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ARAGON43

Mon site relate les événements syndicaux, sociaux, politiques, culturels et environnementaux .

SEUIL DE PAUVRETE

Publié le 30 Août 2011 par aragon 43 dans communisme

arton2032-18c13.jpgSeuil de pauvreté: « le gouvernement, coupable de non assistance à personne en danger »

Selon l'INSEE, la crise touche de plein fouet les plus modestes. Ils étaient 8,2 millions en 2009 à vivre en-dessous du seuil de pauvreté contre 7,8 millions l'année précédente, soit une augmentation de plus de 5% en un an. Cette paupérisation généralisée ressentie par tous les acteurs de terrain est confirmée par les bilans chiffrés. 13,5% des Français luttent chaque jour pour leur survie dans des conditions indignes d'une économie pourtant au 5ème rang mondial.

Cette situation n'est pas une fatalité. Dans le même temps, la droite au gouvernement depuis 2002 a multiplié les cadeaux aux plus riches et s'est acharné sur les plus fragiles en se faisant une spécialité de la chasse aux pauvres souvent accusés de tous les maux.

Travail non-rémunéré pour les chômeurs, accusations récurrentes de fraude aux ASSEDIC, menaces sur le versement des allocations familiales en cas d'absentéisme scolaire, réduction drastique des moyens du SAMU social, etc. les exemples sont légion d'une politique dangereuse pour les plus pauvres et complaisante pour les plus riches. En réalité, ce gouvernement est coupable de non assistance à personne en danger.

 

Déclaration du PCF

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LES RETRAITES ONT TOUTES LES RAISONS DE SANCTIONNER SARKOZY

Publié le 28 Août 2011 par aragon 43 dans communisme

LES RETRAITES VONT-ILS SANCTIONNER SARKOZY ?

 Croizat260.jpg

Photo Ambroise Croizat ministre communiste

1945/1947 fondateur de la Sécurité sociale.

 

Aux élections présidentielles de 2007, les retraités ont voté majoritairement pour la droite mais il faut relativiser.*

L'heure va bientôt sonner de faire le bilan du quinquennat de Sarkozy et de ses réformes en faveur des banquiers, des hommes d'affaires, des spéculateurs et plus généralement du libéralisme dont il a été le sauveur en endettant le pays pour  restaurer les profits du CAC40.

Mais pour l'instant, l'heure est à l'action.

Les retraités, le 6 Octobre, seront dans les rues des principales villes de France pour manifester leurs désaccords avec cette politique qui les a dépouillés notamment en matière de niveau de vie.

Manifestement, ces retraités, ceux provenant du salariat, ont toutes les raisons de marquer politiquement leur hostilité à cette droite UMP qui les a appauvris depuis 2002, même si avant les socialistes avaient eux aussi mis la main à la pâte, notamment à partir d'une politique de rigueur à partir de 1982 où les salaires, les retraites, les droits à la santé ont commencé à être rognés, puis ensuite Rocard qui leur a imposé la CSG.

Si on y regarde de plus près, tous les paramètres de  la vie sociale des retraités-es sont aujourd'hui dans le rouge.

Aucun n'y échappe.

L'accélérateur a été conséquent depuis l'arrivée de Sarkozy au pouvoir en 2007.

PENSIONS ET RETRAITES : la dégringolade en 5 ans s'est accentuée à travers le quasi-blocage des revalorisations que ce soit du régime général que des retraites complémentaires où l'addition est d'ailleurs plus lourde du fait des accords conclus entre les partenaires sociaux (sauf la CGT).Il n'est pas rare maintenant de voir des retraités-es s'adresser au Secours Populaire, aux restaurants du cœur et même faire les poubelles.

SANTE : Les retraités-es sont particulièrement victimes des mesures dites "d'économies" sur les médicaments, l'hospitalisation, les soins à domicile. Les taux de remboursements ont singulièrement baissés et les mutuelles, de ce fait, ont dû augmenter très fortement les cotisations amenant des personnes âgées à se retirer et à ne plus se rendre chez leur médecin. Les nouvelles mesures Fillon pour mettre en place la règle d'or vont amener des augmentations de cotisations mutuelles de plus 6,5 % en 2012.La mutuelle est entrain de devenir le réceptacle pour toutes les remises en cause en matière de santé.

Intolérable.

LE LOGEMENT: Certes des retraités sont devenus propriétaires de leurs logements après des années de remboursement durant leur activité à des taux parfois très élevés et n'ont plus de loyer à payer en retraite, mais un nombre important d'entre eux sont à loyers et les prix exorbitants des locations grèvent de plus en plus leur pouvoir d'achat: certains sont aujourd'hui dans des conditions d'habitat précaire et parfois dorment dans leur voiture.

ENERGIE:  Toutes les sources d'énergie nécessaires pour le chauffage, la cuisine, l'éclairage, les transports ont augmenté considérablement et les personnes âgées consacrent une part de plus en plus grande de leur budget à ce poste: les aidants qui visitent ces personnes âgées peuvent témoigner que de plus en plus de ces personnes réduisent leur consommation au point que certaines vivent des hivers entiers avec peu de chauffage.

IMPOTS ET FISCALITE: Les décisions gouvernementales touchent bien sûr tous les travailleurs mais les retraités ont vu ces dernières années des modifications à leur imposition comme par exemple la suppression de la 1/2 part supplémentaire pour les personnes vivant seules et ayant élevé un enfant et maintenant  semble se préparer la suppression pour les retraités de l'abattement des 10 % après celui de 20 % il y a quelques années.

Voilà toute une série de mesures qui affectent particulièrement les retraités et l'on pourrait rajouter d'autres situations vécues dramatiquement par les personnes âgées et en particulier sur la perte d'autonomie et le coût de plus en plus élevé pour les familles si la personne doit entrer en maison de retraite.

Enfin, si l'on  y rajoute les mesures prises en 2010 par la réforme des retraites, le recul de l'âge de la retraite va considérablement dégradé la situation des futurs retraités en niveau de pension.

Le bilan Sarkozien pour les retraités salariés est donc catastrophique.

Bien sûr, l'intéressé reviendra sur les mesures sécuritaires, par des campagnes alarmistes, il tentera de détourner la colère des anciens en misant sur l'insécurité qu'il a d'ailleurs accentué (son bilan est négatif sur toute la ligne).

Coté gauche, les retraités peuvent compter sur le PCF et le Front de gauche, le programme partagé apporte des propositions qui vont totalement à l'opposé de ce séisme social qu'a engendré Sarkozy en direction des personnes âgées.

Coté socialiste, les choses sont plus floues (comme d'habitude), néanmoins il faudra se rappeler qu'Hollande envisage de laisser la retraite à 62 ans sans abattement et au maximum 67 ans pour le taux plein.

Les socialistes sont aussi les instigateurs de la CSG et ceux-ci parlent volontiers d'une augmentation de la CSG pour les retraités.

Ne pas oublier que toutes ces stratégies ont visé à remettre en cause sur le fond le financement de la sécurité sociale et le déficit provient du manque de recette à cause de l'abaissement des salaires, du chômage et de la précarité de l'emploi, des exonérations de cotisations sociales dont bénéficie le patronat (32 milliards en 2010).

Voilà tout un panorama de la situation faite aux retraités et l'on peut remarquer que leurs conditions de vie se sont abaissées depuis les décrets Balladur Veil de 1993 et depuis cette époque l'on peut estimer que les retraités ont perdus plus de 20 % de leur retraite.

Le bilan de Sarkozy est exécrable pour les retraités.

 

Bernard LAMIRAND

*à noter que les retraités regroupent un ensemble très divers (salariés en majorité mais aussi commerçants, artisans, exploitants agricoles, professions libérales.

   

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BEAUVAIS EN ETAT DE SIEGE

Publié le 27 Août 2011 par aragon 43 dans politique

P1030974.JPGBEAUVAIS EN ETAT DE SIEGE

Vendredi 26 Aout, un étrange climat règne dans la ville de Beauvais, on aurait pu croire que le fantôme de Pierre Cauchon, l'évêque de Beauvais, qui mis au bûcher Jeanne d'arc, rodait à nouveau dans la ville.

Un ciel couleur d'encre plombait la cité, quelques corbeaux croassaient et on pouvait deviner que quelque chose allait se passer.

L'ambiance était pesante.

Quelques passants s'infiltraient dans des barrages qui ceinturaient toute la ville.

La maréchaussée était présente en grand nombre. Quelques milliers d'argousins gardaient tous les lieux stratégiques.

