Publié le 23 Août 2007


L’HISTOIRE DU MOUVEMENT OUVRIER CONVOQUEE PAR SARKOZY

Nous venons de vivre une période électorale où l’histoire fut appelée à comparaître; cela se poursuit actuellement.

L’histoire n’est pas neutre et cela nous le savons depuis longtemps.

Nous savons par exemple comment a été contée à l’école celle de la colonisation.

Une réhabilitation de l''époque coloniale, de l’emprise des colons français comme bienfaiteurs et civilisateurs, montrent que l’idéologie dominante est toujours prête à tout pour falsifier la réalité.

Mais nous n’avions pas tout vu !

Sarkozy pour les besoins de sa propagande n’a pas hésité à s’emparer de l’histoire du mouvement ouvrier et de la résistance.

Il fallait le faire !

Utiliser Jaurès, Blum, Môquet pour s’emparer de valeurs qui ne sont pas les siennes, c’est instrumentaliser l’histoire sociale.

En même temps, il dénonce 1968 comme responsable de la perte de valeurs mais derrière il y a  tous les acquis sociaux de 1936-1945,1968 qui sont menacés.

Remanier l’histoire, prendre à témoins des révolutionnaires, des grands penseurs, des résistants, c’est d’une certaine  façon pousser l’offensive idéologique pour combattre les valeurs ancrées dans le peuple autour du social, de l’humanisme, de la solidarité et de la résistance à l’oppression.

Guy Môquet a été choisi comme jeune pour évoquer cette France de la résistance et du sacrifice.

Guy Môquet, les métallos connaissent son histoire.

Le Président de la République, en prenant la décision de faire lire dans les écoles sa dernière lettre avant d’être fusillé, ne peut rester à la seule lecture de cet adieu à sa famille.

D’ailleurs les enfants n’en resteront pas là ;  ils voudront savoir les raisons  pour lesquelles la mort a été prononcée pour un jeune de 17 ans.

Il faudra donc expliquer l’exécution des 27 de Chateaubriand.

Et là, l’histoire ne peut en rester à l’instrumentalisation qu’en a fait Sarkozy. Qui a conduit au poteau d’exécution ces jeunes hommes militants syndicaux et membres du parti communiste ?

La question sera posée, les enseignants seront interrogés et il faudra y répondre dans les classes ;  l’on saura alors que ces hommes du peuple ont été arrêtés par un gouvernement français avant l’occupation parce qu’ils étaient communistes et livrés par ce même gouvernement aux forces d’occupation.

Ils ont été livrés par Pétain et par des gendarmes français aux nazis. Leur bourreau est  Pucheu : celui qui en 1936 participait au titre du puissant comité  des forges aux négociations de Matignon.

C’est cet individu, ministre de l’intérieur de Pétain qui coucha la liste des otages à exécuter et il nomma tous ces syndicalistes et communistes pour se venger de l’affront subi en 1936 quand ce patronat de la métallurgie dû céder face aux revendications qu’exprimait la CGT.

Oui, en lisant et commentant la lettre de Guy Môquet, il viendra à l’idée quentin, il est temps que l’histoire sociale soit enseignée à l’école.

Pourquoi pas en 2008, celle des occupations d’usines en 1968 et de ce qu’elles ont permises comme progrès sociaux.

Bernard Lamirand

Président de l’Institut d’histoire sociale CGT de la métallurgie

                                 

 

 

 

 

 

 

 

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Rédigé par aragon 43

Publié dans #syndicalisme

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