Publié le 13 Juin 2017

Qui n'a pas ancré dans sa mémoire de militant les fameux coups de colère dans La vie ouvrière de notre camarade Jean Claude Poitou.

Il nous a quitté , voici le faire- part de L'IHS CGT.

‌‌Cher(e)s ami(e)s, cher(e)s camarades,

C’est avec tristesse que nous vous informons du décès de Jean-claude Poitou.

Ancien ouvrier fraiseur de l’industrie automobile, militant chrétien, Jean-Claude a notamment mené, dans les années 1960, un travail de formation syndical en Afrique noire.

Jean-Claude a ensuite connu une longue carrière à la Vie Ouvrière. Reconnu et apprécié pour la vigueur de sa plume, pour son fameux « coup de colère » hebdomadaire, Jean-Claude a été rédacteur en chef adjoint de la VO à partir de 1974, puis le rédacteur en chef de 1986 à 1991, date à laquelle il fait valoir ses droits à la retraite.

Jean-Claude a été l’auteur d’un grand nombre d’ouvrages parmi lesquels La mine d’enfer ; 100 ans V.O. clandestines (1940-1944) ou encore Syndicalisme. Les nouveaux défis, livre entretien avec Louis Viannet.

Passionné d’histoire, Jean-Claude était également membre du Conseil d’administration et du Bureau de l’Institut CGT d’histoire sociale.
Son inhumation, sans cérémonie religieuse, aura lieu vendredi 16 juin 2017 à 15h00 dans le cimetière d'Ambleville (95710, Val-d'Oise ), un petit village du Vexin français où il aimait tant se ressourcer.

 

Les messages de condoléances peuvent être directement envoyés à la famille : emmanuellepoitou@sfr.fr

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Rédigé par aragon 43

Publié dans #syndicalisme

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Publié le 12 Juin 2017

UNE DROLE SEQUENCE ELECTORALE

Nous sommes pour ainsi dire en fin de parcours.

J’entends des amis et camarades dire : « vivement que cela se termine ».

Un dégout plane.

Le capital a bien joué. Il est parvenu à ses fins : le triomphe de son protégé, un jeunot que l’on a bichonné dans les allées financières et dans celles de la république bourgeoise.

Gattaz est content, son poulain vient de gagner le grand prix de l’Elysée.

Quelques écuries l’ont entrainé et l’ont fait galoper sur une piste en velours préparée depuis quelques temps par le système qui voyait ses serviteurs incapables de donner suffisamment d’espèces sonnantes et trébuchantes aux gros actionnaires des multinationales.

Il a fallu déblayer le terrain des quelques mottes qui gênaient. Sarkozy puis Fillon ont mordu la poussière : il fallait simplement mettre quelques cailloux sur la piste pour qu’ils se cassent la figure.

Mais le capital avait aussi d’autres cordes à son arc et donc d’autres trucs. Cela se révèle…

Un Hollande chargé de préparer le bébé libéral social dans la couveuse de l’Elysée.

Il a rempli sa mission : l’écurie socialiste a été mis au rencart : tout compte fait Hollande était depuis le départ le serviteur zélé et attentif à ce que les choses se passent bien pour que naisse un nouvel amphitryon pour les grandes sociétés qui ne pouvaient plus utiliser les vieux chevaux de retour de la cinquième république usés jusqu’à la corde.

Ce n’était pas un félon mais bien une sorte d' agent double que le capital avait pris soin de l’éduquer dans les grandes écoles du système.

Et puis, il y a la jument qui hennit et qui sert autrement la maison du fric : elle sait diviser, elle a joué son rôle au point qu’elle devient gênante et que l’on cherche maintenant à la mettre à l’équarrissage : tant mieux, elle ruait et sentait le crottin bourgeois : le capital voudrait bien lui donner une récompense à Hénin Beaumont, dans les scories de la social-démocratie qui a mise à mal la population avec quelques vermines du coin.

