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ARAGON43

Mon site relate les événements syndicaux, sociaux, politiques, culturels et environnementaux .

HUGO CONTRE LE PARTI CLERICAL (AUJOURD'HUI SARKOZY CHANOINE DE LATRAN))

Publié le 31 Mars 2011 par aragon 43

Discours du 14 janvier 1850 lors de la discussion de la loi Falloux.
VICTOR HUGO (1802-1885)

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Je ne veux pas de la loi qu’on vous apporte.

Pourquoi ? Messieurs cette loi est une arme. Une arme n’est rien par elle-même, elle n’existe que par la main qui la saisit.

Or, quelle est la main qui se saisira de cette loi ? Là est toute la question.

Messieurs, c’est la main du parti clérical !

Je redoute cette main, je veux briser cette arme, je repousse ce projet.

Cela dit, j’entre dans la discussion.

Je m’adresse au parti qui a, sinon, rédigé, du moins inspiré le projet de loi, à ce parti à la fois éteint et ardent, au parti clérical. Je ne sais pas s’il est dans l’assemblée, mais je le sens un peu partout. Il a l’oreille fine il m’entendra. Je m’adresse donc au parti clérical, et je lui dis cette loi est votre loi.

Tenez, franchement, je me défie de vous. Instruire, c’est construire. Je me défie de ce que vous construisez.

Je ne veux pas vous confier l’enseignement de la jeunesse, J’âme des enfants, le développement des intelligences neuves qui s’ouvrent à la vie, l’esprit des générations nouvelles, c’est-à-dire l’avenir de la France, parce que vous le confier, ce serait vous le livrer.

Il ne me suffit pas que les générations nouvelles nous succèdent, (mais) qu’elles nous continuent. Voilà pourquoi je ne veux ni de votre main, ni de votre souffle sur elles. Je ne veux pas que ce qui a été fait par nos pères soit défait par vous. Après cette gloire, je ne veux pas de cette honte.

Votre loi est une loi qui a un masque. Elle dit une chose et elle en ferait une autre. C’est une pensée d’asservissement, qui prend les allures de la liberté. C’est une confiscation intitulée donation. Je n’en veux pas.

Je repousse votre loi. Je la repousse parce qu’elle confisque l’enseignement primaire, parce qu’elle dégrade l’enseignement secondaire, parce qu’elle abaisse le niveau de la science, parce qu’elle diminue mon pays.

Je la repousse parce que je suis de ceux qui ont un serrement de cour et la rougeur au front toutes les fois que la France subit, pour une cause quelconque une diminution de territoire, ou une diminution de grandeur intellectuelle, comme par votre loi !

Avant de terminer, permettez-moi d’adresser, du haut de la tribune, au parti clérical, au parti qui nous envahit, un conseil sérieux.

Ce n’est pas l’habileté qui lui manque. Quand les circonstances l’aident, il est fort, très fort, trop fort ! Il sait l’art de maintenir une nation dans un état mixte et lamentable, qui n’est pas la mort, mais qui n’est plus la vie. Il appelle cela gouverner. C’est le gouvernement par la léthargie.

Mais qu’il y prenne garde, rien de pareil ne convient à la France. C’est un jeu redoutable que de lui laisser entrevoir ? seulement entrevoir ? à cette France, l’idéal que voici la sacristie souveraine, la liberté trahie, l’intelligence vaincue et liée, les livres déchirés, le prône remplaçant la presse, la nuit faite dans les esprits par l’ombre des soutanes, et les génies matés par les bedeaux.

C’est vrai, le parti clérical est habile ; mais cela ne l’empêche pas d’être naïf. Quoi ! il redoute le socialisme ! Quoi ! il voit monter le flot, à ce qu’il ?dit, et il oppose à ce flot qui monte je ne sais quel obstacle à claire-voie. Il s’imagine que la société sera sauvée parce qu’il aura combiné, pour la défendre, les hypocrisies sociales avec les résistances matérielles et qu’il aura mis un jésuite partout où il n’y a pas de gendarme !

Qu’il y prenne garde, le XIXè siècle lui est contraire. Qu’il ne s’obstine pas, qu’il renonce à maîtriser cette grande époque pleine d’instincts profonds et nouveaux, sinon il ne réussira qu’à la courroucer, il développera imprudemment le côté redoutable de notre temps, et il fera surgir, des éventualités terribles.

