politique c’est l’art d’anticiper : anticiper ne semble pas être le fort de Macron pour la santé des travailleurs : il a était incapable de se préparer à ce qui avait été annoncé et notamment par la réquisition pour fabriquer des masques de haute qualité pour les soignants et la population : il a failli à sa tâche de Président de la République.

Il veut déconfiner après été en dessous de tout.

Alors pour lui, « les jours heureux » sont ceux d’un retour à l’avant : les jours heureux du capital où il pourra à nouveau satisfaire la soif de profits des détenteurs de capitaux et de dividendes. La cohorte des milliardaires veille au grain à moudre et surtout pour tondre les travailleurs : ceux qui subsisteront après le carnage des contrats précaires et aussi indéterminés, auxquels la dame du chômage : « la Pénicaud » veut procéder.

Il nous parle des risques de rebond mais il envoie les enfants et les travailleurs reprendre le boulot dans les pires conditions de travail avec un manque considérable dans les entreprises, je veux parler de la disparition des CHCST, j’y reviendrai.

La CGT et le parti communiste, à juste raison, considèrent que les conditions ne sont pas réunies pour une reprise du travail dans les entreprises et je voudrais m’arrêter un instant sur cette situation dangereuse pour la santé des travailleurs et les risques de rebond du covid19 sur les lieux de travail et notamment si les protections individuelles dont les masques dont les masques manquent.

Nous voyons en effet le patronat diriger la manœuvre pour une reprise du travail à tout prix. Nous avons vu comment le pouvoir et le patronat, depuis des années, à force de mesures pour réduire ce qu’ils appellent les  couts du travail, ont démantelé nos hôpitaux et les droits des salariés ainsi que la représentation du personnel.

On peut se rendre compte que la casse du code du travail permet aujourd’hui au patronat de décider seul ou simplement par une réunion du CESE pour annoncer ses mesures. La disparition des CHSCT  apparait en conséquence comme catastrophique pour le monde du travail.

Chacun sait que les CHSCT ont été l’outil précieux pour améliorer les conditions de vie et de travail des salariés avec des délégués en nombre pour suivre les questions de santé et de sécurité dans les entreprises et surtout la prévention des risques.

Cette structure, mise en place par Croizat à la libération, a volé en éclat à la grande satisfaction du patronat lors de la remise en cause de la représentation du personnel dans le code du travail sous la baguette d’El-Khomry puis de Pénicaud.

Cette organisation CHSCT avait un grand pouvoir, celui d’empêcher la mainmise patronale sur les questions de santé et de sécurité sur les lieux de travail.

Le CHSCT pouvait permettre aux salariés d’invoquer la cause de retrait (avant d’exercer son droit de retrait, le salarié doit alerter son employeur, par téléphone ou par un écrit, de la situation de danger. Le signalement de la situation peut être fait à un représentant du CHSCT de son établissement qui pourra déclencher la procédure d’alerte de danger grave et imminent) et ne même temps plaider la responsabilité de l’employeur.

 Le CHSCT permettait aussi de procéder à des enquêtes sur les accidents du travail, sur l’arrivée de nouveaux procédés de production, sur les maladies professionnelles et leur prévention, sur les produits utilisés et sur les risques d’épidémies.

Tout cela à donc volé en éclat sur les injonctions de Macron  et de Philippe et de la dame patronnesse Pénicaud ministre des basses œuvres du gouvernement et du patronat.

Les CHSCT, aujourd’hui, ne sont plus. Ils ont été remplacés par une commission du CESE réduite à un rôle limitatif et souvent sous le contrôle patronal avec leurs experts.

Ainsi Macron, sans filets de secours, veut remettre au boulot les salariés partout et notamment avec le manque  de masques et des mesures de distanciation des salariés que l’ont sait difficilement respectées notamment là où il n’y pas de syndicats CGT.

Nous voyons là la perte incommensurable des CHSCT et il serait important que cet organisme soit immédiatement remis sur pied dans toutes les entreprises.

Il suffit pour cela d’abroger les lois qui ont anéanti les CHSCT et de redonner tout de suite vie à cet organisme dans toutes les entreprises.