Et puis, il faut toujours un braillard, un gars qui fait semblant de tout casser et qui ne casse rien du tout, mais utile pour que les bons chevaux de classe se casse la figure sur les handicaps populistes qu’il a déposé sur le parcours au nom de sa vieille amitié avec son propriétaire de course aujourd’hui disparu le sieur Mitterrand.

N’en jetons plus, la piste est pleine.

En fait, si l’écurie semble toute pimpante avec « le vieux jeune beau », s’il va y avoir du beau gratin sur les gradins de l’hémicycle : dehors il semble bien que les idées de classe sont plus que jamais là, que les drapeaux rouges  que le braillard voulait enlever reviennent dans les rues et que celui de la CGT flotte au vent du large partout où se discute salaires, temps de travail, emploi et loi travail.

Et puis, il y a toujours cette idée du communisme qui remonte à la surface : des camarades, et non pas des gens, disent : il va voir de quel bois les prolétaires se chauffent le « macaron ».

Et puis dimanche prochain, il y aura un groupe communiste et Front de gauche, si tous les camarades du monde salarié s’y donnent la main.

Oui… On est toujours là Monsieur Gattaz…

Bernard LAMIRAND

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Rédigé par aragon 43

Publié dans #Présidentielles 2017

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Publié le 9 Juin 2017

Droit du travail

Une piètre stratégie de camouflage

jeudi 8 juin 2017

Après une longue phase tactique durant laquelle les intentions étaient secrètement gardées, le gouvernement vient d’annoncer, à quelques jours du 1er tour des législatives, sa feuille de route concernant les réformes sur le droit du travail.

Une piètre stratégie de camouflage vient de débuter, alors que l’élément central des discussions n’est autre que le démantèlement du Code du travail, un des piliers essentiels de notre modèle social, construit pas à pas depuis des décennies et qui rythme, au bas mot, la vie de millions de salariés.

Depuis des semaines, le chef de l’État et son gouvernement affirment qu’ils consulteront les syndicats, en vantant les mérites d’une méthode qui ressemble plus, à ce jour à de l’enfumage qu’à de véritables intentions de négocier.

L’exécutif essaie donc de nous duper car, aujourd’hui encore, aucun texte ne précise les mesures concrètes qui seront avancées.

Répéter sans cesse que 50 réunions sont d’ores et déjà programmées avec les syndicats sans, toutefois, préciser que prit séparément chacun bénéficiera en tout et pour tout de 3 réunions de 2 heures sur les 3 thèmes décidés, c’est tout bonnement scandaleux.

Dissimuler les véritables objectifs, attendre les résultats des législatives, jouer du nombre de rencontres avec les syndicats puis promulguer par ordonnances une reconfiguration d’un Code du travail aux services du patronat, la CGT ne laissera pas faire !

Avancer masquer ne laisse donc guère de doute sur les mesures envisagées dans la droite ligne de la loi travail ; mesures qui pourraient se révéler beaucoup plus dangereuses que les intentions affichées par le gouvernement : en renforçant principalement le lien de subordination des employeurs, en vidant de sa substance les contrats de travail et en ouvrant la possibilité de pouvoir licencier sans ménagement.
La méthode est donc révélatrice de la nocivité du projet.

Se préparer à la lutte et à la mobilisation pour faire reculer les mauvaises mesures et imposer nos propositions sont les seules réponses de nature à changer la donne dans les prochaines semaines.

Montreuil, le 8 juin 2017

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Rédigé par aragon 43

Publié dans #CGT

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Publié le 9 Juin 2017

Un navire construit  en France qui montre toutes les possibilités de développer dans notre pays l'industrie Navale et aussi celle de la réparation des bateaux.

On peut faire toutes sortes de bateaux et nous avons tout au long de nos cotes les moyens de remettre en place une industrie de la navale.

Louis Dronval, ancien secrétaire du syndicat UFICT des chantiers de Saint Nazaire m'a adressé ce matin un message et je l'en remercie : nous le voyons en action et prenant des photos.

