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ARAGON43

Mon site relate les événements syndicaux, sociaux, politiques, culturels et environnementaux .

FTM CGT UN 39EME CONGRES PROMETTEUR

Publié le 15 Mai 2011 par aragon 43 in syndicalisme

arton171-844f3.gifFTM CGT UN  CONGRES PROMETTEUR

Un grand moment, ce 39ème congrès de la Fédération CGT de la métallurgie, qui s'est tenu la semaine dernière à Reims.

Un congrès qui sentait bon la lutte revendicative, l'envie de s'en sortir de ces années de crise écrasant les travailleurs dans la machine à profit.

Il serait bien ardu de citer toutes ces interventions venant de délégués (es), qui, manifestement, savaient pourquoi ils étaient venu à ce congrès.

Et ce n'était pas pour faire de la figuration.

Je retiens surtout ces interventions concernant les salaires: une volonté maintes fois exprimée d'en finir avec le rapt de la richesse créée, prises par les actionnaires et les profiteurs de tous poils.

Bien sûr, certains exprimèrent des doutes sur la bataille des retraites: est -ce un échec définitif ou un répit ?

Sur cette dernière question, l'attentisme a été rejeté:  attendre les élections n'était pas manifestement le choix des délégués (es).

De nombreuses luttes furent précisées et montrent qu'actuellement, dans la métallurgie, l'action revendicative se déploie et obtient des succès notamment en matière de salaires et cela faisait plaisir d'entendre ces militants (es) égrenaient leurs  succès et les augmentations obtenues.

"Enfin des luttes pour et pas seulement contre", me disait un  délégué à la pause.

Des jeunes syndicats CGT naissent à travers ces luttes.

Dans les témoignages il fut fait état de progrès sensibles aux élections professionnelles et dans certains endroits la CGT devient la seule organisation syndicale représentative. J'ai saisi aussi qu'un travail intéressant se faisait en direction des PME, un champ où la présence syndicale commence à se manifester à nouveau dans la métallurgie notamment dans les entreprises sous-traitantes de grands groupes industriels.

J'ai été étonné de voir revenir une vieille revendication CGT : l'échelle mobile des salaires.

De la bouche de jeunes délégués cela montre à quel point se fait sentir la nécessité de garantir son salaire par rapport aux prix mais aussi de l'augmenter comme disaient des intervenants.

Des remarques nombreuses sont venues sur les difficultés de vivre avec des salaires et des retraites insuffisantes et l'exaspération était perceptible par rapport à ces prix qui ne cessent de grimper et les records du CAC 40.

Autre satisfaction, les adhésions à la CGT. Plus de 15740 adhésions réalisées depuis 3 ans dans les conditions difficiles de l'époque qui nous placent maintenant à 63 837 syndiqués.

Dans ces satisfactions il faut aussi raison gardée, certes près de 64 000 syndiqués (es) c'est précieux, mais par rapport à plus de 1 million et demi de travailleurs dans la métallurgie, il y a du travail à faire. C'est ce qu'ont dit les délégués (es) et, me semble t'il, cette question de l'adhésion redevient un axe majeur de la vie syndicale où se perçoit que pour gagner il faut davantage de syndiqués et les 100000 sont atteignables.

Une autre remarque est à faire, elle est importante : désormais il y a autant d'ouvriers que d'ingénieurs, cadres, techniciens dans la métallurgie (50/50 %). Cela confère à la direction fédérale élue un travail à la hauteur de cette évolution.

Certes il ne s'agit pas d'en rabattre sur le travail syndical en direction des ouvriers mais bien de prendre en compte ces catégories nouvelles ayant des qualifications professionnelles qui d'ailleurs ne sont pas reconnues. A écouter les interventions, ces catégories subissent le même sort que les ouvriers: elles sont précarisées et sous payées. A mon avis une attention particulière doit être portée sur cette donnée et l'UFICT - dont je ne conteste pas le nécessité- ne peut être le seul réceptacle pour prendre toute notre place dans cette évolution: c'est l'affaire de toute la fédération et de ses syndicats et USTM.

Un grand moment, le débat avec les invités d'autres pays, et en particulier la Palestine recueillant une ovation de la part du congrès mais aussi d'autres délégations comme celle du Japon, de l'IG Métall,de Tunisie etc.

Dans ce moment fort se ressentait surtout la nécessité d'aller plus loin dans l'unité des travailleurs face au capitalisme et face à cette crise que tous dénoncent. J'ai perçu qu'il y avait beaucoup de possibilités de convergences entre travailleurs de ces pays et que chacun d'entre eux voulaient avancer face à la mise en concurrence des salariés, comme ces expressions faites face aux délocalisations et qui marquaient le besoin de mieux se coordonner et d'établir ensemble des droits sociaux à l'échelon de ces multinationales qui exploitent et surexploitent à partir d'une main d'œuvre souvent inorganisée.