Peut-être s'attendait-on à l'arrivée des hordes qui envahirent la ville en 1940 après les bombardements ?

Que pouvaient- ils craindre ces beauvaisiens en cette matinée du 26 août ?

Une nuit du 24 août de l'an 1572, pardon une matinée du 26 août !

Non…

P1030978.JPGSimplement dans une encoignure de la ville, un rassemblement de quelques 200 militants syndicaux et politiques qui se réunissaient en- dessous du pont de Paris pour accueillir le serviteur du monarque de l'Elysée.

Quelques clameurs me parvenaient, j'étais bloqué avec mon char et je cherchais à le mettre à l'abri d'une peine pour stationnement illicite.

Je n'étais pas le seul à tourner dans la ville assiégée, de superbes chars aux vitres teintées cherchaient eux aussi, non pas une porte de sortie, ni un stationnement, mais l'accès où ils allaient pouvoir être enfin accueillis avec la bienveillance qui sied à ceux qui maraudent dans les allées du pouvoir depuis l'an 2007.

Mon épouse et moi-même durent faire la route à pied après avoir trouvé un antre pour mettre le char en position de repos. De ces belles voitures sortaient tous les pontes du régime pour se rendre au palais de la place Jeanne Hachette, qui doit, la malheureuse, se retourner dans sa tombe en voyant arriver cet équipage de privilégiés ressemblant à ceux qui suivaient Charles le Téméraire et voulaient envahir la ville et ses draperies.

Nous rejoignîmes enfin les manifestants qui voulaient dire ses quatre vérités au sacristain de l'évêché de Matignon, qui, la veille, avait décrété de nouveaux embarras à payer par les pauvres pour acquitter les dettes des riches.

La maréchaussée veillait au grain, les récalcitrants ne pouvaient franchir les barrages et durent faire du surplace jusqu'au départ du bedeau et après son discours dans l'hôtel de la bonne ville de Beauvais où il donna l'absolution aux édiles venus lui rendre grâce.

Les alentours de l'hôtel de ville bruissaient d'argousins et d'indicateurs, qui se transmettaient des informations sur les quelques risques de débordements, quelques badauds, au nombre d'une centaine, étaient là pour faire la claque mais le sous-souverain n'eut guère le temps de s'y attarder.

Vers les 13 h 30, heures locales, les forces d'occupation libérèrent enfin la ville des barrages et l'on vit à nouveau la cité s'animait et dans les commerces et échoppes l'on pouvait voir les visages fermés, un tavernier me dit qu'il avait perdu 70 % de sa clientèle habituelle et ne comprenait pas la présence depuis trois jours de tous ces policiers dans la ville.

Le sous-souverain de Matignon, le dénommé Fillon, a réussi un coup de maitre: bloquer toute une matinée l'économie locale sans créer le moindre emploi sinon que celui de préparer la future fonction de la zélée maire de Beauvais qu'il s'agissait de mettre au devant de la scène pour son élection au Sénat.

DSC00378.JPGL'équipée de Fillon à Beauvais devant des foules enthousiasmes, dans un périmètre où aucune voix discordantes  ne devait s'exprimer  était ratée, et mon camarade Thierry Aury a eu raison d'ameuter le peuple de gauche, son intervention le soir à FR3 marquait cette exigence que la République c'est autre chose que ces marioles qui nous gouvernent encore, espérons le pour peu de temps.

 

Bernard LAMIRAND

 

*les photos sont de Marc Georges.

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HOLLANDE VA VERS LES DESIDERATAS DE LA BOURGEOISIE

Publié le 27 Août 2011 par aragon 43 dans politique

divers_005.gifHOLLANDE VA VERS LES DESIDERATAS DE LA BOURGEOISIE

Ce vendredi soir est apparu un nouvel homme providentiel comme sait l'engendrer cette cinquième république par une élection présidentielle dépossédant le peuple.

Invité sur le deuxième chaine pour s'expliquer sur son retard à l'université socialiste de La Rochelle, Hollande nous a livré quelques éventualités s'il devient, pour ainsi dire, le futur président de la République.

J'en ai retenu une plus particulièrement: celle de nouvelles exonérations de cotisations sociales en faveur des patrons qui embaucheraient des jeunes salariés-es et garderaient le plus longtemps possible les seniors en activité.

C'est à une question sur le chômage des jeunes, qu'Hollande n'a rien trouvé de mieux que de mettre en concordance l'aide à l'embauche des jeunes et le maintien des seniors au boulot que d'exonérer de cotisations les entrepreneurs qui embaucheraient des jeunes en CDI et maintiendraient de salariés âgés-es jusqu'à l'âge de la retraite et on sait qu'Hollande est un chaud partisan de la remise en cause de la retraite à 60 ans.

C'est scandaleux.

Commencée dans la fin des années 1970, les politiques d'exonérations de cotisations accordées aux entreprises avaient pour but de diminuer le coût du travail et visaient soi-disant à permettre d'embaucher plus facilement  des jeunes et notamment des apprentis et des salariés les moins qualifiés. On a vu les résultats de cette stratégie venant tout droit du MEDEF: le chômage des jeunes n'a jamais été aussi élevé, l'exonération de cotisations sociales à partir de 1,6 smic a permis la course à l'abaissement des salaires pour rentrer dans le système des exonérations et les compensations pour le financement des protections sociales a été pris en compte par l'Etat pour plus de 32 milliards par exemple l'an dernier.

Une somme énorme -que si les exonérations seraient supprimées- reviendrait dans le budget de l'Etat pour être affectées  à des dépenses utiles et éviter la politique d'austérité en cours.

Hollande ne fait donc que de perpétrer et d'accentuer cette politique visant à décharger le capital pour lui permettre de faire davantage de profit en participant de moins en moins à la dépense sociale.

Cela fait partie de cette stratégie visant à dépouiller ce que Croizat ministre du travail et de la sécurité sociale avait mis en place concernant le financement de la Sécurité sociale par la cotisation salariale et de l'entreprise à partir de l'assiette salariale et la remplacer par la CSG qui rappelons-le est une création de Rocard.

Hollande donne donc un coup de pouce supplémentaire à la suppression de toutes cotisations patronales concernant la sécurité sociale.

Ces 32 milliards d'exonération en 2010 sont de l'argent frais pour les actionnaires et pour la spéculation financière et Hollande peut toujours alors nous parler de s'en prendre aux riches, c'est du baratin.  En proposant de nouvelles exonérations, Hollande montre bien que sa future politique ressemblera à celles qui ont  avantagé  le capital et  donc de faire payer la note aux salariés-es et aux retraités-es comme ses compères socialistes européens Papandréou et Zapatero le font actuellement dans leurs pays respectifs.

Ce personnage ne peut inspirer la confiance, et il est évident, qu'à sa manière, certes différemment du drôle qui siège à l'Elysée, sa potion sera amère pour le peuple et la désillusion grande pour ceux qui se seront fait happer par les œillades électorales de cet individu qui n'a qu'une envie s'accaparer du pouvoir et aller dans la penderie de l'Elysée, où existent tout la collection de costumes d'hommes providentiels, qu'il pourra endosser aisément d'autant plus que lui aussi rêve d'être le personnage omnipotent de cette 5eme république qui ne peut qu'enfanter que l'autoritarisme et la continuité d'une politique en faveur d'une classe privilégiée.

Il y a autre chose à faire et j'espère que le PCF va élever la voix, que le Front de Gauche va pousser le discussion pour que le débat ne s'englue pas dans le gestion de la crise et de la dette comme semble s'y conformer l'appareil politicien.

J'attends d'ailleurs du PCF,  qu'il ait, dans cette période, toute son identité dans un débat où le système capitaliste peut être mis à mal parce qu'il ne peut plus présenter de solutions durables à sa crise systémique.

Le PCF a, dans cette aggravation de la crise, a éclairé les français et faire des propositions pour dépasser ce système. La pensée Marx est plus que jamais d'actualité et le débat ne peut être politicien, réduit à régler à la marge, il s'agit en effet d'une situation politique qui mérite des réponses de fonds et de classe.

