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ARAGON43

Mon site relate les événements syndicaux, sociaux, politiques, culturels et environnementaux .

RETRAITES : QUEL AVENIR

Publié le 4 Juillet 2011 par aragon 43 in politique

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Le Conseil d'orientation des retraites (COR) devrait rendre mercredi un avis préconisant un nouvel allongement de la durée de cotisation nécessaire pour une pension à taux plein en s'appuyant sur la loi Filon de 2003.

Le but est que les générations nées à partir de 1955 devraient désormais cotiser 41,5 années (166 trimestres) parce que l'espérance de vie aurait évoluer à cette époque.

A l'origine, ce conseil d'orientation  avait pour but de donner les éléments nécessaires de réflexion  pour que les pouvoirs publics et les organisations syndicales et patronales puissent faire le point et négocier, s'il le fallait, en connaissance de cause.

Ces principes sont régulièrement piétinés par ce conseil qui devient de plus en plus l'émanation du pouvoir et du patronat.

Il est évident que lorsque l'on veut faire payer que les salariés et les retraités et ne pas toucher au grisbi du capital, les solutions consistent alors qu'à s'en prendre à l'âge de la retraite et à la durée de cotisations.

C'est ce que font d'ailleurs d'autres pays européens qui ont porté l'âge de la retraite à 67 ans et d'autres 70 ans conformément aux préconisations  de la Communauté européenne de retarder partout les départ en retraite.

Actuellement le "pacte euro-plus" engage les pays à faire des réductions drastiques sur le social et en particulier sur les retraites.

Pour réduire la dette - conséquence des spéculations financières, du renflouage par les états des banquiers véreux - on ne veut pas toucher au sacro-saint profit, aux dividendes actuels du CAC 40, qui, dans ces moments de crise, n'ont jamais fait autant de profit.

Pour ces gens là, il faut donc jouer sur l'âge de la retraite ou bien sur le nombre d'années de cotisations et laisser tranquille les braves actionnaires.

En 2010, ils ont choisi de jouer sur l'âge de la retraite en la portant à 62 ans. Pour cette fois -ci ils vont pianoter sur la touche nombre d'années de cotisations. En portant à 41 ans et demi le nombre d'années de cotisations nécessaires pour avoir droit à la retraite à 62 ans pour les générations nées après 1955, du même coup ils amènent l'obtention effective de l'âge de départ pour tous à plus de 62 ans, et selon le nombre d'années de cotisations, les salariés de ces générations partiront pour la plupart après 65 ans jusque 67 ans.

Il n'est pas sorcier d'affirmer cela. En effet, les jeunes générations sont actuellement confrontées à des embauches de plus en plus tardives ( vers 25 ans) et avec des périodes d'activité entrecoupées de période de chômage et de précarité.

Ces salariés n'arriveront plus à 62 ans avec 41,5 ans de cotisations .Un simple calcul: départ de la vie professionnelle à 25 ans+ 41,5 ans de cotisations dans les conditions d'une activité sans cesse au travail = 66,5 ans. Et pour ceux qui auront eu du chômage, les 67 ans sont d'or et déjà réalisés.

Il faut donc, dans le cadre des élections de 2012, que les partis de gauche remettent en cause toutes les constructions des gouvernements de droite et du Medef depuis les décrets Balladur de 1993*.

Le Front de Gauche et le parti communiste font en ce sens des propositions pour la retraite plein et entière à 60 ans et avant pour les travaux pénibles en priorisant son financement par le capital.

Le problème vient du PS, et les propositions qu'il fait pour la retraite sont pour le moins assez entortillée. Je cite le paragraphe du projet concernant les retraites: Cette durée est actuellement de 40 ans et trois trimestres (pour la génération 1951) et doit passer en 2012 à 41 ans (pour la génération 1952). La réforme des retraites de 2010 prévoit déjà qu'en 2013, la durée de cotisation passerait à 41 ans et un trimestre en 2013 pour les générations nées depuis 1953.

