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Articles avec #histoire tag

Publié le 9 Mai 2020

Photo prise lors de la remise de la Croix de commandeur de la légion d'honneur en 2008 par Raymond Aubrac en présence de Jacques Chirac et de Bertrant Delanoé maire de Paris

Décès de Cécile Rol Tanguy.

C'est une grande figure féminine de notre Fédération des métaux qui s'en est allé  le 8 mai, jour  de  la victoire des Alliés sur l'Allemagne nazie et la fin de la Seconde Guerre mondiale auquelle elle a tant contribué. Une grande résistante avec son mari Rol Tanguy qu'elle a accompagné dans ses combats et dans la libération de la capitale . Elle fait désormais partie de cette belle histoire des métallos qu'elle aimait tant et de tant de camarades qu'elle a connu dans les terribles épreuves du combat contre le fascisme. Elle était pour nous tous le témoignage vivant de cette période avec Jean Pierre Timbaud, Suzanne Masson, Roger Linet, Max Nevers et tant d'autres disparus dans les camps de concentration ou au combat contre les nazis et les collaborateurs pétainistes  Dans ma vie militante et dans l’institut d’histoire CGT de la métallurgie et du Comité d’honneur Ambroise Croizat, elle m’a aidée à bien saisir cette période qui a amené notre pays dans l’indicible, dans ce qu’il y a de plus inhumain : le fascisme et le nazisme. Une grande dame qui nous ramenait toujours au réel, à la vie des gens, à se battre contre les injustices de ce monde et notamment concernant les femmes dont elle fut avec ses copines à la pointe du combat dans la résistance et dans le droit de vote obtenu par les femmes à la libération : elle s’insurgeait souvent quand elle entendait dire que c’était le seul général de gaulle qui leur avait donné le droit de vote et elle ne manquait jamais de préciser l’apport des femmes communistes dans la résistance qui a été déterminant concrétisé par l’amendement de Fernand Grenier député communiste  qui le rédigea  lors de l’assemblée constituante  «  les femmes seront électrices et éligibles dans les mêmes conditions que les hommes ». Elle a reçu la croix de commandeur de la légion d'honneur  le 11 juillet 2008 et elle l'a dédié à toutes les femmes résistantes.

Je m'incline avec grand respect et toutes mes très sincères condoléances à ses enfants et petits enfants.

Cécile tu resteras à jamais dans nos cœurs.

Bernard Lamirand ancien Président de l'IHS Métallurgie CGT.

 

 

 

 

 

 

 

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Rédigé par aragon 43

Publié dans #Histoire

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Publié le 20 Novembre 2019

Un grand moment à Auby

Nous nous sommes retrouvés, des camarades ayant vécu cette grande épopée de Radio Quinquin et nous avons pu évoquer les luttes pour s'opposer à la casse industrielle de ce Nord Pas de Calais.

Une radio née dans la lutte et j'ai évoqué la première émission clandestine dans un HLM à Denain.

Nous avions interviewé le Secrétaire général de la CGT Georges Séguy venu apporter le soutien total de la CGT à la Bataille pour maintenir les installations sidérurgiques de Denain et empêcher la fermeture de cette entreprise  et des 5000 salariés à cette époque en 1979.

Donc un grand moment de retrouvailles, sans nostalgie, mais avec l'idée de se battre aujourd'hui pour redonner une place centrale à l'industrie dans cette région aujourd'hui appelée " Les hauts de France". et ce que l'on peut dire , c'est que Macron et son gouvernement ne sont pas à la hauteur.

Le 5 décembre, les populations du Nord victimes de ces casses industrielles, de ces jeunes en précarité où au chômage, de ces retraites dans la misère, ont toutes les raisons pour agir, faire grève, manifester.

Bernard Lamirand ancien responsable CGT de la Sidérurgie et de la métallurgie Nord Pas de Calais.