Je pense que les syndicats CGT doivent immédiatement prendre les mesures avec les salariés pour que dans leur entreprise se remet en place les CHSCT indispensables notamment dans ces moments dramatiques de la pandémie, y compris par la consultation des salariés-es.

Bernard LAMIRAND

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Rédigé par aragon 43

Publié dans #POLITIQUE, #SANTE, #SECURITE SOCIALE

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Publié le 30 Mars 2020

A mes amis-es lecteurs, 

Vous trouverez ci joint un numéro exceptionnel d'Economie et Politique, revue du PCF qui traitent des sujets d'actualités et dont j'ai rédigé un article concernant Ambroise Croizat et la Sécurité sociale en cliquant ce mot ( https://www.economie-et-politique.org/2020/03/30/numero-786-787-janvier-fevrier-2020/).

Bernard Lamirand

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Rédigé par aragon 43

Publié dans #PCF, #SANTE, #SECURITE SOCIALE

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Publié le 27 Mars 2020

Rédigé par aragon 43

Publié dans #Actualités, #EVENEMENTS, #SANTE

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Publié le 13 Mars 2018

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Rédigé par aragon 43

Publié dans #CGT, #SECURITE SOCIALE, #SANTE

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Publié le 4 Mars 2018

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Rédigé par aragon 43

Publié dans #SANTE, #CGT

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Publié le 21 Janvier 2018

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Rédigé par aragon 43

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Publié le 10 Décembre 2017

Notre hôpital est confronté à une purge financière sans précédent
Depuis le début de l'année 2017 jusqu'à sa fin, nous aurons vu environ une centaine de lits supprimés sur le GHPSO, Que ce soit sur le site de Creil ou de Senlis.

Le déficit doit être comblé. Des lits supprimés cela veut dire les emplois supprimés, c'est à un véritable plan social ( de licenciement) que nous assistons.

On nous explique que nous ne serions pas vous assez efficace, qu'on peut faire plus avec moins, qu'il Faut prendre le grand virage ambulatoire et qu'il faut encore supprimer des lits de médecine.

Il n'est pas question de nier que l'hôpital a changé, que nous devons adapter certaines de nos pratiques. Nous sommes tous d'accord pour dire qu’il ne sert à rien de laisser un patient dans un lit d'hospitalisation quand les examens ou le traitement qu'il attend peuvent se faire à domicile.

Mais cette logique à ses limites, comment renvoyer à domicile une personne âgée dépendante ? Comment être sûr qu’un patient peut rentrer à domicile alors que le diagnostic certain est en attente du fait des délais d'un examen ? Comment renvoyer à domicile un patient dont les conditions de vie précaires ne permettent pas les soins à l’extérieur ?

Évidemment la logique hôpital de jour est fabuleuse, on vient une journée à l'hôpital on a ses examens son traitement et on repart, personne ne souhaite vraiment rester hospitalisé, on est bien mieux chez soi. Sauf que cette pratique n'est pas adaptable à toute la médecine, Elle est particulièrement inadaptée aux patients vus en urgence, ou aux patients présentant un problème aigu, ou bien encore aux patients dépendants ou polypathologiques.
De plus l'hospitalisation de jour nécessite d’aller plus vite, et requiert en fait plus de personnel si l'on veut vraiment être efficace, or ce n'est pas ce que nous observons.
Si l'on veut vraiment tenir compte de l'efficacité et de la santé publique, C'est simple. Mettons en place les structures ambulatoires recommandées, et voyons quels lits d’hospitalisation classique restent vides. Nous saurons alors combien de lits il faut fermer. On fait tout l'inverse, On ferme d'abord les places d’hospitalisation puis on voit ce qu'on peut absorber avec les structures ambulatoires. Ce qu'on ne peut pas absorber, se retrouve dans le couloir des urgences avec toutes ses conséquences en termes de qualité et même de sécurité des soins.