Oui, avec le système qui fait sortir, l’éducation de la sacristie et le gouvernement du confessionnal. Que le parti clérical le sache, partout où il sera, il engendrera des révolutions ; partout, pour éviter Torquemada, on se jettera dans Robespierre. Voilà ce qui fait du parti qui s’intitule le parti catholique un sérieux danger publie. Et ceux qui, comme moi, redoutent également le bouleversement anarchique et l’assoupissement sacerdotal, jettent le cri d’alarme. Pendant qu’il est encore temps qu’on y songe bien !

Oui, l’Italie est, de tous les Etats de l’Europe, celui où il y a le moins de natifs sachant lire ! L’Espagne, magnifiquement dotée, a perdu, grâce à votre joug, qui est un joug de dégradation et d’amoindrissement, ce secret ide la puissance qu’elle tenait de Dieu, et en échange de tout ce que vous lui avez fait perdre, elle a reçu de vous l’Inquisition.

C’est votre habitude. Quand vous forgez une chaîne, vous dites : Voici une liberté ! Quand vous faites une proscription, vous criez : Voilà une amnistie

Ah ! je ne vous confonds pas avec l’Eglise, pas plus que je ne confonds le gui avec le chêne. Vous êtes les parasites de l’Eglise ; vous êtes la maladie de l’Eglise. Ignace est l’ennemi de Jésus. Vous êtes non les croyants, mais les sectaires d’une religion que vous ne comprenez pas, les metteurs en scène de la sainteté. Ne mêlez pas l’Eglise à vos affaires, à vos combinaisons, à vos stratégies, à vos doctrines, ?à vos ambitions.

Surtout ne l’identifiez pas avec vous. Voyez le tort que vous lui faites.

Vous vous faites si peu aimer que vous finiriez par la faire haïr !

Ah ! nous vous connaissons ! nous connaissons le parti clérical. C’est un vieux parti qui a des états de service. C’est lui qui monte la garde à la porte de l’orthodoxie. C’est lui qui a trouvé pour la vérité ces deux étais merveilleux, l’ignorance et l’erreur. C’est lui qui a fait défense à la science et au génie d’aller au-delà du missel et qui veut cloîtrer la pensée dans le dogme. Tous les pas qu’a faits l’intelligence de l’Europe, elle les a faits malgré lui. Son histoire est écrite dans l’histoire du progrès humain, mais elle est écrite au verso. Il s’est opposé à tout.

C’est lui qui a fait battre de verges Prinelli pour avoir dit que les étoiles ne tomberaient pas ; appliqué à Campanella vingt-sept fois la question pour avoir affirmé que le nombre des mondes était infini et entrevu le secret de la création ; persécuté Harvey pour avoir prouvé que le sang circulait. De par Josué, il a enfermé Galilée, de par saint Paul, il a emprisonné Christophe Colomb. Découvrir la loi du ciel, c’était une impiété ; trouver un monde, c’était une hérésie. C’est lui qui a anathématisé Pascal au nom de la religion, Montaigne au nom de la morale, Molière au nom de la morale et de la religion. Oh ! oui, certes, qui que vous soyez, qui vous appelez le Parti catholique, et qui êtes le parti clérical, nous vous connaissons ! Voilà longtemps déjà que la conscience humaine se révolte contre vous et vous demande : qu’est ?ce que vous me voulez ? Voilà longtemps ?déjà que vous essayez de mettre un bâillon à l’esprit humain.

Et vous voulez être les maîtres de l’enseignement ! Et il n’y a pas un poète, pas un écrivain, pas un philosophe, pas un penseur, que vous acceptiez ! Et tout ce qui a été écrit, trouvé, rêvé, déduit, illuminé, imaginé, inventé, par les génies, le trésor de la civilisation, l’héritage séculaire des générations, le patrimoine commun des intelligences, vous le rejetez. Si le cerveau de l’humanité était là devant vos yeux, à votre discrétion, ouvert comme la page d’un livre, vous y feriez des ratures !

Et vous réclamez la liberté d’enseigner ! Tenez soyons sincères, entendons-nous sur la liberté que vous réclamez, c’est la liberté de ne pas enseigner.

Ah ! Vous voulez qu’on vous donne des peuples à instruire ! Fort bien ! Voyons vos élèves ! Voyons vos produits. Qu’est-ce que ?vous avez fait de l’Italie ? de l’Espagne ? Depuis des siècles, vous tenez dans vos mains, à votre discrétion, à votre école, sous votre férule, ces deux grandes nations, illustres parmi les plus illustres ; qu’en avez-vous fait ? Grâce à vous l’Italie, cette mère des génies et des nations, qui a répandu sur l’univers toutes les plus éblouissantes merveilles de la poésie et des arts, l’Italie qui a appris à lire au genre humain, l’Italie aujourd’hui ne sait pas lire !

