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ARAGON43

Mon site relate les événements syndicaux, sociaux, politiques, culturels et environnementaux .

MARCHAIS A LA TELE

Publié le 6 Février 2011 par aragon 43 in communisme

images-copie-15.jpegMARCHAIS SUR LA DEUXIEME CHAINE TELE CE MIDI

La deuxième chaine nationale nous a offert ce dimanche le portrait de Georges Marchais intitulé: "le retour sur le parcours de Georges Marchais, treize ans après sa mort, à l'occasion du 90e anniversaire du Parti communiste français".

45 Minutes d'extraits de films dont certains proviennent des archives du PCF ainsi que des interviews de dirigeants communistes de l'époque dont ceux de Juquin, Fiterman,Piquet et de figures notoires de l'audio-visuel de droite comme Elkabbach et Duhamel.

Un personnage, ce Georges Marchais, qui fait regretté ce temps ou le PCF était une force dans ce pays.

Des moments forts des années 70/90 auxquels j'ai participé à mon modeste niveau de communiste dans le Nord.

Des images d'un meeting tenu dans le Nord où il débat ouvertement avec le public en présence de Gustave Ansart, un dirigeant communiste auquel je dois ma formation communiste et humaniste.

Ce portrait de Georges représentait ce qu'il était vraiment, un homme direct, franc, de sa classe, mais aussi d'une grande humanité qui se cachait derrière un  style bourru. Nous l'avions vu pleuré lors d'un déplacement dans le Nord où un camarade sidérurgiste, revenant d'un meeting de Georges Marchais à Calais, avait eu un accident de la route entrainant le décès de son épouse.

C'était un métallo. Il en était fier. Il a été trainé dans la boue par rapport  au STO en Allemagne. A cette époque, on ne demandait pas à Mitterrand et à d'autres ce qu'ils avaient fait pendant l'occupation. Quelques années plus tard les preuves ont été apportées qu'il avait été, comme beaucoup de jeunes, requis pour l'Allemagne par Vichy.

Le film traite de ces grands moment de débats à la télévision et notamment celui avec Fourcade concernant la crise pétrolière. Il avait été formidable, il avait terrassé le ministre des finances de Giscard et à Usinor Dunkerque, là où je travaillais, le lendemain, tous les ouvriers en parlaient et il y avait une grande fierté d'avoir battu ce bourgeois repu.

J'ai aimé la distance prise par Juquin, lui qui a quitté le parti dans le tumulte des années difficiles, il nous montre le personnage, on dirait même qu'il l'apprécie aujourd'hui sans cacher les désaccords.

Je pense qu'il a raison Juquin, on ne peut mettre sur le dos de Marchais la dégringolade du PCF en ces années difficiles d'un programme commun qui n'était que commun pour nous et plus tôt une épine à s'enlever vite de la part de Mitterrand. Le coté goguenard de l'interview de Joxe, un proche de Mitterrand, suffit comme preuve. Certes, ce programme, Marchais l'a signé, nous l'avons, nous, militants, approuvé comme le moyen de se sortir de la gangue gaulliste et giscardienne dans lequel notre peuple n'en pouvait plus. Ce que Georges Marchais n'a pas vu, c'est non pas que le PS tenterait de nous manger la laine sur le dos, cela était évident dans le discours de Vienne, mais c'est plutôt l'évolution de monde du travail, nous en étions trop resté à la belle histoire du PCF et de ses grands moments sans voir que le monde ouvrier était en pleine mutation. Nous étions enfermé dans un modèle communiste qui ne correspondait plus face à la révolution informationnelle qui allait tout bouleversé. Il fallait prendre le réel à bras le corps et nous ne l'avons fait que sur le bout des lèvres laissant  à la sociale-démocratie l'alternative fausse de porter la modernité vers le social libéralisme alors que des idées novatrices communistes auraient pu, à cette époque, donner une tout autre allure à un rassemblement de gauche transformateur de la société. Nous y voyons aussi des moments forts dans ce portrait,  dont ceux du débat avec Duhamel et Elkabbach, où Georges leur dit leur quatre vérités à ces deux journalistes qui  se pavanent toujours à la télé, eux qui disaient dans ce portrait que Marchais était vieux jeu, dépassé: que font-ils encore à la télé sinon que d'être des vieux édredons médiacrates.

Le moment difficile, c'est cette équipée à Moscou, où les dirigeants soviétiques sentent plutôt la naphtaline que le jasmin de Tunisie. Qu'allait-il faire là-bas? Cela fait certainement partie de ces ombres et lumières qu'ont, tout compte fait, tous ces personnages devenus emblématiques.

On lui a reproché son soutien à l'intervention soviétique en Afghanistan, c'était manifestement mal placé de le faire et en sortant du Kremlin, mais on voit les dégâts aujourd'hui de ces régimes talibans mis en place à cette époque par les américains, et aujourd'hui, Georges s'il vivait encore, pourrait leur retourner toutes les saloperies qu'ils ont fait depuis et notamment en Irak et aussi au Maghreb ou en Palestine avec les Israéliens qu'ils soutiennent. D'ailleurs de l'intervention soviétique nous sommes passé à l'occupation américaine et des pays occidentaux dont la France.

Il ne faut pas sombrer cependant dans la nostalgie de cette période. Elle est évocatrice de l'histoire d'un parti qui s'est affaibli à cause du retard pris dans une analyse marxienne à la hauteur des enjeux de classe face à ce capitalisme mondialisé à l'extrême et maintenant  en crise durable.

En cela, Georges Marchais, comme nous tous communistes attachés au PCF et à son devenir, nous n'en avions pas pris conscience de la hauteur des enjeux et de la montée néolibérale. Cela ne veut pas dire qu'il faut pleurer sur la tombe d'un communisme défunt comme certains le font en recherchant des rafistolages mais au contraire en redonnant en ce moment toute la force nécessaire à l'idée communiste.

Lors de la présentation du film, les auteurs de ce portrait ont montré le siège du PCF désert, la salle du comité central de l'époque vide et un commentaire sournois disait que Marchais était aujourd'hui complètement oublié dans ce siège où plus rien ne marque sa présence.

A ma souvenance, jamais ces murs, n'ont fait état d'un culte de la personnalité de qui que ce soit du PCF et c'est bien ainsi.

Marchais, c'est une époque, il ne peut être imité, s'il y a une copie, elle ne peut être qu'une copie défraichie et falsifiée. Marchais était populaire mais pas populiste.

Soyons communistes d'aujourd'hui, employons nous à être nous-mêmes dans la société telle qu'elle est. Etre des communistes qui s'indignent et qui se révoltent et qui font bouger ce pays vers une société communiste avec l'humain d'abord comme le disent mes camarades du PCF du Nord et Alain Bocquet quand il titre son livre: Un Marx et ça repart !

 

Bernard LAMIRAND

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