 

Bernard LAMIRAND

 

              

 

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CGT: POSITION SUR LES MESURES FILLON

Publié le 26 Août 2011 par aragon 43 dans syndicalisme

 

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En fait de « règle d’or », une « chape de plomb »

Quelques remarques sur les annonces Fillon 

 

  1. Le premier ministre néglige la gravité de la situation :

Etaient absents dans ses propos, notamment :

-        hausse du chômage (le ministre du travail va annoncer ce soir une nouvelle hausse du chômage au mois de juillet)

-        baisse de la consommation au deuxième trimestre

-        stagnation de l’économie (croissance zéro) au deuxième trimestre

Il faut rappeler que la production industrielle est aujourd’hui 10% en deçà de son niveau de 2008. De ce point de vue, l’absence du ministre de l’industrie à la conférence de presse du premier ministre n’est pas anodine.

Le PIB est aussi en deçà de son niveau d’il y a trois ans.

Il faut aussi rappeler que Nicolas Sarkozy avait promis que la France allait regagner un taux de croissance économique de 3 % ; le taux prévu pour cette année et l’année prochaine est moitié moins que cette promesse.

  1. Le premier ministre ne le cache pas : son objectif est de donner des gages aux marchés financiers.

Mais son plan affaiblit les « amortisseurs » (notre modèle de protection sociale) qui ont relativement protégé la France dans la récession économique.

  1. La conférence de presse du premier ministre n’est qu’une opération de communication.

En annonçant quelques mesures apparemment radicales, il veut en fait justifier la politique désastreuse du gouvernement qui a provoqué des dégâts considérables pour les salariés, les privés d’emploi et les retraités.

Il dit que 83 % des efforts seront demandés aux entreprises et riches.

En réalité, les riches, les propriétaires et actionnaires des entreprises vont continuer de profiter d’énormes avantages.

-        Heures supplémentaires

Le gouvernement veut intégrer les exonérations de cotisations sociales sur les heures supplémentaires dans les exonérations générales de cotisations sociales (il s’agit des exonérations générales sur les bas salaires, jusqu’à 1,6 fois le Smic, appelées aussi exonérations Fillon).

Selon le gouvernement, cette mesure rapporterait 600 millions d’euros aux caisses de la Sécurité sociale.

Deux remarques :

1°) Ce chiffre doit être comparé avec les 31,5 milliards d’exonérations Fillon dont profitent les entreprises.

Ce chiffre doit aussi être comparé avec l’ensemble des aides et exonérations accordées aux entreprises par l’Etat et les collectivités territoriales qui est de l’ordre de 170 milliards d’euros.

2°) Au deuxième trimestre, il y a eu 186 millions d’heures supplémentaires. C’est l’équivalent de 100 000 emplois annuels.

Les heures sup défiscalisées équivalent donc à 400 000 emplois par an. Supprimer cette mesure permettrait de réduire le chômage et de créer quelques containes de milliers d’emploi.

 Impôt exceptionnel sur les plus riches

Cet impôt exceptionnel devrait rapporter 200 millions d’euros. C’est rien par rapport à ce que les riches ont obtenu grâce à Sarkozy-Fillon depuis 2007.

Rien que la baisse de l’ISF (en pleine crise économique et sociale) a rapporté plus de 2 mds d’euros aux plus riches. Les riches restent donc largement gagnants.

Il faut aussi rappeler que le gouvernement Sarkozy-Fillon a réduit le taux d’imposition des plus riches (le taux d’imposition de la tranche la plus haute est passé de 45 % à 40 %, puis ramené à 41 %). Ici aussi les riches restent largement gagnants.

  1. Conséquences graves pour le monde du travail

Les mesures annoncées vont avoir un impact négatif sur le revenu et le pouvoir d’achat des ménages et par voie de conséquence sur l’activité économique et l’emploi.

Deux exemples :

-        Taxe sur le sucre ajouté

Le gouvernement prévoit d’augmenter une série de taxes ; ça va jusqu’à la caricature : il s’agit d’augmenter la taxe sur les boissons à sucre ajoutée.

Le pays a besoin de valeur ajoutée, le gouvernement augmente la taxe sur le sucre ajoutée !

-        Gel des dotations des collectivités

Le premier ministre a affiché son intention de geler les dotations de l’Etat aux collectivités territoriales.

Cette mesure aura trois effets graves pour les populations et pour l’économie :

1°) hausse des taxes et impôts locaux ;

2°) baisse des effectifs dans les services ;

3°) baisse de l’investissement public : il faut rappeler que les collectivités territoriales réalisent aujourd’hui 70 % des investissements publics. Le gel des dotations conduira à une baisse de ces investissements, avec comme conséquence une dégradation des services publics et des infrastructures.

Cette mesure risque aussi de pousser les collectivités à chercher de l’argent sur les marchés financiers.

Nasser Mansouri-Guilani

25 août 2011

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CONTRIBUTION EXCEPTIONELLE LES PATRONS SORTENT QUELQUES CENTIMES

Publié le 24 Août 2011 par aragon 43 dans Actualités

arton42.jpgLES GRANDS PATRONS FRANÇAIS DONNENT LA PIECE

Ah les pauvres petits… Ils montrent l'exemple et comme à la sortie de l'église, le dimanche, à la messe de 11 heures, ils font l'aumône d'un sou à l'Etat.

Mais que l'on ne s'y méprenne pas, ce n'est pas renouvelable, c'est exceptionnel. On ne touche pas au gros grisbi, à tout ce que l'on a entassé depuis des années en volant les salariés et en se servant légalement dans la caisse, en faisant voter par des conseils d'administration de succulentes augmentations de rémunérations.

Et puis en dehors des stock-options, il y a le coffre fort d'actions que chacun rempli à sa guise par la spéculation, la vente et le rachat d'entreprises, les liquidations, les délocalisations pour plus de "fraiche" avec des salaires surexploités, le coffre-fort a prospéré au point que les fortunés du CAC 40 ont pour la plupart augmenté considérablement leur patrimoine en quelques années.

Tous ne mettront pas la main à la poche, certains ont peur que cela entraine des effets indésirables sur leur fortune comme celui de remettre en cause leur liberté de soutirer des profits immenses et que cela puissent en plus entrainer des effets durables:  l'un de ces tristes sires disant carrément qu'il ne faut pas que l'état revienne à la charge chaque année et prenne de mauvaises habitudes.

D'autres, plus finauds, indiquent que leur obole devrait être constitutive d'une manière exemplaire de propager l'idée que tout le monde doit participer à la résorption de la dette pour l'intérêt du pays ( les mauvaises langues dont je suis disent pour leurs propres intérêts et pour continuer à extorquer une part toujours plus grande de la plus value créée).

Certains, les plus riches, les plus exploiteurs, pensent que leur efforts doit être accouplé à celui des remises en causes de toutes les largesse sociales consenties depuis 1945 et notamment en matière de sécurité sociale ( une manière intelligente de monnayer leur petite obole en se faisant du blé sur le dos des salariés).

Une belle occasion pour remettre en cause par exemple la cotisation sociale, celle déjà en partie exonérée jusqu'à 1,6 smic, et de transférer le financement total de la sécurité sociale par l'impôt (TVA et CSG).

Dans cette affaire, le plus cocasse, c'est de voir ces friqués, ces voleurs légaux du capital, indiquer à cor et à cri que leur contribution est exceptionnelle et que pour que tout le monde le sache, elle n'est pas renouvelable par tacite reconduction.

Morbleu… pourtant tous les dimanches, pour faire œuvre de charité, lesdits patrons, et pour se laver de leurs péchés, remettent la pièce au bedeau.

Pourquoi ne le ferait-il pas  chaque année en laissant au sacristain de Matignon 80 % de leur gain et à ce que nous pouvons savoir, ils ne seraient pas sur la paille dans la crèche du petit jésus.

Notons aussi, que pour les manants, c'est tous les jours la contribution exceptionnelle, celle qui nous frappe en baisse de salaires, de retraites, de chômage, de précarité, de médicaments non remboursés.

Y aurait-il des exceptions exceptionnelles pour les patrons et que des privations continuelles pour les salariés que nous sommes ?

Comme disait mon très cher camarade Georges Marchais, au-delà de 4 millions de francs ( 609756 euros) je prends tout.

 

Bernard LAMIRAND

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ETATS-UNIS :JUSTICE DU FRIC ?

Publié le 22 Août 2011 par aragon 43 dans Actualités


divers_027-copie-1.gifJe ne commenterai pas les problèmes érotiques de l'individu Strauss-Kahn avec la justice américaine dont les démêlés abreuvent les médias chaque jour et que nous subissons.

Ma critique envers ce politicien est purement politique: c'est un socialiste en peau de lapin qui a fait des victimes là où dans ses responsabilités de directeur du FMI , il a acculé des millions de pauvres gens dans une misère effroyable comme ce qui se passe actuellement en Grèce.

