CRISE ET AFFAIRE CAHUZAC INTERVENTION DE DENIS DURAND PCF

Publié le 16 Avril 2013

Denis Durand

13 avril 2013

Conseil national du PCF – 13 avril 2013

Les effets dévastateurs de l’affaire Cahuzac viennent de ce qu’elle se produit à un moment où le pays est pris de vertige devant une spirale de crise économique et sociale, et où le gouvernement a fait le choix de poursuivre les politiques qui ont alimenté cette crise au lieu de s’attaquer à ses causes profondes, à savoir la domination des marchés financiers sur toutes les décisions économiques et financières.

On parle souvent de la baisse de la part des salaires dans la valeur ajoutée mais elle s’est produite à un moment bien déterminé : entre les premières mesures de libéralisation financière, en 1983 (sous la gauche déjà !) et l’achèvement de la libéralisation avec la libération totale des mouvements de capitaux en 1990. Les paradis fiscaux ne sont qu’un instrument parmi d’autres de ce fonctionnement de l’économie.

Rappelons que le fait déclencheur de la prise de pouvoir par les marchés financiers a été le tournant de la politique monétaire américaine en 1979.

C’est pourquoi, au-delà des mesures réglementaires ou fiscales qui peuvent avoir leur utilité, le seul moyen efficace de s’attaquer à la dictature des marchés financiers, c’est de les priver de ce qui fait leur force : le soutien que leur apportent les banques et les banques centrales avec leur pouvoir de créer de l’argent à partir de rien. C‘est ce que le gouvernement a refusé de faire avec la BPI et avec sa réforme bancaire.

Mais casser le pouvoir des marchés financiers en les privant d’argent ne suffira pas. Il faut, d’un même mouvement, revitaliser la production de richesses pour les êtres humains, en finançant, par la création monétaire, les projets qui développent l’emploi, la formation, la recherche, en économisant sur les coûts matériels, sur l’énergie et les matières premières. C’est sur cette base qu’on pourra relancer la demande en répondant aux revendications salariales et en développant de nouveaux services publics.

Cela ne peut pas être le résultat d’une simple reprise de pouvoir par l’Etat, ni de simples mesures fiscales et réglementaires. Il faut la conquête de pouvoirs par les citoyens et les travailleurs, dans la cité, dans l’entreprise, dans les banques. C’est sur ce terrain qu’une Sixième République sociale peut apporter des changements à la hauteur de la situation. Nos propositions doivent donc être assises sur notre participation aux luttes sociales et politiques.

Par exemple, des projets industriels défendus par les salariés dans les grandes entreprises, des projets dans les PME, des projets dans les collectivités territoriales, mais qui sont  bloqués par l’absence de crédit bancaire, nous en connaissons dans tous nos départements. C’est l’enjeu essentiel des luttes en cours à la Banque de France – il y a encore des appels à la grève la semaine prochaine dans les régions – contre les suppressions d’emplois programmées par le gouverneur Noyer. J’appelle le PCF et ses élus à soutenir la motion type proposée par l’intersyndicale de la Banque de France pour un moratoire sur les suppressions d’emplois et une table ronde publique sur les modalités d’exercice, par la Banque, de ses missions dans les territoires.

Il me semble que l’interpellation des banques et des institutions financières pour obtenir qu’elles s’engagent en faveur de ces projets devrait faire partie des mobilisations du Front de gauche, qu’il s’agisse de la manifestation du 5 mai ou de la campagne pour une alternative à l’austérité, qu’il faut relancer.

Soyons attentifs à l’exemple grec. La montée électorale du Syriza ne repose pas essentiellement sur e aun rejet moral de la classe politique traditionnelle. Elle repose sur un mouvement populaire pour une alternative aux politiques d’austérité au sein de la zone euro, en mobilisant, notamment, le pouvoir de création monétaire de la BCE à travers un fonds de développement économique et social européen.

Rédigé par aragon 43

Publié dans #communisme

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article