LES RETRAITES OUVRIERES ET PAYSANNES DE 1910

Publié le 9 Août 2013

LES RETRAITES OUVRIERES ET PAYSANNES DE 1910

LES RETRAITES OUVRIÈRES ET PAYSANNES DE 1910

Depuis quelques jours apparaissent sur « Facebook » des reprises de la position de Jean Jaurès sur les retraites ouvrières et paysannes auxquelles il apporta son appui à l’Assemblée Nationale en votant la loi de 1910.

J’ai beaucoup de respect pour Jaurès et son cheminement à gauche pour un vrai socialisme à la française, on peut croire certainement que pour lui c’était une première avancée de mettre en place un système de retraite en France et il le dit dans son article dans l’Humanité et je le cite : Le Parti socialiste ne nous a pas donné mandat de renverser la loi, d’en combattre ou d’en ajourner le fonctionnement. Il nous a donné mandat, au contraire, d’en hâter et d’en assurer l’application, mais en la corrigeant et perfectionnant.

Ainsi était la position de Jaurès : voter puis poursuivre pour améliorer la loi.

Cela fit débat dans le syndicalisme révolutionnaire de la CGT de l’époque qui contestait cette loi sur le fond car elle était entachée du mal que nous allions subir jusque la mise en place par Croizat de la retraite par répartition : la capitalisation.

Le système était sous forme de capitalisation avec tous les risques que cela comportait de ne rien toucher comme retraite vu l’âge d’espérance de vie nettement inférieur aux 65 ans pour en bénéficier.

La CGT avait indiqué que c’était "une retraite pour les morts". Jules Guesde fut le seul député socialiste à voter contre la création des retraites ouvrières et paysannes en 1910, rejoignant ainsi la position de la CGT.

Celle-ci avait pris position par une motion qui déclarait cette loi « utile dans son principe » mais l’âge tardif du bénéfice des pensions, alors que l’espérance de vie des hommes est de 49 ans et celle des femmes de 52 indiquait dans le texte que c’était la « retraite pour les morts ».

Elle parlait même d’escroquerie.

Les travailleurs n’étaient que les seuls cotisants ( pas les entreprises).

L’âge légal de la retraite fut abaissé à 60 ans en 1912, Jaurès avait fait bouger les choses mais insuffisamment y compris pour les professions pénibles. La guerre 14/18 fit en sorte que le système s’englua dans le manque de recette et se perpétua dans la capitalisation et ensuite avec les Assurances sociales de 1933, système qui se poursuivit jusque 1940, puis Pétain mit en place un système par répartition bancal qui tomba rapidement en ruine.

C’est à la libération qu’entra un vrai système de retraite solidaire et par répartition auquel Croizat ministre du travail et de la Sécurité sociale le mit en place concrètement et qui obtint sa crédibilité par un financement par les cotisations sociales du salarié et de l’entreprise.

Jaurès avait raison que les retraites ouvrières et paysannes étaient une première brèche ouverte mais la CGT de l’époque ne pouvait se contenter d’une retraite aussi maigrelette et auquelle la plupart des travailleurs ne pouvaient en bénéficier vu l’âge tardif tout en versant une cotisation.

La bataille ne faisait que s’engager en 1910, elle alla plus loin et en 1945, grâce à la CGT réunifiée, la retraite devint la grande conquête sociale avec la Sécurité sociale et aujourd’hui il faut la défendre pour ne pas revenir à des formes ancestrales par capitalisation.

Bernard LAMIRAND

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LES RETRAITES OUVRIERES ET PAYSANNES DE 1910

Rédigé par aragon 43

Publié dans #syndicalisme

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Commenter cet article

Norbert 26/08/2013 15:28

C'est bien, mais un peu court.