CONGRES DU PCF : QUELLES PERSPECTIVES POUR LES PROGRESSISTES

Publié le 10 Décembre 2012

divers_067-copie-1.gifCONGRES DU PCF : QUELLES PERSPECTIVES POUR LES PROGRESSISTES ?

Pour le congrès du PCF, il me semble important que l’on se mette à jour par rapport à la situation politique en France avec l’arrivée au pouvoir de François Hollande et des socialistes.

Peut-on considérer que nous faisons partie de cette majorité de gauche qui a remplacée la précédente de droite ?

Le fait que le parti socialiste gouverne seul pour ainsi dire et met ses pas dans celui du libéralisme déchaîné qui casse tous les repères sociaux est déjà une réponse à la question posée.

Et je me pose la question : allons nous nous en tenir à ce rôle de protestations et de propositions en sachant que ce gouvernement a décidé de ne pas nous entendre et de pratiquer une politique libérale en lien avec les traités européens et la nécessité d’adapter l’économie et le social pour la rentabilité maximale du capital (Compétitivité et coût du travail à réduire).

Nous ne sommes pas dans l’opposition mais dans l’opposition à la politique du gouvernement indique le Front de Gauche : ce discours est-il compris par les masses ?

Cela  ne semble pas le cas au vu des élections partielles qui viennent de se dérouler et qui ont vu une abstention massive des citoyens qui avaient voté à gauche lors des présidentielles et des législatives.

Le parti socialiste a tourné la page du progrès social, et comme ses frères européens, il pratique une politique centrée sur l’accompagnement économique et sociale de la crise et il est à la recherche de nouvelles alliances avec le centre (Bayrou notamment).

Il faudra un rapport de force conséquent pour le faire bouger de cette ligne, ce qui n’est pas le cas actuellement, et les résultats des élections législatives partielles montrent les premiers reflux et la sanction pour toute la gauche plutôt qu’une mobilisation de lutte pour empêcher cette dérive socialiste assumée par Hollande et Ayrault.

Si le Front de gauche ne se dégage pas nettement de cette politique, il sera sanctionné au même titre que le parti socialiste.

C’est ce qu’il essaye de faire en manifestant ses désaccords mais est-ce suffisant ?

La situation politique mérite donc un regard attentif sur les « bougés » actuels tant à gauche qu’à droite.

Pour la droite, il me semble que nous sommes en pleine rupture des équilibres existants depuis De Gaulle et la constitution de 1958 avec un parti dominant toute la droite. De Gaulle avait réussi à amalgamer toutes les droites républicaines sur  un socle commun d’une droite réaliste, nationale, autoritaire .

Rappelons aussi  que les droites les plus réactionnaires étaient sorties de la guerre très affaiblies par leur collaboration avec le nazisme (Plutôt Hitler que le Front Populaire) et le pétainisme marquait cette allégeance au fascisme  pour contrer le Front populaire et la montée du communisme en France.

Ces idées réactionnaires, aujourd’hui, refond surface et nous les retrouvons sur un axe très à droite avec le Front national, héritage d’un nationalisme maurassien, d’un pétainisme assumé, d’un colonialisme nostalgique et avec ce qui reste du gaullisme.

La situation de crise systémique du capitalisme avec  une Europe qui pratique une politique d’austérité et de casse attise des réflexes de droite les plus extrêmes et entraine la droite classique à prendre une tangente plus à droite et cela se vérifie dans les législatives partielles et augure de ce que pourrait être les prochaines échéances électorales.

Le Front national est au cœur de l’enjeu.

A gauche, si l’on peut encore employer ce mot, qui mêle indistinctement toutes les organisations qui s’en réclament, la situation politique s’est complexifiée avec un PS devenu un parti social-libéral et qui l’assume ouvertement aujourd’hui.

Le parti communiste n’a plus la force qu’il avait quand s’est constitué le programme commun : c’est un fait :  il faudra du temps pour inverser les choses.

La gauche voulait dire : unité des forces la composant pour le  progrès social, changer la vie des gens positivement,  développer la démocratie, donner des pouvoirs aux travailleurs dans les entreprises et aux forces vives de la nation, porter la paix dans le monde , défendre le potentiel industriel, etc.…

Il y avait une dynamique.

Manifestement ce n’est plus le cas avec un gouvernement qui pratique le libéralisme.

Le dernier avatar nous vient de Lorraine, à Florange, où le gouvernement a épousé totalement les thèses libérales et s’est refusé à nationaliser une entreprise de la sidérurgie, Arcelor Mittal, qui risque de disparaitre avant peu sous les coup de boutoir du libéralisme international de ce Mittal lié à la grande banque américaine Goldman-Sachs *.