Si ce friqué est lavé de tout soupçon US et rentre en France, qu'il réapparait politiquement dans les bagages socialistes, il sera évident, qu'au bout, c'est sa politique qui sera exposée par les socialistes et les candidats socialistes sont déjà entrain de nous demander de nous serrer la ceinture à l'exemple de Hollande.

Mais venons-en à cette justice US que bon nombre de français découvrent.

Elle pue le fric.

Vous allez me dire c'est normal, c'est le pays où l'argent est roi pour ceux qui en ont.

Si c'est le commun des mortels, qu'il n'a que peu d'argent, qu'il ne peut s'offrir les meilleurs avocats US pour le disculper, il est sûr et certain que l'individu est bon pour le pénal.

Par contre, celui qui possède un patrimoine, un nom qui fait parti du bottin mondain, il a toutes les chances de s'en sortir.

De plus, si c'est un bon gestionnaire du système capitaliste, qu'il n'a pas fait de crasse au système comme le banquier milliardaire US qui a dilapidé les comptes de sa banque, alors l'indulgence se négocie tranquillement entre gens de bonnes compagnie avec les valises de dollars.

Ce système US, certains voudraient l'importer en France pour ne plus être importuné par exemple dans des opérations délictueuses comme celles que nous avons connues en 2010 et qui sont passibles de la justice française.

Faire des transactions financières, comme celles du genre tribunal arbitral – juridiction privée, voilà la solution disent certains pour se sortir de procédures difficiles à leurs égards.

Le système américain, lui  va plus loin, le garnement financier, le délinquant sexuel riche peut être blanchi des forfaits commis grâce à des multiples artifices où s'il s'arrange avec la partie adverse.

Voilà pourquoi, dans ce pays, les friqués du capital sont souvent impunis et les pauvres généralement sanctionnés.

 

Bernard LAMIRAND  

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K. MARX ET LE LIBRE ECHANGE

Publié le 19 Août 2011 par aragon 43

marx.gifDiscours sur la question du libre-échange

K. Marx


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Messieurs,

L'abolition des lois céréales  [1] en Angleterre est le plus grand triomphe que le libre-échange ait remporté au XIX° siècle. Dans tous les pays où les fabricants parlent de libre-échange, ils ont principalement en vue le libre-échange des grains et des matières premières en général. Frapper de droits protecteurs les grains étrangers, c'est infâme, c'est spéculer sur la famine des peuples.

Du pain à bon marché, des salaires relevés, cheap food, high wages, voila le seul but pour lequel les free-traders, en Angleterre, ont dépensé des millions, et déjà leur enthousiasme s'est étendu à leurs frères du continent. En général, si l'on veut le libre-échange, c'est pour soulager la condition de la classe laborieuse.

Mais, chose étonnante ! le peuple, auquel on veut à toute force procurer du pain à bon marché, est très ingrat. Le pain à bon marché est aussi malfamé en Angleterre que le gouvernement à bon marché l'est en France. Le peuple voit dans les hommes de dévouement, dans un Bowring, un Bright et consorts, ses plus grands ennemis et les hypocrites les plus effrontés.

Tout le monde sait que la lutte entre les libéraux et les démocrates s’appelle, en Angleterre, la lutte entre les free-traders et les chartistes.

Voyons maintenant comment les free-traders anglais ont prouvé au peuple les bons sentiments qui les faisaient agir.

Voici ce qu'ils disaient aux ouvriers des fabriques :

Le droit prélevé sur les céréales est un impôt sur le salaire, cet impôt, vous le payez aux seigneurs territoriaux, à ces aristocrates du moyen âge; si votre position est misérable, c'est à cause de la cherté des vivres de première nécessité.

Les ouvriers demandaient à leur tour aux fabricants :

Comment se fait-il que, depuis les trente dernières années ou notre industrie a pris le plus grand développement, notre salaire ait baissé dans une proportion bien plus rapide que le prix des grains n'a haussé ?

L'impôt que nous payons aux propriétaires fonciers, comme vous le prétendez, fait sur l'ouvrier à peu près trois pence (six sous) par semaine. Et cependant le salaire du tisserand à la main est descendu de 28 sh. par semaine à 5 sh. (de 35 fr. à 7 fr. 25) depuis 1815 jusqu'à 1843; et le salaire du tisserand, dans l'atelier automatique, a été réduit de 20 sh. par semaine à 8 sh. (de 25 fr. à 10 fr.) depuis 1823 jusqu'à 1843.

Et pendant tout ce temps la part d'impôt que nous avons payée n'a jamais été au-delà de trois pence. Et puis ! En 1834, quand le pain était à très bon compte et que le commerce allait très bien, qu'est-ce que vous nous disiez ? Si vous êtes malheureux, c'est parce que vous faites trop d'enfants, et que votre mariage est plus fécond que votre industrie !

Voilà les propres paroles que vous nous disiez alors; et vous êtes allé faire les nouvelles lois des pauvres et construire les work-houses, ces bastilles des prolétaires.

C'est à quoi répliquaient les fabricants :

Vous avez raison, messieurs les ouvriers ce n'est pas seulement le prix du blé, mais encore la concurrence entre les bras offerts, qui détermine le salaire.

Mais pensez bien à une chose : c'est que notre sol ne se compose que de rochers et de bancs de sable. Vous figurez-vous, par hasard, qu'on puisse faire venir du blé dans des pots à fleurs ? Ainsi, si, au lieu de prodiguer notre capital et notre travail sur un sol tout à fait stérile, nous abandonnions l'agriculture pour nous livrer exclusivement à l'industrie, toute l'Europe abandonnerait les manufactures, et l'Angleterre formerait une seule grande ville manufacturière, qui aurait pour campagne le reste de l’Europe.

Tout en parlant de la sorte à ses propres ouvriers, le fabricant est interpellé par le petit commerçant qui lui dit :

Mais si nous abolissons les lois céréales, nous ruinerons, il est vrai, notre agriculture, mais nous ne forcerons pas pour cela les autres pays de se fournir dans nos fabriques et d'abandonner les leurs.

Qu'en résultera-t-il ! Je perdrai les pratiques que j'ai maintenant à la campagne, et le commerce intérieur perdra ses marchés.

Le fabricant, tournant le dos à l'ouvrier, répond à l'épicier :

Quant à ça, laissez-nous faire. Une fois que l'impôt sur le blé sera aboli, nous aurons de l'étranger du blé à meilleur marché. Puis nous abaisserons le salaire, qui haussera en même temps dans les autres pays dont nous tirons les grains.

Ainsi, outre les avantages que nous avons déjà, nous aurons encore celui d'un salaire moindre, et avec tous ces avantages, nous forcerons bien le continent à se fournir chez nous.

Mais voilà que le fermier et l'ouvrier de la campagne se mêlent à la discussion.

Et nous, donc, que deviendrons-nous ? disent-ils.

Irions-nous porter un arrêt de mort sur l'agriculture qui nous fait vivre ? Devrions-nous souffrir qu'on nous otât le sol de dessous nos pieds ?

Pour toute réponse l'Anti-corn-law league s'est contentée d'assigner des prix aux trois meilleurs écrits traitant l'influence salutaire de l'abolition des lois céréales sur l'agriculture anglaise.

Ces prix ont été remportés par MM. Hope, Morse et Greg, dont les livres furent répandus à la campagne par des milliers d'exemplaires.

L'un des lauréats s'attache à prouver que ce n'est ni le fermier ni le laboureur salarié qui perdra par la libre importation du grain étranger, mais seulement le propriétaire foncier.

Le fermier anglais, s'écrie-t-il, n'a pas à craindre l'abolition des lois céréales, parce qu'aucun pays ne saurait produire du blé d'aussi bonne qualité et à aussi bon marché que l'Angleterre. Ainsi quand même le prix du blé tomberait, ça ne pourrait vous faire du tort, parce que cette baisse porterait seulement sur la rente qui aurait diminué et nullement sur le profit industriel et sur le salaire, qui resteraient les mêmes.

Le second lauréat, M. Morse, soutient, au contraire, que le prix du blé haussera à la suite de l'abolition des lois céréales. Il se donne infiniment de peine, pour démontrer que les droits protecteurs n'ont jamais pu assurer au blé un prix rémunérateur.

A l'appui de son assertion, il cite le fait que toutes les fois qu'on a importé du blé étranger, le prix du blé montait considérablement en Angleterre et quand on en importait peu, il y tombait extrêmement. Le lauréat oublie que l'importation n'était pas la cause du prix élevé, mais que le prix élevé était la cause de l'importation.

