PENSER ET RETIRER LE VENIN DE L'IDEOLOGIE DOMINANTE

Publié le 15 Juillet 2013

PENSER ET RETIRER LE VENIN DE L'IDEOLOGIE DOMINANTE

HUMANITE : PENSONS !

Penser un monde nouveau nous dit l’Humanité de ce lundi dans un superbe interview d’Isabelle Stengers philosophe.

Oui nous avons besoin de penser par nous-mêmes et ne pas se contenter d’une pensée livrée chaque jour par le capitalisme et sa machine infernale le néo-libéralisme.

Le capitalisme, nous dit Isabelle Stengers, ce n’est pas seulement l’exploitation, c’est aussi, et même peut- d’abord, l’expropriation historique des ‘Commons’ en Angleterre, quand les paysans sans terre ont été jetés sur les routes ».

L’expropriation de la pensée voilà ce que traite Isabelle Stengers.

Ne sommes nous pas jetés dehors de nos pensées quand du matin jusque tard dans la nuit la machine infernale broit les idées qui font avancer les hommes pour les réduire en une bouillie savamment entretenue où seul compte le profit et le compétitivité comme inéluctable dans un monde capitaliste mondialisé.

Elle nous dit que nous sommes dans cette situation où nous sommes, pas impuissants mais réduit à une sorte d’impuissance.

Tous les jours, l’on nous fait sentir que le capital est la seule alternative et qu’il n’y a pas à en discuter puisque c’est un monde terminé sous l’égide du capitalisme.

Nous devrions penser qu’à s’y adapter, l’accompagner comme le font ceux qui s’aliènent non seulement par la pensée mais par les actes comme ce fameux accord scélérat de la Sécurisation de l’Emploi, signé par des syndicats croupions, que l’on nous vend comme étant pour notre bien alors qu’il démolie nos vies.

Et puis regardez ce matin dans l’Huma, cette signature d’organisations syndicales couchées, qui acceptent un contrat à durée indéterminée pour l’intérim qui fait en sorte que des salariés seront pieds et poings liés à une agence qui les disposera à son gré selon ses besoins. Une sorte d’esclavage renaissant à travers de nouveau mode de fonctionnement de l’exploitation de l’homme par l’homme.

Oui, il faut penser, penser à partir du réel, inventez des chemins nouveaux pour les luttes et ne pas en rester à l’adaptation, à l’arrangement, comme le font actuellement les libéraux socialistes et les syndicalistes « impuissants » de la CFDT.

Nous sommes à penser à une bataille d’idées et non pas à de la communication ; là les choses se figent et où nous sommes contraints de répercuter l’idéologie dominante, celle du néo-libéralisme.

Nous devons reprendre pied dans la mise en œuvre d’une bataille de classe et faire naitre des idées et des alternatives sur des sujets qui rassemblent à un moment donné par rapport à un problème qui monte, qui s’établi, qui a besoin d’une réponse de classe.

Trop souvent nous déléguons la pensée à d’autres.

Le philosophe est celui qui aide à ce que toutes et tous pensent et agissent.

Bien sûr il s’agit aussi de se faire aider pour que la pensée s’exerce et soit créative, alors il faut qu’elle se pratique à partir de l’échange, de la parole qui fuse et qui se distille, qui s’établi et se modifie au fur et à mesure où le collectif s’en empare pour en faire une idée force.

Isabelle Stengers nous met en garde par rapport à l’expertise, à ces gens qui viennent nous montrer que « un et un font deux », d’une manière docte et qui ne mérite aucune controverse.

Regardez ces experts que l’on invite à coté du présentateur du journal télévisé et que celui-ci interroge et c’est celui qui connait et qui délivre la pensée du système, magistrale et indubitable, qui doit emporter l’adhésion comme cette fameuse formule : « mettez vous ça dans la tête ».

Elle est sûre, vous devez y croire , elle s’impose l’idée néo-libérale, elle entre dans votre tête comme une teigne qui s’incruste et que l’on ne pourrait chasser.

Alors oui il faut penser et mettre du désordre dans le près à porter capitaliste. Il faut aussi apporter la pensée alternative, celle qui bouscule l’ordre établi et créé les conditions de faire germer des idées désaliénantes.

Cela amène Isabelle Stengers à dire que nous avons désappris en donnant le pouvoir à des spécialistes, à des experts ; il faut dit-elle réapprendre à développer notre pensée et la sortir pour ainsi dire de la léthargie savamment distillée par le système.

Chacun et chacune a des merveilleuses capacités de penser et de les mettre en œuvre pour un monde meilleur.

Comme le dit encore Isabelle Stengers, « c’est la condition de ce qu’on appelle parfois une intelligence collective, chacun apprenant à penser par, grâce et avec les autres ».

Nous sommes tous capables de faire marcher notre tête.

Bernard LAMIRAND

Rédigé par aragon 43

Publié dans #Philosphie

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