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ARAGON43

Mon site relate les événements syndicaux, sociaux, politiques, culturels et environnementaux .

INEVITABLE NOUS DIT AIR FRANCE !!!

Publié le 31 Juillet 2013 par aragon 43 dans SOCIETE

INEVITABLE NOUS DIT AIR FRANCE !!!

ILS SONT CONTENTS POUR EUX LES AFFAIRES MARCHENT BIEN

INEVITABLE NOUS DIT AIR FRANCE

Allons nous devoir bientôt voir revenir cette sorte de complainte que chantait Sardou concernant le bateau France livré à la ferraille.

Ne m'appelez plus jamais "France".
La France elle m'a laissé tomber.
Ne m'appelez plus jamais "France".
C'est ma dernière volonté.

J'étais un bateau gigantesque
Capable de croiser mille ans.
J'ét
ais un géant, j'étais presque
Presqu'aussi fort que l'océan.

Nous pourrions dire la même chose pour cette grande société d’aviation civile née en 1933, nationalisée en 1945, et dont une partie du capital fut privatisé par un communiste de "pacotille" en 1998 sous un gouvernement de la gauche plurielle ; ce ministre des transport sous le gouvernement Jospin s’appelait Gayssot et l’on sait ce qu'il en est advenu de ce personnage

Celui-ci ne déclarait-il pas que pour faire respirer l’entreprise il fallait que l’on accepte de faire rentrer un peu de capital dans l’entreprise nationale. Encouragée par ce premier abandon, la droite, de retour au pouvoir en 2002, eut tôt fait de privatiser l’ensemble d’Air France en 2003 et les actionnaires privés firent ensuite prospérer leurs actions au détriment des usagers et des travailleurs d’Air France.

le journal le Figaro indique aujourd’hui : « La compagnie française pourrait supprimer 2500 à 2600 postes supplémentaires avec un ou plusieurs plans de départs volontaires qui seront ouverts en 2014, selon un membre de la CGT présent à la réunion. Toutes les catégories de salariés devraient être touchées, que ce soit le personnel au sol ou le personnel navigant ».

Que fait alors le gouvernement et son ministre du redressement, le sieur De Montebourg ?

Rien…

Comme d’habitude…

Si… Ce jour Hollande est allé à Clichy remettre 5000 euros à des patrons qui proposeront des emplois dans les quartiers difficiles.

En même temps, un autre groupe français PSA, dépèce lui aussi et annonce en plein cœur de l’été que si son entreprise se redresse doucement, grâce à un plan massif de licenciements, cela ne suffira pas et il indique que l’entreprise s’apprête à bloquer les salaires.

Au même moment des études sortent sur les sommes engrangées par les entreprises du CAC 40 et les centaines de milliards accumulées dans les années de crise depuis 2008 qui montrent que les actionnaires ont touché le gros pactole .

Ainsi vont les choses dans le pays de la "France hollandaise" : tout pour le capital et les miettes, quand ils en restent, pour les travailleurs.

Et d’entendre ce midi le journaliste de la télé répétait ce qu’il a entendu de la part d’Air France montre à quel point l’idéologie dominante insuffle la fatalité, je le cite : c’est inévitable.

Inévitable, fatale, nécessaire, douloureux, compétitivité, abaissement des salaires, réduction des acquis, allongement de l’âge de la retrait etc…

La liste s’allonge sous ce gouvernement laquais du MEDEF.

Voilà donc les mots clés pour mettre dehors des salariés comme ceux qui aujourd’hui triment dans une filiale d’Air France Hop que j’interrogeais la semaine dernière et qui me répondaient, l’air désabusé, face aux salaires de misère: « heureusement au moins on a un emploi ».

Triste complainte d'hommes et de femmes obligées de vendre leur force de travail pour une bouchée de pain.

Et dans maints endroits l’on parle aujourd’hui d’appliquer l’accord de M … que la CFDT a signé et des patrons se frottent les mains car enfin ils vont pouvoir réduire les salaires, chose que jamais un syndicat qui porte cette appellation ne devrait accepter.

Pourtant dans ce monde gangréné par l’argent roi, la richesse s’étale au grand jour en ce moment pour les gros actionnaires et le "casse" de Cannes montrent bien où l'odeur de l'argent roi traine.

Pourquoi, pour redresser les entreprises ne pas prendre sur les dividendes, pourquoi ne pas instituer une quote-part redressement de entreprises pour rembourser les dettes en prenant sur les valeurs des actions en transférant une partie de celles-ci dans des recettes exceptionnelles dans les comptes pertes et profits des bilans ?

Pour dérider, pourquoi ces patrons qui pleurent misère ne font-ils pas comme l’UMP qui a organisé une grande quête nationale auprès de ces adhérents pour payer les dettes de Sarkozy ; ici cela pourrait-être les actionnaires qui mettent les mains dans leurs poches remplies de dollars.

Il faut en finir avec ces parasites qui se servent dans les caisses des entreprises et ensuite organisent avec la complicité de l’Etat des plans de licenciements ou de suppressions d’emplois.

Il faut donc mettre fin aux licenciement boursiers.

Bernard LAMIRAND

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PENSER UN MONDE NOUVEAU

Publié le 31 Juillet 2013 par aragon 43 dans Philosphie

Penser un monde nouveau (8/34) L'Humanité

André Tosel : "Il se manifeste une multitude de résistances au capitalisme"

Penser un nouveau monde (8/34). À partir du constat que le capitalisme est devenu un monstre destructeur, André Tosel invite à ancrer dans l’idée d’un « monde commun » toute pensée de transformation révolutionnaire.

Né à Nice en 1941, André Tosel est professeur émérite de philosophie à l’université de Nice Sophia-Antipolis, où il a dirigé de 1998 à 2003 le Centre de recherches d’histoire des idées. Agrégé de philosophie en 1965 et docteur d’État en philosophie en 1982, il a enseigné à l’université de Besançon, ainsi qu’à Paris-I Panthéon- La Sorbonne. Il est l’auteur de très nombreux ouvrages portant notamment sur la philosophie italienne et continue à collaborer aux revues la Pensée et Actuel Marx. Spécialiste de philosophie politique, il a travaillé sur Spinoza, Hegel, Marx, Gramsci et sur plusieurs penseurs marxistes. Ses travaux portent sur la rationalité moderne, ainsi que sur les philosophies de la mondialisation.

André Tosel est membre de la Société française de philosophie. Ses derniers ouvrages parus (en 2011) portent sur « les scénarios de la mondialisation culturelle » (Éditions Kimé).

