LES VIEUX

Publié le 8 Janvier 2013

LES VIEUX

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A mes vieux copains de luttes d'Usinor Denain

 


Quelle est bouleversante cette complainte de Jacques Brel sur « les Vieux » et je ne résiste pas à vous coller sur ce blog ce premier couplet : 

 « Les vieux ne parlent plus ou alors seulement parfois du bout des yeux
Même riches ils sont pauvres, ils n'ont plus d'illusions et n'ont qu'un coeur pour deux
Chez eux ça sent le thym, le propre, la lavande et le verbe d'antan
Que l'on vive à Paris on vit tous en province quand on vit trop longtemps
Est-ce d'avoir trop ri que leur voix se lézarde quand ils parlent d'hier
Et d'avoir trop pleuré que des larmes encore leur perlent aux paupières
Et s'ils tremblent un peu est-ce de voir vieillir la pendule d'argent
Qui ronronne au salon, qui dit oui qui dit non, qui dit : je vous attends ».

La mésaventure qui vient d’arriver à une vieille dame de la Résidence beau Soleil de Chaville éclaire sur les pratiques de ces maisons de retraites qui se font du fric.

Bien sûr, la dame âgée de 94 ans a une retraite qui lui permet d’accéder à ce genre de maison car les loyers sont évidement chers et peuvent représenter entre 2000 et 4000 euros.

Cette dame a été mise dehors, en plein hiver, parce que son loyer n’avait pas été payé par sa famille depuis un certain temps. Je n’insiste pas sur l’illégalité de cette mesure, la presse en a fait état.

Evidement les mauvaises langues diront, sa famille l’a délaissé et aurait dû payé.

Mais, ne nous arrêtons pas à ce genre de réflexion : est-il normal, dans une société comme la nôtre, de vider une vieille personne avec son baluchon, qu’il soit en guenilles ou avec de  beaux habits, et après l’avoir jeté dans un taxi l’amener tout droit aux urgences d’un hôpital ?

Avec cette idée, que l’hôpital est là pour que ramasser les gens en déshérence quand ils ne sont plus rentables comme locataires.

Cela ressemble à ces lieux d’avant, dont certains voudraient bien voir renaitre, et nous ramener à ces pauvres, ces vieux, ces fous auquel un asile de fortune suffirait en attendant le tombeau.

Oui, la chanson de Brel nous rappelle ces vieux et leur fin de vie, et nous interpelle pour nos parents et nous-mêmes quand approchera ces moments difficiles.

Nous aurions pu penser que dans cette société, que l’on nous dit républicaine, ces personnes âgées auraient au moins le respect.

Non… ils ont que la cruauté d’un système qui ne conçoit que le taux de profit, le dividende.

Et les rapaces….   les bailleurs (ces sociétés immobilières) sont aussi cruels qu’ils le sont quand ils mettent à la porte des salariés et des retraités quand ceux-ci ne peuvent plus payer leur loyers.

Ne voyons-nous pas,actuellement des retraités,  non pas comme on dit «  aller passer leur fin de vie dans des hôtels luxueux à Marrakech » mais des retraités mis à la porte et vivre dans leur voiture comme tout logement pour ce qui ont une voiture et pour les autres vivre maintenant dans des recoins de rues ou en dessous des ponts.

C’est indigne, et c’est aussi inadmissible, quand, dans une maison de retraite, (un Ehpad privé) l’on se permet en plein hiver d’éjecter une personne de cet âge.

En apprenant cette situation, je n’en reste pas à ce cas -celui d’une personne qui vit dans une maison de retraite aisée- et je me suis dit: « s’ils sont capables de faire cet acte cruel contre cette personne aisée, ils sont aussi capables dans d’autres endroits de le faire avec des personnes aux revenus modestes et qui n’arrivent plus à payer leur loyer dans ces maisons de retraites ».

Cela mérite une enquête approfondie au moment où de nombreuses personnes vieillissantes n’ont plus que pour perspectives de trouver une maison de retraite pour finir leurs vieux jours et aussi pour leurs enfants qui ont de moins en moins les possibilités pécuniaires pour trouver l’argent nécessaire pour les héberger.

Cela pose la question que l’autonomie des personnes âgées soient assurée par la Sécurité sociale  et il est utile de rappeler, aujourd’hui, qu’ Ambroise Croizat ministre du travail et de la Sécurité sociale en 1946  en créât les conditions avec la naissance de la Sécurité sociale pour que la personne âgée soit protégée par celle-ci.

Quand un système économique  délaisse ceux qui ont permis à la France d’être ce qu’elle aujourd’hui, il y a vraiment dégénérescence sur le plan social et le fric l’emporte sur l’humain et cet humain, c’est donc ceux qui nous ont permis, de par leurs cotisations, d’avoir une protection sociale .

Une protection sociale considérée comme une « providence » (mot mérpisant) comme disent tous ces experts, qui, chaque jour, pour que le profit exulte, réclament que celle-ci devienne minimale et soit réduite à la portion congrue pour les plus fragiles et à ne plus avoir les moyens de vivre décemment : de s’alimenter, de se soigner, de se loger.

Triste pays, quand celui-ci décide en ce moment de redresser le taux de profit en s’attaquant aux salaires et aux retraites, jugeant ceux-ci comme des charges  et rejoignant le concert patronal des charges et du cout exorbitant du travail.

Comme le disait Bernard Thibault, ce matin sur RTL, la négociation du 10 Janvier sur la « Sécurisation de l’emploi » vise à précariser encore plus les emplois et j’y rajouterai les salaires et les retraites.

Oui, nous avons besoin d’engager les luttes en ce début d’année.

Oui, regardons bien aux deux bouts de notre société : le capital et le libéralisme font payer cher  la crise aux jeunes et à nos parents et grands parents.

Je m’excuse, mais un mot me vient à la bouche : «  les salauds ».

Bernard LAMIRAND

Rédigé par aragon 43

Publié dans #Actualités

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