Ayrault n’a pas seulement baissé pavillon devant Mittal, il a accepté  les principes libéraux et la nécessité de réduire les coûts du travail en fermant la phase liquide  de Florange, qui, de fait,  encouragera  d’autres entreprises à pratiquer les mêmes recettes que Mittal.

Ayrault vient de nous dire qu’il assumait cette politique  dans un entretien du « Journal du dimanche » : c’est une déclaration de guerre au monde du travail.

Le libéralisme ravageur, la crise qui le sous-tend, incite celui-ci  à exiger de tous les gouvernants, qu’ils soient socialistes ou de droite, à prendre des mesures remettant en cause le prix de la force de travail et à démolir l’édifice de protection sociale établi dans notre pays, mais aussi en Europe, par les luttes des travailleurs, depuis des décennies.

Le parti socialiste s’est transformé de parti social-démocrate en parti social libéral : il n’y a plus de doute à avoir à ce sujet : les faits sont là.

Les traités européens  et le dernier qui vient d’être signé par Hollande (TSCG), signifient que les socialistes français les appliqueront sans sourciller comme l’ont fait en Espagne Zapatero, en Grèce Papandréou et en Italie où un financier de Golden-Sachs dirige le pays avec la droite et le parti démocrate.

Partout en Europe le social-libéralisme s’allie avec la droite pour faire payer la crise au monde du travail.

La question est donc posée de quelle force populaire notre pays a besoin pour donner vie à une autre alternative en faveur du peuple du travail.

Le Front de Gauche doit représenter un « front populaire » par rapport au terme devenu ambigüe de  de la  gauche dans laquelle se révèle une politique sociale libérale évidente qui tourne le dos au monde du travail.

Nous ne pouvons plus en rester à la critique du PS tout en disant que nous restons dans cette majorité qui a contribué à battre Sarkozy. C’est un exercice d’équilibriste mortifère et qui ne nous permettra pas de faire émerger une alternative solide et crédible auprès des citoyens.

Ce Front de gauche doit apparaitre avec toutes ses composantes comme une alternative au moment où la bataille d’idées fait rage pour indiquer aux peuples qu’il n’y a aucune politique de rechange à celle mise en place par le capitalisme.

Je suis contre l’idée d’un nouveau parti qui s’appellerait Front de gauche.

j’apprécie que le PCF dans « la base commune du congrès » refuse cette fausse solution.

Le PCF avec son identité sera utile pour ce combat à engager au sein d’un Front de gauche ou chacune des organisations garde son identité.

Un nouveau front populaire est possible avec toutes les forces sociales du pays qu’ils soient associatives, syndicales, politiques, à égalité de droits et de devoirs et en toute indépendance.

Le Front de gauche avec toutes ses composantes peut créer rapidement les conditions d’une alternative progressiste en rupture totale avec le libéralisme destructeur.

De nombreux militants socialistes qui n’acceptent pas le social-libéralisme peuvent rejoindre cette nouvelle force unie.

C’est dans ce cadre que le parti communiste a un grand rôle à jouer parce qu’il est la force politique la plus autorisée en matière de changement de société et de force pour s’opposer au libéralisme de la droite et au social-libéralisme.

Un parti communiste qui reprend la main serait un atout majeur pour cette nouvelle construction qu’il s’agit de rendre publique comme la vraie sortie de crise.

Les luttes seront l’occasion de mettre en avant, non pas seulement une différence d’appréciation avec les socialistes mais une valeur nouvelle : la transformation sociale et écologique.

Un rapport de force doit en émerger et je dirai que l’heure est à un retournement par rapport à ce que disait Mitterrand quand il affirmait qu’il fallait réduire le PCF.

A nous de faire en sorte que le PS ne soit plus dans ce pays la force principale mais que le Front de gauche le remplace le plus rapidement possible.

Cela dépendra de nos luttes et d’un parti communiste de plus en plus influent dans les entreprises comme le propose la base commune.

Bernard LAMIRAND

*Plus qu'une banque, Goldman Sachs est un empire invisible riche de 700 milliards d'euros d'actifs, soit deux fois le budget de la France. On l'appelle "la Firme", comme dans les romans d'espionnage des années 1980. Après s'être enrichie pendant la crise des subprimes en pariant sur la faillite des ménages américains, elle a été l'un des instigateurs de la crise de l'euro en maquillant les comptes de la Grèce puis en misant contre la monnaie unique. Un empire de l'argent sur lequel le soleil ne se couche jamais, qui a transformé la planète en un vaste casino. Grâce à son réseau d'influence unique au monde, et son armée de 30 000 moines-banquiers, Goldman Sachs a su profiter de la crise pour accroître sa puissance financière, augmenter son emprise sur les gouvernements et bénéficier de l'impunité des justices américaine et européennes. (extraits de Arte)

 

 

 

Rédigé par aragon 43

Publié dans #communisme

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