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ARAGON43

Mon site relate les événements syndicaux, sociaux, politiques, culturels et environnementaux .

FLORANGE QUEL AVENIR AVEC MITTAL ?

Publié le 10 Septembre 2011 par aragon 43 in Actualités

08-01-29-mittal-sarkozyARCELOR MITTAL ET L'AVENIR DE LA SIDERURGIE FRANCAISE

Encore une fois ce groupe fait des siennes dans les médias et surtout vis-à-vis des sidérurgistes lorrains.

Bizarre: on a pas entendu le petit tsar de l'Elysée ?

Après Gandrange et ses promesses non tenues, on peut le comprendre en cette période préélectorale: mieux vaut faire le "gros dos" en Lorraine et prêcher ailleurs ses boniments.

J'ai déjà dit ce que je pensais de ce groupe Arcelor  (création datant après la dénationalisation des groupes Usinor et Sacilor), conquis par la suite par l'hindou Mittal. C'est un nouveau maitre des forges, une espèce de vautour financier, il a fait fortune en rachetant des entreprises sidérurgiques à travers des opérations financières, dont certaines acquises dans les entreprises sidérurgiques ou les charbonnages à vils prix, notamment dans les pays de l'Est (ex-socialiste);  ce qui lui a permis de mettre en concurrence les travailleurs avec salaires bas et emplois précaires à la clé et de se procurer ainsi des lieux de productions les plus juteux.

C'est une sorte de détrousseur ( en toute légalité, bien sûr, des normes libérales faites pour cela) et il n'est pas le seul à jeter son dévolu là où il y a des opérations financières fructueuses à faire.

D'autres profiteurs existent, du même genre, notamment ces fonds de pensions, ces fonds d'investissements, ayant le porte feuille bien garni par des opérations spéculatives qui laissent une fois le miel absorbé, dans un état de catastrophique, les endroits où ils ont exercés leurs talents d' accapareurs.

Dans ce monde là,  "la propriété c'est le vol"  disait Proudhon, des entreprises industrielles utiles pour les besoins sont ballotées au gré des profits à réaliser et sont vite jetées aux orties dès qu'elles ne répondent plus aux critères exigés de forte rentabilité et tant pis pour les hommes et les femmes qui y travaillent.

En France, ces brigands de grands chemins de la finance, sont entrain de tondre l'industrie, de l'affaiblir à un tel point que bientôt on ne pourra plus parler d'industrie française.

Leur passage laisse des vides considérables.

Notre pays se désindustrialise au fur et à mesure de leurs méfaits, comme ce dernier méfait commis à Montataire avec Still-Saxby, entreprise de chariot élévateurs, au carnet de commande plein comme un œuf et que les fonds de pensions et une banque US Goldman-Sachs ont décidé de fermer en fin d'année. Entre 1980 et 2008 date de la crise systémique, le poids de l'industrie dans la valeur ajoutée de la France est passé de 24 % du PIB à 14 %. L'industrie a perdu 36 % de ses effectifs soit 1,9 million d'emplois. Ce mouvement qui est général dans tous les pays occidentaux, est plus accentué en France que dans l'ensemble de l'Union européenne et montre les dégâts de ces prédateurs financiers qui n'ont que leur compte bancaire comme thermomètre.

Cela montre aussi les responsables politiques de ce chaos industriel de notre pays et en particulier Sarkozy mais aussi les socialistes quand ils étaient au pouvoir (Rappel Jospin "l'état ne peut pas tout" devant les licenciements boursiers ).

Mittal  est un prédateur industriel de la France. Ce nouveau maitre des forges, désigné en 2007 par l’hebdomadaire Time magazine comme l’une des 100 personnes les plus influentes du monde, siège également aux Conseils de surveillance des groupes EADS, Goldman Sachs (tristement connue pour ces démêlés financiers dans la crise) et ICICI Bank (deuxième plus grand acteur bancaire indien).

Cet homme est un danger public pour l'industrie.

L'AGEFI ( Antoine Duroyon 12/05/2011 disait récemment que:" Le sidérurgiste ArcelorMittal a pleinement tiré profit de la remontée des prix de l'acier et le groupe, qui a dépassé les attentes au premier trimestre, pourrait toutefois voir ses marges sous pression plus tard dans l'année
Avant Salzgitter aujourd'hui et Thyssen Krupp demain, ArcelorMittal a publié hier des résultats solides au titre du premier trimestre. Le numéro un mondial de l'acier a dégagé sur les trois premiers mois de l'année un excédent brut d'exploitation (Ebitda) de 2,58 milliards de dollars (1,79 milliard d'euros), en hausse de 52% sur un an, pour un chiffre d'affaires de 22,2 milliards de dollars (+27%). Le bénéfice net a également bondi (+67%) pour atteindre 1,07 milliard de dollars, largement au dessus du consensus (759 millions).

Tout cela pendant que ses salariés sont appelés à se faire la ceinture et à avaler les plans de restructuration.

Ce patron Mittal s'est enrichi en profitant du libéralisme qui permet aux larrons de dominer le monde de l'industrie et partout où ils passent les traces qu'ils laissent sont celles d'une misère grandissante pour les peuples et les travailleurs concernés.

Quand on observe l'industrie sidérurgique française, elle devient de plus en plus fragile et il serait bon d'en faire l'analyse syndicale et politique de tous les abandons de production au même titre que le textile par exemple.

Que reste t'ils de l'acier français, de l'acier européen, qui avaient donné naissance à la CECA (Communauté européenne du charbon et de l'acier) dont les pères fondateurs nous avaient seriné que c'était l'avenir.

Les décombres sont là, encore fumants, de cette politique conduite autant par la droite que par les sociaux libéraux qui, eux, après "gueulé" en 1979 (Denain et Longwy) se sont agenouillés devant le libéralisme et contribuer, certes indirectement, à ce que ce vautour s'empare d'une industrie vitale pour notre devenir.

Aujourd'hui, l'acier, petit à petit, quitte l'endroit où il est né : l'Europe, la France en particulier et la Lorraine.

Après Gandrange, voilà maintenant la filière  fonte- acier de Florange. En mettant à l'arrêt cette filière, même si, comme le dit la direction, c'est momentanée. On perçoit les indices bien connus chez les sidérurgistes  d'affaiblissement d'un site par résorption des productions et par des mises à l'arrêt fréquentes des installations pour préparer les travailleurs à l'idée d'une fermeture prochaine.

Tout cela démontre la malfaisance de ces politiques libérales qui permettent au fric de l'emporter sur les besoins économiques et sociaux des pays et des régions.

A cette allure là, que restera t'il de l'industrie française dans les décennies qui viennent ?

Il faut en finir avec ces pirates, qui, avec du fric, disposent des industries, des savoirs faire, des brevets et des mesures doivent être prises pour interdire ces absorptions qui se développent dans le monde notamment à travers ces rapaces.

Des règles nouvelles doivent être établies pour les empêcher de nuire et par exemple le gouvernement doit établir un droit de veto sur de telles acquisitions destructrices d'emploi et de richesses.

Le Front de Gauche et les communistes doivent s'emparer de cette exigence.

 

Bernard LAMIRAND

 

nota: prochainement un article sur l'industrie.

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