98 PATRONS DETROUSSEURS

Publié le 28 Octobre 2012

patrons.jpg98 PATRONS VEULENT KIDNAPPER LES COTISATIONS SOCIALES A LEUR PROFIT

Ce matin, dans le journal du dimanche (JDD), 98 patrons des plus grandes entreprises françaises viennent de lancer un appel au gouvernement et à Hollande pour en fait appuyer le choc de compétitivité de Gallois et même aller plus loin en réclamant pour les entreprises de baisser le coût du travail d'au moins 30 milliards d'euros sur deux ans, en réduisant les cotisations sociales qui pèsent sur les salaires moyens (2 smic et plus). Un transfert financé pour moitié par un relèvement de la TVA de 19,6% à 21% et l'autre moitié par une baisse des dépenses publiques.

Nous assistons à une véritable offensive du patronat pour faire en sorte que toutes les cotisations sociales dont il est redevable passe à la trappe et viennent rejoindre les profits de ces grandes entreprises.

La bataille est engagée entre le capital et le travail.

Ces patrons qui roulent sur l’or, non contents d’avoir mis la France dans un état de dépendance  industrielle depuis plus d’une trentaine d’années à coup de délocalisations et d’implantations à l’étranger,  pour faire des résultats financiers capables de leur donner un rendement du capital très élevé, rêvent maintenant de kidnapper une cotisation sociale qui ne leur appartient pas car elle est un salaire indirect qui fait partie du contrat social défini à la libération dans le partage de la richesse créé.

Ils veulent donc la peau de la Sécurité sociale et du système solidaire.

Rappelons que ce système nous a permis de traverser la crise et d’être une sorte d’amortisseur social devant les licenciements massifs qui se sont produits depuis 2008 et qui rejaillissent aujourd’hui face à l’incurie de la droite et au reflux de socialistes qui ne parlent plus que de plans sociaux pour accompagner les licenciements.

La politique industrielle et la croissance risque d’être pour longtemps en panne avec de telles mesures s'il advenait qu’elles soient prises par ce gouvernement et que le chantage des pigeons deviennent le chantage des gros possédants du CAC 40.

Cette droite et ces patrons ont le toupet de dire qu’ils sont de bons français : à y regarder de plus près, il y a parmi eux  des spéculateurs notamment ces banques qui ont joué à fond les subprimes américaines.

Regardons aussi certains d’entre eux qui n’ont pas hésité à placer leurs capitaux à l’abri dans les paradis fiscaux et aujourd’hui  ils ont le toupet de crier haro sur ceux qui ont un maigre salaire du fait que  ces gens là  les ont dépouillé pour augmenter leur marge bénéficiaire et satisfaire prioritairement en dividendes leurs actionnaires. N’a-t-on pas vu certains offrir encore davantage de dividendes à leurs actionnaires alors que leurs chiffres d’affaires baissaient.

D’autres ont transférés leurs sièges à l’étranger sans parler  ceux qui abandonnent la nationalité française pour payer moins d’impôts dans des pays où ils sont en grande partie exonérés quand ils déposent leur butin.

Leur ennemi est donc le travail trop rémunéré, disent-ils, la main sous le coeur : c’est une longue histoire de croquemitaine :   leur attaque pour payer le prix de la force de travail la moins élevée possible date déjà de plusieurs  décennies et s’est toujours basée sur la peur et le chantage ; ils ont pu ainsi réduire les salaires en payant au SMIC des salariés qualifiés pour bénéficier d’allégements  de cotisations, ce que nous avons défini comme des trappes à bas salaires.

L’attaque contre les cotisations sociales visent à en finir avec celles-ci et à les remplacer par l’impôt qu’il soit par la CSG ou la TVA .

Le fait de porter la TVA à 21% ne touchera en rien leurs profits puisque ce sont ceux qui consomment qui la paieront à leur place et ceux qui consomment sont des dizaines de millions alors qu’eux ,avec leurs actionnaires, ne sont qu’un faible pourcentage de la population et ils pourront ainsi satisfaire le soif de dividendes de leurs actionnaires .

Ce gens-là ont mis par terre notre économie et ce n’est pas le coût du travail qu’il faut réduire mais bien les coûts que représentent pour la nation les dérives financières du capitalisme et notamment ces frais financiers énormes, ces dividendes monstrueux, ces placements en Suisse ou ailleurs et également les rémunérations qu’ils s’octroient généreusement dans leur conseil d’administration.

La compétitivité des entreprises, parlons-en ; ce sont certains de ces patrons du CAC 40 qui l’ont mise à mal en n’investissant pas en France et en choisissant des pays à faible coût de main d’œuvre comme ces patrons du textile qui ont déménagé leurs usines en Chine et ailleurs.

Il faut donc un  choc nous dit-on, et ce soir, le crâne d’obus de service de la seconde chaine François Lenglet, économiste du système, recruté pour tirer le cordon vers l’austérité pour les travailleurs nous a encore fait sa leçon journalière ; ce personnage joue les experts mais son discours est celui d’une classe qui défend les privilèges des nantis et refuse tout autre alternative possible. Il est inadmissible que ce soit son  seul point de vue qui  s’exprime à la télévision chaque soir.

Dans quelques jours, nous aurons le verdict qui va tomber et nous saurons comment le gouvernement dit de gauche réagira aux propositions de choc de compétitivité de ces gens là.

Ce gouvernement est donc à la croisée des chemins : ou il choisi de faire en sorte que le capital soit davantage taxé ou il opte pour que le monde du travail soit  le dindon de la farce et paye pour ceux qui ont mis notre pays dans l’ état qu’il est.

S’il prend la seconde solution, il aura perdu la confiance de ce monde du travail qu’il prétend défendre et il devra être combattu comme si la droite aurait triomphé aux élections présidentielles, car alors son projet économique sera un désastre social.

Bernard LAMIRAND

 

 

 

Rédigé par aragon 43

Publié dans #Actualités

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