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ARAGON43

Mon site relate les événements syndicaux, sociaux, politiques, culturels et environnementaux .

LA RETRAITE AUX CALENDES GRECQUES

Publié le 19 Septembre 2013 par aragon 43 in syndicalisme

LA RETRAITE AUX CALENDES GRECQUES

LA RETRAITE AUX CALENDES GRECQUES

Hier après midi, sur la chaine LCP Assemblée nationale, Marissol Touraine planchait devant la commission de l’Assemblée nationale chargée de rapporter sur le projet de loi sur les retraites.

La ministre s’est évertuée devant les députés de démontrer que le projet de loi allait sauver notre système de retraite par répartition.

Tout un bricolage fut présenté pour allécher les députés sur les possibles en matière de départ à la retraite.

Mais le fond du texte est pour ainsi dire bétonné à partir des 43 ans de cotisations.

Ainsi Marissol Touraine a tenté d’expliquer que pour les travaux pénibles des points seront acquis permettant de partir plut tôt. Ces points faisant l’objet, plus tard, d’un décret recensant ces travaux pénibles. De même concernant les jeunes qui commencent à travailler tardivement et dont des trimestres de cotisations seront acquis ainsi que pour les précaires qui auront des trimestres à partir de 150 heures de travail.

Pour couronner le tout, les jeunes pourront aussi acheter des trimestres moyennant des sommes rondelettes dont ils sont incapables pour la plupart de payer.

Ces mesures insuffisantes et individuelles pour ceux victimes des conditions de travail, du chômage, de la précarité ne font pas une loi qui va dans le sens des intérêts des salariés.

La plupart partiront de plus en plus tardivement en retraite. Les futurs départs s’échelonneront dans le temps pour arriver à 67 ans et rien n’interdira à d’autres gouvernants de rallonger la sauce et de passer à 45 ans de cotisations comme l’exige le MEDEF ;

Ainsi sera volé au monde du travail 7 ans de retraite si l’on prend la référence à 60 ans dont Marissol Touraine défendait cette valeur encore en 2010 dans les manifestations en compagnie de Martine Aubry et de Ayrault.

7 ans de travail gratuit pourrions nous dire mais aussi 7 ans à trimer à des boulots précaires, à du chômage et dans une santé qui va se dégrader encore plus vite.

7 ans qui représentaient les meilleures années de la retraite, celle où nous sommes encore en bonne santé même si celle-ci commence à se dégrader.

La retraite à 67 ans, voire plus, nous ramènera à cette retraite pour les morts que la CGT avait rejeté en 1910 dans le cadres des « retraites ouvrières et paysannes ».

Cette retraite est une insulte à ceux qui l’ont mise en place en 1945 et notamment Ambroise Croizat ministre du travail et de la Sécurité sociale.

Cette retraite est conforme à l’ukase de Denis Kessler, ancien vice-président du Medef et assureur privé qui doit se frotter les mains de l’écoute qu’il a reçu d’un gouvernement socialiste, et il est utile de rappeler au moment où la loi va être présentée à l’Assemblée nationale ce que disait ce patron de combat dans le magazine patronal « Challenges » en 2007 et je le cite : « Le modèle social français est le pur produit du Conseil national de la Résistance. Un compromis entre gaullistes et communistes. Il est grand temps de le réformer, et le gouvernement s'y emploie.

Les annonces successives des différentes réformes par le gouvernement peuvent donner une impression de patchwork, tant elles paraissent variées, d’importance inégale, et de portées diverses : statut de la fonction publique, régimes spéciaux de retraite, refonte de la Sécurité sociale, paritarisme...

A y regarder de plus près, on constate qu'il y a une profonde unité à ce programme ambitieux. La liste des réformes ? C'est simple, prenez tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception. Elle est là. Il s'agit aujourd'hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance !

A l'époque se forge un pacte politique entre les gaullistes et les communistes. Ce programme est un compromis qui a permis aux premiers que la France ne devienne pas une démocratie populaire, et aux seconds d'obtenir des avancées - toujours qualifiées d’«historiques» - et de cristalliser dans des codes ou des statuts des positions politiques acquises ».

Voilà pourquoi, aujourd’hui, un gouvernement dit de gauche, cède au patronat.

Un gouvernement qui a choisi la réduction des droits des salariés pour favoriser le capital et la rente.

Bernard LAMIRAND

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