Influencé par Althusser lorqu’il faisait ses études à Normale Sup, cet ancien responsable national des Jeunesses chrétiennes est maoïste en mai 1968, adhère et milite activem°. ent au PCF de 1972 à 1984. De 1982 à 1988, il est vice-président enseignant de l’université de Nice, puis, en 2002, est élu au conseil de gestion de l’UFR lettres, arts et siences humaines de l’université de Nice Sophia-Antipolis. Depuis une dizaine d’années, il consacre une bonne part de ses activités à l’éducation populaire et, dans le même temps, il s’est politiquement rapproché du Front de gauche.

Au XIXe siècle, Marx pensait que le capitalisme creusait sa propre tombe… Qu’en est-il en ce début de XXIe siècle ?

André Tosel. Depuis que le mouvement ouvrier existe on a souvent fait la constatation que le capitalisme a atteint ses dernières limites. A la fin du 19° siècle les théoriciens de la II° Internationale , les socialistes allemands ou encore Jaurès ont pensé que l’on sortirait bientôt de l’ère capitaliste par la démocratie. Mais le capitalisme a toujours déplacé sa crise de sorte qu’il se trouve en état permanent de crise rendant le possible tout à fait impossible. Il a jusqu’à présent toujours réussi à diviser ses adversaires sauf dans la période de la révolution léniniste qui reste de ce point de vue un cas exceptionnel et qui a échoué avec le stalinisme.

L’autre constatation que l’on peut faire est que nous vivons une crise d’une gravité égale à celle de 1929, mais ceux qui se nomment "progressistes", notamment les communistes se trouvent pris en quelque sorte à contre pied puisque les changements dans la société sont contrôlés si ce n’est impulsés par les forces capitalistes qui exploitent à leur profit la plasticité humaine. D’où la difficulté: comment distinguer pour "les progressistes" les éléments de civilisation qu'il faut conserver face à un capitalisme de plus en plus destructeur et ceux qui doivent être abandonnés parce qu'il s'agit non d' un acquis mais de formes auto destructrices à terme de la reproduction capitaliste. La croissance économique avec son délire obsessionnel d'infinité relève d'un "plus de jouir en toc" ( comme le dit le psychanalyste Jacques Lacan). Mais, d'autre part, les masses subalternes appauvries ne peuvent supporter de leur côté que leurs besoins vitaux ne soient pas satisfaits dans la dignité. Comment peu à peu expérimenter d'autres modes de produire et de consommer, d'"exister" dans le partage en établissant une égalité réelle ?

Qu’entendez-vous par « plasticité humaine » ?

André Tosel. En reprenant et prolongeant l’idée selon laquelle l’homme est en perpétuelle évolution et ne peut pas être achevé, j’entends par plasticité l’indétermination de l’activité humaine, non pas tant à l’image d’un sculpteur qui travaille sa boule de glaise mais qui ne sait pas ce qui va en sortir qu'à l'image d'un manipulateur de génome qui peut désormais cloner l'humain pour des usages indéfinis où le pire peut advenir ou d'un banquier qui imagine des produits financiers dont la toxicité est un possible réel. Pour l’homme "tout est possible", mais rien ne dit que tout le possible soit souhaitable et créateur d'une plus value d'humanité pour tous. L’activité humaine ne connaît aucune limite « naturelle », elle se produit comme "seconde nature" indéfiniment, en se constituant comme histoire dans et par un "terrain artificiel" qui est sa nature propre. L'homme est un être ingénieux, capable de génie créateur. Les formes de cette autoproduction sont à chaque fois finies, circonscrites et limitées, conditionnées par un état des rapports historiques -écologiques, économiques, sociaux, politiques et culturels, sur la terre qu'il faut rendre habitable en tant que globe fini. Cette ingéniosité ne peut plus être comprise comme "perfectibilité" assurée de produire toujours "plus" et "mieux", comme le pensaient les philosophes des Lumières, et sous certains points de vue Marx et Engels. Il ne s'agit pas de limiter a priori ce génie, mais de le contrôler de manière à ce qu'il tempère son infinité avec la prise en compte de la finitude qui voue tout humain, vivant parlant et travaillant, toute société humaine à revêtir une forme limitée et mortelle. Il serait plus adéquat de parler d'autocontrôle démocratique, normé par les droits de l'homme, d'égale liberté et de libre égalité, si possible dans l'élément d'un sens commun, d'une raison commune. Un communisme de la finitude en quelque sorte...
Nous somme loin aujourd'hui de ce réalisme utopique, de cette utopie réaliste qui est la seule proposition humainement raisonnable et rationnelle. Le capitalisme mondialisé est un Monstre destructeur qui est en fait autodestructeur. On est très loin, en effet, de l'idée de la production destructrice ou de la destruction productrice, chère à l'économiste Joseph Schumpeter qui pensait par ces termes définir et justifier la dynamique du mode de production capitaliste en posant que la dimension productrice compenserait à terme la masse des destructions soi disant nécessaires. Or la masse de destruction croît de manière exponentielle. Or, c'est un bloc économico-politique capitaliste globalisé mais différencié -selon des rapports de concurrence impitoyable- qui capture et confisque cette plasticité à son profit exclusif et selon l'illimitation du capital. Ce bloc et lui seul mène la guerre de classe au genre humain en capturant de cette propriété qu’ont les hommes de s’auto transformer en transformant leur rapport à nature et à ses co variations.
C’est un processus nouveau par lequel le Monstre flirte avec l’autodestruction, voire avec la mort et qui crée des risques multiples de monstruosités, comme on le voit nettement dans tous les domaines, aussi bien en matière financière que biopolitique, technologique, sociale et politique. En biologie, par exemple, pour la première fois de son histoire, l’homme a accès à la production de sa propre reproduction par la procréation artificielle et peut aussi prolonger, ou supprimer, ou modifier sa vie corporelle par la science, à l'infini. On pourrait prendre également l’exemple d’Internet qui peut produire des merveilles de communication et de discussion généralisée et instantanée, donner accès à des encyclopédies tout comme il peut atrophier irréversiblement les capacités d'attention, détruire des savoirs séculaires, ou organiser une surveillance universelle de tous par quelques uns. Sur le plan social l'invention de l'auto management invite chaque salarié employé à s'employer à se faire le juge de ses performances économique et donc à justifier son éventuel licenciement comme juste sanction de son insuffisance, comme autopunition, à devenir la victime consentante de sa mort sociale au nom des intérêts supérieurs de l'entreprise. Dans tous ces domaines de l’activité humaine, on ne peut pas fixer de limites sauf à passer pour un conservateur; et pourtant le point de vue d'une finitude partagée ne peut être différé. Il y a urgence. Cette plasticité humaine reste dans le mode de production capitaliste placée sous le commandement d’une loi de système, d’un impératif qui n’est pas seulement celui de la productivité industrielle mais de la productivité financière et par conséquent de formes nouvelles d’exploitation. La soumission réelle des activités au capital est l'autre face de l'impératif de l'accumulation financière et de son "plus de jouir en toc". L'Argent est objet d'accumulation infinie pour autant qu'il conditionne la jouissance narcissique, non plus aux seuls biens, mais à sa possession illimitée comme fétiche. Pour ceux qui n'en ont pas assez et en désirent "encore", il faut consentir à l'auto-exploitation pour accéder à la spéculation, cette modalité perverse du franchissement de la jouissance. Celle-ci est jouissance à mort: les gains hors norme ne peuvent remplir le vide du fétiche et naît alors le désir de détruire en hyper-spéculant (sur le dos des autres aussi), en risquant des pertes hors norme que la collectivité est sommée de réparer. Ou bien le non performant n'a plus qu'à se suicider sur place. On a bien là des formes inédites du mode d'existence en capitalisme mondialisé qui exigent de croiser la critique du fétichisme selon Marx et la théorie psychanalytique du fétiche. "Pas d'argent sans travail. pas de travail sans exploitation, pas d'exploitation sans dette infinie". Voici une des formules du Monde Monstre qui dévore l'existence des masses humaine , consume la terre, détruit toute production de sens dans l'illimitation insensée de sa démesure obsessionnelle. Le capitalisme mondialisé est la véritable névrose obsessionnelle de l'humanité qui détruit l'être au monde comme monde commun. La plasticité humaine court le risque de son autodestruction.

