RETRAITES COMPLEMENTAIRES: UNE HONTE POUR LES EVENTUELS SIGNATAIRES

Publié le 15 Mars 2013

divers_067-copie-1.gifDESINDEXATION DES RETRAITES

Je reviens sur le projet soumis à la signature des organisations syndicales* concernant les revalorisations des retraites complémentaires.

Le texte diminue l'augmentation des pensions pendant trois ans. Elles ne seront plus indexées sur l'inflation avec au 1er avril 0,5% pour les cadres du privé (Agirc) et de 0,8% pour les salariés du privé (Arrco) alors que l'inflation présagée pour 2013 est de 1,75%. En 2014 et 2015, les pensions seront également moins réévaluées que l'inflation (- 1 point). Cela entraînera une baisse du pouvoir d'achat pour le 11 millions de retraités.

C’est la première fois, depuis l’existence des retraites complémentaires, que celles-ci ne suivront pas le calcul en vigueur en fonction du coût de la vie.

Une étape serait alors franchie, après celle des années Balladur ;  lui qui avait déconnecté les retraites du salaire moyen de croissance.

C’est extrêmement grave.

D’autant plus que le gouvernement vient de se féliciter que les « partenaires sociaux » aient pu se mettre d’accord sur de telles mesures ; ce qui va l’encourager, au vu des déclarations de Ayrault, à essayer le même manière pour la revalorisation des retraites du Régime Général et celles des autres régimes dont il a la responsabilité.

Quand je dis extrêmement grave, c’est que ce projet ouvre la porte à la désindexation général aussi bien pour les retraités que pour les actifs.

C’est donc un encouragement à toucher à toutes les rémunérations provenant du travail salarié en les abaissant qu’elles soient salaires ou pensions de retraites.

Déjà certains projets présentés par les patrons exigent des travailleurs des baisses de salaires sous diverses formes et il est à penser qu’ils vont se ruer sur cet accord pour le proposer aussi dans le cadre du prix de la force de travail dans le cadre des négociations annuelles (NAO) :  des informations indiquent que c’est déjà le cas.

L’ANI (Accord national interprofessionnel) sur la sécurisation de l’emploi prévoit aussi des baisses de rémunérations pendant deux ans et qui peuvent d’ailleurs être renouvelées.

Des organisations syndicales qui viennent de mettre le doigt dans l’engrenage des baisses de salaires viennent donc de récidiver sur les retraites complémentaires.

Voir des organisations syndicales accepter que les salariés et les retraités aient des baisses de salaires et de retraites est inacceptable.

Ce matin, à nouveau, sur France-Inter, les  2 économistes patentés, s’en donnaient à cœur joie de cet accord et du fait qu’il trace une voie nouvelle puisque pour la première fois dans ce pays il est possible de réduire le niveau des retraites et que pour eux c’est parfaitement supportable pour des retraités.

Ils en font même un cas d’école.

Ils en profitent pour essayer d’opposer les actifs aux retraités considérant que les premiers ne peuvent plus payer pour les seconds qui ont un niveau de vie meilleur et il invoque ce niveau de vie dans lequel ils y mettent le patrimoine de ceux-ci. Ils oublient de dire qu’il provient de leur salaire, de privations durant toute une vie professionnelle pour payer les échéances de remboursement.

Ne leur vient pas, évidemment, la question à se poser du pourquoi aujourd’hui le salarié n’arrive plus à se constituer le même patrimoine ( achat de son logement) comme avant, alors que dans cette société les richesses créées sont nettement plus élevées que celles dont ont pu jouir, relativement d’ailleurs, les retraités d’aujourd’hui quand ils étaient en activité.

Ils ont omis, volontairement, que plus de la moitié des retraités vivent avec le niveau du SMIC et qu’un million d’entre eux, notamment des femmes, ont des pensions inférieures au seuil de pauvreté.

La question n’est donc pas de fragiliser encore plus cette population pour redresser les comptes des régimes de retraites par répartition, dont les recettes sont diminuées par le fait du chômage, des bas-salaires, des emplois précaires et surtout des hold-up réalisés par les patrons sous le vocable de charges sociales intenables.

Il faut bien voir que le manque à gagner en cotisations sociales provient d’un transfert d’une partie du prix de la force de travail en dividendes et en propriété du capital.

L’enrichissement des capitalistes va de pair avec l’appauvrissement des salariés et des retraités qui ont vu leur niveau de pension se réduire depuis 1993 de plus de 20 %.

Les deux hurluberlus de France-Inter ont donc oubliés sciemment de comparer le niveau de vie des retraités à ceux des profiteurs du CAC 40 qui devraient payer la note puisque ce sont eux qui ont vidés les caisses en cotisations sociales pour leurs dividendes.

Ils est à noter aussi, avec quelle déférence, ils ont tiré leur chapeau à un gouvernement qui selon eux, et c’est vraisemblable, s’apprête comme jamais à toucher aux pensions et retraites.

Le 28 mars aucun retraité ne peut rester chez lui, qu’il pleut, qu’il vente, qu’il tombe de la neige ou autre chose, il faut réalisé dans le pays, avec la CGT, une grande journée de lutte pour dire halte-là à l’appauvrissement des retraités, ceux d’aujourd’hui et plus grave encore ceux de demain.

Il faut donc interpeller les deux protagonistes de cette dégringolade envisagée des retraites : le MEDEF et le gouvernement son docile acolyte.

Bernard LAMIRAND

*seraient signataires CFDT- -CFTC-FO avec le MEDEF

 

Rédigé par aragon 43

Publié dans #syndicalisme

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