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Rédigé par aragon 43

Publié dans #Histoire, #LUTTES

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Publié le 7 Juin 2019

Rédigé par aragon 43

Publié dans #Histoire

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Publié le 5 Mai 2019

Quelques pages de la Vie Ouvrière reprises dans cette expo.
Quelques pages de la Vie Ouvrière reprises dans cette expo.
Quelques pages de la Vie Ouvrière reprises dans cette expo.
Quelques pages de la Vie Ouvrière reprises dans cette expo.
Quelques pages de la Vie Ouvrière reprises dans cette expo.
Quelques pages de la Vie Ouvrière reprises dans cette expo.
Quelques pages de la Vie Ouvrière reprises dans cette expo.

Quelques pages de la Vie Ouvrière reprises dans cette expo.

Ce matin, cheminant dans ma ville; une promenade que nous faisons assez souvent, nous avons découvert une superbe exposition de "Usimages". J'avais été alerté par des camarades qui m'ont dit tout le bien qu'il pensé de cette exposition qui s'affichent sur des thèmes différents dans nos villes de l'Agglomération Creil Sud Oise dont Nogent sur Oise.

Cette expo, en plein centre de Nogent, à l'entrée du jardin japonais espace Decourtray, montre des affiches de la Vie Ouvrière journal de la CGT. Elle montre ce qu'était cette classe ouvrière en pleine évolution et les luttes et revendications de l'époque.

Une expo qui vaut le coup d'œil et montre l'histoire ouvrière et cela a une résonance certaine dans ce bassin creillois où le monde ouvrier vivait et était exploité par des grands groupes de la métallurgie et de la chimie, qui, depuis quelques années ont fermé les usines et sont partis ailleurs pour faire davantage de profit.

Une belle exposition donc et félicitations aux promoteurs de cette initiative.

Bernard LAMIRAND

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Rédigé par aragon 43

Publié dans #Histoire

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Publié le 2 Juillet 2018

L’EUROPE A BEAUCOUP BRUNI

C’était ce que disait un camarade lors d’une réunion : l’Europe a beaucoup bruni , c’est vrai ; il exposait ainsi l’inquiétude qui règne en ce moment devant cette montée en Europe de ce que Berthold Brecht appelait  « la bête immonde » quand le nazis me occupait la quasi-totalité de l’Europe et amenait à la chambre à gaz des populations entières.

Si nous y regardons de plus près, l’histoire est là pour nous le rappeler, dans les périodes de crise du capitalisme toutes les situations les plus virulentes refont surface.

Si nous y regardons de plus près, dans ces moments là, nous voyons les montées d’une  extrême droite travaillant les plus bas instincts, que l’homme, à force d’éducation  sur lui-même, avait enlevé de sa tête.

Renait alors tous les penchants les plus pernicieux.

Celui par exemple des remontées religieuses les plus conservatrices, les violences homophobes, les réactions haineuses contre l’égalité hommes femmes, les relents patriotiques belliqueux, le nationalisme du « on est chez nous » et de  l’étranger « persona no grata », le juif et l’antisémitisme, la xénophobie et le populisme chauffant à blanc les intérêts particuliers comme on a pu le connaitre à un moment donné de la quatrième république avec  le poujadisme.

Ces effluves, quand elles remontent des égouts peuvent empuantir les populations les plus fragiles comme les plus réactionnaires. Le nazisme en fut une des résultantes ;  et n’oublions jamais où elles nous ont conduites même s’il faut toujours faire attention aux  amalgames.

Aujourd’hui la chasse à l’immigré, la mise à l’index de populations exclues, le chacun pour soi visent à écarter des populations entières de la vie sociale et économique, cela  témoigne d’une situation plus que dangereuse pour la paix civile avec le risque de déclenchements d’hostilités avec des groupes justiciers et des nervis visant religions  et ethnies dans un racisme assumé.

