RETRAITES QUEL DEVENIR ?

Publié le 11 Mars 2013

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RETRAITES  QUEL DEVENIR ?

Depuis quelques jours, les commentaires des éditorialistes de la presse écrite ou radiodiffusée se font plus pressants et reviennent fortement  sur le dossier des retraites comme celui le plus important qu’aurait à traiter le gouvernement socialiste sous sa législature.

Un dossier, dit-on, qui n’aurait pas été jusqu’au bout, du temps de Sarkozy, et dont la gauche aurait à traiter définitivement.

La retraite est un dossier majeur pour les travailleurs qu’ils soient déjà en retraite ou pour ceux qui le deviendront bientôt ou plus tard, notamment pour ces jeunes générations qui cherchent désespérément un travail qui, s’il devenait de plus en plus précaire, comme le précise l’Accord National interprofessionnel de la Sécurisation de l’emploi, les amènerait à avoir des retraites rabougries par ces longues séances de travail temporaire et irrégulier durant leur vie professionnelle saccagée qu’on leur promet comme avenir.

Dans cet article, je n’importunerai pas les lecteurs par les chiffres brandis comme catastrophique pour montrer que le système actuel n’est plus tenable.

Car ces chiffres sont la conséquence des manipulations commises depuis longtemps dans le diagnostic effectué par les casseurs de la protection sociale française ;  ils servent surtout pour dissimuler la réalité du problème qui est celui de la recette en cotisation, qu’elle soit pour le régime général de la Sécurité sociale ou pour les retraites complémentaires Arcoo et Agirc.

Les commissions « Tartempion »,  qui les délivrent, ne servent qu’à étouffer le lecteur dans des hypothèses plus ou moins atteignables en fonction du produit intérieur brut et avec les projections affolantes concernant l’âge de la retraite, le nombre d’années de cotisations, le niveau des prestation et les rentrées de cotisations par contre le financement par la cotisation de l’entreprise est ignorée superbement.

Un tir de barrage, à la veille d’un assaut, semble donc se dessiner.

Tous les adversaires de la retraite à 60 ans se déchainent à la veille d’une prise de décision gouvernementale qui devrait intervenir dans la deuxième partie de l’année 2013.

A la Communauté Européenne, des pressions s’exercent en ce moment pour que l’Etat français réduise la dette actuelle à sa plus simple expression en touchant à tous les paramètres du système, particulièrement celui de l’âge de la retraite.

Au Medef, celui-ci prépare le terrain au niveau des retraites complémentaires, il a fait pression sur les syndicats pour qu’ils acceptent une désindexation des pensions actuelles servies aux retraités et avec l’idée que cela serve d’exemple pour le régime général qui devrait en faire autant.

Ce serait la porte ouverte à l’abaissement continuel de la pension retraite servie sans que demeure des critères liés au pouvoir d’achat, au coût de la vie, à la croissance et à l’évolution du salaire moyen.

Ce même Medef nous ressert en ce moment son objectif d’allonger le nombre d’années de cotisations et surtout de placer la retraite à 63 ans et plus, ce qui amènerait nombre de futurs-es retraités-es à l’âge du taux plein à 67 ans voir 70 ans pour en bénéficier.

Coté gouvernemental, des ministres et non des moindres, annoncent l’urgence de désindexer les retraites, d’allonger le nombre d’années de cotisations, de placer la retraite à plus de 63 ans.

Le parti socialiste, qui avait manifesté lors de la réforme des retraites de Sarkozy en 2010, vient d’affirmer, par la voix d’Emmanuelli, que la retraite à 60 ans n’était plus tenable et qu’il fallait l’allonger en fonction de l’espérance de vie plus longue.

C’est le système que propose les sociétés d’assurances privées et les fonds par capitalisation.

Evidemment, ce breuvage nous est servi par ceux qui, depuis des années, refusent de s’attaquer aux vrais réponses à donner au devenir de la retraite par répartition.

Les vrais réponses sont celles qui s’affirmeront par les cotisations et permettant de payer à son juste prix les pensions des retraités en fonction de leur carrière et surtout de la richesse qu’ils ont contribué à créer pour le pays, eux qui ont été solidaire pour les générations précédentes.

Tout est à revoir sur cette affirmation essentielle de la cotisation et dont la capital a considéré que c’était une charge à réduire absolument pour son plus grand profit.

Là,  je veux parler des salaires qui ont été réduits et précarisés,  de l’emploi devenu précaire et de plus en plus tardif pour les jeunes, du temps de travail morcelé et aléatoire, de la qualification professionnelle utilisée mais non reconnue occasionnant des bas salaires, des bas salaires provenant des exonérations de cotisations patronales jusqu’à 1,6 smic ;  voilà la raison essentielle du manque de financement.