Comment résister à ces nouvelles formes d’aliénation ?

André Tosel. Il y existe une littérature critique très importante que les médias dominants ignorent en préférant donner la parole ceux que Georges Labica nommait les intellectuels starisés ou hi-fi, haute fidélité aux impératifs du système. Cette critique aujourd'hui n'a pas seulement besoin d'être socialisée. Elle est affrontée à la tâche positive de se faire source de propositions et d'expérimentations sous peine de déchoir au rang de savoir impuissant de notre impuissance. Il n e faut pas participer à la désolation générale sous peine d'en être le complice. Aujourd'hui des hommes et des femmes luttent et résistent. Toute analyse critique devrait comporter obligatoirement en contre -champ des récits d'expériences, des exposés de pratiques alternatives en Europe et dans le monde entier , à tous les niveaux. Un média comme l’Humanité peut jouer à ce sujet un grand rôle. L'urgence est de produire des opérateurs de conversion entre les diverses résistances actuelles, venues des subalternes, de tous ces groupes privés du pouvoir social d'être cause de leur action, et réduits souvent au statut d'effets passifs, de sujets-objets devenus objets-objets ou rebuts, individus entre eux gérée par les mécanismes d'identification néocapitalistes. Qu'il s'agisse des ouvriers, des employés, chômeurs ou non, des femmes et des minorités homosexuelles, des groupes ethniques en mal d'une légitime reconnaissance, de peuples pris dans le néocolonialisme capitaliste; le problème est d'imaginer comme des opérateurs de conversion permettant de traduire les luttes les unes dans les autres, de les unifier, sans les noyer, à tous les niveaux, du local au global.
La ville et particulièrement la ville globale (il en existe une trentaine) est ici le milieu décisif où ces subalternes se côtoient et peuvent se rencontrer à la condition que chaque groupe puisse critiquer ce qui dans son particularisme fait obstacle au "commun" à trouver ou inventer. Ce qu’il faudrait face à la mise en concurrence des intérêts; c’est créer des collectifs de coopération pluriels.

Il y aurait donc une sorte d’individualisation de l’exploitation capitaliste. Est-ce à dire que les antagonismes de classes ont disparu ?

André Tosel. Disons qu’ils se sont émoussés, l’idée du "No future" selon laquelle on ne peut pas faire autrement s’étant ancrée dans les esprits. Il faut encore une fois tenir compte de l’attrait qu’exerce sur l’homme l'idée de devenir auto-entrepreneur. Cette idée a pour noyau rationnel l'effort pour libérer sur le plan imaginaire la puissance que chacun met à faire quelque chose de sa vie. L’activité humaine se maintient toujours comme effort positif pour vivre, pour contrecarrer ce qui l'oppresse et la contraint. Il faut compter encore sur cet irréductible avant qu'il ne soit lui aussi totalement "managé".

Cela dit, la lutte des classes reste en un certain sens le moteur de l’histoire. Si les ouvriers ont subi une défaite historique sous les coups de la mondialisation, il ne faut pas oublier que les capitalistes ne cessent de mener cette lutte pour les raisons structurales, pour maintenir leurs taux de profit en s'immunisant apparemment dans la finance. Du côté des subalternes, la résistance n’est pas à la hauteur de cette violence du Capital Monde, mais les contradictions sont permanentes, même dans un contexte où la plasticité humaine a pris la la forme d'une segmentation des classes ouvrières et où la coordination des classes subalternes est rendue difficile. Ne serait-ce que parce que le niveau global dominé par la nouvelle caste dirigeante économique et politique construit son hégémonie au niveau local, les luttes ouvrières sur les sites nationaux des entreprises transnationales ont une dimension globale au sein du local. Il en va de même pour les combats écologiques dans des lieux déterminés.

Comment se constituent ces classes subalternes et dans quelles conditions pourraient-elles s’allier avec la classe ouvrière ?

André Tosel. Il n’existe plus de classe ouvrière centrale car il n’y a plus d’usines fordistes comme en 1920 à Turin chez Fiat où les ouvriers étaient comme une armée concentrée en un même lieu. Il existe un salariat qui contient des réserves de puissance sociale, la lutte pour le salaire et le salaire élargi aux contribution sociales étant stratégique. Aujourd’hui les centres de production sont dispersés et diversifiés, le recours à la sous-traitance est généralisé. Ils sont néanmoins interconnectés. Certes, on peut alors parler d’une pluralité de la classe ouvrière et d’une hétérogénéité des fronts de résistance. Il y a une multitude de résistances au capitalisme, une pluralité de sujets qui refusent d'être réduits au statu d'objets-objet, mais il est possible de trouver de motifs unificateurs hirizontaux en faveur de" la vie bonne", des traductions transversales des luttes produisant du commun de combat. C’est ainsi que se créent des « collectifs » (infirmières , professeurs ou groupes de soutien à une cause locale, paysans pauvres, indigènes en survie, etc. ) qui résistent chacun de leur côté sans toujours d’ailleurs obtenir le soutien des populations environnantes, sauf cas exceptionnel comme Fralib à Marseille où les ouvriers ont réinventé l’idée de coopérative chère à Jaurès. Peut-être verra-t-on une multiplication d'expériences conseillistes à la base et des connexions les reliant?