L’Europe est particulièrement touchée : un véritable rideau de fer s’est installé le long des frontières de l’Est européen. La chasse à l’errant fuyant les guerres et les misères dues au capitalisme est ouverte. Nous voyons même s’installer toutes sortes de réglementations pour interdire à ces migrants l’accès à l’Europe alors que les marchandises circulent librement et que les affaires des banques et institutions financières n’ont même plus besoin d’un laisser passer. En France, les idées véhiculées par l’extrême droite rencontrent l’agrément d’un gouvernement qui se renferme dans ses frontières avec des camps de tri et d’internements entrain de voir le jour proposés par la France en Europe pour renvoyer les immigrés dans leur pays.

L’indignation est aussi à son comble de voir cette Europe qui nous promettait le bonheur absolu à son origine se couvrir de dirigeants de plus en plus fascistes et ce qui se passe en Italie est révélateur que du populisme on peut passer à l’extrême droite et au retour d’un fascisme que l’on croyait disparu dans ce pays avec des dirigeants qui ne gênent plus à se revendiquer ainsi.

Dans tout cela, il faut y voir la crise que traverse le monde capitaliste. Il est incapable de créer du progrès social et humain ;  pour redresser son taux de profit il taille dans les effectifs, dans les salaires, remet en cause toutes les conquêtes sociales en France et en Europe particulièrement qui sont des pays qui ont créé le progrès social à la sortie de la deuxième guerre mondiale.

Macron veut remettre en cause ces acquis de cette période.

Depuis sa nomination comme président de la République, c’est un véritable rouleur compresseur social qui écrase les droits sociaux et particulièrement la protection sociale.

Une sorte de sidération semble régner mais des mouvements s’engagent et la violence de classe  trouve devant elle des premières réactions notamment cette lutte des cheminots qui me fait penser à celle des mineurs en 1963 contre le régime gaulliste qui voyait là le début d’une réaction de la classe ouvrière de l’époque et qui nous conduira à 1968.

Des luttes s’engagent donc, comme à tous moments, quand la crise du système fait tant de dégâts, il faut bien sûr un temps pour réagir et ce temps me semble venir et il a besoin de force et d’unité face à ce démantèlement des droits et acquis sociaux.

On assiste à un changement radical de société disait un camarade ;  en fait comme changement, c’est un capitalisme qui cherche à faire payer sa crise systémique à toute la population et principalement aux salariés-es et nous avons affaire là à un enjeu majeur : c’est d’être à la hauteur de ce combat de classe qui s’engage et qui demande mobilisation et syndicalisation.

Ce combat nous allons devoir l’exercer non pas sur la défensive mais en portant nos idées dans tous les domaines de la vie sociale, économique et politique face à un pouvoir maintenant dirigé directement par le Medef dans notre pays et par les transnationales industrielles et financières au niveau de la planète. L’histoire nous rappelle aussi que ce Patronat est toujours à la manœuvre pour casser le social : celui du Front populaire et de la libération dont il n’a jamais accepté de s’y résoudre.

Alors,  ces idées de luttes, il faudra les porter par exemple sur les salaires et la réduction du temps de travail, sur les questions de la santé et du devenir de nos retraites.

A ce sujet, il est un devoir qui prime, celui d’agir face à la menace grandissante qui pèse sur la Sécurité sociale et son démantèlement ; en fait, c’est  l’objectif de Macron et du Medef et nous avons toutes et tous intérêt à relever le gant notamment sur la casse de notre système de retraite en cours de discussion dans les salons feutrés pour des applications en 2019.

Un rendez-vous à ne pas manquer et qui nécessitera de rappeler l’œuvre de Croizat et qu’elle doit demeurer indestructible et améliorable pour le monde du travail.

Cela m’amène à une pensée pour la fille d’Ambroise Croizat, Liliane Caillaux Croizat qui vient de nous quitter et que nous avons accompagné à sa dernière demeure il y a quelques jours à Nevers.

Liliane, sache que nous continuons ton combat et que nous allons gagner.

Bernard LAMIRAND

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Rédigé par aragon 43

Publié dans #Actualités, #syndicalisme, #Histoire

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Publié le 27 Juillet 2017

Jacqueline nous a quitté et nous la pleurons.