Et, tout à l'opposé de son co-lauréat, il affirme que toute hausse dans le prix des grains tourne au profit du fermier et de l'ouvrier, et non pas au profit du propriétaire.

Le troisième lauréat, M. Greg, qui est un grand fabricant et dont le livre s'adresse à la classe des grands fermiers, ne pouvait pas s'en tenir à de semblables niaiseries. Son langage est plus scientifique.

Il convient que les lois céréales ne font hausser la rente qu'en faisant hausser le prix du blé et qu'elles ne font hausser le prix du blé qu'en imposant au capital la nécessité de s'appliquer à des terrains de qualité inférieure, et cela s’explique tout naturellement.

A mesure que la population s’accroît, le grain étranger ne pouvant entrer dans le pays, on est bien forcé de faire valoir des terrains moins fertiles, dont la culture exige plus de frais, et dont le produit est, par conséquent, plus cher.

Le grain étant d'une vente forcée, le prix s'en réglera nécessairement sur le prix des produits des terrains les plus coûteux. La différence qu'il y a entre ce prix et les frais de production des meilleurs terrains constitue la rente.

Ainsi, si à la suite de l'abolition des lois céréales, le prix du blé et, par conséquent, la rente tombent, c'est parce que les terrains ingrats cesseront d'être cultivés. Donc la réduction de la rente entraînera infailliblement la ruine d'une partie des fermiers.

Ces observations étaient nécessaires pour faire comprendre le langage de M. Greg.

Les petits fermiers, dit-il, qui ne pourront pas se tenir dans l'agriculture, trouveront une ressource dans l'industrie. Quant aux grands fermiers, ils doivent y gagner. Ou les propriétaires seront forcés de leur vendre à très bon marché leurs terres ou les contrats de fermages qu'ils feront avec eux seront à des termes très prolongés. C'est ce qui leur permettra d'engager dé grands capitaux à la terre, d'y faire l'application des machines sur une plus grande échelle et d'économiser ainsi sur le travail manuel qui, d'ailleurs, sera à meilleur marché par la baisse générale des salaires, conséquence immédiate des lois céréales.

Le docteur Bowring a donné à tous ces arguments une consécration religieuse, en s'écriant, dans un meeting publie :

Jésus-Christ, c'est le free-trade; le free-trade, c'est Jésus-Christ !

On comprend que toute cette hypocrisie n'était pas propre à faire goûter aux ouvriers le pain à bon marché.

Comment d'ailleurs les ouvriers auraient-ils pu comprendre la philanthropie soudaine des fabricants, de ces gens qui étaient occupés encore à combattre le bill des dix heures, par lequel on voulait réduire la journée de l'ouvrier de fabrique de douze heures à dix heures.

Pour vous faire une idée de la philanthropie de ces fabricants, je vous rappellerai, messieurs, les règlements établis dans toutes les fabriques.

Chaque fabricant a pour son usage particulier un véritable code où il y a des amendes fixées pour toutes les fautes volontaires ou involontaires. Par exemple, l'ouvrier payera tant, s'il a le malheur de s'asseoir sur une chaise, s'il chuchote, cause, rit, s'il arrive quelques minutes trop tard, si une partie de la machine se casse, s'il ne livre pas les objets d'une qualité voulue, etc., etc. Les amendes sont toujours plus fortes que le dommage véritablement occasionné par l'ouvrier. Et pour donner à l'ouvrier toute facilité d'encourir des peines, on fait avancer la pendule de la fabrique, on fournit de mauvaises matières premières pour que l'ouvrier en fasse de bonnes pièces. On destitue le contremaître qui ne serait pas assez habile pour multiplier les cas de contravention.

Vous le voyez, messieurs, cette législation domestique est faite pour enfanter des contraventions, et on fait faire des contraventions pour faire de l'argent. Ainsi, le fabricant emploie tous les moyens pour réduire le salaire nominal et pour exploiter jusqu'aux accidents dont l'ouvrier n'est pas le maître.

Ces fabricants, ce sont les mêmes philanthropes qui ont voulu faire croire aux ouvriers qu'ils étaient capables de faire des dépenses énormes, uniquement pour améliorer leur sort.

Ainsi, d'un côté, ils rognent le salaire de l'ouvrier par les règlements de fabrique de la manière la plus mesquine, et de l'autre, ils s'imposent les plus grands sacrifices pour le faire rehausser par l'Anti-corn-law league.

Ils construisent à grands frais des palais, où la league établissait, en quelque sorte, sa demeure officielle; ils font marcher une armée de missionnaires vers tous les points de l'Angleterre, pour qu'ils prêchent la religion du libre-échange; ils font imprimer et distribuer gratis des milliers de brochures pour éclairer l'ouvrier sur ses propres intérêts, ils dépensent des sommes énormes pour rendre la presse favorable à leur cause, ils organisent une vaste administration pour diriger les mouvements libre-échangistes, et ils déploient toutes les richesses de leur éloquence dans les meetings publics. C'était dans un de ces meetings qu'un ouvrier s’écria :

Si les propriétaires fonciers vendaient nos os, vous autres, fabricants, vous seriez les premiers à les acheter, pour les jeter dans un moulin à vapeur et en faire de la farine.

Les ouvriers anglais ont très bien compris la signification de la lutte entre les propriétaires fonciers et les capitalistes industriels. Ils savent très bien qu'on voulait rabaisser le prix du pain pour rabaisser le salaire et que le profit industriel augmenterait de ce que la rente aurait diminué.

Ricardo, l'apôtre des free-traders anglais, l'économiste le plus distingué de notre siècle, est sur ce point parfaitement d'accord avec les ouvriers.

Il dit dans son célèbre ouvrage sur l'économie politique :

Si, au lieu de récolter du blé chez nous, nous découvrons un nouveau marché où nous pourrions nous procurer ces objets à meilleur compte, dans ce cas les salaires doivent baisser et les profits d'accroître. La baisse du prix des produits de l'agriculture réduit les salaires non seulement des ouvriers employés à la culture de la terre, mais encore de tous ceux qui travaillent aux manufactures ou qui sont employés au commerce.

Et ne croyez pas, messieurs, que ce soit chose tout à fait indifférente pour l'ouvrier de ne recevoir plus que 4 francs, le blé étant à meilleur marché, quand auparavant il a reçu 5 francs.

Son salaire n'est-il pas toujours tombé par rapport au profit ? Et n'est-il pas clair que sa position sociale a empiré vis-à-vis du capitalisme. Outre cela, il perd encore dans le fait.

Tant que le prix du blé était encore plus élevé, le salaire l'étant également, une petite épargne faite sur la consommation du pain suffisait pour lui procurer d'autres jouissances, mais du moment que le pain et en conséquence le salaire est à très bon marché, il ne pourra presque rien économiser sur le pain pour l'achat des autres objets.

Les ouvriers anglais ont fait sentir aux free-traders qu'ils ne sont pas les dupes de leurs illusions et de leurs mensonges, et si, malgré cela, ils se sont associés à eux contre les propriétaires fonciers, c’était pour détruire les derniers restes de la féodalité et pour n'avoir plus affaire qu'à un seul ennemi. Les ouvriers ne se sont pas trompés dans leurs calculs, car les propriétaires fonciers, pour se venger des fabricants, ont fait cause commune avec les ouvriers pour faire passer le bill des dix heures, que ces derniers avaient vainement demandé depuis trente ans, et qui passa immédiatement après l'abolition des droits sur les céréales.

Si, au congrès des économistes, le docteur Bowring a tiré de sa poche une longue liste pour faire voir toutes les pièces de bœuf, de jambon, de lard, de poulets, etc., etc. qui ont été importées en Angleterre, pour être consommées, comme il dit, par les ouvriers, il a malheureusement oublié de vous dire qu'au même instant les ouvriers de Manchester et des autres villes manufacturières, se trouvaient jetés sur le pavé par la crise qui commençait.

En principe, en économie politique, il ne faut jamais grouper les chiffres d'une seule année pour en tirer des lois générales. Il faut toujours prendre le terme moyen de six à sept ans - laps de temps pendant lequel l'industrie moderne passe par les différentes phases de prospérité, de surproduction, de stagnation, de crise et achève son cycle fatal.