Les classes subalternes partagent les mêmes difficultés mais aussi les mêmes espérances que la classe ouvrière segmentée. Elles sont constituées de tous ceux dont le travail est nécessaire mais qui sont en position seconde , dominée. On y trouve les petits employés et les fonctionnaires, ce qui reste de la petite paysannerie et de l’artisanat; les précaires, les immigrés… Ils subissent une forme d’exploitation collective. Par exemple les enseignants : ils sont mal payés, mal considérés , soumis aux diktats des pseudo pédagogies modernistes, leur formation initiale et continue est réduite. Mais les résistances moléculaires existent et elles finissent par franchir des seuils et s'organiser en ensembles plus vastes.

Pour qu’un front de résistance de ces classes se forme, comme le pensait Gramsci (1) il est nécessaire que chaque couche subalterne produise par la lutte des citoyens et de sujets conscients, ouvriers, paysans, employés, techniciens divers… qui s’approprient les connaissances philosophiques , politiques , sociologiques les plus utiles pour eux et leur combat .Pour que l’alliance – vitale- des intellectuels et de la classe ouvrière se forme il faut que se forment au sein de la classe ouvrière et des subalternes , des intellectuels propres entrant en convergence avec les intellectuels professionnels.

En l’espace d’une trentaine d’années l’humanité a vécu de grands bouleversements politiques avec notamment l’effondrement du communisme soviétique, la révolution conservatrice américaine, l’échec et la conversion de la social démocratie au capitalisme mondialisé, l’émergence timide de nouvelles idées altermondialistes… Pour plagier Gramsci, peut on dire que nous vivons une époque où le vieux idéologique tarde à mourir tandis que le neuf peine à naître et à s’imposer ?
André Tosel. Je n’en suis pas sûr et faisons attention: le neuf, on le voit avec le nouveau management des travailleurs, n’est pas toujours quelque chose de positif ! Le nouveau, c’est aussi la folie financière actuelle qui mène la planète au pire. Mais cela peut être positif pour l’homme si la créativité est collectivisée, socialisée de façon à ce que les citoyens et les sujets ne soient pas les victimes de leur propre situation. Je dirai que globalement le neuf fait partie de cette plasticité humaine indéterminée avec sa part d’équivoque, car toujours susceptible d’être manœuvrée par les forces capitalistes.
Si l’on regarde maintenant ce qui se passe à gauche, on voit poindre des idées et des concepts nouveaux, socialisme du 21° siècle en Amérique du Sud, éco-socialisme en Europe, éveil politique, social et écologique des masss chinoises. Ce qu’il faudrait maintenant ce sont une fois encore des conversions de pratiques qui permettraient de produire et de parler un langage commun. Selon moi ce langage commun peut continuer avoir trois mots pour base : liberté, égalité, commun. Au fond il faut revenir à une version radicalisée des droits humains personnels, pas seulement la liberté, mais les droits effectifs c'est-à-dire l’égalité. Comment alors reformuler la fraternité selon l'idée du commun, c'est-à-dire du vivre ensemble, pour coopérer, pour coexister. L'idée de monde commun est philosophiquement l'idée centrale pour toute analyse critique et pour tout projet de transformation révolutionnaire. Dans « l’être -au-monde-ensemble » se manifeste tout ce qui relève du bien commun, de la vie bonne pour tous, de l'existence sensée et significative, de la préservation des communs traditionnels (eau; terre, air, espèces vivantes), mais aussi de la création nouveaux communs (énergies, formes de solidarité; capital de cultures et de langues partagées, réserves de sensibilités et d'activités créatrices). On ne peut échapper en ce point au défi de l'écologie politique, des modes de vie économes, des mode de production et de consommation égalitaires communs. On pourrait alors considérer qu'une fois déconnectés de la logique du Monstre qu'est le Capital Monde le travail, l’entreprise sont des biens communs qui ne peuvent être laissés à une logique qui les détruit. Il faudrait en quelque sorte reformuler l’idéal communiste à l’aune de la problématique du bien commun et des communs.

Mais avec ce qui s’est passé au 20° siècle, dans les pays dits « communistes », le communisme n’est-il pas sur le plan idéologique, définitivement condamné ?
André Tosel. Je crois que l’on est loin d’en avoir fini avec l’analyse de ce qui s’est passé en Union Soviétique et dans les pays gouvernés par des sociaux-démocrates se réclamant du marxisme. Un nouveau communisme est à inventer sur la base de la critique de ce qui a été fait ou manqué dans le passé. Cependant en même temps supprimer toute référence aux fondamentaux du communisme serait se démunir. Ces fondamentaux sont à redéfinir partir du devenir Monstre du Capital Monde. Voici quelques questions :qu'est-ce que l'appropriation sociale ? Comment articuler conflits sociaux et conflits identitaires? Quel soin prendre de notre rapports à une Terre profondément transformée, mal traitée comme un simple stock ? Comment conserver des savoir faire et des savoir penser dans la constitution d'un Entendement général objectivé dans les technologies nouvelles? Ce n’est pas parce que le mot "communisme" a été imprononçable longtemps qu’il a perdu son sens. Cela implique notamment assumer toute la dimension utopique-réaliste du communisme, utopie voulant dire se transport dans un lieu qui n’existe pas encore mais qui permet une vie réelle, non pas un autre monde séparé, mais un monde simplement autre, purifié de ce qui fait de notre monde un non monde pour des masses immenses.

