MARIE GEORGE BUFFET CONCERNANT LA POLITIQUE FAMILIALE

Publié le 4 Juin 2013

MARIE GEORGE BUFFET CONCERNANT LA POLITIQUE FAMILIALE

«Le gouvernement choisit l’austérité contre le travail des femmes»

Publié le 04.06.2013

La députée de la circonscription du Blanc-Mesnil réagit aux mesures annoncées le 3 juin par le premier ministre.


© Americo Mariano

Que pensez-vous des mesures concernant la politique familiale annoncées le 3 juin par Jean-Marc Ayrault ?
Ces mesures visent à faire des économies en matière de politique familiale. Mais est-ce le bon objectif ? Doit-on en effet toujours agir sous la «contrainte» de l’Union Européenne austéritaire, doit-on toujours chercher à réduire des «déficits» ? Ou doit-on au contraire chercher à dégager les moyens d’une autre politique pour faire repartir la croissance, le pouvoir d’achat et l’emploi ? Il y a vingt ans les entreprises cotisaient pour la famille à hauteur de 17%, aujourd’hui c’est 5,4%... Quant aux revenus financiers, c’est 0% !

Vous estimez que ces mesures risquent d'écarter les femmes du monde du travail. Pourquoi ?
De la baisse du quotient familial à la division par deux de la Prestation d’Accueil du Jeune Enfant en passant par la suppression de la réduction d’impôt pour frais de scolarité, le gouvernement choisit encore une fois, d’imposer un peu plus d’austérité à celles et ceux qui vivent de leur travail. Dans ce cas précis, ce sont les foyers où les deux travaillent qui vont se voir taxés. C’est une forme d’incitation à abandonner son travail ou prendre un temps partiel pour les femmes qui n’y étaient pas encore assujetties. On sait qu’elles représentent déjà 85% de ces emplois ! Le gouvernement considère-t-il qu’avec deux salaires dans un couple, c’est faire partie des riches ? Qu’il vaut mieux pour les femmes -et la société- qu’elles n’aient qu’un «salaire d’appoint» ? Il annonce 100 000 places en crèches. Mais qui va les financer ? Le gouvernement annonce une nouvelle baisse de tous les crédits budgétaires et il a retiré de l’argent aux collectivités locales !

Le gouvernement envisageait de moduler les allocations familiales en fonction des revenus. Ce n'est finalement pas le cas. C'est une bonne nouvelle ?
C’est un peu comme si vous me demandiez de choisir entre bonnet blanc et blanc bonnet ! On ne peut pas considérer comme bonne nouvelle des choix qui préfèrent s’inscrire dans une politique d’austérité plutôt que de choisir une voie qui relance l’économie, produit de la croissance, de l’emploi et donc de nouvelles ressources pour la sécurité sociale et sa branche famille. Comment comprendre des mesures qui prennent dans la poche des salariés alors que le ministre de l’économie vient de remettre en cause l’engagement de François Hollande d’encadrer celui des patrons ? Alors bien sûr, il est heureux que l’on ne touche pas à l’universalité des allocations familiales mais ce n’est pas un mal pour un bien. Aujourd’hui, nous avons besoin à la fois de préserver notre système de politique familiale qui a fait ses preuves et à la fois de faire des choix fiscaux et économiques qui permettent de donner au pays les ressources permettant le mieux vivre de toutes et tous.

Rédigé par aragon 43

Publié dans #SOCIETE

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