Sans doute, si le prix de toutes les marchandises tombe, et c'est là la conséquence nécessaire du libre-échange, je pourrai me procurer pour un franc bien plus de choses qu'auparavant. Et le franc de l'ouvrier vaut autant que tout autre. Donc, le libre-échange sera très avantageux à l'ouvrier. Il y a seulement un petit inconvénient à cela, c'est que l'ouvrier, avant d'échanger son franc pour d'autres marchandises, a fait d'abord l'échange de son travail contre le capital. Si dans cet échange il recevait toujours pour le même travail le franc en question, et que le prix de toutes les autres marchandises tombait, il gagnerait toujours à ce marché. Le point difficile, ce n'est pas de prouver que le prix de toute marchandise baissant, j'aurai plus de marchandises pour le même argent.

Les économistes prennent toujours le prix du travail au moment où il s'échange contre d'autres marchandises, Mais ils laissent tout à fait de côté le moment où le travail opère son échange contre le capital.

Quand il faudra moins de frais pour mettre en mouvement la machine qui produit les marchandises, les choses nécessaires pour entretenir cette machine qui s'appelle travailleur, coûteront également moins cher. Si toutes les marchandises sont à meilleur marché, le travail, qui est aussi une marchandise, baissera également de prix, et, comme nous le verrons plus tard, ce travail marchandise baissera proportionnellement beaucoup plus que les autres marchandises. Le travailleur, comptant toujours sur l'argumentation des économistes, trouvera que le franc s'est fondu dans sa poche, et qu'il ne lui reste plus que cinq sous.

Là-dessus les économistes vous diront : eh bien, nous convenons que la concurrence parmi les ouvriers, qui certes n'aura pas diminué sous le régime du libre-échange, ne tardera pas à mettre les salaires en accord avec le bas prix des marchandises. Mais d'autre part le bas prix des marchandises augmentera la consommation; la plus grande consommation exigera une plus grande production, laquelle sera suivie d'une plus forte demande de bras, et à cette plus forte demande de bras succédera une hausse de salaires.

Toute cette argumentation revient à ceci : le libre-échange augmente les forces productives. Si l'industrie va croissant, si la richesse, si le pouvoir productif; si, en un mot, le capital productif augmente la demande du travail, le prix du travail, et, par conséquent, le salaire, augmente également. La meilleure condition pour l'ouvrier, c'est l'accroissement du capital. Et il faut en convenir. Si le capital reste stationnaire, l'industrie ne restera pas seulement stationnaire, mais elle déclinera, et, en ce cas, l'ouvrier en sera la première victime. Il périra avant le capitaliste. Et dans le cas où le capital va croissant, dans cet état de choses que nous avons dit le meilleur pour l'ouvrier, quel sera son sort ? Il périra également. L'accroissement du capital productif implique l'accumulation et la concentration des capitaux. La centralisation des capitaux amène une plus grande division du travail et une plus grande application des machines. La plus grande division du travail détruit la spécialité du travail, détruit la spécialité du travailleur et, en mettant à la place de cette spécialité un travail que tout le monde peut faire, elle augmente la concurrence entre les ouvriers.

Cette concurrence, devient d'autant plus forte, que la division du travail donne à l'ouvrier le moyen de faire à lui seul le travail de trois.

Les machines produisent le même résultat sur une beaucoup plus grande échelle. L'accroissement du capital productif, en forçant les capitalistes industriels à travailler avec des moyens toujours croissants, ruine les petits industriels et les jette dans le prolétariat. Puis, le taux de l'intérêt diminuant à mesure que les capitaux s'accumulent, les petits rentiers qui ne peuvent plus vivre de leurs rentes seront forcés de se lancer dans l'industrie pour aller augmenter ensuite le nombre des prolétaires.

Enfin, plus le capital productif augmente, plus il est forcé de produire pour un marché dont il ne connaît pas les besoins, plus la production précède la consommation, plus l'offre cherche à forcer la demande, et, en conséquence, les crises augmentent d'intensité et de rapidité. Mais toute crise, à son tour, accélère la centralisation des capitaux et grossit le prolétariat.

Ainsi, à mesure que le capital productif s'accroît, la concurrence entre les ouvriers s'accroît dans une proportion beaucoup plus forte. Le rétribution du travail diminue pour tous, et le fardeau du travail augmente pour quelques-uns.

En 1829, il y avait à Manchester, 1 088 fileurs occupée dans 36 fabriques. En 1841, il n'y en avait plus que 448, et ces ouvriers étaient occupés à 53.353 fuseaux de plus que les 1 088 ouvriers de 1829. Si le rapport du travail manuel avait augmenté proportionnellement au pouvoir productif, le nombre des ouvriers aurait dû atteindre le chiffre de 1848, de sorte que les améliorations apportées dans la mécanique ont enlevé le travail à 1 100 ouvriers.

Nous savons d'avance la réponse des économistes. Ces hommes privés d'ouvrage, disent-ils, trouveront un autre emploi de leurs bras. M. le docteur Bowring n'a pas manqué de reproduire cet argument au congrès des économistes, mais il n'a pas manqué non plus de se réfuter lui-même.

En 1833, M. le docteur Bowring prononçait un discours à la Chambre des communes, au sujet des 50 000 tisserands de Londres qui depuis très longtemps se meurent d'inanition, sans pouvoir trouver cette nouvelle occupation que les free-traders font entrevoir dans le lointain.

Nous allons donner les passages les plus saillants de ce discours de M. le docteur Bowring.

La misère des tisserands à la main, dit-il, est le sort inévitable de toute espèce de travail qui s'apprend facilement et qui est susceptible d'être à chaque instant remplacé par des moyens moins coûteux. Comme dans ce cas la concurrence entre les ouvriers est extrêmement grande, le moindre relâchement dans la demande amène une crise. Les tisserands à la main se trouvent en quelque sorte placés sur les limites de l'existence humaine. Un pas de plus et leur existence devient impossible. Le moindre choc suffit pour les lancer dans la carrière du dépérissement. Les progrès de la mécanique, en supprimant de plus en plus le travail manuel, amènent infailliblement pendant l'époque de la transition bien des souffrances temporelles. Le bien-être national ne saurait être acheté qu'au prix de quelques maux individuels. On n'avance en industrie qu'aux dépens des traînards; et de toutes les découvertes, le métier à vapeur est celle qui pèse avec le plus de poids sur les tisserands à la main. Déjà dans beaucoup d'articles qui se sont faits à la main, le tisserand a été mis hors de combat, mais il sera battu sur bien des choses qui se font encore à la main.
Je tiens, dit-il plus loin, entre mes mains une correspondance du gouverneur général avec la Compagnie des Indes orientales. Cette correspondance concerne les tisserands du district de Dacca. Le gouverneur dit dans ses lettres : il y a quelques années la Compagnie des Indes orientales recevait six à huit millions de pièces de coton, qui étaient fabriquées par les métiers du pays; la demande en tomba graduellement et fut réduite à un million de pièces environ.
Dans ce moment, elle a presque complètement cessé. De plus, en 1800, l'Amérique du Nord a tiré des Indes presque 800 000 pièces de coton. En 1830, elle n'en tirait même pas 4.000. Enfin, en 1800, on a embarqué, pour être transférées en Portugal, un million de pièces de coton. En 1830, le Portugal n'en recevait plus que 20 000.
Les rapports sur la détresse des tisserands indiens .sont terribles. Et quelle fut l'origine de cette détresse ?
La présence sur le marché des produite anglais; la production de l'article au moyen du métier à vapeur. Un très grand nombre de tisserands est mort d'inanition; le restant a passé à d'autres occupations et surtout aux travaux ruraux. Ne pas savoir changer d'occupation, c'était un arrêt de mort. Et en ce moment, le district de Dacca regorge des fils et des tissus anglais. La mousseline de Dacca, renommée dans tout le monde pour sa beauté et la fermeté de sa texture, est également éclipsée par la concurrence des machines anglaises. Dans toute l'histoire du commerce, on aurait peut-être de la peine à trouver des souffrances pareilles à celles qu'ont dû supporter de cette manière des classes entières dans les Indes orientales.

Le discours de M. le docteur Bowring est d'autant plus remarquable que les faits qui y sont cités sont exacts, et que les phrases dont il cherche à les pallier, portent tout à fait le caractère d'hypocrisie commun à tous les serinons libre-échangistes. Il représente les ouvriers comme des moyens de production qu'il faut remplacer par des moyens de production moins coûteux. Il fait semblant de voir dans le travail dont il parle, un travail tout à fait exceptionnel, et dans la machine qui a écrasé les tisserands, une machine également exceptionnelle. Il oublie qu'il n'y a pas de travail manuel qui ne soit susceptible de subir d'un jour à l'autre le sort du tissage.