Le ponpon, c'est que ce sont les mêmes technocrates qui conseillent la fermeture de lits qui viennent expliquer que la situation aux urgences est inadmissible et que nous sommes sûrement mal organisés.
Aujourd'hui, les urgences du GHPSO sont une coquille d’œuf, un rien suffirait à briser ce service.
Il manque 10 postes de médecins urgentistes, et ceux qui travaillent dans le service ont des conditions d'exercice inadmissible. Ils ne peuvent voir les urgences dans des délais raisonnables car ils doivent d'abord réévaluer les patients stationnés dans les couloirs et qui n'auraient rien à y faire. Ils passent ensuite un temps fou avec les infirmières les aides-soignantes à changer les patients de place pour les examiner, du fait de l'exiguïté des locaux. Et enfin dans cette multitude de malade, quand ils arrivent à boucler un dossier, reste le parcours du combattant pour trouver une place d’hospitalisation. À croire que tout est fait pour qu'un accident finisse par arriver.

Le ras-le-bol est majeur, et au prochain médecin urgentiste qui jettera l'éponge, on risque de voir tous les autres le suivre. Le premier site d'urgence mis en cause sera évidemment Senlis. Mais si Senlis ferme, la charge de travail qui se reportera sur Creil entraînera inéluctablement d’autres départs de médecins urgentistes.

Les hôpitaux publics sont coincés entre un financement à l’acte qui les rend tous déficitaires et une démographie médicale qui ne leur permet pas de trouver les professionnels dont ils ont besoin. Désormais, l'effondrement est proche.

Nous venons de passer un cap à Creil avec l'annonce ( mais sans le dire vraiment) de la fermeture de la maternité. Il y a deux raisons à cette volonté de fermeture. Une raison financière avec la volonté de réduire encore les dépenses de l'hôpital et une raison démographique avec l'insuffisance de praticiens pour maintenir la qualité et la sécurité des soins sur deux sites.
Si nous laissons faire cette fermeture, ce sont les populations les plus fragiles du bassin Creillois qui seront directement impactées.

C’est désormais à l’ARS d’intervenir, elle est responsable de la couverture sanitaire de nos territoires. Si nous restons sur des solutions locales, Nous avons perdu. Tant sur le plan financier que sur le plan des ressources humaines les hôpitaux de Creil et de Senlis ne peuvent s'en sortir tout seul.

Alors soit l’ARS remplit le rôle qui lui officiellement affecté. Soit Elle ne sert en effet qu’à restructurer l'offre de soins au bénéfice du privé en laissant mourir l'hôpital public, il faut alors clairement annoncer la couleur, seuls ceux qui en auront les moyens seront correctement soignés.
L’argent existe, les hôpitaux publics de France payent une taxe sur les salaires à hauteur de 4 milliards qui si elle était supprimée leur redonnerait des marges financière. Pour l’instant, on a préféré supprimer l’ISF pour le même montant de 4 milliards.

Nous avons besoin d'une mobilisation large du personnel, des élus, de la population tout au long des semaines à venir pour aboutir à une manifestation fin janvier afin d’exprimer notre refus des choix de santé délirants concernant nos hôpitaux et notre bassin de vie.

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Rédigé par aragon 43

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Publié le 26 Mai 2017

Aujourd’hui et demain : qui va s’occuper de nos malades âgés ?

mercredi 24 mai 2017
 

Le Dr Christophe Trivalle est chef de service SSR Alzheimer, Hôpital Paul Brousse, AP-HP

Un rapport récent de la Drees a été largement repris dans la presse car il annonçait une baisse de l’hospitalisation des personnes âgées d’ici 2030. Cette baisse concernait surtout un scénario très optimiste et un peu un scénario médian, et reposait principalement sur un développement de l’ambulatoire. Or ce développement de l’ambulatoire ne peut se faire correctement et en toute sécurité pour les malades que s’il y a suffisamment de médecins, d’infirmières, de kinésithérapeutes pour s’occuper des malades en ville, et pour les plus âgés d’aides-soignantes ou d’auxiliaires de vie. Ce qui n’est pas du tout le cas aujourd’hui et la situation va plutôt s’aggraver dans les années à venir si rien n’est fait au niveau national. De plus, le virage ambulatoire n’est pas du tout adapté aux plus de 75 ans, et la Drees prévoit d’ailleurs une augmentation des séjours hospitaliers pour cette tranche d’âge.

Or, dans le nouveau gouvernement qui a été nommé le 18 mai rien n’a semble-t-il été prévu pour les personnes âgées, ce qui est un premier signal plutôt négatif.