C’est ce régime sec de l’emploi, de plus en plus précaire et mal rémunéré, qui a entrainé un déficit en recettes qui n’existerait pas si le prix du travail n’avait pas été réduit comme il l’est au profit du capital par la prise de dividendes de plus en plus en plus élevés.

Si le gouvernement écoute à nouveau les jérémiades du patronat, il contribuera non pas au règlement de la question des retraites mais il l’aggravera au point de toucher aux fondamentaux de la retraite par répartition au profit de systèmes capitalisés qui auront la faveur des catégories de salariés encore en mesure de se payer de tels systèmes.

En rien, les mesures tambourinées par le Medef et par certains libéraux socialistes ne régleront donc la situation.

Dire que l’espérance de vie plus longue créée une situation insurmontable est un attrape-nigaud. Faire circuler l’idée que nous sommes passés d’un retraité pour quatre actifs cotisants en 1945 à un retraité pour deux actifs cotisants aujourd’hui est utilisé pour tromper les gens sur la vraie réalité du travail et de la productivité actuelle sans compter que demain elle sera encore plus élevée, car les deux actifs d’aujourd’hui produisent cent fois plus de richesse pour ainsi dire que les 4 actifs du temps de la mise en place de la sécurité sociale par Ambroise Croizat en 1945 dans un pays totalement détruit par la guerre.

L’autre allégorie, celle de Alain Touraine, sociologue libéral-socialiste, Rocardien, de dire qu’il est normal de travailler plus longtemps puisqu’on vit plus longtemps est sidérant au moment où plein de jeunes hommes et de femmes sont refusés à ce travail que célèbre Touraine pour les vieux alors qu’il est incapable de le proposer pour les générations les plus jeunes qu’il abandonne à la précarité.

Le breuvage employé depuis les ordonnances de Balladur en 1990 consistant sans cesse à toucher aux paramètres de l’âge de la retraite, au niveau des prestations, ont conduit à l’échec complet puisque le Conseil d’Orientation des retraites vient de révéler que le déficit sera de 20 Milliards en 2020 alors que Sarkozy et Fillon avaient claironnés qu’ils avaient trouvé pour ainsi dire la pierre philosophale pour l’annuler en touchant à l’âge de la retraite à 60 ans.

L’expérience de plus de vingt ans d’échecs montre que le vrai diagnostic a été dissimulé par ceux qui s’emploie à le réduire à seulement une charge sociale, c'est-à-dire un coût du travail à réduire au même titre que le salaires direct.

En fait, depuis 1990, leur objectif est de réduire sans cesse les retraites en les servant plus tard et en les réduisant massivement au niveau des prestations : en fait, ils s’attaquent à une autre forme du salaire, celui que l’on appelle le salaire socialisé que sont nos pensions et retraites.

La question qui devrait être mis sur la table de discussion par un vrai gouvernement de gauche est d’une grande limpidité : arrêter de s’en prendre toujours à la dépense et s’attaquer à rendre la recette plus importante et cela passe par l’augmentation des salaires, le retour à l’emploi à contrat à durée indéterminé, la réduction du chômage par la croissance provenant de bons salaires et de bonnes retraites et enfin en s’attaquant au coût du capital par des cotisations sociales à la hauteur des créations de richesses et en veillant à ce que le capital ne s’accapare pas de celles-ci, ce qui nécessitera de revoir les cotisations de l’entreprise en fonction de l’apport qu’elles font en création d’emplois, d’amélioration des salaires, de formations et de reconnaissance des qualifications professionnelles etc.

Incontestablement, c’est par la création de richesses, par une autre répartition que celle qui va au capital, que nous pourrons garder notre système de retraite par répartition et de revenir à l’âge de départ à la retraite à 60 ans indispensable comme la réduction du temps de travail pour redonner de l’emploi aux français en âge de travailler.

Le gouvernement sera-t-il alors le garant du système qui a fait ses preuves où en sera-t-il le fossoyeur avec pour conséquences l’appauvrissement des retraités et surtout des futurs retraités dont beaucoup seront les dindons de la farce puisqu’ils deviendront des travailleurs, à la fin de leur vie professionnelle en grand âge, avec les pires difficultés de souffrance au travail, ou alors, et c’est ce qui leur pendra au nez, ils retrouveront la précarité et le chômage qu’ils avaient quitté difficilement dans les premières années de leur vie professionnelle jusqu’aux âges préconisés par le Medef de 65 ans voir 70 ans pour avoir une retraite acceptable.

Oui, l’heure est au choix, notre système de retraite à 60 ans doit être financé par les cotisations prises sur la richesse créée à l’entreprise.

Bernard LAMIRAND

Section Creil-Nogent PCF

Rédigé par aragon 43

Publié dans #Actualités

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