Bon vent à tous nos camarades de Saint Nazaire et à ceux qui se battent actuellement dans notre pays pour que la France soit en reconquête industrielle à l'exemple de la bataille engagée par la CGT et sa fédération de la métallurgie.

Bernard LAMIRAND

 

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Publié le 6 Juin 2017

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Rédigé par aragon 43

Publié dans #ELECTIONS

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Publié le 5 Juin 2017

Rédigé par aragon 43

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Publié le 5 Juin 2017

UN BEAU MATIN
Le ciel est d’un grand bleu ce matin
Chacun peut et doit réfléchir à son destin
Quelle route et quel chemin prendre
Alors il n’est pas question de se rendre
De jolies fleurs poussent sur les bordures
Mais il y a aussi celle qui sont de vraies ordures
Alors il faut garder raison 
Et ne pas tomber dans le piège des félons
Telle cette guêpe et son dard 
Celle-ci insoumise et anarchique vise plus tard
Faire disparaître fourmis et hérissons
Pour ne plus laisser que nul gauche à l’horizon
Derrière le nouveau prince mouline
Partout de manière anodine 
Il défait code et droits du travail
Communistes s’y opposent  sur fond et sur détail
Sur le chemin dans le ciel bleu un MEDEF charognard
Plane et regarde le dépeçage sans retard
Au bord du champ de bataille plane le bon augure
Le communisme mot magique annonce plus qu’un murmure
Il est toujours là ce PCF honni de la bourgeoisie
Il sera là plus jamais demain à l’assemblée avec son effigie.
Bernard LAMIRAND

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Rédigé par aragon 43

Publié dans #poêmes

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Publié le 1 Juin 2017

Elections législatives, le progrès social, encore et toujours !
Après les élections présidentielles marquées par la présence du FN au second tour, la CGT redit avec force que le monde du travail n’a aucun intérêt à ce que ce parti ait une audience et des élus. 
Nous refusons une société basée sur l’exclusion, le rejet et les discriminations. La CGT à contrario, agit pour une société plus juste, solidaire, équitable respectueuse des femmes et des hommes dans toutes leurs diversités. Pas une voix ne doit aller au FN et à l’extrême droite, ils ne sont pas du côté des travailleurs.
La CGT Réaffirme que le droit de vote est une conquête démocratique, acquise de hautes luttes dont un trop grand nombre de salariés et de citoyens dans le monde sont privés.  Ce droit fondamental, les salariés doivent s’en emparer et le faire vivre. 
Comme la CGT l’affirmait avant l’élection présidentielle, elle se prononce encore et toujours pour le progrès social.
Cela implique que l’assemblée nationale, soit à même de travailler à transformer les exigences sociales en réalité, par des prolongements législatifs aux luttes, aux mobilisations et aux propositions des salariés et de leurs organisations syndicales.
Le président Macron ratisse large pour trouver une légitimité à son élection. Il travaille à marier la carpe et le lapin ! Il n’y aurait plus d’orientations politiques, plus de droite et de gauche, plus de choix possible que celui d’élus « capables » de mener des politiques « agiles » qui libèrent les entreprises. Quid des salariés ?!
Les richesses sont produites par les salariés, mais sont toujours captées par les capitalistes. Aussi la finance pèse de plus en plus sur les choix politiques.
La jeunesse voit son avenir s’assombrir par le chômage de masse et les projets de reculs des conquis sociaux.
Rien n’est inéluctable, d’autres choix sont possibles.
La CGT a des propositions, pour un code du travail digne du 21ème siècle, protecteur de l’intégrité physique et morale des salariés et de leurs droits, des droits et garanties nouveaux pour la jeunesse, les salariés, les retraités et les privés d’emplois, elle est prête à en discuter et négocier. 
Depuis 2009 et le début de la crise financière les dividendes versés aux actionnaires ne cessent augmentent mais on voudrait faire croire à tous ceux qui vivent de leur
travail qu’il n’y aurait pas d’argent pour des salaires justes, la formation professionnelle, la retraite par répartition, la reconnaissance des qualifications, les conventions collectives, la pénibilité, la justice prud’homale…
La CGT n’a pas de candidat aux élections et chaque salarié est à même de faire un choix pour que ses intérêts soient préservés et améliorés. Ceci dit quels que soient les résultats des élections législatives, les salariés auront à prendre leurs affaires en main et exprimer leurs exigences, leurs revendications et se mobiliser.
Les élus au gouvernement et à l’assemblée nationale doivent nous entendre et répondre aux salariés. Le syndicat est leur outil, leur porte-voix, la CGT les appellent à la rejoindre pour faire grandir l’écho de leurs exigences sociales et imposer par leur rassemblement le plus large, de nouvelles conquêtes sociales.
 