Quelle est la situation actuelle de la gériatrie et comment
va-t-elle évoluer ?

Il n’est pas nécessaire de rappeler les chiffres concernant le vieillissement de la population française dans les années à venir. On peut quand même donner l’exemple le plus frappant, c’est celui des centenaires : ils étaient 200 en 1950, 23 000 aujourd’hui et seront plus de 200 000 en 2060. Or, plus l’âge augmente, plus le nombre moyen de pathologies par personne augmente. Même si on fait d’énormes progrès sur la prévention (ce qui n’est pas dans la culture française) et si on s’améliore sur la prise en soin des pathologies chroniques (où on est déjà plutôt bons) il y aura quand même une augmentation significative des personnes âgées malades et dépendantes. Par ailleurs il y a aussi le fléau de la maladie d’Alzheimer et des pathologies apparentées, pour lesquelles nous n’avons aucun traitement et dont on n’est pas sûr de pouvoir les traiter un jour. Du coup, qui s’occupe de ces malades aujourd’hui et qui va s’en occuper demain ?

On sait qu’il y a une pénurie de médecins généralistes (mais aussi de spécialistes) et de nombreux déserts médicaux en France. Ces déserts concernent même les grandes villes, y compris l’Île-de-France et certains arrondissements parisiens. Mais ces déserts s’étendent aussi de plus en plus à l’hôpital, ce qui a largement été favorisé depuis plus de 10 ans par une politique dite d’efficience qui consiste principalement à réduire les recrutements.

Depuis plusieurs années j’alerte sur la situation dramatique en gériatrie et sur les conséquences prévisibles de la réforme du 3e cycle des études médicales. Cette réforme a été envisagée uniquement sous l’angle « formation » des étudiants sans jamais tenir compte du rôle important des internes dans le fonctionnement de l’hôpital ! Tout le monde a oublié le titre historique qui était « internes des hôpitaux ». L’hôpital étant un lieu d’enseignement et d’accompagnement, permettant aux médecins en formation de voir une médecine de pointe et des personnes présentant des pathologies plus ou moins complexes. C’est un lieu où on se crée souvent ses futurs réseaux, où l’on apprend à raisonner, à rationaliser ses prescriptions (examens complémentaires et traitements) et à synthétiser son raisonnement médical. Certaines maladies sont difficiles à suspecter si on ne les a jamais vues. Les futurs médecins généralistes qui feront par la suite toute leur carrière en ville n’auront souvent plus l’occasion de travailler à l’hôpital. Il est dommage que la réforme actuelle ne soit envisagée que sous l’angle d’éviter l’hôpital, alors que ces futurs médecins, généralistes ou spécialistes en libéral, auront toute leur vie professionnelle pour bien comprendre les subtilités administratives du travail en cabinet !

Que se passe-t-il avec cette réforme, en dehors des 3 phases : socle, approfondissement et consolidation ? Deux choses : une formation de plus en plus ambulatoire de la médecine générale dont les responsables ne voient pas l’intérêt de faire des stages à l’hôpital et la création d’un DES (diplôme d’études spécialisées) de gériatrie, dont les coordonnateurs n’ont qu’une vision universitaire, sans appréhender les besoins immenses qu’il y a en dehors des CHU (centres hospitalo-universitaires) : ville, EHPAD (établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes), services de réadaptation, unités de long séjour, etc. Il est aussi intéressant de noter que les responsables de la médecine générale ne voient pas l’utilité de rendre obligatoire un stage de 6 mois en gériatrie.

