ACCORD FLEXIBILITE RIEN N'EST JOUE

Publié le 9 Mars 2013

ACCORD FLEXIBILITE RIEN N’EST JOUE

Un sondage BVA vient de paraitre concernant l’accord dit de sécurisation de l’emploi et qui montre qu’une majorité de français pensent à 62 % que l’accord est globalement bon contre 37 % .

Ce sont surtout les électeurs de droite qui pensent ainsi.

Le sondage révèle que plus de 20 % des français n’en ont pas entendus parler.

52 % des électeurs socialistes l’approuveraient contre 16 % des électeurs du Front de gauche, ce qui veut dire 84 % s’y opposent.

Bien sûr, c’est un sondage et il ne dit pas si les électeurs ont eu tout en main pour juger du contenu de cet accord.

Que peut on en déduire ?

Premièrement, c’est pas étonnant que les électeurs de droite l’approuvent parce qu’il permettra à la rente, à la finance, aux actionnaires qui composent en grande partie cet électorat, d’exploiter davantage la main d’œuvre.

Le fait que les dirigeants politiques de la droite voteront la loi proposée par les socialistes démontre à quel point ce texte émane de leur politique et de celle que Sarkozy voulait appliquer s’il avait été élu.

Il est à noter aussi que les médias ont fait une publicité à cet accord considérant que les non signataires étaient des archaïques.

Mais ce qui apparait, c’est qu’à gauche, dans l’électorat socialiste, une faible majorité se prononce pour ce déni social. C’est un échec pour ce parti qui ne rallie pas sur un texte de fond presque la moitié de son électorat.

Plus décisif est le score du Front de Gauche ou seulement 16% se prononce pour le texte.

Rien n’est donc joué et l’on peut mesurer que ce projet peut être remis en cause non seulement dans les débats qui vont avoir lieu au parlement mais aussi par la poursuite de l’explication de texte de ce monument d’insécurité sociale qui pourrait naitre et rendre la vie plus dure aux français, au monde du travail, par le fait que le salarié ne sera que le jouet de la mise en concurrence des travailleurs qui régnerait alors en maitre dans les entreprises.

Les 200000 manifestants ont été, à coups sûr, ce balisage permettant de mettre en mouvement les travailleurs contre demain, si les députés et sénateurs socialistes votent ce texte patronal et donc sa mise en application dans les entreprises.

Ce que nous pouvons aussi repérer, c’est que les travailleurs n’ont pas encore en main toutes les données de cette loi qui va les concernera très vite si la loi est votée telle quelle.

20% n’en ont pas entendu parler et certainement plus si on compte ceux qui en ont entendu parler sans y voir ce qui se cache dedans.

Alors rien n’est joué si le combat explicatif se poursuit et s’accélère ; je connais des d’entreprises où aucun matériel explicatif n’a encore été distribué et discuté avec les travailleurs et y compris de syndicats CGT qui n’ont rien dit pour le 5 Mars.

Cela montre les efforts à faire pour que le débat s’engage et que les militants soient en mesure d’en discuter le contenu.

Je pense que le 50eme congrès de la CGT doit revenir sur cette question de notre présence au plus près, sur le terrain d’affrontement de classe, et donc de mener la lutte pour aussi dépasser cet accord scélérat en travaillant le revendicatif et en commençant par les salaires et la réduction du temps de travail.

Il faut se sortir de la nasse dans laquelle le patronat idéologiquement enferme le débat, c'est-à-dire, la réduction du coût de travail, la précarisation de l’emploi pour être compétitif alors que l’on sait que ce remède rendra le malade plus malade encore.

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CE QUI VA COMPTER C'EST LE PRIX DE LA FORCE DE TRAVAIL CONTRE LE COUT DU CAPITAL

 

Cela exige que partout les cahiers de revendications sortent et que des luttes s’engagent et il y va de la crédibilité de la CGT.

Je suis persuadé que le congrès permettra de mettre la CGT à la hauteur de cette bataille pour que le prix de la force de travail - salaires, temps de travail réduit sans perte de salaires, retraites à 60 ans etc.- soit la réplique à l’idéologie consistant à considérer que la travail est un coût alors qu’il est création de richesse à partager entre les producteurs.

Une vieille citation indique : « les petits ruisseaux font les grandes rivières » ; faisons en sorte que débordent partout les ruisseaux de luttes et qu’ils viennent grossir le flot de nos revendications collectives .

Pourquoi pas lancer un grand débat revendicatif à l’issue du congrès et de faire remonter les cahiers de revendications dans chaque entreprise, groupe, services et au niveau national par industrie, et interprofessionnellement.

Le 1er mai pourrait être une grande journée de lutte pour les revendications salariales, l’emploi, la retraite.

Oui, rien n’est joué, tout est jouable.

Bernard LAMIRAND

 

 

Rédigé par aragon 43

Publié dans #syndicalisme

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