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ARAGON43

Mon site relate les événements syndicaux, sociaux, politiques, culturels et environnementaux .

CONVENTION MEDECINS: LES PATIENTS TRINQUERONT

Publié le 21 Juillet 2011 par aragon 43 in Actualités

medium_medecins-120.2.jpgMEDECINE: ESCULAPE ET L'ACTE MEDICAL EN FONCTIONS DE VOTRE PORTE MONNAIE.

Je vais commencer cet article sur la convention que viennent de passer les syndicats de médecins généralistes et l'Assurance maladie par une nouvelle très triste pour le groupe Pharmaceutique Roche.

C'est une information que j'ai trouvé dans une revue de presse:

"Le groupe pharmaceutique suisse Roche a annoncé jeudi 21 juillet avoir enregistré au premier semestre un bénéfice net en recul de 5% à 5,3 milliards de francs suisses (4,5 milliards d'euros), en raison de l'appréciation de la devise helvétique, a-t-il annoncé jeudi.

A taux de change constant, le profit net a par contre progressé de 10% entre janvier et juin, a précisé Roche dans un communiqué. ( la spéculation permet bien des choses)

Pour l'année en cours, le laboratoire s'attend à une hausse du chiffre d'affaires inférieure à 5% en monnaies locales dans la division pharmaceutiques et au niveau du groupe, "du fait de l'impact de la réforme de la santé aux Etats-Unis et des mesures d'austérité en Europe".

Le groupe a par contre revu à la hausse de 10% en monnaies locales son objectif de bénéfice par action rapporté aux activités de base pour cette année".

Comme vous pouvez le constater le Groupe Roche pleure sur un résultat financier inférieur à l'année dernière à cause des remous de la devise suisse. Mais il ajoute que cela sera corrigé par les monnaies locales de 10 % (certainement pour pallier cette carence par tous les subterfuges sur le prix de la force de travail). Le capital connait toutes les ficelles pour s'en sortir.

Une chose intéressante : le constat fait par ce groupe des conséquences des plans d'austérité en matière de santé tant en Europe qu'aux Etats-Unis.

Derrière ces chiffres se cachent les violences faites aux gens concernant ce droit pourtant inaliénable à la santé tel que Croizat et d'autres l'avaient envisagé au lendemain de la deuxième guerre mondiale.

Vous allez me dire: qu'est-ce que cela a à voir avec la signature d'une nouvelle convention médicale entre les généralistes et l'Assurance maladie ?

Tout simplement que l'on prend du soin pour relever le niveau des prestations des médecins ( élections présidentielles approchant), que les groupes pharmaceutiques font des résultats formidables malgré la crise et alors que pour les salariés et retraités c'est la soupe à la grimace.

Notons que pour les salariés, le SMIC n'a pas été relevé au 1er juillet et la pression pour baisser les salaires est intense, que pour les retraités leur pouvoir d'achat ne cesse de se dégrader depuis 20 ans, et si l'on regarde dans toute la communauté européenne, c'est partout la baisse du prix de la force de travail qui est avancé pour que le capital retrouve des bénéfices à la hauteur de ses exigences comme va d'ailleurs le préciser les mesures que prendront ce jour à Bruxelles les gouvernants libéraux et sociaux libéraux de l'Europe.

Le plus grave de cette convention, ce n'est pas la carotte qui leur est octroyé pour bons et loyaux services: certes le texte généralise le paiement des médecins à la performance, qui complétera le paiement à l'acte, le procédé doit permettre aux médecins de toucher jusqu'à 9 100 euros de prime s'ils atteignent tous leurs objectifs, mais là n'est pas le fond de l'histoire.

Le pire c'est les nouvelles dispositions de sortie du secteur conventionné, il est dit selon l'AFP: La Sécu et les médecins ont jeté les bases d'un nouveau secteur tarifaire, le "secteur optionnel", à mi-chemin entre les actuels secteurs 1 (médecins pratiquant les tarifs Sécu) et 2 (honoraires libres). Réservé aux médecins de "plateaux techniques lourds" (chirurgiens, anesthésistes, gynécologues-obstétriciens) actuellement en secteur 2 (sauf exceptions), il vise à mieux encadrer les importants dépassements d'honoraires pratiqués dans ces spécialités. Les médecins qui choisiraient le "secteur optionnel" s'engageraient à plafonner leurs dépassements, dans une limite de 50 % au-dessus du tarif opposable qui sert de base de remboursement à la Sécu et à réaliser un minimum de 30 % d'actes sans dépassements. En contrepartie, ils bénéficieraient d'une prise en charge partielle de leurs cotisations sociales.

Les complémentaires santé s'engageraient à prendre en charge ces dépassements encadrés. Mais elles n'ont pas paraphé le protocole d'accord, demandant d'abord une série d'engagements de la part des pouvoirs publics. La mise en place du secteur optionnel est donc encore au conditionnel.

Il est fort à parier que de telles dispositions permettront d'ouvrir la boite à pandore de tous les coups fourrés pour se faire du fric. En fait l'assurance maladie fait un pas de plus dans le libéralisme médical en acceptant le développement de la pratique d'un secteur optionnel à condition de garder 30 % des actes sans dépassements.

Question à 100 balles: qu'arrivera t'"il aux patients (où plutôt les clients à l'allure où c'est parti) quand le quota de 30 % aura été atteint: ils devront accepter des dépassements ?

Inadmissible.

Voilà une mesure qui va aggraver sérieusement les soins pour les plus fragiles, pour ceux en difficultés financières, pour les pauvres et les chômeurs. L'inégalité devant la maladie va prendre une allure infernale et que dire des mutuelles qui seraient prêts à jouer les jeux pour je ne sais quels engagements des pouvoirs publics.

En fin de compte, cette convention montre bien la politique de classe qui s'est installé dans le domaine de la santé: les groupes pharmaceutiques font des profits mirifiques, la médecine libérale se dégage petit à petit des tarifs conventionnels, les cliniques privées empochent;  il n'y a que les patients qui payent la note et ne voient aucunement leur propre pouvoir d'achat augmenté.

Croizat revient, ils ne sont pas devenus fous mais ils veulent mettre fin à la sécurité sociale solidaire comme une vengeance de 1945.

A quand le retour de la charité  et aux baumes pour se soigner quand on a plus les moyens d'aller chez le médecin.

 

Bernard LAMIRAND

 

 

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