Je mets cette vidéo où elle parle de son père et de la façon dont elle vécu ces moments pénibles de l'emprisonnement de son, père puis de sa mort à Chateaubriand fusillé par les nazis.

Une grande dame est partie.

Elle nous a fait vivre ces moments de la résistance et de ces héros morts pour la France, pour la liberté et contre le fascisme.

Elle était une grande amie de notre fédération de la métallurgie et j'ai appris beaucoup de la résistance, de ces moments de retrouvailles avec elle  à la FTM CGT et au repas des anciens où avec ROL et Cécile, avec Roger Linet , avec Odette Nilés, elle était présente parmi les métallos, ses camarades.

Cette vidéo fait partie des témoignages sur le Réédition du livre sur Jean Pierre Timbaud.

J'encourage tout le monde à l'acheter.

Bernard LAMIRAND ancien président de l'IHS CGT Métallurgie

 

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Rédigé par aragon 43

Publié dans #Histoire

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Publié le 31 Octobre 2016

N46_Jean_Jaurès_1904_by_Nadar

Jaurès, les machines et le progrès technique , par Marion Fontaine*

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    Rédigé par aragon 43

    Publié dans #Histoire

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    Publié le 30 Août 2016

    Canaille le rouge vient de reprendre plusieurs twitter d'une historienne qui connaît bien le destin des Marianne tout au long de l'histoire de la République.

    Je la publie à mon tour.

    Valls est vraiment un cancre en plus d'être un réactionnaire.

    Bernard LAMIRAND

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    Rédigé par aragon 43

    Publié dans #Histoire

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    Publié le 28 Octobre 2015

    CHATEAUBRIANT 2015 : DISCOURS DE PHILIPPE MARTINEZ SECRETAIRE GENERAL DE LA CGT
    CHATEAUBRIANT 2015 : DISCOURS DE PHILIPPE MARTINEZ SECRETAIRE GENERAL DE LA CGT

    74e anniversaire massacre Châteaubriant

    mardi 27 octobre 2015

    Intervention Philippe Martinez - Dimanche 25 octobre 2015

    Le 22 octobre 1941, ils furent 27 à tomber sous les balles assassines de l’armée allemande.

    Vous le savez, ce crime a eu lieu dans la carrière de la Sablière, près du camp de Choisel, à Châteaubriant.

    Le même jour, 16 autres otages étaient fusillés à Nantes et 5 au Mont Valérien. Deux jours plus tard, ils étaient 50 à être exécutés à Souges. Le 15 décembre 1941, les nazis viendront encore prélever 9 otages du camp de Choisel.

    Et il y en eu bien d’autres exécutions encore par la suite.

    Qui étaient ces 27 fusillés de Châteaubriant ?

    Ils étaient des ouvriers, des intellectuels, des étudiants, des élus du peuple. Le plus jeune d’entre eux avait 17 ans, il s’appelait Guy Môquet, le plus âgé avait 58 ans, son nom était Titus Bartoli.

    Tous étaient différents, chacun avait sa singularité, et pourtant une même force traversait chacun d’entre eux, celle qui redonne à l’Homme toute sa grandeur.

    Ce qui rassemblait ces hommes, c’était une soif d’idéal, une passion pour la justice sociale et la liberté, une aversion pour l’oppression, un amour de la France. C’est à l’esprit de résistance que ces 27 ont donné chair. Car tous étaient des résistants de la première heure.

    Ils étaient aussi gouvernés par une volonté de transformation sociale. Tous étaient communistes, et plusieurs d’entre eux, syndicalistes. Châteaubriant fut une rude épreuve pour la CGT. Parmi eux se trouvaient des grands dirigeants de fédérations de la CGT (Jean Grandel des PTT, Désiré Granet du Papier-Carton, Charles Michels des Cuirs et Peaux, Jean Poulmarch des Produits chimiques, Jean-Pierre Timbaud des métaux, Jules Vercruysse du Textile).

    Que reprochait-on à ces camarades ?