Montreuil le, 31 mai 2017.
 
 

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Rédigé par aragon 43

Publié dans #CGT

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Publié le 26 Mai 2017

TOUS ET TOUTES MOBILISONS NOUS POUR LE VOTE COMMUNISTE ET FRONT DE GAUCHE AUX LEGISLATIVES

Nous aurons, nous communistes, à faire l’analyse de cette stratégie mi-figue mi-raisin qui nous a amené à une situation inextricable pour le peuple de gauche.

Le peuple de gauche, c’est le monde du travail dans toutes ses composantes et de ses différences idéologiques, sociologiques, issues des luttes et des conquêtes sociales. Un peuple de gauche qu’il faudra bien réconcilier sur des bases collectives et non autour d’un sauveur suprême.

Nous aurons l’occasion, en temps opportun, de dire ce que nous pensons profondément de ce que nous venons de vivre à ces présidentielles avec la France dite « insoumise » qui a décidé de prolonger cette bande à part pour les législatives.

Et que dire de ce discours comme quoi les partis politiques seraient dépassés et devraient faire place à des écuries appartenant à des hommes ou femmes providentiels. C’est ce que nous observons avec la France insoumise, la France en marche : deux appareillages pour la conquête « perso » du pouvoir.

Pour ces gens là fini les partis et vivent l’écurie personnelle.

La démocratie a de beaux jours avec ces batteurs d’estrade et leur concours de beauté.

Mélenchon a brisé cet élan collectif respectueux de ces composantes progressistes qui pouvaient vivre ensemble tout en étant eux- mêmes dans le Front de gauche.

Il a choisi de travailler à son compte, comme on dit, quand quelqu’un quitte le salariat pour devenir patron.

L’individu a certes fait un beau score aux présidentielles, il le doit encore une fois à la mobilisation des communistes qui l’ont soutenue envers et malgré tout dont on aura à examiner en son temps s’il était approprié ; c’était aussi par un vote de dépit d’une partie de cette classe ouvrière ne voyant plus d’issue après l’autre solo funèbre : celui de Hollande et du parti socialiste devenu un pantin désarticulé par la bataille des égos et de l’élite des énarques qui l’ont envahi depuis bien longtemps pour faire carrière et propager les idées libérales.

Nous aurons à faire le bilan de cet épisode électoral présidentiel et aussi de ces législatives et de considérer en tant que communistes et marxistes la façon dont nous avons dû supporter cela en mettant un mouchoir par-dessus. Une chose m’importe : c’est de déjouer le piège qui nous est tendu aussi bien par l’idéologie dominante qui ambitionne depuis tant d’années notre disparition mais aussi de ces faux amis-es qui pensent faire fortune électorale en misant sur notre disparition.

Nous allons les démentir.

J’ai vu plein de jeunes hommes et femmes qui ont au cœur l’idée communiste et qui se présentent pour les législatives, j’ai vu des hommes et femmes qui ne veulent plus mettre leur drapeau dans leur poche et qui, plein de courage, cherchent la voie communiste dont ils perçoivent qu’elle n’est pas au programme dans ces élections submergées par la propagande libérale et la mise au rancart de l’expression communiste dans les médias.

Ils sont notre devenir.

Ils ont été au cœur des luttes « des nuits debout » et de celles du mouvement syndical contre la loi El-Khomry.

