GALLOIS ADMET QUE L'AUSTERITE NOUS AMENE DROIT DANS LE MUR

Publié le 23 Avril 2013

GALLOIS BIFURQUERAIT VERS LE CROISSANCE ET CONTRE L’AUSTERITE ???

Après le rapport retentissant concernant la compétitivité et la baisse du coût du travail, Louis Gallois le commissaire général à l'investissement, désigné par Hollande, nous gratifie d’une déclaration enjoignant les Etats européens à détendre leur politique économique en réclamant un allongement du retour aux équilibres budgétaires et appelant la BCE et l’Allemagne à soutenir la croissance.

Gallois condamne les politiques d’austérité qui nous mènent droit dans le mur dit-il.

Aurait-il changer notre Gallois ?

Chacun se rappellera qu’il n’est pas à un volte-face près. Le plan de la sidérurgie dans les années 80, il en fut l’initiateur, et je me rappelle des rencontres avec lui où il nous assurait que son impératif était le redressement de l’industrie de l’acier en France.

Il était directeur général de l’industrie.

Bilan pas flatteur quand on sait ce qu’est advenu notre industrie de l’acier dénationalisée et remise plus tard à un maitre des forges hindou, Mittal, un financier qui vient de réduire les capacités de production comme Gallois l’avait suggéré en son temps au gouvernement socialiste.

Mais prenons quand même au sérieux sa volte-face.

Elle veut dire quelque chose.

Il condamne l’austérité : bien… mais que propose t’il pour aller au 2 % par an de croissance qu’il suggère ?

Il propose de "desserrer les calendriers de retour aux équilibres", d’avoir "une politique plus accommodante de la Banque centrale européenne et d’utiliser les "capacités de croissance" des pays en excédent, essentiellement l'Allemagne.

Que la banque européenne soit plus accommodante, ce n’est cependant qu’un petit pas vers un rôle nouveau de celle-ci, c’est insuffisant car Gallois n’ose pas franchir le Rubicon : faire en sorte que la banque européenne soit tenue par les Etats et qu’elle leur prête à des taux bas pour la relance d’une autre dimension que la sienne.

Desserrer le calendrier du retour à l’équilibre, c'est-à-dire un allongement de la période pour parvenir à un endettement à 3% du PIB dans un premier temps, c’est une pichenette : elle ne permettra pas d’obtenir ses 2 % de croissance par an rapidement.

D’ailleurs, son idée de s’appuyer sur l’Allemagne parait impraticable parce que ce pays, sous la férule de Madame Merkel, est en pleine hystérie antisalariale puisque celle-ci vient de déclarer la guerre au salaire minimum qu’elle estime trop élevé dans tous les pays européens.

Pour Merkel la relance par le pouvoir d’achat n’est pas sa tasse de thé.

Cela dit, les propos de Gallois démontrent que la politique d’austérité mise en place par Hollande et Merkel font de plus en plus peur à ce monde capitaliste qui voit à travers les plans drastiques et la récession généralisée, une nouvelle aggravation de la crise et celui-ci, nommé pour le redressement industriel se rend compte que les remèdes, y compris les siens, concernant la baisse du coût du travail, sont entrain de faire du dégât et les mesures prises alourdissent encore plus les déficits tout en mettant le monde du travail dans les pires conditions sociales.

La peur d’une explosion sociale doit les hanter.

Il faut donc prendre en considération cette déclaration de ce commissaire général à l'investissement : il voit s’abattre comme des châteaux de cartes les derniers contreforts de l’industrie française à l’exemple de ce nombre impressionnant d’entreprises qui annoncent des fermetures sous les coups de boutoirs de cette compétitivité antisalariale que Gallois a proposé à Hollande qui l’a mise en place à travers l’accord scélérat du 11 janvier sur la flexibilité qui viendra encore plus créer la désolation sociale.

Bref il a peur que la charge que lui a confié Hollande soit déjà au rayon des échecs à venir rapidement.

Nous avions raison de dire que les politiques d’austérité rendraient encore plus fragile le devenir économique et industriel du pays, que ces politiques ne sont que celles du pacte européen qui montre bien qu’il ne contient aucunement la croissance comme l’affirmait Hollande pour excuser sa signature.

L’année 2013, nécessite donc un demi-tour, une politique de redressement de l’économie et du sociale en se donnant les moyens d’une telle politique : ce qui suppose de faire payer les riches, de mettre en place un moratoire de 5 ans sans dividendes dans les grand groupes du CAC 40, d’augmenter les salaires et les retraites.

Le temps est venu de s’en prendre au coût du capital.

La crainte de Gallois d’aller dans le mur nous montre qu’une brèche vient de s’ouvrir dans les stratégies libérales d’austérité ; engouffrons nous dedans et faisons du 1er mai une grande journée de luttes revendicatives, de même le 5 mai pour une nouvelle république.

 

Bernard LAMIRAND

Rédigé par aragon 43

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