    De s’être insurgés contre l’occupant allemand et leurs complices de Vichy.
    D’avoir combattu pour la France, la République, pour leur liberté, pour la Liberté.
    D’avoir pensé qu’un monde meilleur était possible.
    D’avoir osé résister.

    Face à l’oppression, au fanatisme, aux injustices …, chaque individu a le choix d’agir ou de ne pas agir. Il est des décisions qui nous rendent plus grands, qui nous élèvent.
    Il en fallait du courage pour entrer en résistance.

    Alors que les bottes allemandes battaient le sol français et que le gouvernement de Vichy chassait les « terroristes », ce choix n’était ni simple, ni facile.

    Il faut rappeler que la plupart de ces héros de Châteaubriant avaient été frappés par la répression dès le commencement de la drôle de guerre. Ils avaient été alors privés arbitrairement de leurs mandats politiques, écartés par la force de leurs fonctions syndicales.

    La classe ouvrière était ressortie affaiblie par l’échec de la grève générale de novembre 1938. Elle fut alors malmenée, frappée par l’esprit revanchard du patronat, par l’anticommunisme dominant et conquérant. Après la déclaration de guerre, la chasse aux communistes fut officiellement ouverte. Ce fut le cas également à la CGT. Les communistes en furent alors exclus et nombre d’entre eux, traqués, durent alors affronter la clandestinité ou la prison.

    La défaite de 1940 a déstabilisé un peu plus le pays. Chacun devait se guider avec sa propre boussole. Des dirigeants syndicaux s’engageront dans la collaboration avec Vichy et les Allemands, d’autres se tiendront dans l’expectative tandis que les exclus de 1939, sous la direction de Benoit Frachon, prendront le chemin de l’honneur, celui de la lutte contre le régime de Pétain et des occupants nazis.

    Mais ces derniers ne l’entendaient pas ainsi. Il fallait faire un exemple, empêcher les premiers actes de résistance et tuer dans l’œuf tout espoir. Il fallait créer la peur.
    On le sait, c’est le contraire qui advint. Car ce sacrifice de nos camarades a finalement donné du courage. Le retentissement fut grand dans toute la France. A la BBC, le Général de Gaulle mit aussitôt en garde les oppresseurs : « En fusillant nos martyrs, l’ennemi a cru qu’il allait faire peur à la France et ailleurs ! La France va lui montrer qu’elle n’a pas peur de lui ». Des grèves furent déclenchées, à l’exemple de celle des ouvriers de l’Arsenal de Brest le 25 octobre.

    Les Castelbriantais, bravant l’occupant, vinrent fleurir l’emplacement des poteaux d’exécution.

    Après Châteaubriant, la Résistance s’enrichit de nombreux militants.

    Nous ne devons pas effacer des mémoires ce qu’a été le rôle de la classe ouvrière pendant cette guerre totale.

    On tente de nous convaincre chaque jour qui passe que notre combat de transformation, de progrès social est un combat du passé, d’arrière-garde ; que dans ce nouveau monde les solutions sont à inventer et que, pour cela, il faut cesser de regarder en arrière. Quelle belle supercherie !

    Mais que veulent-ils que nous oublions ?

    Qu’à plusieurs reprises dans l’histoire la classe ouvrière a su s’unir, se lever, bousculer l’ordre dominant et arracher le progrès social.
    Que dans les heures sombres de la guerre, le patronat avait choisi le camp de l’ennemi, criant « Plutôt Hitler que le Front populaire », rêvant de se venger de son humiliation de 36, de ces militants qui avaient eu l’affront de lui arracher des avancées sociales majeures : semaine de 40 heures, congés payés et premières conventions collectives.

    Et bien nous, nous refusons d’oublier.

    Nous refusons d’oublier par exemple qu’à Châteaubriant, c’est un patron français, Pierre Pucheu, ministre de l’intérieur du maréchal Pétain, qui dressa la liste des 27 martyrs.