Ils se battent pour les 32 heures, pour les salaires, pour l’égalité hommes femmes au travail et dans la vie, pour une vraie démocratie et une Europe progressiste et pour une Sécurité sociale universelle et des droits et libertés pour ce monde du travail dont il faut renouer avec l’internationalisme prolétarien plutôt que le repliement sur la France nationaliste pour mieux se défendre contre la mise en concurrence dont ils en sont les victimes comme tous ces hommes et ces femmes qui, dans le monde, veulent aussi vivre autrement que dans la misère et l’exode.

Mélenchon n’en a cure de cela … il veut assurer sa suprématie ….Lui et ces amis, anciens trotskistes, essaim qui a essaimé jusqu’à se faire un nid au PS avec son gourou Mitterrand, n’ont qu’un but déconstruire pour ne reconstruire qu’un monde à eux : celui de l’intolérance et le mépris des autres.

Alors, pour ces législatives, faisons en sorte que pour ces militants communistes qui se présentent au nom de ce parti qui a permis tant de conquêtes sociales en 1936, à la libération, en 1968 et qui a lutté pour les libertés , l’indépendance des peuples, contre le fascisme, d’être partout en tête des législatives.

Il faut un groupe communiste porteur des espoirs et des luttes du monde du travail dont on sait qu’elles seront la clé de voûte dans cette législature.

Alors pas une voix doit manquer au PCF et à ceux et celles qui rassemblent et qui viennent d’autres horizons de la gauche transformatrice à ces élections législatives.

C’est nécessaire pour conforter la vraie unité de tous les progressistes à égalité de droit et de devoir.

Bernard LAMIRAND

 

 

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Rédigé par aragon 43

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Publié le 26 Mai 2017

Aujourd’hui et demain : qui va s’occuper de nos malades âgés ?

mercredi 24 mai 2017
 

Le Dr Christophe Trivalle est chef de service SSR Alzheimer, Hôpital Paul Brousse, AP-HP

Un rapport récent de la Drees a été largement repris dans la presse car il annonçait une baisse de l’hospitalisation des personnes âgées d’ici 2030. Cette baisse concernait surtout un scénario très optimiste et un peu un scénario médian, et reposait principalement sur un développement de l’ambulatoire. Or ce développement de l’ambulatoire ne peut se faire correctement et en toute sécurité pour les malades que s’il y a suffisamment de médecins, d’infirmières, de kinésithérapeutes pour s’occuper des malades en ville, et pour les plus âgés d’aides-soignantes ou d’auxiliaires de vie. Ce qui n’est pas du tout le cas aujourd’hui et la situation va plutôt s’aggraver dans les années à venir si rien n’est fait au niveau national. De plus, le virage ambulatoire n’est pas du tout adapté aux plus de 75 ans, et la Drees prévoit d’ailleurs une augmentation des séjours hospitaliers pour cette tranche d’âge.

Or, dans le nouveau gouvernement qui a été nommé le 18 mai rien n’a semble-t-il été prévu pour les personnes âgées, ce qui est un premier signal plutôt négatif.

Quelle est la situation actuelle de la gériatrie et comment
va-t-elle évoluer ?

Il n’est pas nécessaire de rappeler les chiffres concernant le vieillissement de la population française dans les années à venir. On peut quand même donner l’exemple le plus frappant, c’est celui des centenaires : ils étaient 200 en 1950, 23 000 aujourd’hui et seront plus de 200 000 en 2060. Or, plus l’âge augmente, plus le nombre moyen de pathologies par personne augmente. Même si on fait d’énormes progrès sur la prévention (ce qui n’est pas dans la culture française) et si on s’améliore sur la prise en soin des pathologies chroniques (où on est déjà plutôt bons) il y aura quand même une augmentation significative des personnes âgées malades et dépendantes. Par ailleurs il y a aussi le fléau de la maladie d’Alzheimer et des pathologies apparentées, pour lesquelles nous n’avons aucun traitement et dont on n’est pas sûr de pouvoir les traiter un jour. Du coup, qui s’occupe de ces malades aujourd’hui et qui va s’en occuper demain ?