Ce qui vous importune, c’est cette énorme quantité de lumière aujourd’hui plus éclatante que jamais, lumière qui fait de la nation française la nation éclairante, de telle sorte qu’on aperçoit la clarté ?de la France sur la face de tous les peuples de l’univers. Eh bien, cette clarté de la France, cette lumière libre, cette lumière qui ne vient pas ?de Rome, voilà ce que vous voulez éteindre, voilà ce que nous voulons conserver ! Tenez, vous venez de Rome ; je vous en fais compliment. Vous avez eu là-bas un beau succès. Vous venez de bâillonner le peuple romain, maintenant vous voulez bâillonner le peuple français. Je comprends, cela est encore plus beau, cela tente. Seulement prenez garde ! c’est malaisé. Celui-ci est un lion tout à fait vivant.

A qui en voulez-vous donc ? Je vais vous le dire. Vous en voulez à la raison humaine. Pourquoi ? Parce qu’elle fait le jour.


 

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LES CANTONALES

Publié le 28 Mars 2011 par aragon 43 dans communisme

arton335-7c5d3.gifLES CANTONALES

D'abord une chose qui m'a fait très plaisir: dans le département de la Seine Saint-Denis, les communistes dans le cadre d'un rassemblement Front de Gauche ont entamé une reconquête en regagnant des cantons comme celui d'Aubervilliers et celui de Montreuil avec un métallo que je connais bien Belaide BEDREDDINE.

Bartolone et Voynet ont reçu un camouflet, eux qui pensait depuis un bon bout de temps qu'il pouvait plumer la volaille communiste impunément.

De même dans le Val de Marne où le parti communiste enregistre une progression et réduit à néant les velléités de mainmise socialiste et vert sur le conseil général.

Globalement les résultats du Front de Gauche sont bons et les communistes enregistrent un gain en sièges sur l'ensemble du territoire.

Cela c'est pour le bon coté des choses.

Je serais plus nuancé sur la Picardie où les résultats méritent d'être regardés de plus près et notamment avec un PS social-libéral plus dominateur que jamais.

Pour le canton où je suis habitant, Creil- Nord -Nogent sur Oise, notre candidate Yvette Cesbron qui s'est beaucoup dépensée avec son suppléant Karim Boukhachba, n'a pas atteint les 5 %. Là aussi, il faudra analyser attentivement ce résultat à partir de chaque bureau de vote. Dans mon quartier, très ouvrier, avec une population qui vit particulièrement la crise dans les cités HLM le chômage dépasse largement les 40 % et affecte particulièrement les jeunes, il est certain que la désespérance est manifeste et plus de 65 % des électeurs de ce quartier ne se sont pas présentés dans les bureaux de vote.

Et ceux qui sont allés votés, particulièrement les personnes âgés, ont voté soit pour le parti socialiste ou pour le Front national qui a progressé au point que sur Nogent sur Oise il remplace la droite qui a tenu la commune jusque 2008 et une collusion avec celle-ci s'est opérée au second tour.

Mais la grande question de ces élections cantonales c'est l'abstention.

Elle est massive sur l'ensemble du territoire national.

Ce n'est plus un vote "avec les pieds" mais bien une posture politique devant la non réponse de la gauche à la situation faite aux salariés et à tous les gens modestes qui souffrent de la crise et ne trouvent pas de réponse ni d'alternative à travers la gauche actuelle.

Dans ces abstentions il y a des électeurs potentiels communistes.

Si l'on veut que ce déficit en vote communiste se résorbe, il va falloir y  mettre le paquet et cela passe par un projet clairement identifié du Front de Gauche -dont je rappelle qu'il n'est pas un parti mais un rassemblement des progressistes; en tous les cas c'est ma définition - et surtout d'un travail de terrain pour aller à la rencontre de tous ces gens qui sont à gauche, qui pensent pour un certain nombre d'entre eux communistes, mais qui ont besoin de trouver dans le Front de gauche tel qu'il est constitué des raisons d'espérer et surtout des propositions qui changent de suite ce réel qu'ils supportent de plus en plus mal.

Quand au vote Front National, il y a certainement des travailleurs qui se font abusés par la démagogie de "la Le Pen";  il faudra discuter avec ces personnes qui manifestement compulsent dans cette crise des fausses réponses à de vrais problèmes tel le chômage, en montrant du doigt les immigrés, les arabes, les noirs, les sans papiers, qui prendraient leur travail ( vieille recette bourgeoise de division des travailleurs entre eux pour dédouaner le patronat).