Le but constant et la tendance de tout perfectionnement dans le mécanisme est, en effet, de se passer entièrement de l'homme ou d'en diminuer le prix en substituant l'industrie des femmes et des enfants à celle de l'ouvrier adulte ou le travail de l'ouvrier grossier a celui de l'habile artisan. Dans la plupart des filatures par métiers continus, en anglais throstlemills, la filature est entièrement exécutée par des filles de seize ans et au-dessous. La substitution de la mule-jenny automatique à la mule-jenny ordinaire a pour effet de congédier la plupart des fileurs et de garder des enfants et des adolescents.

Ces paroles du libre-échangiste le plus passionné, M. le docteur Ure, servent à compléter les confessions de M. Bowring. M. Bowring parle de quelques maux individuels, et dit, en même temps, que ces maux individuels font périr des classes entières; il parle des souffrances passagères dans le temps de transition, et en même temps qu'il en parle, il ne dissimule pas que ces souffrances passagères ont été pour la plupart le passage de la vie à la mort, et pour le restant le mouvement de transition dans une condition inférieure à celle dans laquelle ils étaient placés auparavant. S'il dit. plus loin, que les malheurs de ces ouvriers sont inséparables du progrès de l'industrie et nécessaires au bien-être national, il dit simplement que le bien-être de la classe bourgeoise a pour condition nécessaire le malheur de la classe laborieuse.

Toute la consolation que M. Bowring prodigue aux ouvriers qui périssent, et, en général, toute la doctrine de compensation que les free-traders établissent, revient à ceci :

Vous autres, milliers d'ouvriers qui périssez, ne vous désolez pas. Vous pouvez mourir en toute tranquillité. Votre classe ne périra pas. Elle sera toujours assez nombreuse pour que le capital puisse la décimer, sans avoir à craindre de l'anéantir. D'ailleurs, comment voulez-vous que le capital trouve un emploi utile, s'il n'avait pas soin de se ménager toujours la matière exploitable, les ouvriers, pour les exploiter de nouveau ?

Mais aussi, pourquoi poser encore comme problème à résoudre, l'influence que la réalisation du libre-échange exercera sur la situation de la classe ouvrière ? Toutes les lois que les économistes ont exposées, depuis Quesnay jusqu'à Ricardo, sont établies dans la supposition que les entraves qui enchaînent encore la liberté commerciale n'existent plus. Ces lois se confirment au fur et à mesure que le libre-échange se réalise.

La première de ces lois, c'est que la concurrence réduit le prix de toute marchandise au minimum de ses frais de production. Ainsi le minimum de salaire est le prix naturel du travail. Et qu'est-ce que le minimum du salaire ? C'est tout juste ce qu'il faut pour faire produire les objets indispensables à la sustentation de l'ouvrier, pour le mettre en état de se nourrir tant bien que mal et de propager tant soit peu sa race.

Ne croyons pas pour cela que l'ouvrier n'aura que ce minimum de salaire, ne croyons pas, non plus, qu'il aura ce minimum de salaire toujours.

Non, d'après cette loi, la classe ouvrière sera quelquefois plus heureuse. Elle aura parfois plus que le minimum; mais ce surplus ne sera que le supplément de ce qu'elle aura eu, moins que le minimum, dans le temps de stagnation industrielle. Cela veut dire que, dans un certain laps de temps qui est toujours périodique, dans ce cercle que fait l'industrie, en passant par les vicissitudes de prospérité, de surproduction, de stagnation, de crise, en comptant tout ce que la classe ouvrière aura eu de plus et de moins que le nécessaire, on verra qu'en somme elle n'aura eu ni plus ni moins que le minimum; c'est-à-dire la classe ouvrière se sera conservée comme classe après bien de malheurs, de misères et de cadavres laissés sur le champ de bataille industriel. Mais qu'importe ? La classe subsiste toujours et, mieux que cela, elle se sera accrue.

Ce n'est pas tout. Le progrès de l'industrie produit des moyens d'existence moins coûteux. C'est ainsi que l'eau-de-vie a remplacé la bière, que le coton a remplacé la laine et le lin, et que la pomme de terre a remplacé le pain.

Ainsi, comme on trouve toujours moyen d'alimenter le travail avec des choses moins chères et plus misérables, le minimum du salaire va toujours en diminuant. Si ce salaire a commencé à faire travailler l'homme pour vivre, il finit par faire vivre l'homme d'une vie de machine. Son existence n'a d'autre valeur que celle d'une simple force productive, et le capitaliste le traite en conséquence.

Cette loi du travail marchandise, du minimum du salaire, se vérifiera à mesure que la supposition des économistes, le libre-échange, sera devenue une vérité, une actualité. Ainsi, de deux choses l'une : ou il faut renier toute l'économie politique basée sur la supposition du libre-échange, ou bien il faut convenir que les ouvriers seront frappés de toute la rigueur des lois économiques sous ce libre-échange.

Pour nous résumer : dans l'état actuel de la société, qu'est-ce donc que le libre-échange ? C'est la liberté du capital. Quand vous aurez fait tomber les quelques entraves nationales qui enchaînent encore la marche du capital, vous n'aurez fait qu'en affranchir entièrement l'action. Tant que vous laissez subsister le rapport du travail salarié au capital, l'échange des marchandises entre elles aura beau se faire dans les conditions les plus favorables, il y aura toujours une classe qui exploitera, et une classe qui sera exploitée. On a véritablement de la peine à comprendre la prétention des libre-échangistes, qui s'imaginent que l'emploi plus avantageux du capital fera disparaître l'antagonisme entre les capitalistes industriels et les travailleurs salariés. Tout au contraire, tout ce qui en résultera, c'est que l'opposition de ces deux classes se dessinera plus nettement encore.

Admettez un instant qu'il n'y ait plus de lois céréales, plus de douane, plus d'octroi, enfin que toutes les circonstances accidentelles, auxquelles l'ouvrier peut encore s'en prendre, comme étant les causes de sa situation misérable, aient entièrement disparu, et vous aurez déchiré autant de voiles qui dérobaient à ses yeux son véritable ennemi.

Il verra que le capital devenu libre ne le rend pas moins esclave que le capital vexé par les douanes.

Messieurs, ne vous en laissez pas imposer [2] par le mot abstrait de liberté. Liberté de qui ? Ce n'est pas la liberté d'un simple individu, en présence d'un autre individu. C'est la liberté qu'a le capital d'écraser le travailleur.

Comment voulez-vous encore sanctionner la libre concurrence par cette idée de liberté quand cette liberté n'est que le produit d'un état de choses basé sur la libre concurrence ?

Nous avons fait voir ce que c'est que la fraternité que le libre-échange fait naître entre les différentes classes d'une seule et même nation. La fraternité que le libre-échange établirait entre les différentes nations de la terre ne serait guère plus fraternelle. Désigner par le nom de fraternité universelle l'exploitation à son état cosmopolite, c'est une idée qui ne pouvait prendre origine que dans le sein de la bourgeoisie. Tous les phénomènes destructeurs que la libre concurrence fait naître dans l'intérieur d'un pays se reproduisent dans des proportions plus gigantesques sur le marché de l'univers. Nous n'avons pas besoin de nous arrêter plus longuement aux sophismes que débitent à ce sujet les libre-échangistes, et qui valent bien les arguments de nos trois lauréats, MM. Hope, Morse et Greg.

On nous dit, par exemple, que le libre-échange ferait naître une division du travail internationale qui assignerait à chaque pays une production en harmonie avec ses avantages naturels.

Vous pensez peut-être, Messieurs, que la production du café et du sucre, c'est la destinée naturelle des Indes occidentales.

Deux siècles auparavant, la nature, qui ne se mêle guère du commerce, n'y avait mis ni café, ni canne à sucre.

Et il ne se passera peut-être pas un demi-siècle que vous n'y trouverez plus ni café ni sucre, car les Indes orientales, par la production à meilleur marché, ont déjà victorieusement combattu cette prétendue destinée naturelle des Indes occidentales. Et ces Indes occidentales avec leurs dons naturels sont déjà pour les Anglais un fardeau aussi lourd que les tisserands de Dacca, qui, eux aussi, étaient destinés depuis l'origine des temps à tisser à la main.