Pour les retraites, nous rétablirons l’âge légal à 60 ans (qui permettra à ceux qui ont commencé à travailler tôt ou exercé des métiers pénibles de pouvoir partir au même âge) et l’âge de départ sans décote à 65 ans. Nous engagerons  la réforme des retraites promise aux Français, fondée sur des garanties collectives, permettant des choix individuels et assurant l’avenir des régimes par un financement du premier au dernier euro.

 

Je remarque leur insistance sur les durées de cotisations fixées par la droite qu'ils ne remettent pas en cause. Donc les annuités de cotisations seront l'élément moteur de leur projet retraite et l'âge légal à 60 ans n'est que purement théorique puisque les générations futures auront de plus en plus de mal à obtenir une retraite à 60 ans avec plus de 40 années de cotisations.

-Je rappelle que pour ma part, je revendique l'âge de départ à 60 ans sans conditions d'années de cotisations tenant compte que le salarié ne porte aucune responsabilité dans les périodes de chômage et de précarité qu'il subit de la part du capital et que ces années d'études sont un plus pour la société et l'économie et non une charge.-

En plus leur projet n'aborde pas réellement les retraites anticipées pour travaux pénibles.

Mais plus grave encore est leur projet de réforme de fond de la retraite permettant disent-ils les choix individuels dans lesquels on peut alors retrouver les retraites par capitalisation ou par points et  on sait que ce système par points ou notionnel  qu'ils envisagent conduira à l'individualisation du départ à la retraite et à l'attente du nombre de points le plus élevée possible pour prendre ses droits (voir mon article sur retraites à points dans le listing de mes blogs).

N'oublions pas que ces systèmes en vigueur dans les pays scandinaves permettent de caler les départs en fonction du nombre de pensions à servir, des financements réalisés par les intéressés, et le nec le plus ultra: exclure le patronat des cotisations sociales pour la retraite qu'il n'a jamais accepté depuis la libération et les décisions prises par Ambroise Croizat de créer une cotisation basée sur l'assiette salariale et d'assujettir autant l'entreprise que le salarié à son versement.

Le projet socialiste pour les retraites est un projet libéral, un projet qui conduira les salariés à des retraites surement après 70 ans et à des pensions misérables.

D'ailleurs Hollande, n'a pas hésité à vendre la mèche en disant : «Vous aurez le droit de partir à 60 ans. Vous n'aurez pas le taux plein si vous n'avez pas fait vos 41 années de cotisation. «La variable d'ajustement, c'est la durée de cotisation».
«A l'avenir, il n'y aura plus d'âge légal de la retraite. Tout sera déterminé par rapport à la durée de cotisation».

Finalement, les positions entre le PS et la droite s'apparente plus à un débat sémantique sur la façon de mystifier les salariés.

Il me semble que cette question doit revenir rapidement sur le tapis et ne pas être seulement portés seulement par les partis politiques mais bien par les travailleurs en lutte pour une vraie retraite par répartition et solidaire à 60 ans.

Et je suis d'accord avec Aubin de la CGT, la rentrée doit porter cette question de la retraite comme celles des salaires et de l'emploi.

L a question essentielle pour régler ce droit à 60 ans est qui paye? Nul doute qu'il faudra remettre en cause toutes les exonérations patronales et imposer le capital qui s'est enrichi en réduisant les salaires, en reportant l'âge de la retraite, en aggravant les conditions de travail.

Oui, un vote de gauche doit comprendre la retraite à 60 ans avec les financements nécessaires provenant de la création de richesses.

Bernard LAMIRAND

 

*Décret Balladur 1993 : Durant l'été 1993, le gouvernement réforme le système de retraite par répartition : il prévoit de faire passer progressivement la durée de cotisation nécessaire à l'obtention d'une retraite à taux plein de 37,5 années à 40 ans pour les salariés du privé, indexe les pensions sur les prix et non plus sur les salaires, et passe le calcul de la retraite des 10 meilleures années aux 25 meilleures années.

 


 


 


 


 


 

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