De même cette idée que le FHAINE laisse trainer avec le concours de l'UMP: "on est plus chez nous". Il y a toutes les raisons de s'opposer à cela, bien sûr par rapport à nos valeurs humaines telles l'antisémitisme et l'antiracisme par exemple, mais plus largement sur le fait que toutes ces populations qui vivent de plus en plus ensemble constituent une richesse de par leurs diversités et sont un levain pour le dépassement de ces théories haineuses, nationalistes et xénophobes y compris de ces thèses populistes qui refont surface, dignes de celles d'avant guerre, et qui ont conduit à l'irréparable dans cette Europe où le nazisme a pu faire son lit.

Ces voix qui vont à "la Le Pen", il va falloir les dessoucher une à une, comme le chiendent qui se ramifie et étouffe les plantations, ici le jardin politique.

Donc un gros travail à faire, rien n'est acquis, la droite et l'extrême droite sont là, prêts à unir leurs forces réactionnaires et tout dépend de notre travail communiste pour qu'une vraie alternative se dessine et que ces millions de français des classes populaires qui se sont abstenus sortent de leur réserve.

Mais cela dépend de nous tous de faire bouger les choses.

L'idée communiste est donc indispensable à la réalisation d'un projet de gauche qui ne soit pas celui d'une énième gauche plurielle, d'une énième adaptation à la crise, d'une énième main-mise socialiste, d'un simple accompagnement de la crise avec Strauss-Kahn.

Il faudra viser haut et particulièrement le capital.

Voilà l'enjeu si on veut que les masses populaires, comme disait Marchais, relèvent la tête et nous croient.

 

Bernard LAMIRAND

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DEPENDANCE ET AUTONOMIE

Publié le 26 Mars 2011 par aragon 43

UN ARTICLE DE PAUL CESBRON QUI INVITE A REFLECHIR SUR CES MOTS AUTONOMIE ET DEPENDANCE

 

PEUT ETRE CELA SERA L'OBJET D'UN PROCHAIN DEBAT DE NOTRE ASSOCIATION BERNARD DE LA SALA DONT JE RAPPELLE LA PREMIERE RENCONTRE LE 31 MARS CONCERNANT LES IDEES COMMUNISTES AVEC ARNAUD SPIRE PHILOSOPHE

 

DEPENDANCE ET AUTONOMIE

 

Il n’est pas simplement admis que dépendance et autonomie soient intimement liées. Ni même que ces deux caractéristiques soient fondatrices de la vie sous toutes ses formes, des plus simples aux plus complexes et singulièrement de celles des humains.

 

                                         Un irrépressible besoin des autres. 

 

Pourtant nous savons depuis les travaux de Charles DARWIN et en particulier de son ouvrage : « La descendance de l’homme », (1871, The Descent of Man), combien les « instincts sociaux » obtenus par la sélection naturelle aboutissent paradoxalement à ce que cette loi, s’appliquant à elle-même, renverse sa propre logique d’élimination des plus faibles. En effet, l’importance vitale des liens sociaux nécessaires à la survie des espèces atteint chez les humains un degré d’attachement tel qu’il bénéficie à ceux qui ont le plus besoin des autres, c’est-à-dire les plus faibles. A commencer par le nouveau-né qui nous donne ce goût de l’altérité. Il ne peut se passer de nous. Nous ne pouvons nous passer de lui : il sauve le monde de la disparition, de la destruction, comme nous le dit Hannah ARRENDT (1958, La condition de l’homme moderne ).

 

Cet enfant qui vient de naître ne peut vivre sans l’extrême attention de ses proches. Et sa vie aura les meilleures chances de réussite pour lui et pour les autres si elle a bénéficié de la plus grande estime, des meilleurs soins, de cette affection qui donne goût à l’échange, au don et contre-don, en un mot à la seule vie qui vaille pour tous les humains : celle qui transforme la vie.

 

S’il s’agit bien de le nourrir, de le vêtir, d’assurer tous ses besoins, tout cela n’est possible, ou plutôt bien accompli qu’en raison des liens réciproques, asymétriques certes, multiformes, mais indissolubles, qui nous attachent à lui. Au temps partagé, cette partie de vie donnée, se mêlent nos mimiques, nos caresses et surtout nos paroles et la mélodie de leur agencement inventée pour son bonheur ou plus simplement son apprentissage, la transmission de nos savoirs. Nous lui donnons parce qu’il nous offre sa présence, transformatrice de nous-mêmes et de notre monde. Nous dépendons de lui parce qu’il dépend de nous.