A l’occasion de cette réforme, deux nouveaux DES sont créés : la médecine d’urgence et la gériatrie. Il est clair que les ambitions de ces deux disciplines ne sont pas les mêmes : ainsi, le DES de médecine d’urgence a obtenu la création (théorique) de 470 postes au niveau national (90 en Île-de-France) contre seulement 250 pour la gériatrie au niveau national (60 en Île-de-France)… Jusqu’à maintenant, il existait deux voies pour devenir gériatre. La première voie était celle du DESC (diplôme d’études spécialisées complémentaires) de type 2 (le DESC créé en 1988 est devenu qualifiant en 2004, lorsque la gériatrie a été reconnue officiellement comme spécialité), qui était initialement surtout validé par des DES de médecine interne avec souvent une perspective universitaire. Secondairement, la médecine générale étant devenue une spécialité, ce sont les DES de médecine générale qui ont fourni 90 % des effectifs du DESC de gériatrie. La deuxième voie était celle de la capacité de gérontologie créée elle aussi en 1988. Ce système a d’abord permis à des médecins généralistes déjà installés et plus rarement à des spécialistes de se reconvertir à la gériatrie. Depuis plusieurs années, ce sont aussi les médecins à diplôme étranger qui choisissent cette voie pour valider leur procédure d’autorisation d’exercice (PAE). La capacité a fourni de très nombreux médecins coordonnateurs d’EHPAD, de médecins de SLD (soins de longue durée) et aussi de SSR (soins de suite et de rééducation) gériatriques : 88,5 % des gériatres hospitaliers sont détenteurs de la capacité de gérontologie et seulement 8 % du DESC… Rien que pour les médecins coordonnateurs d’EHPAD, les besoins estimés sont de 6 000 médecins pour environ 10 000 établissements dans les secteurs public, privé et associatif.

En Île-de-France, il y a actuellement 130 internes en UGA (unités de gériatrie aigüe) et 194 en SSR, presque exclusivement de médecine générale. Pour novembre 2017 (phase socle), il est prévu d’ouvrir 30 postes de DES de gériatrie, uniquement en UGA, et seulement dans des services universitaires (les seuls ayant un niveau de formation suffisant…) avec quelques services ayant comme responsable un ancien chef de clinique assistant. Pour la phase 2 (approfondissement) il n’est prévu que 15 postes en SSR ! Comme la médecine générale ne donnera son agrément que pour les services ayant déjà l’agrément en gériatrie (qui du coup seront aussi les seuls à avoir l’agrément pour la PAE), il est facile d’imaginer la catastrophe annoncée !

La situation est bien sûr différente d’une région à l’autre et selon les structures. De nombreuses structures privées n’ont jamais eu d’internes et ont été créées sur cette base. En province ou en Île-de-France dans la deuxième couronne, de nombreux hôpitaux ont également modifié leur fonctionnement pour survivre sans internes. Et ceci grâce aux médecins à diplôme étranger qui pendant longtemps pouvaient être recrutés très facilement et pour un coût financier très acceptable. Depuis les règles de recrutement sont devenues de plus en plus restrictives avec en particulier la création de la PAE (procédure d’autorisation d’exercice). De très nombreux services, à chaque fois qu’ils perdaient des internes ont survécu par ce biais. Mais aujourd’hui ce robinet est presque fermé et ceux qui avaient été recrutés, dès qu’ils sont inscrit au conseil de l’Ordre, quittent l’hôpital pour s’installer dans le privé (SSR ou EHPAD) où ils sont largement mieux payés et avec moins de contraintes (pas de gardes, ni de week-ends). Dans le même temps, de nombreux praticiens hospitaliers quittent l’hôpital public pour aller dans le privé.

On se retrouve donc aujourd’hui avec des services, surtout en gériatrie et en SSR, dans lesquels il manque des praticiens hospitaliers, des médecins étrangers, et pour lesquels on enlève progressivement les internes depuis un an et demi. A Paul Brousse par exemple, nous avons cet été 6 internes au lieu de 14, et en novembre, probablement 0, 1 ou 2 ! Nous avons déjà fermé 45 lits, mais en novembre ce sera une centaine. Et cela sur un seul site. Cette situation va aller en se multipliant, et il est bien évident que c’est tout le système hospitalier qui va en subir les conséquences. Ceux qui ne voient rien venir vont vite comprendre quand il n’y aura plus de filière d’aval pour accueillir leurs malades et conserver leur durée moyenne de séjour (DMS) dans les bornes autorisées ! Par ailleurs, l’activité en SSR va s’effondrer au moment où on passe (enfin ?) à la DMA (dotation modulée à l’activité, une sorte de T2A – tarification à l’activité – « light »).