Cet endroit serait un monde nouveau : est il possible à réaliser ?
André Tosel. Le changement de mode de production et je dirais même de mode d’exister et de co exister est désormais un souci partagé, une évidence en devenir. Se posent ici les problèmes redoutables de la consommation absurde et de la dette à vie devenue une véritable chaîne pour les travailleurs. Aujourd'hui la véritable carte d’identité est la carte de crédit : "tu n’existes que parce que tu t’endettes et pour autant que l’on te permet de t'endetter" ! De ce point de vue, il faut reconnaître au capitalisme un certain génie ! Mais un mauvais génie qui appauvrit le bien commun, dégrade la vie quotidienne de chacun et produit des sentiments d’identification communautaire négatifs. Il faut insister sur ce point des identifications communautaires réactives dont font partie des religions et notamment l’islam dans les quartiers populaires ou le néo-évangélisme en Afrique et aux Amériques. Mais les religions étaient-elles vraiment parties ? Ne se sont-elles pas plutôt transformées sur un marché religieux spécifique ? Elles peuvent toujours fonctionner comme un marqueur identitaire surdéterminant les autres en produisant un effet de communauté de communautés. Elles peuvent dans un contexte de crise conduire, non pas à un fascisme comme on l’a connu dans les années trente, mais à des monstruosités comme on le voit par exemple en Inde actuellement où dans ce pays démocratique on assiste à des pogroms de musulmans perpétrés par l’extrême droite hindouiste. Des majorités se sentant menacées par des minorités peuvent se faire prédatrices et violentes en participant à une racisation des rapports sociaux et en rendant plus difficile une perspective politique, sociale et culturelle commune. Partout dans le monde on assiste à un aiguisement des conflits identitaires en réaction à la dévastation sociale des solidarités concrètes. Tout un mode de vie est à réinventer.
Sur le plan économique, il faut aller vers un système, non pas fondé sur de simples nationalisations résorbables dans la logique du capital,, mais sur la réappropriation sociale des biens communs tels que l’eau, les transports ou l’énergie, le patrimoine culturel et scientifique.
Sur le plan politique, on assiste à la constitution d’une nouvelle classe dirigeante auto-proclamée et auto-sélectionnés, réunissant des hommes politiques néo-(socio-)libéraux formant avec leurs nuances le parti unique du capital et de ses fractions, des dirigeants d'entreprises, des banquiers et traders, des universitaires de régime, des experts avec ou sans compétence, des médiacrates. Cette classe transnationale mais localement active constitue une nouveauté en ce qu'elle constitue les réseaux transnationaux moléculairement inscrits dans le local, notamment dans les villes globales, ces nouveautés absolues. Ce sont ces réseaux qui prennent après analyse, dans les initiatives décisives qui soumet les Etats en commandant le remboursement des dettes, en déconstruisant les services publics, en programmant la réduction de la valeur de la force de travail, en promouvant la concurrence entre travailleurs au prix de l'essor des conflits identitaires, en pilotant le surendettement des pauvres, ce moyen de domination nouveau, en encourageant le sur enrichissement des riches, en développant un individualisme cynique et sans pitié, en ouvrant les vannes de sa démesure. On a un bon exemple de cette gouvernance surdéterminée par la domination de la finance avec les institutions et les mécanistes anti-démocratiques qui structurent la Communauté Européenne autour de l'euro et font d'elle la sainte Alliance du Monstre capital béni par les Eglises chrétiennes. Cette Sainte Alliance de l'Argent devient criminelle structurellement et le capitalisme en est délégitimé. Ce qui a été infligé à la Grèce devrait servir d'avertissement quant au futur qui menace
Les Etats sont ainsi conduits à organiser eux-mêmes, à l'insu de leur plein gré, leur propre dénationalisation. Ce phénomène est lui aussi inédit et il n'annonce nul cosmopolitisme éthico-politique. Il s'inscrit dans la guerre économique à mort pour la conquête des marchés. Il tend à quasi étatiser de nouvelles puissances, comme l'Europe, et il n'exclut aucune guerre ouverte pour le contrôle des ressources décisives. La démocratie, tant vantée, qui repose sur le principe de la souveraineté d'un peuple nationalement déterminé entre dans une crise irréversible. Les exécutifs transnationaux et les réseaux armés des puissances de l'information exercent une dictature sans précédent et réduisent le champ d'action des parlements nationaux. L'idée de souveraineté populaire éclate et se dilue. L'idée de peuple souverain à laquelle nous sommes attachés depuis la révolution française se délite. Ce processus est aggravé par le refus des castes dirigeantes à unifier dans la même citoyenneté nationale interculturelle, dans le même territoire "national", les diverses fractions qui coexistent : résidents citoyens nationaux, résidents non nationaux, transitoires ou permanents. SI la souveraineté populaire a toujours été une fiction efficace fondatrice, aujourd'hui elle se défait dans la dé-fiction d'une nation dénationalisée et impuissante à s'élargir. Comment alors réinventer une démocratie alors que nous vivons une dé-démocratisation autoritaire désappropriant les citoyens et les sujets de tout pouvoir ? Comment non pas tant refaire LE peuple, mais faire DU peuple ? C'est cette question que masque le débat manipulé sur le populisme.

(1) Antonio Gramsci (1891-1937). Philosophe, journaliste, homme politique, fondateur du parti communiste italien en 1924, emprisonné en 1926 par Mussolini.

Lire aussi d'autres entretiens de notre série "penser un monde nouveau" :

Entretien réalisé par Philippe Jérôme

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ECO-PO A LIRE MEME PENDANT LES VACANCES

Publié le 28 Juillet 2013 par aragon 43 dans Economie

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HOPITAL DE BEAUVAIS BAS LES PATTES

Publié le 27 Juillet 2013 par aragon 43 dans SOCIETE

HOPITAL DE BEAUVAIS BAS LES PATTES

Blog de :

http://thierry.aury.over-blog.com/ne-jouons-pas-avec-la-sant%C3%A9-des-beauvaisiens-z%C3%A9ro-suppressions-d-emplois-%C3%A0-l-h%C3%B4pital-de-beauvais

Ne jouons pas avec la santé des beauvaisiens ! Zéro suppressions d'emplois à l'hôpital de Beauvais !

Alors que la grève des personnels de l'hôpital de Beauvais - en plein cœur de l'été - a été la plus suivie depuis longtemps, je lance un appel à tous les élus et citoyens du Beauvaisis : ensemble exigeons "zéro suppressions d'emplois à l'hôpital de Beauvais ! " et le remplacement de tous les départs en retraite, mutations, congés de maternité...

Comme chacun le sait, il n'y a pas trop de personnels à l'hôpital mais au contraire, il en faudrait même davantage pour mieux répondre aux besoins et à un accueil et des soins de qualité pour tous.

