BERGER ET LA SECURISATION DE L'EMPLOI

Publié le 4 Janvier 2013

divers_067-copie-1.gifBERGER ET LA SECURISATION DE L’EMPLOI

J’ai entendu ce matin sur France-Inter le nouveau Secrétaire Général de la CFDT et j’en sors inquiet sur le sort futur des travailleurs de ce pays.

Lier sa signature à seulement quelques aménagements concernant les contrats précaires qui pullulent dans ce pays aussi bien pour le privé que pour le secteur public , envisager un donnant-donnant d’une précarité encadrée avec le rechargement des droits aux indemnités chômage et à une prise compte (on ne sait comment) de la mutualité pour tous ces contrats qui en sont dépourvus, ne fait pas un bon accord mais entérine toute la stratégie patronale qui a consisté à rendre l’emploi flexible dans ce pays depuis des décennies.

Un grave danger apparait dans ce donnant-donnant : celui des salaires et des temps de travail.

Déjà ceux-ci sont précarisés de plus en plus.

Les encadrer, comme le propose Berger, c’est accepter toutes les distorsions installées par le patronat :  c’est, en fait, céder au fait accompli de celui-ci.

C’est terrible d’entendre un représentant syndical, indiquer que déjà c’est le cas avec des signatures d’accords de ce type dans les entreprises. L’on sait de quelle manière ces accords ont été obtenus, souvent  par le pistolet sur la tempe du salarié par le patronat.

D’ailleurs, des exemples existent où cela s’est terminé lamentablement  quelques temps plus tard par la fermeture d’entreprises et des mises en place de plans dit sociaux, comme Continental.

Le fait de considérer que l’on pourrait, pour une période de 2 ans, mettre en chômage les salariés pour les garder dans des conditions précaires ou de réduire leurs salaires le temps que l’entreprise se relance, ou mieux encore faire les deux choses en même temps, c’est un encadrement visant à couper tous les droits sociaux pendant les deux années pour les salariés qui seront les dindons de la farce pendant que les actionnaires empocheront les dividendes de ce que l’on peut appeler une réduction forcée du prix de la force de travail.

Ce serait deux ans où le patronat pourrait invoquer la situation de l’entreprise pour s’asseoir sur les droits syndicaux et mettre les salariés et les syndicats dans un état de soumission à son égard.

Et puis, Berger semble bien naïf de croire que ces accords n’auront lieu que dans des  situations difficiles d’entreprises. Il met là le doigt dans un engrenage pervers car le patronat  sait manier les processus de travail pour mettre des services, des ateliers, des entreprises en difficulté et accroitre ainsi ses bénéfices.

Nous avons vu, ces dernières années, nombre de filouteries en ce sens.

Cette proposition d’une négociation sur la Sécurisation de l’emploi souhaité par Hollande, dévoile aujourd’hui ce qu’elle est : réussir la compétitivité des entreprises par la baisse de ce que la patronat et le gouvernement appellent le  coût du travail :  en clair la réduction des salaires avec des temps de travail précarisés comme en Allemagne et avec des salaires de 400 à 500 euros, des systèmes de protection sociale limités au strict nécessaire.

Cela va d’ailleurs avec une attaque qui se dessine pour mettre fin  au SMIC et le remplacer par un RSA  qui serait une sorte de voiture balai pour assurer un minimum qui ne serait même pas vital.

Nous pouvons voir dans ce projet qui se dessine, la mise en place généralisée de la précarité des emplois et des salaires dans ce pays sous la maitrise du patronat qui saura organiser les négociations pour obtenir des périodes « blanches » nécessaires où les droits des salariés seront mis en sommeil et cela est une porte ouverte au renoncement ou à l’affaiblissement de la vie syndicale et revendicative pendant les temps décrétés par ces entreprises.

On pourrait même voir le patronat encourager à obtenir des salariés le renoncement à la grève comme cela se passe dans des pays où une fois l’accord signé, les parties prenantes s’interdisent toutes actions contre et notamment de faire grève.

Berger répondant à une question sur l’attitude de la CGT a déclaré que celle-ci s’était située en dehors du terrain de la négociation et n’y participait pas.

C’est une contre-vérité : la Cgt y participe avec l’objectif  de créer de l’emploi vrai, de le définir par la reprise de la croissance, qui suppose de redonner du pouvoir d’achat, de reconnaitre les qualifications, d’améliorer la formation professionnelle et de se sortir d’emplois précaires qui sont d’ailleurs la plupart du temps illégaux.

On pourrait répondre à Berger que le match sur le terrain nécessite  de savoir d’abord contre qui on joue et quelle est sa tactique ;  que si  l’équipe « travail » chargée de défendre ses buts et d’en marquer n’a que l’objectif de laisser la balle dans sa surface de réparation à l’adversaire, le match tournera à l’avantage de l’équipe « profits ». Si cela s’avère, alors il vaut mieux faire annuler le match pour terrain impraticable et travailler à ce que les supporters de l’équipe « travail » encouragent par l’action et les luttes à taper dans le ballon en direction du but de l’adversaire.

Bernard LAMIRAND

Rédigé par aragon 43

Publié dans #syndicalisme

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