    Nous refusons d’oublier et nous affirmons, haut et fort, que ce passé est notre fierté. Nous avons une dette vis-à-vis de ces militants. Les mots inscrits, peu avant l’exécution, par Guy Môquet sur une des planches de leur baraque : « Les copains qui restez, soyez dignes de nous ! » ne doivent pas tomber dans les oubliettes de l’histoire. Ces mots résonnent encore aujourd’hui et nous aident à grandir. Ils font partie du combat syndical.

    Si le massacre de Châteaubriant est d’abord une tragédie, c’est aussi une page glorieuse de l’histoire du monde ouvrier, et de l’histoire de France plus généralement, car elle fut écrite avec le sang d’hommes de courage et de conviction.

    Cette histoire doit être partagée par tous, elle doit traverser toutes les barrières, casser les cloisons, quelles qu’elles soient. Elle doit être enseignée aux jeunes générations car elles ont beaucoup à y puiser. Les valeurs et engagements portés par ces militants restent d’une grande actualité. Elles ont une valeur universelle, intemporelle. Les accepter comme références, comme repères dans notre action citoyenne, militante, politique nous tirent vers le haut. Cette histoire, c’est notre avenir car elle nous parle de dignité humaine, d’engagement et de courage.

    Pour cela, il nous faut veiller à son entièreté. Nombreux sont ceux qui souhaiteraient l’édulcorer, la dénaturer. Nous ne devons pas laisser s’effacer des mémoires que les fusillés de Châteaubriant étaient des syndicalistes et que leur action résistante avait une portée transformatrice. La place négligeable ou nulle donnée à la classe ouvrière lors des récentes commémorations officielles autour du 70e anniversaire de la fin du Second Conflit mondial montrent que ce danger est réel.

    Nous sommes de plain-pied dans la bataille idéologique. Et l’Histoire est au cœur de ces enjeux. Pour les dominants, il s’agit notamment d’effacer les repères et le sens des combats de la résistance. Si l’on connait plus ou moins bien le rôle joué par la Résistance dans la libération du territoire, on connait encore beaucoup trop mal son travail pour reconstruire une République sociale. La CGT pris sa part dans ce combat. Son implication dans l’élaboration du programme du Conseil National de la Résistance et dans sa mise en œuvre après la guerre en témoignent.

    Oublier tout ceci ferait le bonheur du patronat qui rêve de déconstruire les conquis sociaux issus de 36 ou de l’après-guerre.

    Pour aller de l’avant, avancer, construire l’avenir, il faut donc savoir se ressourcer et pour cela garder un œil dans le rétroviseur. Le sacrifice de nos camarades et frères nous aide à penser l’avenir. Il est pour les militants d’aujourd’hui une source d’énergie inépuisable. Il nous enseigne sur la grandeur de l’homme, sur la force des convictions, sur la force du collectif. Il nous dit que rien n’est jamais perdu, qu’il faut se battre pour ses idées et y croire, même dans les moments les plus sombres.
    La CGT conjugue au présent ces valeurs qui sont au cœur des combats d’aujourd’hui. Ces combats, nous les menons en toute humilité au regard de ce que vous avez été, de ce que vous avez accompli en essayant de poursuivre la route que vous avez tracé.

    Nous sommes solidaires et internationalistes lorsque nous nous battons pour faire valoir un droit international, le droit d’asile pour des dizaines de milliers de réfugiés, femmes, hommes et enfants, fuyant la guerre et les bombes ou voulant échapper à la misère. Il est du devoir des états européens, de la France, pays des droits de l’homme, d’accueillir ces réfugiés.

    Face à ces drames, on ne discute ni sur le nombre, ni sur la nationalité ou la religion, on ne construit pas des murs, on n’érige pas des barbelés, on agit et on ouvre les portes en grand.