Il suffit d'écouter quelques minutes parler des aides-soignant-e-s ou des infirmier-e-s pour comprendre leur souffrance de ne pas avoir toujours le temps qu'il faudrait pour s'occuper comme il-elle-s le souhaiteraient de chaque patient-e, leur ras-le-bol de devoir de plus en plus penser en terme de "rentabilité" des malades à l'opposé même de leur vocation de soignant-e.

Il faut abroger la "tarification à l'activité" (T2A) et la Loi Bachelot qui ont totalement dégradé la situation des hôpitaux publics : cette politique uniquement comptable et d'économies budgétaires qui en vient à sacrifier l'hôpital public et ses personnels, est une impasse totale.

Notre pays est assez riche pour financer largement un bon service public de santé : par exemple, comme le rappelait le Président de la Fédération hospitalière de France (FHF), Frédéric Valletoux, dans une lettre au Premier Ministre le 9 janvier dernier, les cliniques privées - contrairement aux hôpitaux publics - vont bénéficier à travers le "Crédit Impôt Compétitivité Emploi" (CICE) de 500 millions d'euros de fonds publics c'est à dire une somme supérieure à l'ensemble du déficit annuel des hôpitaux publics !

Pourtant les grandes compagnies privées de santé versent chaque année des dizaines de millions de dividendes à leurs actionnaires !

Il y a donc de quoi maintenir tous les emplois et même créer de nouveaux emplois à l'hôpital de Beauvais si le gouvernement PS décide enfin de sortir des logiques héritées de l'époque UMP.

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TUNISIE ASSASSINAT D'UN DIRIGEANT DU MOUVEMENT POPULAIRE

Publié le 25 Juillet 2013 par aragon 43 dans INTERNATIONAL

TUNISIE ASSASSINAT D'UN DIRIGEANT DU MOUVEMENT POPULAIRE

Tunisie : « L'assassinat de Mohamed Brahmi est une infamie » (Pierre Laurent)

L'assassinat, en ce jour anniversaire de la république tunisienne, de Mohamed Brahmi, député, coordinateur général du Mouvement populaire et dirigeant du Front populaire, est une infamie.

En abattant l'opposant au gouvernement islamiste d'Ennahda, ses assassins et leurs commanditaires veulent instaurer un climat de terreur et atteindre la démocratie tunisienne dans sa chair.

L'inaction des autorités depuis le lâche assassinat de Chokri Belaïd permet à ces commanditaires d'agir en toute impunité. Ce crime odieux vient s'ajouter aux constantes menaces et attaques dont sont la cible les militants, les dirigeants des forces démocratiques et de progrès, les syndicalistes, mais aussi les citoyens parmi lesquels de très nombreuses femmes qui s'opposent avec courage à l'obscurantisme et à une politique qui n'a fait qu'aggraver les inégalités.

Le gouvernement et le président tunisiens sont responsables d'une telle situation et ont des comptes à rendre au peuple. Les assassins et les commanditaires de Chokri Belaïd et de Mohamed Brahmi doivent être arrêtés et condamnés. La sécurité des citoyens doit être garantie en commençant par démembrer les ligues qui font régner la violence dans le pays.

Le PCF réaffirme sa totale solidarité avec le peuple tunisien et toutes les forces sociales, citoyennes et politiques démocratiques qui combattent pour une Tunisie libre, indépendante, juste et démocratique.

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LIVRET A DETOURNEMENT DE FOND VERS LES BANQUES CAPITALISTES

Publié le 25 Juillet 2013 par aragon 43 dans CAPITALISME

LIVRET A DETOURNEMENT DE FOND VERS LES BANQUES CAPITALISTES

Article de Politis

Livret A : le gouvernement régale les banques

Le gouvernement a décidé de donner 30 milliards d’euros aux banques, prélevés sur le produit du livret A. La somme, qui est censée permettre le financement des PME, ne bénéficiera donc pas au logement social.

Le livret A victime du « Hold-up de l’été ». C’est par ces mots que les sénateurs communistes (CRC) ont dénoncé mardi 23 juillet la décision du gouvernement - effective à la fin du mois - de mettre « à disposition » des banques 30 milliards d’euros issus de l’épargne réglementée. La somme, initialement centralisée à la Caisse des dépôts, provient donc du livret A mais aussi du livret de développement durable. Dès cet automne, 20 milliards d’euros supplémentaires pourraient être distribués selon le journal Les Echos.

« Harro sur le livret A »

Dans un communiqué, le ministre de l’Économie, Pierre Moscovici, a affirmé que ces ressources supplémentaires permettront aux banques de financer davantage l’économie, et notamment les petites et moyennes entreprises. Une justification qui ne convainc pas du tout les communistes, selon qui les banques disposent déjà des fonds nécessaires. Le groupe CRC assure que l’actif bancaire de la BNP est de 1 900 milliards d’euros, tandis que celui de la Société générale est de 1250 milliards et celui du Crédit agricole de 1 840 milliards.

L’association Droit au logement (DAL) critique également la mesure, parlant d’un « cadeau (…) accordé aux banques par le Gouvernement sur le dos (...) de l’intérêt général et des épargnants, pour permettre de spéculer sur les marchés financiers ». La décision est d’autant plus contestable que le livret A sert à financer le logement social. Le groupe communiste au Sénat estime que ce placement populaire doit rester un outil destiné à profiter à ce dernier ainsi qu’à favoriser « la transition écologique, (le) développement social urbain, (…) l’égalité des territoires ».

Des promesses non tenues

La mise à disposition de 30 milliards d’euros au profit des banques intervient alors que le livret A rapporte moins aux épargnants. Au 1er août, son taux sera de 1,25 %, son plus bas niveau historique. En février dernier, il était déjà passé de 2,25 à 1,75 %. Dans son communiqué, le DAL assure que malgré l’objectif affiché par le gouvernement de favoriser la construction de logements sociaux, cet abaissement a pour réel but de forcer les Français à se « tourner vers les produits financier privés », plus lucratifs. La CGT ajoute que ce changement aura pour conséquence d’accentuer la baisse du pouvoir d’achat de certains ménages.

Le scepticisme a aussi gagné ATTAC, qui a critiqué très durement l’invitation de représentants du secteur bancaire français à l’Élysée, le 19 juillet dernier. Dans un communiqué nommé « Avec François Hollande, régalons la finance », le mouvement altermondialiste moque les promesses non tenues par François Hollande, pourtant prononcées lors de son fameux discours du Bourget : « les chroniques de l’’affrontement’ entre [le Président] et la finance se résument à une succession de reculades, de pantalonnades en volte-face (…). » Les tractations autour du livret A font donc partie d’un ensemble toujours plus large de renoncements. C’est ainsi que la prochaine grande réforme du Gouvernement, celle des retraites, bénéficiera avant tout aux fonds de pension.

