LES VOEUX DU PRESIDENT AU MEDEF ET AUX ORGANISATIONS SYNDICALES ET SOCIALES

Publié le 18 Janvier 2013

arton42.jpgLES VŒUX DU PRESIDENT

Il est content, tout marche sur des roulettes, pour ainsi dire,  et il l’a exprimé aux partenaires sociaux ( un mot qu’il faudrait radier de nos expressions).

Le président offrait la galette, la galette « du moins disant social ».

Il a annoncé une deuxième conférence sociale (comme celle de l’été 2012) pour examiner d’autres dossiers sociaux -de quoi s’inquiéter- comme la formation professionnelle et aussi les retraites.

Il s’est félicité de l’accord signé par le patronat et les organisations minoritaires CFDT-CFTC-CGC concernant ce qu’il appelle la « Sécurisation de l’emploi » et qui devrait plutôt s’intituler la « Sécurisation du licenciement ».

Il semble que les invités, que la presse nomme « les forces vives de la nation », n’ont pas tous apprécié la galette  ( CGT ET FO) où la fève avait un goût amer de suppression d’emploi et de précarité et le champagne ( cuvée Hollande-Patronat)  ne pétillait qu’en faveur des thèses libérales.

Seuls se pressaient pour en redemander Madame Parisot du Medef et les abonnés habituels à la défaite syndicale : les dirigeants de la CGC-CFTC  et surtout la CFDT qui trouvait le cru charpenté patronal comme elle a l’habitude de le faire naitre dans les fûts de la concession.

Le gouvernement, lui, était aux anges, il avait son accord pour plaire aux agences de notation et tant pis si les salariés, qui seront bientôt pris dans la nasse de cet accord félon, subiront demain les pires outrances pour leur travail de plus en plus précarisé sous les fourches caudines d’employeurs qui les exploiteront à la « polonaise ».

Autour des galettes, les patrons s’affairaient pour attendrir encore plus les dévots du « donnant-perdant ; la compétitivité était le grand sujet et chacun mesurait les économies à réaliser grâce au travail gratuit qui s’en suivrait, grâce surtout aux baisses de salaires pendant deux ans, grâce également  aux horaires de travail flexibles permettant par de savants calculs dans l’année de faire travailler qu’au top indiqué et en faisant disparaitre les heures supplémentaires  dans le bouillon général de la précarité.

Chérèque était l’invité de marque, même s’il n’était plus le cador de la CFDT, il avait fait son boulot et partout les patrons et les experts le festoyaient, l’encensaient. Hollande ne lui avait-il pas dressé des lauriers en le faisant  très haut fonctionnaire à plus de 8 000 euros mois et en plus une présidence du think-tank libéral du parti socialiste Terra-nova. Dans le morceau de la galette qui lui fut offert par Hollande et Sapin, Chérèque découvrit avec une surprise feinte, une fève de remerciement pour la cabrure de son dos réformiste, celle conférée  par Hollande pour s’occuper de la pauvreté et de dresser un constat de celle-ci comme inspecteur de l’IGAS.

Attention pauvre gens, si Chérèque s’occupe de votre sort et de son habitude à mettre en place le donnant-perdant de la CFDT, vous risquez de vous retrouver demain à devoir accepter de sacrifier vos pauvres prestations sociales pour quelques cacahuètes.

La cérémonie des vœux du président aux « forces vives de la nation » s’achevât alors par une complainte de Madame Parisot, qui, non contente de la brassée de cadeaux antisociaux de l’accord sur la Sécurisation de l’emploi, gémissait  à nouveau, réclamant encore et encore des charges sociales abaissées.

Sur ces entrefaites chacun et chacune s’en alla par une sombre soirée d’hiver et un froid glacial qui n’était pas simplement celle de la bourrasque pénétrant le palais mais aussi celle d’hommes et de femmes qui demain auront à subir les conséquences de l’abaissement du dit coût du travail.

Mais comme nous aurons maintenant un petit frère des pauvres, en l’occurrence Chérèque, l’avenir de la production de boites en carton pour refuge des sans domicile fixe est assuré.

Bernard LAMIRAND

Rédigé par aragon 43

Publié dans #politique

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