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ARAGON43

Mon site relate les événements syndicaux, sociaux, politiques, culturels et environnementaux .

LA BETE IMMONDE RODE

Publié le 6 Mars 2011 par aragon 43 in politique

LA BETE IMMONDE RODE

arton3761.jpgBerthold Brecht nous avait  mis en garde contre le bête immonde. En ce sens il faut toujours être attentif à ce que des ressentiments, procréés de manière politicienne, ne puissent un jour se transformer en nouvelles monstruosités.

C'est déjà le cas en certaines parties du monde où la haine et les guerres qui lui sont consécutives,  progresse.

La crise fait des dégâts comme celle de 1929 qui a conduit à l'abyssal génocide hitlérien et fasciste.

Certes, l'histoire ne se répète pas, mais la xénophobie, le racisme, les avatars religieux, peuvent faire remonter des vieux égouts fascistes, en ce 21eme siècle, toutes les tares d'un système capitaliste qui charrie, colères, misères et souffrances dans un monde d'inégalités de plus en plus criantes.

La colère n'a pas d'horizon toujours claire et peut se transformer par des idéologies haineuses en rejet de son prochain, de son voisin, de son compagnon de travail.

En Europe se manifeste des rejets inquiétants en ce moment.

Ce qui se passe dans nos pays, dit développés, devient dangereux quand des êtres humains sont pointés du doigt comme coupables par des populations que l'on chauffe à blanc pour les besoins de la cause en utilisant des faits de société pour qu'elles se déchirent et se séparent de par leur origine ou de leur faciès devenus subitement intolérables.

Tout est fait pour que ces populations en souffrance ne mettent pas le doigt sur les vrais raisons de leurs misères: celles consécutives au l'appropriation des richesses produites par la classe possédante.

En  Europe,  dans les pays de l'Est, ailleurs aussi, l'étranger est traqué comme ce fut le cas pour les roms en France : le moindre fait divers est monté en épingle et les fautifs sont désignés à l'hallali d'une population dont on lui demande de trouver des boucs-émissaires.

J'écoutais ce midi, sur une chaine télé, je ne sais plus laquelle, des gens dirent que bientôt on ne saurait plus reconnaitre ce qu'est un vrai français.

L'idée du bon français, baguette de pain et béret, provincial de surcroit, attaché à la France fille ainée de l'église que nous vante l'hôte  de l'Elysée, devrait redevenir la référence nostalgique d'un passé qui nous a conduit à l'abîme entre 1940 et 1945;  et c'est à celui qui flattera les instincts les plus bas et les plus vils.

Un militant gaulliste, lui, toujours sur cette chaine, critiquait ce que Sarkozy menait comme politique identitaire, éloignée disait-il de la pensée gaulliste et il fixait à juste raison le vrai problème: l'emploi des jeunes, du travail, des salaires.

Tout le contraire de la haine distillée par la fille à Le Pen.

Depuis qu'elle a pris la relève du père, médias, micros, caméras sont tendus à sa disposition pour lui faire narrer chaque événement malsain et demain peut-être jusqu'au chien écrasé par la voiture d'un immigré qui n'avait rien à faire là si on l'aurait expulsé à temps.

En quelques jours, la façade blondasse Le Pen voit son blason retapé par des journalistes aux ordres et tout est fait pour lui donner un air présentable, doucereux, affable: une sorte de gant de velours dans une poigne de fer, d'ailleurs bien caché par des commensaux médiatiques qui l'appellent communément de son prénom Marine dans leurs reportages ou interviews.

Tout est fait pour la rendre présentable et sociable.

Le monde ouvrier est une cible parce qu'il souffre et qu'il peut être en fragilité politique face au désarroi devant le manque d'alternatives  à gauche.

Et puis avec le chômage massif, dont la signature est celle des milieux de droite et d'extrême droite, on peut  rendre responsables tous  les politiques et les syndicalistes en les mettant dans le mêmes sacs, comme du temps des ligues fascistes, et ainsi la vindicte populaire est déviée des vrais responsables des souffrances endurées.

Cela est sidérant de voir des ouvriers faire allégeance à leurs bourreaux et s'en prendre à ceux qui luttent parfois à mains nues pour les sortir de la M…

Voir ce syndicaliste, issu de la CGT en Lorraine, région frappée par la droite et l'extrême droite sur le plan industriel et sur l'emploi, copuler avec cette extrême droite, montre à quel point les repères sont brouillés, surtout dans une région où l'immigré italien, polonais, espagnol a été lui aussi victime dans le passé de la xénophobie et du racisme; de l'étranger qui prend le travail. Rappelons nous comment cette droite les appelaient: ritals, polaks etc.

Vindictes populistes pour retourner les ouvriers subissant de plein fouet la crise.

Et alors la fille à Le Pen peut servir d'attrape nigaud pour que se monte, comme en 2007, une fausse piste comme celle de Sarkozy quand il a illusionné les ouvriers avec le votez pour moi vous travaillerez plus pour gagner plus.

Le populisme, c'est le piment de l'extrême droite: de cette extrême droite qui pointe toujours son nez dans les moments difficiles où droite et pouvoir ont besoin de haines ethniques, religieuses, raciales pour embobiner le peuple vers des voies de garages.

Les sondages sont aussi un moyen de faire monter la mayonnaise en plaçant la fille de Le Pen au hit-parade du trucage. C'est un  moyen puissant pour triturer l'élection présidentielle et faire en sorte que sortent  de la boite à candidats que deux sélectionnables choisies par le système oligarchiques.

Le battage fait autour de sa candidature ressemble à un paquet de lessive dont on a changé l'étiquette et que l'on rabâche dans les têtes comme le meilleur produit sur le marché.

La fille à Le Pen aura alors rempli son rôle: assurer la bipolarité avec deux candidats du sérail capitaliste.

Cette élection présidentielle devient de plus en plus une parodie. Ce système électoral hérité de la constitution de 1958 va produire de plus en plus de soi-disant redresseurs de torts pour la simple raison que ce système est  une caricature de démocratie masquant une oligarchie qui exerce le pouvoir et qui sait répartir les rôles pour garder son pouvoir de plus en plus autoritaire et antidémocratique.

L'élection présidentielle n'est pas celle d'un projet mais pour un fondé de pouvoir de l'oligarchie et le concours électoral vise seulement à éloigner les projets et à faire que le peuple ait des jeux électoraux avec des instituts de sondages qui jouent le rôle du PMU soupesant les purs-sang politiciens de l'écurie capitaliste.

Nombreux d'entre nous sont d'origines modestes, notre colère est grande, mais la solution à nos problèmes ne se trouve pas avec les vautours qui planent dans nos quartiers, nos usines pour nous faire prendre des vessies pour des lanternes.

 

Bernard LAMIRAND

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