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ARAGON43

Mon site relate les événements syndicaux, sociaux, politiques, culturels et environnementaux .

COUP DE TONNERRE SYNDICAL DANS LE DEBAT EUROPEEN

Publié le 26 Septembre 2013 par aragon 43 in syndicalisme

COUP DE TONNERRE SYNDICAL DANS LE DEBAT EUROPEEN !

26 septembre 2013 at 3:13 Poster un commentaire

Un épais murmure parcouru la grande et belle salle "Victor Hugo" de l’Assemblée Nationale lorsque Bernadette Ségol, la Secrétaire générale de la Confédération européenne des syndicats (CES), expliqua à son auditoire , largement acquis aux thèses européennes classiques , qu’elle venait de participer au "Forum social" de la Fête de l’Humanité et que le public qu’elle y a rencontré -"différent de celui d’ici"- était, à ses yeux, "absolument essentiel dans la période actuelle" pour qui veut défendre l’idée européenne contre la politique menée en son nom aujourd’hui. C’est que nous nous trouvions dans une conférence organisée par l’Institut Jacques Delors qui réunissait comme orateurs un large éventail politique européen – socialistes, verts, libéraux…- à l’exclusion de tout porteur d’une vision alternative de la construction européenne. Dans un passé pas trop éloigné, le discours officiel de la CES n’était pas de nature à troubler exagérément ce type de rencontre. Cette période est clairement révolue! Les propos tenus ce 16 septembre par la dirigeante syndicale européenne à Paris méritent à cet égard toute notre attention.

"La CES a toujours été pro-européenne ", mais pour se faire comprendre des travailleurs, il faut être clairs sur "l’autre Europe, l’Europe sociale", que nous voulons, commença Bernadette Segol, fustigeant l’ obsession du "libre marché" et la "concurrence sociale vers le bas qui se passe aujourd’hui"? Puis elle s’en prit avec une franchise décapante au très "merkélien" Commissaire européen aux questions économiques et monétaires: "Ohly Rehn demande aux syndicats espagnols de baisser les salaires pour être plus compétitifs vis à vis des Français! Mais, c’est la descente aux enfers!" s’indigna-t-elle. Rappelant quelques avancées sociales arrachées dans le passé, telles que les directives sur l’égalité des genres; la santé et la sécurité au travail; l’information et la consultation des travailleurs; les comités d’entreprise européens; le congé parental…, elle exprima toute la frustration du monde syndical devant l’insupportable dérive libérale de l’UE : "Aujourd’hui, il n’y a rien à se mettre sous la dent ! C’est: laissez faire le marché, l’emploi suivra ! Nous sommes dans le capitalisme de casino!" Quant au "plan de croissance" négocié en son temps par François Hollande: "Qu’est-il devenu?" interrogea la syndicaliste. "Quel argent a-t-il été mobilisé? Pour où? Pour qui? " Devant une salle interloquée car davantage habituée à la langue de bois bruxelloise qu’au langage de la vie réelle, la dirigeante de la CES usa encore de mots justes à propos des "solutions de la troïka et du mandat de l’eurogroupe : indéfendables sur le plan humain; contre-productives en matière économique et nulles du point de vue de la confiance dans le projet européen! "Plus tard, s’adressant à une députée européenne qui appelait à tenir compte du fait que la question des salaires n’était plus entièrement nationale puisque la Banque centrale européenne en parlait de plus en plus , la syndicaliste lui a lancé: "Vas dire ça à IG-Metall, à Ver.Di ou à la CES en général ! Il faut voir comment les travailleurs et les citoyens vivent ça ! Il faut arrêter de considérer les salaires comme un problème pour la compétitivité de l’économie." Enfin, elle fit très pertinemment le lien entre les aspirations sociales et les exigences démocratiques en soulignant qu’au sein de son Comité exécutif de 134 membres, face à la politique subie, "l’idée d’accorder plus de pouvoir à l’Europe, ça ne passe pas ! " et en insistant sur l’importance d’acquérir "la capacité d’influer sur les décisions, c’est à dire la démocratie".
Voilà qui ouvre de réelles perspectives de dialogues, de convergences et de rassemblement dans l’action.

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