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ARAGON43

Mon site relate les événements syndicaux, sociaux, politiques, culturels et environnementaux .

LA SANTE A L'ENCAN

Publié le 17 Juillet 2011 par aragon 43 in politique

 

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Croizat ministre du travail et de la Sécurité sociale

ouvrant un bureau de sécurité sociale en 1946.

 

 

 

LA SANTE A L'ENCAN?

Avez-vous regardé les annonces publicitaires à la télévision?

Depuis quelques temps, c'est un véritable déchainement de publicité pour des médicaments que l'on propose à la consommation.

Les firmes pharmaceutiques fabricant ces médicaments rivalisent de conseils, d'avis, d' avertissements, qui visent à mettre en évidence un choix personnel de l'usager (du clients comme il est dit) sans passer obligatoirement par le médecin ( on ne voit même plus apparaitre le conseil que si le malaise persiste d'aller voir le médecin traitant).

Il faut dire que la liste des médicaments non remboursables ou mal remboursés augmentent après chaque annonce gouvernementale d'économie à réaliser sur le dos des malades alors que des médicaments dont les molécules sont repris sous d'autres noms sont facturés très chers à la sécu et représentent en coût des milliards d'euros pour la sécurité sociale qui ne fait rien pour supprimer ces médicaments inutiles comme le Plavix qui n'est que de l'aspirine *.

Un phénomène est à observer: les personnes qui ne sont plus remboursées ou peu continuent à prendre ces médicaments et vont directement chez le pharmacien pour se les procurer en cas de besoin.

Il faut voir maintenant le nombre de personnes sortant leur carte bleue, leur carnet de chèques, leur porte feuille pour payer ces médicaments dont certains sont dangereux pour la santé.

En fait, il s'agit d'habituer, petit à petit, les gens à passer directement chez le pharmacien ou le supermarché où ces remèdes sont en vente dite libre pour tout ce qui n'est pas maladies graves.

Cette stratégie est voulue. Elle correspond à cette idée réactionnaire que les personnes doivent financer leur santé et cesser de bénéficier de l'Etat providence. Nous ne sommes pas loin alors du système américain qui oblige chacun à pourvoir à sa santé alors que chez nous  c'est chacun cotise selon ses moyens et reçoit selon ses besoins  (Ambroise Croizat, ministre communiste 1945-1947).

Nous reviendrions alors à la précarité de la santé pour les plus pauvres comme avant la naissance de la sécurité sociale.

Une personne en ALD (diabète hypertension, troubles du rythme cardiaque)  me disait que maintenant certains de ses médicaments, pourtant nécessaires, et qui sont  des adjonctions à sa maladie, sont ajoutés par le médecin mais plus préconisés par la sécurité sociale comme remboursables et cela grève sensiblement son pouvoir d'achat.

Quand j'observe, toujours à la dite pharmacie auquelle je prends mes médicaments, le comportement des gens, je me rends bien compte, à la question du pharmacien - avez-vous votre carte vitale?- qu'un nombre non négligeable d'usagers viennent maintenant sans ordonnances pour acheter des médicaments pour une angine, pour un gros rhume, pour des céphalées,  des problèmes d'estomac et de peau etc. Plus grave encore apparait maintenant à la télévision et dans la presse des publicités pour des médicaments tel celui de la prostate et l'on peut s'attendre à ce qu'un jour l'on nous disent que l'adénome de la prostate n'est plus une maladie mais la conséquence de l'âge et n'entre plus dans le cadre de l'assurance maladie.

Il est temps de mettre les gens en alarme sur cette façon détournée de faire passer une orientation qui se dessine visant à ce que la Sécurité sociale ne rembourse que des maladies et hospitalisations graves et le reste étant à la charge des intéressés avec les requins des assurances.

Derrière cela se prépare une explosion des inégalités en matière d'accès à la santé que l'on perçoit d'ailleurs concrètement à travers le choix entre honoraires libres ou conventionnés pour les consultations médicales et les actes.

Cette question de la couverture maladie doit être au coeur du débat politique et il est indispensable d'interroger les candidats sur cette question d'une couverture totale par la Sécurité sociale, ce  qui nécessite d'en terminer avec les assurances privés qui se font passer pour des mutuelles et aussi de renouer avec les orientations fixées par Croizat visant à une assurance maladie universelle et financée par les cotisations sociales et bien sûr de se sortir de ces honoraires dit-libres ou encore de ces spécialistes qui s'installent dans le secteur public  (hôpitaux) pour faire leur clientèle et faire payer plus cher les patients pressés ou stressés pour un acte médical plus rapide à partir du carnet de rendez-vous en sortant des honoraires conventionnés.

Le financement doit être assuré en prenant sur les profits réalisés et les exonérations de cotisations sociales ne doivent plus être tolérées.

La position du PS est à ce sujet des plus ambigüe:  elle annonce un financement par la CSG donc par l'impôt et du même coup libérer l'employeur de toutes cotisations sociales (scandaleux).

Il me semble que cette question doit faire partie du débat avec les salariés et les retraités à la rentrée et notamment au moment ou va être discuté le budget de la Sécurité sociale à l'Assemblée.

Oui, des luttes fortes, tout de suite, pour une assurance maladie assurant le remboursement complet de tous les médicaments répondant aux critères de santé et sous ordonnances s'imposent.

Les riches puisent dans les entreprises par leurs dividendes pour se soigner durant toute leur vie dans les meilleures conditions, il doit en être de même pour les salariés et les retraités en prenant sur leurs dividendes par les cotisations sociales nécessaires.

Bernard LAMIRAND

* coût des surprescriptions et des prix surestimés - « le Plavix est facturé 30 fois plus cher que l'aspirine pour un service équivalent ». Des milliards d'euros sont ainsi soustraits de la sécu pour ce médicament copié.

*sud-ouest 27 mars 2011 extraits: Les 100 milliards d'euros de bénéfices annuels engrangés par l'industrie pharmaceutique résultent d'un développement sans précédent des « me-too ». Des médicaments qui n'apportent rien de véritablement nouveau mais sont dopés par la pub et l'invention de nouvelles pathologies gourmandes en ordonnances : fatigue chronique, jambes lourdes, troubles musculo-squelettiques…

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RVRIGO 18/07/2011 12:05



Le secteur de la pharmacie est une des secteurs les plus rentables de l'industrie: près de 30 % de rentabilité finacière ces dernières années, d'après la revue Savoir/Agi qui démonte les
stratégies poursuivies par les grands groupes pour produire toujours plus de "valeur pour l'actionnaire". On peut y lire que leurs dépenses de marketing et de publicité sont maintenant plus
importantes que celles de recherche et que celle ci n'est pas orientée vers le développement de la santé du plus grand nombre. C'est celà le modèle de la "société de la connaissance" que nos
gouvernements et l'union européeene charchent à nous faire avaler.