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CGT : NOUVEAU RECORD DE CHOMAGE

Publié le 25 Juillet 2013 par aragon 43 dans syndicalisme

CGT : NOUVEAU RECORD DE CHOMAGE

Malgré l’été, nouveau record du chômage !

mercredi 24 juillet 2013

Pour le 26ème mois consécutif, le nombre de demandeurs d’emploi augmente pour atteindre des niveaux jamais égalés.

La période estivale n’aura pas eu raison de l’augmentation du nombre de demandeurs d’emploi. Les clignotants sont au rouge, le chômage des seniors et de longue durée augmente.

Les premières causes du chômage sont les fins de CDD et les ruptures conventionnelles qui ont explosé depuis leur création en août 2008.

Les emplois aidés ne peuvent, à eux seuls, permettre une inversion de courbe. C’est d’une autre politique de l’emploi dont on a besoin.

La relance de l’économie passe par une relance de la consommation qui représente 57% du PIB. Elle permettra de relancer la croissance et donc l’emploi.

La loi Sapin dite de « sécurisation de l’emploi » découlant de l’ANI de janvier 2013 ne règle rien. Au contraire, à l’image de la Papèterie Elba, dans le Puy de Dôme, elle permet de licencier plus vite.

Il faut faire reculer la précarité, conditionner les aides aux entreprises et créer une véritable sécurité sociale professionnelle.

Il faut mettre fin à la politique d’austérité et changer de cap.

C’est pour ces objectifs que la CGT appelle les salariés, les retraités et les privés d’emploi à se mobiliser le 10 septembre prochain.

Montreuil, le 24 juillet 2013

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A MON CAMARADE CLAUDE LAGUARRIGUE

Publié le 24 Juillet 2013 par aragon 43 dans syndicalisme

A CLAUDE LAGUARRIGUE

Claude mon camarade, mon ami

Tu viens de nous quitter après une longue et pénible maladie.

J’ai beaucoup de peine.

Nous nous connaissions depuis très longtemps quand nous exercions nos responsabilités syndicales dans la Sidérurgie et la première transformation des métaux. Toi à Vallourec Decazeville et moi à Usinor Dunkerque.

Je me souviens d’une de tes venues dans le Nord.

Nous avons fraternisé toi l’homme de cette belle région de Decazeville, de ce lieu où l’histoire du mouvement ouvrier s’est écrit, comme à AUBIN, ta commune, et moi originaire de cette région du Nord marqué par les luttes ouvrières. Nous avions dans le cœur ces moments de répression et qui ont conduit aux fusillades d’Aubin 14 mineurs tués et celle de Fourmies neuf morts un premier mai.

Tu étais un militant, un vrai, un camarade d’une grande fraternité.

Tu aimais la contact avec les travailleurs et je te vois encore dans cette période dure où tout s’écroule concernant l’acier dans ton bassin de Decazeville, comme tu disais. Tu leur prodiguais encouragements et nécessité de se battre contre la casse industrielle. Tu étais au coeur du combat pour le maintien des AUMD (Aciéries et Usines Métallurgiques de Decazeville). En 1987, les AUMD puis ton usine de Vallourec ont fermé leurs portes. L’acier a disparu de ce bassin industriel et je me rappelle cette tristesse qui s’emparait de toi quand je suis venu pour inaugurer le Parc Ambroise Croizat à Aubin et que nous avions ensemble traversé ce qui était devenue une friche.

Nous avons travaillé ensemble à la fédération de la Métallurgie les dossiers lourds des retraites auxquels tu attachais une grande importance et notamment avec un autre camarade Aimé Muré, l’alsacien, qui vient lui aussi de nous quitter.

Tu as été au cœur de la bataille pour que les caisses de retraites complémentaires payent celles-ci aux préretraités jusqu’à l’âge de la retraite du régime général.

Beaucoup des retraités savent avec quelle ardeur tu as mené ce combat.

A l’Union fédérale des Retraités, tu as été l’un des piliers de la mise en place d’un travail revendicatif retraité qui a eu des répercussions dans toutes nos sections syndicales avec des luttes qui marquèrent.

Quand tu as quitté tes responsabilités à l’UFR en 2006, c’était pour nous tous un moment difficile, nous savions tes problèmes de santé et tu nous manquais.

Tes interventions étaient d’une grande franchise et aussi tu savais expliquer, exiger, mobiliser comme l’a dit Jean Marie Schapman secrétaire de l’UFR à ton départ. Tu employais des mots simples pour caractériser une situation compliquée pour te faire comprendre avec cet accent qui te caractérisais.

Avec « Tatave », disparu l’an dernier, nous avions plaisir de militer ensemble et tous les camarades qui t’ont côtoyé toutes ces années là peuvent dire que tu étais celui qui savait remonter le moral, redonner confiance, rassurer et aider des camarades en difficulté tant sur le plan syndical et politique que sur le plan personnel.

Nous nous retrouvions l’été, pendant les vacances, y compris après ton départ de l’UFR et nous passions un moment en famille avec un bon repas.

Nous parlions de ce que tu aimais le plus, le vélo. Tes visites dans mon lieu de vacances coïncidaient souvent avec la passage du Tour de France. J’étais admiratif de tes longs périples à vélo, escaladant les cols de l’Aubisque et du Tourmalet.

Avec ton épouse Solange, nous discutions des choses de la vie, Marie mon épouse et ta femme était devenue des amies.

Souvent nous nous appelions au téléphone, nos discussions s’éternisaient souvent sur les questions politiques et sur le devenir de ce qui nous motivait le plus le devenir de notre parti communiste.

La dernière fois que je suis venu à Aubin, c’était pour l’inauguration d’un jardin public portant le nom d’Ambroise Croizat, artisan principal de la mise en place de la Sécurité Sociale. Tu avais convaincu le maire de ta commune de faire en sorte que ce jardin public porte le nom de celui pour lequel tu avais une haute admiration et sur la plaque tu avais fait graver cette phrase formidable :" Ambroise Croizat ministre des travailleurs" et tu avais dit que cela faisait mieux que ministre du travail.

Oui, je perds un camarade, un ami proche, j’en suis très affecté.