    Nous sommes profondément antiracistes fidèles à la belle histoire de notre pays dont vous êtes un des plus beaux symboles. Vous, hommes et femmes d’origines et de nationalités différentes qui combattirent ensemble dans la résistance pour libérer la France de la barbarie nazie. Nous luttons aujourd’hui contre ceux qui divisent le monde du travail en pointant les émigrés, leur couleur de peau comme la cause de tous les problèmes de notre société et notamment le chômage. Cette lutte contre le racisme, nous devons la mener partout y compris dans les entreprises où le front national crache son venin et sa haine de l’autre. Ce parti qui trouve de plus en plus la bienveillance de certains médias, est beaucoup moins bruyant pour dénoncer les méfaits du capital.

    Aussi, nous pensons être fidèles à ce que vous nous avez transmis dans notre lutte pour la régularisation de tous les travailleurs sans papiers.

    Nous contestons les politiques d’austérité et les drames qu’elles génèrent. Nous sommes indignés lorsqu’un ministre de la république, le premier d’entre eux, accoure pour réconforter une direction d’entreprise et n’a pas un mot pour des salariés en colère alors que 2900 d’entre eux, risquent d’être licenciés.

    Pire encore, lorsqu’il les traite de voyous et envoie la police chez eux au petit matin pour en placer 6 en garde à vue comme les pires des malfrats. On le sait, le chômage, ce sont des vies brisées, des familles brisées, la mort parfois dans la rue ou par désespoir. Oui, le capital fait des ravages partout sur la planète au nom des profits et de la rentabilité financière. Combattre les injustices, toutes les injustices et elles sont nombreuses, c’est dans notre ADN. Nous ne pouvons, nous résigner à ce que la génération actuelle vive plus mal que celle qui l’a précédé.

    C’est pourquoi nous proposons des alternatives pour construire une société plus juste basée sur le progrès social.

    C’est le sens de nos propositions de réduction du temps de travail, d’une sécurité sociale professionnelle par exemple. La modernité, c’est cela et non le retour au 19ème siècle comme nous le propose le MEDEF.

    En cela aussi, nous pensons être fidèles aux idéaux de nos ainés lorsqu’ils conjuguaient, résistance et élaboration du programme du CNR.

    Oublier cette leçon d’humanité, cette vision de la société, celle que vous nous avez transmise, serait dramatique.
    Dans ce combat contre l’oubli, nous devons féliciter le travail réalisé par l’Amicale de Châteaubriant-Voves-Rouillé, Aincourt. Je remercie plus particulièrement Odette Nilès, Présidente de l’Amicale, qui continue de mettre, presque infatigable, toute son énergie dans cette bataille essentielle. Ce remerciement doit être d’autant plus appuyé cette année que l’Amicale fête cette année son soixante-dixième anniversaire.

    Il y a 70 ans en effet naissait, par la volonté des anciens internés du camp et des familles de fusillés, l’Amicale « des Anciens Internés Politiques de Châteaubriant-Voves ».

    La CGT était partie prenante de cette fondation. C’est d’ailleurs un syndicaliste, un des dirigeants CGT de la Fédération de l’Energie, Léon Mauvais, qui s’évada du camp de Châteaubriant avec Eugène Henaff en juillet 1941, qui en sera le premier président.
    A n’en pas douter, l’Amicale a encore de beaux jours devant elle. Ce n’est pas à un baroud d’honneur auquel nous assistons aujourd’hui. On peut souhaiter que ce 70e anniversaire soit l’occasion de franchir une nouvelle étape dans son développement.
    Tu sais, chère Odette, que tu peux compter sur l’engagement total de notre Confédération. Nous continuerons d’honorer la mémoire toujours vivante de ces militants, de ces syndicalistes, qui ont fait le sacrifice de leur vie parce qu’ils croyaient qu’un monde meilleur était possible. La CGT n’acceptera jamais que soit effacée ou tronquée cette mémoire.

    Nous tâcherons d’être dignes de nos camarades et frères sacrifiés pour construire un monde meilleur aux générations futures

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    Rédigé par aragon 43

    Publié dans #Histoire

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    Publié le 22 Octobre 2015

    Rédigé par aragon 43

    Publié dans #Histoire

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