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ARAGON43

Mon site relate les événements syndicaux, sociaux, politiques, culturels et environnementaux .

SARKOZY PELERIN DU CAPITAL

Publié le 5 Mars 2011 par aragon 43 in politique

indexLE CHEMIN DE COMPOSTELLE DE SARKOZY

Un beau matin, il se réveilla et eut une révélation.

Le tout puissant (capital) lui annonça qu'il devrait par la grâce du veau d'or se rendre à Wall-Streets et d'y faire amende généreuse.

Que la miséricorde vis-à-vis de ceux qui avaient souffert de la perte de dividendes pendant ces deux années noires méritait un pèlerinage à Wall-Street.

Il fallait en effet que comme président du G20 faire preuve de générosité pour un capital accablé par une crise de foi venant de ces manipulateurs appelés "traders" et aussi de ces gueux qui commencent à réclamer une meilleure pitance en salaires et retraites.

Le pèlerin Sarkozy en parla à sa doulce épouse dénommée Carlafriquette et celle-ci lui recommanda de prendre son sac à dos rempli de billets bancaires et d'aller, chemin faisant, les distribuer à  tous les  amis du Fouquet's, qui attendent de lui dons et bienfaits en cette année de grâce 2011.

Une sorte de chemin de Compostelle des riches itinérant avec des relais là où le plomb ne se transforme plus en or massif depuis cette fameuse crise de foi capitaliste en 2009 . Nul ne dit si le pèlerin de l'Elysée s'habilla de circonstance et mit à la place de ses godasses de chez Berlutti des sandales éculées ou encore s'il choisit de faire son chemin en robe de bure tissée d'or fin.

Nul ne sait non plus s'il pris avec lui sa Rolex sans laquelle on ne peut que rater sa vie de président des riches.

Certes, une Rolex pour parcourir les chemins bancaires, les coffres forts, les comptes bancaires, cela ne sert pas à grand-chose vu que l'argent n'a ni odeur ni temporalité pour prospérer.

Un prêtre de la Sarkozy fut le premier à l'accueillir dans sa bonne ville du Puy en Velay, le "vicaire" Wauquiez, là où le chemin de Compostelle des pauvres passe et sert de refuge pour une nuit après un parcours harassant.

Cela lui donna des idées.

Pourquoi ne pas poursuivre ce chemin de la présidence des riches qui l'amènerait alors jusqu'au temple de l'opulence à Wall-Street où il pourrait faire œuvre de piété capitaliste en passant par des lieux où la richesse s'est créée.

L'obscur Guéant, sous diacre de la maréchaussée, lui dessina alors un chemin bordé de dollars et d'euros. Un chemin où sent bon l'odeur du fric.

Le point de départ étant naturellement Neuilly, une bourgade où s'entassent les fortunes plus ou moins bien mal acquises. Celles-ci ayant eu la grâce patronale tout au long des siècles et étant donc réhabilitée comme un vol nécessaire pour que demain les gueux puissent se partager les quelques miettes nécessaires à leur reproduction dans les siècles des siècles.

Partir de Neuilly nécessite de faire un passage obligé vers quelques reliques, ne serais-ce que passer devant ce vieux monument de la banque de France où tant de bourgeois repus ont donné leur vie pour le capital.

Ensuite le pèlerin décida de partir vers le Nord  et la Lorraine, vieilles entités des premiers enrichissements, et il trouva ces provinces fort dépourvues, plus beaucoup d'argent à amasser, des résidus d'un autre temps apparaissant çà et là, quelques fabriques, quelques chevalets de mines laissés pour compte, des gueules de haut fourneaux éventrés, des fabriques et tissages abandonnés.

Il s'arrêta alors, s'agenouilla et promis, comme à Gandrange, qu'il ferait rendre gorge au capital voyou.

Un diablotin apparu alors et lui déconseilla pareil serment.

Ensuite il prit chemin de traverse et chercha les effluves de l'argent roi. Son parcours s'échelonna tout au long des travées capitalistes que l'on rencontre au détour de périphéries urbaines: ces vastes cathédrales commerciales où le veau d'or remplit sa panse en grugeant le consommateur et le petit paysan.

D'autres lieux bénis s'offrirent à son trajet, quelques châteaux et champ de courses où trainent les dimanches et jours de fêtes les pickpockets du CAC 40. Il fit une halte à Chantilly, haut lieu des saints friqués où l'on trouve les princes comme l'Agha kan, le Zidane de l'économie Seillière, le fondé de pouvoir des riches Woerth.

En la cathédrale de Senlis, vieille beauté gothique, il se mit à quatre pattes pour magnifier son destin.

De là, rasséréné par sa foi en la religion catholique, fondatrice de la France éternelle, il se dirigea vers toutes ces banques que l'on nomme par des noms bizarres : Crédit agricole, PARIBAS, Société Générale etc. Il fit une prière pour que celles-ci  soient davantage prêteuses mais chacun sait que la fourmi qui entasse ne prête que si cela rapporte encore plus et que le carême n'est pas pour eux un jeûne ou une abstinence.

Le chemin s'élargit alors et une belle route toute droite comme la droite l'amena vers des vues nouvelles, au loin apparaissaient des remparts dans la rosée du matin, dans un jour plus lumineux que d'autres. Ces remparts étaient hauts, des vigies gardaient chaque meurtrières de peur que des intrus syndicalistes surgissent: il fallait montrer pattes d'or pour y pénétrer. Sarkozy dans sa robe de bure dut faire allégeance avant de pénétrer dans ces lieux saints du capital:  Suez, Total, Renault, Peugeot etc. pleins de chapelles d'or s'offraient à sa vue.

Il pénétra dans la nef centrale d'un de ces oratoires et entendit une belle dame, dénommée  Sainte Parisot de l'enfant Medef, lui dire qu'il avait péché en disant qu'il fallait moraliser le capital à Toulon en 2009.

Il se confessa au Medef et promis de ne plus jamais prononcé cette philippique démoniaque: moraliser le capitalisme.

La dessus, il vit qu'il n'était pas le seul pèlerin à pénétrer dans les antres du veau d'or: d'autres pèlerins faisaient aussi leur dévotion et le remerciaient, lui, de ses bienfaits en 2010. De la quête géante organisée par son gouvernement et de son sacristain Fillon pour secourir les riches en 2010, des dizaines de milliards avaient été recueillis chez les pauvres et confiés à la dame du Medef chargée de tenir les legs fortunes accaparées dans des lieux sécurisés: des sortes de tabernacles.

Le pèlerin Sarkozy reprit alors son bâton de pèlerin et son taser liturgique pour continuer sa route vers Wall-Street afin d'être confirmé par la main invisible du capital qui règne là-bas dans les cieux US.

La main invisible semblait hésiter à lui serrer sa paluche pour être celle du président des riches 2012: une autre paluche,celle d'un dénommé Strauss-Kahn, semblait avoir aussi les faveurs du veau d'or.

Sarkozy, alla quand même déposé  son offrande:  un superbe pacte de stabilité et de compétitivité confectionné avec l'aide d'Angèle Merkel et d'un obscur socialiste officiant à la cour des comptes et qui s'appellerait nous dit-on  Migaud: "nigaud" disent les gens bien mal-attentionnés.

Plutôt "grimaud *" disent ceux qu'il a trompé pour un plat de lentilles d'or.

Le chemin de Compostelle de 2012, n'hésitez pas à le couvrir d'ornières anticapitalistes.

Bernard LAMIRAND

* Grimaud:  mauvais et prétentieux écrivain barbouilleur de papier: ici barbouilleur pour Sarkozy.

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