Salut Claude

Bernard LAMIRAND

 

 

A MON CAMARADE CLAUDE LAGUARRIGUE
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10 SEPTEMBRE : ON MONTE LE SON !

Publié le 23 Juillet 2013 par aragon 43 dans syndicalisme

10 SEPTEMBRE : ON MONTE LE SON !

UGICT LE 10 SEPTEMBRE ON MONTE LE SON

Le gouvernement a achevé vendredi 19 juillet le premier round de la concertation sur la réforme des retraites. Il a beaucoup écouté, n'a rien révélé de ses intentions. Il a visiblement choisi de n'abattre ses cartes qu'au dernier moment sur un sujet qui divise sa propre majorité, qui pourrait être motif d’affrontement social, qui pourrait fâcher le Medef et qui ne fait pas consensus (le mot est faible) entre les organisations syndicales.

L’exécutif sait de plus que le sujet mobilise déjà les organisations hostiles aux préconisations du rapport Moreau qui prône notamment l’allongement de la durée de cotisation et la fin des mécanismes d’indexation de l’évolution des pensions.

Le 10 septembre a été choisi comme date de mobilisation par la CGT, FO, la FSU et Solidaires et les premières remontées d’informations font état d’appels unitaires dans les professions et sur les territoires.

Si l’on ne sait encore rien des intentions du gouvernement, un faisceau d’indices et de petites phrases donnent à penser que l’exécutif est tenté de poursuivre les mêmes mécanismes qui ont déjà fortement dégradé le niveau des pensions et le taux de remplacement ces 20 dernières années. Ainsi, selon l’AFP citant une source « élyséenne », le président François Hollande «a pris des risques sur l'emploi, sur la famille, il le fera aussi sur les retraites». Hélas, cela n’est pas forcément rassurant. Car sur l’emploi comme sur la famille, il y a beaucoup à dire -et surtout bien des critiques à formuler- tant les décisions ne marquent pas de rupture véritable. S’il a pris un risque, hélas, c’est bien celui de décevoir.
La véritable audace serait de s’attaquer frontalement au partage de la richesse, de faire bouger le curseur en faveur de la rémunération du travail plutôt que de celle du capital. Faute de cela, on risque de s’en tenir à des mesures régressives.
Il va falloir que François Hollande et Jean-Marc Ayrault entendent et pour cela, nul doute, il va falloir monter le son…

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LE MAIRE DE CHOLET NE SE SENT PLUS

Publié le 22 Juillet 2013 par aragon 43 dans SOCIETE

article repris sur google

Alors que 150 caravanes de gens du voyage se sont installés, dimanche, sur un terrain agricole propriété de la ville de Cholet (Maine-et-Loire) loué à des exploitants agricoles, Gilles Bourdouleix, le député-maire (UDI) de Cholet aurait affirmé que «Hitler n'en a peut-être pas tué assez».

Le député-maire se trouvait sur le campement pour demander aux occupants de partir.

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Dès son arrivée, le ton est monté entre les gens du voyage et l'élu. En réponse à des saluts hitlériens, destinés à critiquer le député-maire jugé raciste, ce dernier a laché, selon le Courrier de l'Ouest, cette phrase que seuls les policiers et les agriculteurs à proximité de l'élu ont entendu.

Alors que Gilles Bourdouleix indiquait lundi matin, dans un communiqué, avoir «déposé plainte pour diffamation, atteinte à l'honneur et atteinte à l'image» contre Le Courrier de l'Ouest et menacé de poursuivre pour diffamation «toute personne qui relayera ces propos mensongers», le quotidien a répliqué immédiatement en mettant la bande son sur son site internet suscitant les réactions indignées se multiplient sur les réseaux sociaux.

Un enregistrement que le député maire conteste et qualifie de «réglement de compte». Selon lui, le journaliste a « bidouillé un enregistrement dans lequel il y a des coupures en me faisant dire des propos que lui-même venait de me dire et que j'ai répétés, étonné, qui ne correspondaient pas à ce que j'avais dit», a assuré Gilles Bourdouleix avant d'ajouter: «Je ne vais pas passer ma vie à me justifier par rapport à des bidouillages d'un petit merdeux de journaliste.»

Jean-Louis Borloo condamne

Agé de 53 ans, le député maire de Cholet est le Président du Centre national des indépendants et paysans (CNIP). Un parti conservateur qui a rejoint l'UDI, la formation de Jean-Louis Borloo après les législatives de juin dernier. Mais en début d'après midi, Jean-Louis Borloo a condammé «de la manière la plus formelle» les propos de Gilles Bourdouleix et saisi en urgence la direction du parti sur les suites à donner à cette affaire.

Gilles Bourdouleix devrait être exclu du parti. La direction de l'UDI a fait savoir que les valeurs communes du parti sont «le respect de l'autre, l'écoute et le dialogue (...) la tolérance (...) et la modération dans l'expression». « A partir du moment où la preuve est publiée, nous ne pouvons que décider de l'exclusion. Ces propos sont inqualifiables et incompatibles avec les valeurs de l'UDI», a expliqué Jean-Christophe Lagarde, le secrétaire général de l'UDI.

Selon le Courrier de l'Ouest, le torchon brûle entre les gens du voyage et l'élu depuis plusieurs mois. Selon le courrier de l'Ouest, le député-maire se dit menacé depuis un an par les gens du voyage. A l'inverse, les gens du voyage expliquent que Gilles Bourdouleix aurait interdit l'accés d'un terrain au motif qu'il n'avait pas validé l'arrêté du préfet, même si cette validation n'est pas obligatoire.

Déjà en 2010, le député maire aurait commis un premier dérapage lors d'une réunion publique. Selon Ouest France, le maire aurait déclaré: « On a la trouille de ces gens-là, ils ont tous les droits. Je suis prêt à prendre un camion plein de m... pour le déverser au milieu de leurs caravanes. Ces gens, c'est beaucoup d'emmerdes. S'ils choisissent de vivre comme ça, en caravanes et qu'on fait un effort pour les accueillir, au moins qu'ils aient un peu de respect. Les caravanes qu'ils ont, avec les Mercedes et les camions pour les tracter, on ne pourrait pas se les payer. Mais eux, ils en ont les moyens puisqu'ils n'ont pas de revenus et ne paient pas d'impôts ! Ces caravanes, elles sont équipées de toilettes, mais ils ne les utilisent pas». La Ligue des droits de l'Homme du Maine-et-Loire avait déposé plainte.

Retrouvez la bande son des propos de Gilles Bourdouleix recueillis par le Courrier de l'Ouest:

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