J'ai ressenti à ce moment la nécessité d'avoir un syndicalisme de luttes international et européen à la hauteur de cet enjeu et dépassant les clivages anciens et surtout ceux liés à  l'institutionnel comme le sont trop encore la CES et la CSI, même si ces derniers temps, du fait de la crise, se révèlent des changements pour un syndicalisme revendicatif et de luttes dans ces deux organisations internationales auxquelles la CGT adhère.

Dans ce congrès, la jeunesse était très présente, les retraités aussi, bien sûr, qui apportèrent leur contribution à ce renouvellement insistant particulièrement sur la continuité syndicale au moment du départ à la retraite.  Nous avons une fédération de la métallurgie en phase avec les exigences du monde du travail tel qu'il est aujourd'hui. Une fédération qui a subi une longue crise du fait de la casse industrielle de ses bastions de la sidérurgie, de la navale, de l'automobile, de la machine outils et qui, enfin, retrouve pleinement sa capacité d'agir.

Il me semble qu'une page s'est définitivement tournée:  celle des années de tourmente où elle avait perdu sa force d'entrainement et sa dynamique à impulser les luttes dans le plus important secteur privé où l'UIMM pouvait penser régner en maitre définitivement. Des signes de rétablissement s'étaient déjà affirmés lors de précédents congrès et notamment celui tenu à Lyon en 2008 où l'immixtion de nouvelles générations de militants dans la fédération, avec notamment des jeunes femmes et hommes et aussi des militants venant de l'immigration, changeait la donne.

Tout cela vient de s'authentifier à ce congrès et nous avons une fédération en capacité de faire: une organisation capable de mener les luttes fortes, à la hauteur de l'enjeu de classe dans le secteur privé, et face au patronat de l'UIMM et des grands groupes internationaux qui sévissent dans ce secteur.

Bien d'autres choses se sont dites à ce congrès, qui, rappelons-le, s'est préparé avec plus de 1000 débats et prés de 30000 syndiqués réunis en la circonstance.

J'ai apprécié le rapport introductif de Philippe Martinez secrétaire Général de la FTM CGT : un  rapport introductif qui permet de voir loin, et notons aussi le rapport d'activité voté par la quasi-totalité des délégués (es) présents à ce congrès: un signe révélateur de la confiance en la Fédération pour animer les luttes et les coordonner.

La proposition faite par Philippe d'une grande action sur les salaires , l'emploi, la retraite et les conditions de travail à la rentrée de septembre a été retenue par le congrès et il évident que cette action doit être préparée par de nombreuses luttes dans les entreprises de la métallurgie et c'est le cas actuellement.

Enfin, notons le débat avec la jeunesse, en présence de Bernard Thibault, un  grand moment du congrès où les jeunes se sont exprimés pour un syndicalisme de terrain et une       CGT de terrain balayant les situations syndicales installées, acquises et vivotantes.

Oui, incontestablement, la fameuse phrase de la CGT employée me semble t'il par Georges Séguy ( me rectifier si nécessaire) lors d'un congrès de la CGT - "envahissez-nous"- est entrain de devenir réalité dans la métallurgie.

Dernière chose et qui montre que dans les boites, le venin du Front national n'est pas prêt de prendre: les délégués ont dit ce qu'ils pensaient de la volonté d'intrusion de la fille à Le PEN dans les syndicats: un leurre, une opération politicienne, un atout pour le patronat pour diviser et opposer les travailleurs entre eux. Dans le congrès il ne faisait pas de doute que cette organisation n'avait qu'un but jeter le poison du racisme et de la xénophobie en stigmatisant des travailleurs du fait de leurs origines et de leurs croyances.

Pour un ancien comme moi, de voir ma fédération enfin se relever après une longue période difficile, me fait un immense plaisir.

Bravo les jeunes et bien sûr tous ceux qui veulent que ça bougent et bon vent à cette nouvelle direction fédérale élue et qui aura a porter les engagements pris à ce congrès prometteur.

 

Bernard LAMIRAND

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alain Pouget 16/05/2011 15:00



Merci de ce compte rendu.
Mais dans les écrits progressistes, dont ceux de la CGT, il est important de ne pas mettre le féminin entre parenthèses et de préférer une typographie du texte favorisant le " trait
d'union".


Ainsi, sur ce principe, il vaut mieux écrire : "les délégué-es " que "les délégués (es)".


Par ce que l'inconscient typographique peut également réveler une conscience collective !