RETRAITES COMPLEMENTAIRES : VERS UN VOL A L'ARRACHE

Publié le 23 Novembre 2012

 

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Ce qui se prépare pour les retraites complémentaires est grave.

La rencontre entre toutes les organisations syndicales et le patronat  le 22 novembre a abouti à des scénarios préparés à bonne escient par le patronat pour remettre en cause le pouvoir d’achat des retraités et celui, plus tard, des futurs retraités.

Tout cela, au moment où le monde des retraités subit un appauvrissement considérable.

Comment se peut-il que certaines organisations syndicales puissent accompagner le patronat dans ce que l’on peut appeler un « vol à l’arraché » par des stratagèmes dignes des romans policier les plus pervers.

C’est une sorte de réédition, en plus grave, des décisions précédentes qui avaient déjà amputées les retraites complémentaires pour tous les ayants droits qu’ils soient encore en activité pour leurs droits futurs à prestations et pour les retraités avec  des baisses programmées de leurs niveaux de retraites par les points acquis mais sous-revalorisés.

Tout cela pour soit disant faire face à une situation qui deviendrait  catastrophique aux dires de certaines organisations syndicales qui gèrent avec le patronat depuis des années les caisses de retraites complémentaires AGIRC et ARCCO et qui charcutent les droits et appauvrissent les retraités.

Le patronat a donc présenté ses scénarios,  ceux de rogner les retraites complémentaires en les gelant pendant quelques années ou en les amputant en cas de départ avant 65 ou 67 ans.

L’idée du patronat est de jouer sur toute la gamme de possibilités pour arriver à ses fins : le niveau des prestations, les cotisations et enfin la durée d'assurance et l'âge de la retraite.

Le Medef suggère de regarder du côté des dépenses et évidemment pas du coté des recettes. Le patronat propose, entre autres, de geler, à partir du 1er avril et sur trois ans, les prestations versées aux retraités. Cette proposition permettrait d'économiser 4,2 milliards sur trois ans dit-il. Une  autre alternative consisterait à les revaloriser légèrement, mais moins que l'inflation, pendant cinq ans.

L’autre idée est  d’amputer de 10% des pensions des futurs retraités qui partiront avant l'âge du taux plein automatique, jusqu'à ce qu'ils aient atteint cet âge. Actuellement fixé à 65 ans, l'âge du taux plein doit progressivement atteindre 67 ans en 2022 : bonjour pour ceux qui verront leur niveau de retraite être épais comme une feuille à cigarette à l’allure où c’est parti.

Comme nous le voyons, le patronat s’apprête à imposer à certains partenaires sociaux, qui gèrent avec eux le système, ce que j’ai déjà eu l’occasion de dénoncer,  de toucher à tous les paramètres des droits à la retraite complémentaire  et en particulier le prix du point devenu le moyen de les réduire autant pour les actifs que pour les retraités.

Evidemment le patronat s’est refusé d’augmenter sa part de cotisations et l’effort, plutôt le serrage de ceinture , devrait être à la charge des salariés qu’ils soient en activité ou en retraite.

Pourtant des mesures pourraient prises pour ramener des liquidités dans les caisses et en particulier en augmentant la cotisation de l’entreprise et en faisant en sorte que l’ensemble des revenus soit passibles des cotisations de retraites complémentaires et en particulier les revenus liés à la participation et à l’intéressement mais aussi une taxe sur les dividendes distribués.

D’autre part, ce patronat est responsable de la catastrophe qu’il engendre,  elle se trouve dans toute sa bataille pour réduire le  dit coût du travail où il créait les conditions  du manque à gagner,  ne serait-ce par la baisse des salaires,  les licenciements, les réductions d’effectifs, les délocalisations d’entreprises, les sommes fantastiques de profits et de dividendes qu’il soustrait du prix de la force de travail.

C’est lui qui charrie ces manques à gagner pour les caisses de retraites complémentaires.

Ce système par points montre aujourd’hui  toute sa malfaisance dans la crise et permet au patronat de faire jouer le curseur en sa faveur  en appuyant comme il le veut sur les manettes qui permettent- avec des bons partenaires sociaux attachés à leurs maroquins ronflants de Président ou de vice président en alternance avec les gens du patronat -  d’ajuster la valeur  du point en fonction des situations déficitaires qu’il engendre par la réduction du dit  « coût du travail ».

Quand on pense que dans certains milieux politiques de la gauche libérale est préconisé de généraliser ce système par point et donc demain de mettre le régime général de la Sécurité sociale dans ce qui peut s’assimiler à un système par points que je baptiserai alors "système en peau de chagrin".

Dans les pays où ce système est en place, les travailleurs ont vu leurs droits s’abaisser subitement au rythme de la crise et des politiques d’austérité.

La CFDT souhaite d’ailleurs regrouper tous les systèmes de retraites dans celui à point et évidemment, en cas de situations déficitaires, seront punis les ayants droits en réduisant leurs droits, un peu comme le maitre d’école, dans le passé, qui donnait des bons points et  se réservait le droit de les enlever à la moindre incartade de l’élève.

C’est ce qui se prépare dans le discussions prochaines sur le financement des retraites.

Nous avons donc à réagir rapidement et à préparer les travailleurs en les informant des mauvais coups qui se préparent et qui viennent s’ajouter à ceux précédemment mis en place pour retarder la retraite à 65 ans et 67 ans.

La délégation de la CGT a eu raison de quitter cette parodie de négociation et de déclarer son désaccord mais elle ne peut en rester là.

Il faut informer les salariés et les retraités.

Je suis persuadé qu’elle prépare cela et le plus vite possible.

Il faut créer les conditions d’une action unitaire à la base.

Informons-les massivement et nous verrons, que quand ils apprendront ces ententes sur leur dos  pour réduire le niveau de  leur retraite complémentaire, ils vont poser des questions à leurs mandants qui négocient en cachette ces saloperies.

Il me semble que la CGT doit s’adresser à tous les travailleurs actifs et retraités et une pétition nationale ainsi qu’un matériel d’explication serait une première forme pour réagir en cette fin d’année et prélude à des actions de grandes ampleur dans tous les lieux de travail et chez les retraités.

Il faut empêcher ce vol à l’arraché qui se prépare.

 

Bernard LAMIRAND

 

Rédigé par aragon 43

Publié dans #syndicalisme

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