Comme on le voit, on va droit dans le mur. On a laissé les coordonnateurs de DES gérer la santé à leur guise sans aucun contrôle et personne ne se pose de questions. Est-ce aux directeurs d’hôpitaux de réagir ? Est-ce aux ARS (agences régionales de santé) ? Est-ce à la DGOS (Direction générale de l’Organisation des soins) ? Est-ce à la nouvelle ministre de la Santé ? En tous cas il y a urgence. Lorsque les services auront fermé, pour beaucoup on ne pourra plus revenir en arrière.

Article publié dans Respublica

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Rédigé par aragon 43

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Publié le 19 Mars 2017

Rédigé par aragon 43

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Publié le 18 Mars 2017


 

Les centres de santé dénoncent le coup de frein brutal du ministère de la Santé

 
 

C'est peut-être un coup d'arrêt à l'expansion des centres de santé constatée ces dernières années. Du moins, les animateurs de ces structures de médecine salariée le redoutent-ils. Alors que des discussions -semble-t-il, plutôt sereines- se déroulaient depuis deux ans entre l'avenue de Ségur et les professionnels du secteur sur la redéfinition et l'accompagnement des centres de santé, ces derniers viennent d'apprendre qu'un projet d'ordonnance visait à réinstaurer une procédure d'autorisation préalable pour la création de ces structures, qui avait disparu depuis la réforme HPST de Roselyne Bachelot.

Colère et incompréhension dans le Landerneau de la médecine salariée. Depuis 2011, et du fait notamment de la pénurie médicale et de l'avancée des déserts médicaux, les centres de santé se montaient par dizaines un peu partout, les derniers projets en date étant Bergerac, ouvert le 15 février, mais aussi Figeac, la Roche-sur-Yon et très bientôt Le Mans. "Cette ordonnance tente de réintroduire des conditions d'agrément. Avec ce projet, on est dans une discrimination totale", proteste Richard Lopez, président de la Fédération National des Centres de Santé (FNCS).

Concrètement, les organisations syndicales du secteur redoutent que les ARS ne puissent s'opposer à telle ou telle initiative de création de centres. "Les centres deviendraient la seule forme d’exercice ambulatoire à relever d’un régime d’autorisation !", s'indignent les organisations du secteur. Au-delà, l'ordonnance pose aussi des conditions de fonctionnement à même de bloquer certaines initiatives. "Certains projets en cours n'auraient pas pu voir le jour, du simple fait, par exemple, que tous les médecins n'étaient pas encore recrutés au jour de l'ouverture", estime Eric May, président de l'Union syndicale des médecins de centres de santé (USMCS), qui accompagne de nombreux projets sur le terrain. Enfin, l'ordonnance pourrait, dit-on, poser problème à certains centres mutualistes, dont les mutuelles propriétaires sont en même temps centrales d'achat.

Les acteurs du secteur réclament donc l'abandon pur et simple du projet d'ordonnance du ministère de la Santé. La surprise est d'autant plus mauvaise que le gouvernement a décrété l'urgence sur ce dossier. Avenue de Ségur, on espérait même que le conseil de la Cnamts puisse rendre son avis le 14 mars. Finalement, celui-ci ne se prononcera que le 24 mars prochain. Mais le temps presse pour les défenseurs des centres de santé, qui disent avoir découvert le texte de façon fortuite ces derniers jours et réclament l'abandon total du projet.

Il semble qu'un mauvais concours de circonstances soit à l'origine de cette précipitation : ambiance de fin de règne avenue de Ségur, doublée d'une volonté de tirer au plus vite les leçons de l'affaire Dentexia, du nom de ces centres dentaires "low cost", aujourd'hui fermés, accusés d'avoir escroqué des centaines de patients ces dernières années. À la FNCS et à l'USMCS, on dit partager les interrogations des pouvoirs publics sur ce dossier plus que limite. Mais ce n'est pas une raison pour que les centres de santé deviennent des boucs émissaires, estiment en substance leurs responsables. "Prenant prétexte des pratiques de quelques escrocs, c’est 1 650 centres de sante qu’on assassine avec cette ordonnance discriminatoire et infamante," soulignent, dans un communiqué commun, gestionnaires des FNCS, médecins de l'USMCS et dentistes du SNCDCS.

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Rédigé par aragon 43

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