On sait qu’il y a une pénurie de médecins généralistes (mais aussi de spécialistes) et de nombreux déserts médicaux en France. Ces déserts concernent même les grandes villes, y compris l’Île-de-France et certains arrondissements parisiens. Mais ces déserts s’étendent aussi de plus en plus à l’hôpital, ce qui a largement été favorisé depuis plus de 10 ans par une politique dite d’efficience qui consiste principalement à réduire les recrutements.

Depuis plusieurs années j’alerte sur la situation dramatique en gériatrie et sur les conséquences prévisibles de la réforme du 3e cycle des études médicales. Cette réforme a été envisagée uniquement sous l’angle « formation » des étudiants sans jamais tenir compte du rôle important des internes dans le fonctionnement de l’hôpital ! Tout le monde a oublié le titre historique qui était « internes des hôpitaux ». L’hôpital étant un lieu d’enseignement et d’accompagnement, permettant aux médecins en formation de voir une médecine de pointe et des personnes présentant des pathologies plus ou moins complexes. C’est un lieu où on se crée souvent ses futurs réseaux, où l’on apprend à raisonner, à rationaliser ses prescriptions (examens complémentaires et traitements) et à synthétiser son raisonnement médical. Certaines maladies sont difficiles à suspecter si on ne les a jamais vues. Les futurs médecins généralistes qui feront par la suite toute leur carrière en ville n’auront souvent plus l’occasion de travailler à l’hôpital. Il est dommage que la réforme actuelle ne soit envisagée que sous l’angle d’éviter l’hôpital, alors que ces futurs médecins, généralistes ou spécialistes en libéral, auront toute leur vie professionnelle pour bien comprendre les subtilités administratives du travail en cabinet !

Que se passe-t-il avec cette réforme, en dehors des 3 phases : socle, approfondissement et consolidation ? Deux choses : une formation de plus en plus ambulatoire de la médecine générale dont les responsables ne voient pas l’intérêt de faire des stages à l’hôpital et la création d’un DES (diplôme d’études spécialisées) de gériatrie, dont les coordonnateurs n’ont qu’une vision universitaire, sans appréhender les besoins immenses qu’il y a en dehors des CHU (centres hospitalo-universitaires) : ville, EHPAD (établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes), services de réadaptation, unités de long séjour, etc. Il est aussi intéressant de noter que les responsables de la médecine générale ne voient pas l’utilité de rendre obligatoire un stage de 6 mois en gériatrie.

A l’occasion de cette réforme, deux nouveaux DES sont créés : la médecine d’urgence et la gériatrie. Il est clair que les ambitions de ces deux disciplines ne sont pas les mêmes : ainsi, le DES de médecine d’urgence a obtenu la création (théorique) de 470 postes au niveau national (90 en Île-de-France) contre seulement 250 pour la gériatrie au niveau national (60 en Île-de-France)… Jusqu’à maintenant, il existait deux voies pour devenir gériatre. La première voie était celle du DESC (diplôme d’études spécialisées complémentaires) de type 2 (le DESC créé en 1988 est devenu qualifiant en 2004, lorsque la gériatrie a été reconnue officiellement comme spécialité), qui était initialement surtout validé par des DES de médecine interne avec souvent une perspective universitaire. Secondairement, la médecine générale étant devenue une spécialité, ce sont les DES de médecine générale qui ont fourni 90 % des effectifs du DESC de gériatrie. La deuxième voie était celle de la capacité de gérontologie créée elle aussi en 1988. Ce système a d’abord permis à des médecins généralistes déjà installés et plus rarement à des spécialistes de se reconvertir à la gériatrie. Depuis plusieurs années, ce sont aussi les médecins à diplôme étranger qui choisissent cette voie pour valider leur procédure d’autorisation d’exercice (PAE). La capacité a fourni de très nombreux médecins coordonnateurs d’EHPAD, de médecins de SLD (soins de longue durée) et aussi de SSR (soins de suite et de rééducation) gériatriques : 88,5 % des gériatres hospitaliers sont détenteurs de la capacité de gérontologie et seulement 8 % du DESC… Rien que pour les médecins coordonnateurs d’EHPAD, les besoins estimés sont de 6 000 médecins pour environ 10 000 établissements dans les secteurs public, privé et associatif.