Une chose encore qu'il ne faut jamais perdre de vue, c'est que, de même que tout est devenu monopole, il y a aussi de nos jours quelques branches industrielles qui dominent toutes les autres et qui assurent aux peuples qui les exploitent le plus, l'empire sur le marché de l'univers. C'est ainsi que dans le commerce international le coton à lui seul a une plus grande valeur commerciale que toutes les autres matières premières employées pour la fabrication des vêtements, prises ensemble. Et il est véritablement risible de voir les libre-échangistes faire ressortir les quelques spécialités dans chaque branche industrielle pour les mettre en balance avec les produits de commun usage, qui se produisent à meilleur marché dans les pays où l'industrie est le plus développée.

Si les libre-échangistes ne peuvent pas comprendre comment un pays peut s’enrichir aux dépens de l'autre, nous ne devons pas en être étonnés, puisque ces mêmes messieurs ne veulent pas non plus comprendre comment, dans l'intérieur d'un pays, une classe peut s'enrichir aux dépens d'une autre classe.

Ne croyez pas, messieurs, qu'en faisant la critique de la liberté commerciale nous ayons l'intention de défendre le système protectionniste.

On se dit ennemi du régime constitutionnel, on ne se dit pas pour cela ami de l'ancien régime.

D'ailleurs, le système protectionniste n'est qu'un moyen d'établir chez un peuple la grande industrie, c'est-à-dire de le faire dépendre du marché de l'univers, et du moment qu'on dépend du marché de l'univers on dépend déjà plus ou moins du libre-échange. Outre cela, le système protecteur contribue à développer la libre concurrence dans l'intérieur d'un pays. C'est pourquoi nous voyons que dans les pays où la bourgeoisie commence à se faire valoir comme classe, en Allemagne, par exemple, elle fait de grands efforts pour avoir des droite protecteurs. Ce sont pour elle des armes contre la féodalité et contre le gouvernement absolu, c'est pour elle un moyen de concentrer ses forces, de réaliser le libre-échange dans l'intérieur du même pays.

Mais en général, de nos jours, le système protecteur est conservateur, tandis que le système du libre-échange est destructeur. Il dissout les anciennes nationalités et pousse à l'extrême l'antagonisme entre la bourgeoisie et le prolétariat. En un mot, le système de la liberté commerciale hâte la révolution sociale. C'est seulement dans ce sens révolutionnaire, Messieurs, que je vote en faveur du libre-échange.


Notes

[1] Ici, comme dans la suite de ce texte. Marx désigne par “ lois céréales ” les “ lois sur les céréales ”. (N.R.)

[2] Marx avait écrit : “ ... ne vous laissez pas en imposer ” (N. R.)

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PRIMES DE RENTREE SCOLAIRE

Publié le 19 Août 2011 par aragon 43 dans politique

divers_005.gifPRIME DE RENTREE SCOLAIRE ET LE DEPUTE UMP COURTIAL

Plus de 2,8 millions de familles vont recevoir dès ce vendredi sur leur compte bancaire ou postal l'Allocation de rentrée scolaire (Ars). Cette prestation, versée par les caisses d'allocations familiale, est modulée en fonction de l'âge de l'enfant. Elle est en hausse de 1,5% cette année pour suivre le coût de la vie. Près de 4,6 millions d'enfants vont en bénéficier. Cette aide est distribuée sous conditions de ressources aux familles aux revenus modestes qui ont des enfants scolarisés de 6 à 18 ans (nés entre le 16 septembre 1993 et le 31 janvier 2006 inclus.

Cette prime sera la bienvenue dans les foyers, notamment les plus modestes. Des annonces indiquent que les grandes surfaces ont augmenté sérieusement les prix et des chiffres sont avancés autour de plus de 7 % et d'autres indiquent, qu'avec les vêtements, la note est encore plus salée et les 1,5 % de Bachelot ne font certainement pas le compte.

Voilà une question, les fournitures scolaires, qui devraient faire partie du programme des partis de gauche et singulièrement du Front de Gauche.

Les fournitures scolaires (livres, cahiers, stylos, cahiers de textes, classeurs etc., devraient être gratuites et payées par l'Etat dans le cadre d'une éducation nationale totalement gratuite de la maternelle jusqu'à la fin des études.

Cette année, nous n'avons pas entendu l'habituel pourfendeur de la prime de rentrée scolaire, le dénommé Courtial, député UMP de ma circonscription.

L'an dernier, nous eûmes droit, dans les médias, à de multiples interventions de sa part pour remettre en cause cette prime en considérant que les parents en profitaient pour acheter des téléviseurs, des ordinateurs et je ne sais quoi avec cette argent.

Il faut bien voir que peut-être le député de l'UMP a dû subir la colère des parents d'élèves de sa circonscription où le nombre de pauvres, de chômeurs, sous le règne de Sarkozy ne cesse de grandir.

Ces parents, au moment de la rentrée, on les voit dans les grandes surfaces entrain de chercher les fournitures les moins chères et l'on devinent les difficultés qu'ils éprouvent pour trouver des fournitures à des prix qui permettent de ne pas se mettre dans le rouge concernant le budget familial.

De cela, le Sire Courtial n'a que faire. Mais en 2012, il y a les législatives, il est le député sortant, et son bilan n'est guère brillant tant par toutes les lois antisociales qu'il a voté avec ses amis de l'UMP que par la situation de sa circonscription où il a joué les abonnés absents lorsqu'il à fallu défendre les travailleurs licenciés des entreprises. Et près de chez lui, à Montataire, où nombre d'électeurs de la circonscription travaillent, nous ne l'avons guère vu porter l'action pour s'opposer aux licenciements tels ceux de chez Goos ou de Still- Saxby.

Le pourfendeur n'est que volubile que quand il s'agit des prolos mais muet comme une carpe quand ses amis du capital font de juteuses opérations financières contribuant ainsi à la dette de la France.

Il est aussi le promoteur avec son ami Woerth de la remise en cause de la retraite à 60 ans.

Nul doute que beaucoup de gens qui avaient été abusé par la faconde rondouillarde et jeuniste de ce personnage sauront s'en souvenir en 2012.

Bernard LAMIRAND

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COMMUNIQUE DE L'INTERSYNDICALE CFDT,CGT,FSU,SOLIDAIRES,UNSA

Publié le 18 Août 2011 par aragon 43 dans syndicalisme

Intersyndicale du 18 août

Communiqué de l’intersyndicale CFDT, CGT, FSU, SOLIDAIRES, UNSA

A la crise économique et sociale de 2008 aux effets durables, s’ajoute la crise des dettes publiques de la zone Euro. Celle-ci et la nature des réponses politiques apportées par l’Union et les états membres menacent en permanence la stabilité de la monnaie commune et l’avenir de l’Union Européenne. Les conséquences sont lourdes pour les salariés.

Face à l’atonie de la croissance et à l’aggravation de la crise des dettes de la zone Euro, le gouvernement a prévu d’annoncer le 24 août des « mesures destinées à réduire le déficit de la France ».

La situation nationale est préoccupante. Les politiques menées et le faible niveau de croissance ne réduisent pas le chômage et mettent en cause la cohésion sociale et la solidarité :

• Le chômage reste très élevé, bien au-dessus de ce qu’il était avant 2008. Le chômage de longue durée s’est accru. La précarité s’est accentuée comme en témoigne la forte proportion d’embauche en CDD de très courte durée.

• La situation des moins de 25 ans sur le marché du travail s’est particulièrement dégradée.

• La politique fiscale est inéquitable et épargne les plus hauts revenus. Les revenus du travail sont plus mis à contribution que les autres revenus. Les suppressions d’emplois aveugles dans les fonctions publiques mettent en péril la qualité du service rendu. Les réformes sociales, telle celles des retraites, font porter l’essentiel des efforts sur les salariés et accentuent les inégalités.

Pour l’intersyndicale, des réponses nouvelles priorisant l’emploi, la cohésion sociale (protection sociale, services publics,…), la réduction des inégalités (une autre répartition des richesses, le pouvoir d’achat, une autre fiscalité), la maîtrise des déficits publics sont urgentes.

L’intersyndicale, réunie ce jour, demande la tenue d’une véritable concertation sociale avec le gouvernement et le patronat pour examiner les mesures à prendre pour soutenir la croissance, soutenir l’emploi et réduire la dette tout en garantissant la cohésion sociale.

D’ores et déjà, l’intersyndicale estime indispensable l’intervention des salariés. Elle se réunira le 24 août au soir pour envisager les suites à donner. Celles-ci viseront à débattre avec les salariés des solutions à apporter et à organiser avec eux l’action pour faire pression sur le gouvernement et le patronat.

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