En Île-de-France, il y a actuellement 130 internes en UGA (unités de gériatrie aigüe) et 194 en SSR, presque exclusivement de médecine générale. Pour novembre 2017 (phase socle), il est prévu d’ouvrir 30 postes de DES de gériatrie, uniquement en UGA, et seulement dans des services universitaires (les seuls ayant un niveau de formation suffisant…) avec quelques services ayant comme responsable un ancien chef de clinique assistant. Pour la phase 2 (approfondissement) il n’est prévu que 15 postes en SSR ! Comme la médecine générale ne donnera son agrément que pour les services ayant déjà l’agrément en gériatrie (qui du coup seront aussi les seuls à avoir l’agrément pour la PAE), il est facile d’imaginer la catastrophe annoncée !

La situation est bien sûr différente d’une région à l’autre et selon les structures. De nombreuses structures privées n’ont jamais eu d’internes et ont été créées sur cette base. En province ou en Île-de-France dans la deuxième couronne, de nombreux hôpitaux ont également modifié leur fonctionnement pour survivre sans internes. Et ceci grâce aux médecins à diplôme étranger qui pendant longtemps pouvaient être recrutés très facilement et pour un coût financier très acceptable. Depuis les règles de recrutement sont devenues de plus en plus restrictives avec en particulier la création de la PAE (procédure d’autorisation d’exercice). De très nombreux services, à chaque fois qu’ils perdaient des internes ont survécu par ce biais. Mais aujourd’hui ce robinet est presque fermé et ceux qui avaient été recrutés, dès qu’ils sont inscrit au conseil de l’Ordre, quittent l’hôpital pour s’installer dans le privé (SSR ou EHPAD) où ils sont largement mieux payés et avec moins de contraintes (pas de gardes, ni de week-ends). Dans le même temps, de nombreux praticiens hospitaliers quittent l’hôpital public pour aller dans le privé.

On se retrouve donc aujourd’hui avec des services, surtout en gériatrie et en SSR, dans lesquels il manque des praticiens hospitaliers, des médecins étrangers, et pour lesquels on enlève progressivement les internes depuis un an et demi. A Paul Brousse par exemple, nous avons cet été 6 internes au lieu de 14, et en novembre, probablement 0, 1 ou 2 ! Nous avons déjà fermé 45 lits, mais en novembre ce sera une centaine. Et cela sur un seul site. Cette situation va aller en se multipliant, et il est bien évident que c’est tout le système hospitalier qui va en subir les conséquences. Ceux qui ne voient rien venir vont vite comprendre quand il n’y aura plus de filière d’aval pour accueillir leurs malades et conserver leur durée moyenne de séjour (DMS) dans les bornes autorisées ! Par ailleurs, l’activité en SSR va s’effondrer au moment où on passe (enfin ?) à la DMA (dotation modulée à l’activité, une sorte de T2A – tarification à l’activité – « light »).

Comme on le voit, on va droit dans le mur. On a laissé les coordonnateurs de DES gérer la santé à leur guise sans aucun contrôle et personne ne se pose de questions. Est-ce aux directeurs d’hôpitaux de réagir ? Est-ce aux ARS (agences régionales de santé) ? Est-ce à la DGOS (Direction générale de l’Organisation des soins) ? Est-ce à la nouvelle ministre de la Santé ? En tous cas il y a urgence. Lorsque les services auront fermé, pour beaucoup on ne pourra plus revenir en arrière.

Article publié dans Respublica

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Rédigé par aragon 43

Publié dans #SANTE

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