 

                           Cette dépendance qui nous libère.

 

Et, « miracle » de cette interdépendance, elle permet, si l’attention et l’échange ont été «suffisamment bons », l’émergence de l’autonomie. Et cette émergence progressive de ce que l’on nomme habituellement « liberté » est également réciproque. Rendre possible l’émancipation c’est aussi assurer la sienne. S’y opposer, c’est réduire sa propre liberté.

 

Il n’est cependant pas rare que les contradictions sociales, exploitations, injustices, misères de toutes sortes, guerres…, malmènent la qualité de ces liens et rendent chaotiques et précaires la maturation de l’autonomie.

 

Curieusement, malgré cette expérience permanente de l’interdépendance et de l’autonomie, nous persistons à vouloir dissocier ces deux caractéristiques de nos vies. Ou plutôt nous cultivons l’illusion d’une autonomie totale, ce bien, supérieur à tous, identifié à la liberté et rejetons la dépendance du côté de la réduction de l’être, disons de la mise sous tutelle. Or au-delà de l’enfance, la vie des individus humains n’est possible que dans la poursuite de liens sociaux, constamment renouvelés, négociés, y compris imposés par les nécessités historiques, sociales, sanitaires ou affectives. D’ailleurs cet impératif est si prégnant que l’isolement absolu est mortel et qu’il nous est nécessaire de créer des liens appelés spirituels, de toutes sortes, nous permettant ou non d’y échapper. Chaque personne, si elle est bien « individu » unique, absolument singulier, ne l’est en définitif que dans son rapport à l’autre qui le révèle, que dans cette interdépendance qui le singularise.

 

                                    Prodiges de l’altérité.

 

Ainsi en est-il de ce que nous nommons le handicap. Etrange et significatif destin d’un mot (« hand in cap ») dont l’inversion du sens : le prix à payer d’une supériorité dans le but d’égaliser les participants à une épreuve, aboutit à désigner le « manque », le déficit neurosensoriel, moteur ou « mental », à une « infériorité ». Et cette apparente échelle de qualité est antagonique de ce que depuis le XVIIIème siècle nous avons réussi à énoncer intelligiblement : l’absolue égalité en dignité et en droit de tous les humains, de chaque individu. Nous n’en sommes pas là, loin s’en faut. Mais il nous revient en raison même de notre dignité, « de lutter sans repos » pour y tendre. D’ailleurs, la vie de chacun de nous lui apprend qu’il est « handicapé », qu’il n’est en possession que de certaines qualités, pas de toutes, que ses « supériorités » se paient (handicap) d’un lot d’infériorités, que l’apparente supériorité attachée à la possession de biens, de savoir, de force physique ou de dextérité reste précaire, aléatoire, et quoiqu’il en soit, liée à notre interdépendance.

 

Si nous dissimulons tous, tant bien que mal, de vrais handicaps qu’il nous parait préférable de cacher, tant qu’il est possible, et faisons état avec satisfaction de nos aptitudes, nous n’en découvrons pas moins chaque jour que le « handicap » de l’autre génère des qualités masquées jusqu’alors par « l’inquiétante étrangeté » du « manque » ou de la différence. Cette perception réductrice et malveillante de l’autre, n’est d’ailleurs pas seulement consécutive à l’oppressante tendance sociale à la normativité ( l’ordre, l’hygiénisme, la classification hiérarchique), mais plus profondément aux mouvements identifiants et contradictoires , qui nous rapprochent de l’autre.

 

Malvoyants, malentendants, paraplégiques, malades de toutes sortes que nous sommes ou que nous avons été, vieillards « dépendants » que nous sommes ou que nous serons, apprennent aux « bienvoyants » l’attention, l’écoute, aux « entendants », la saveur communicative et jubilatoire des mimiques et des gestes, aux « bienmarchants », « continents », « jeunes », « intelligents », l’infinie richesse de la parole, des caresses, de l’entraide, en un mot de l’interdépendance qui nous fait personne humaine, libre dans la fécondité même de celle-ci.

 

                                 De la dignité de la personne.

 

Et c’est ce rapport à l’autre qui nous permet de quitter la vie, « de vieillir et mourir dans la dignité ». Sans ce lien qui donne sens à chaque instant de la vie, cette dernière étape nous plongerait dans l’absurde, l’insupportable, la destruction. Cette vivante, permanente, salutaire interdépendance est le plus précieux de nos biens, le plus libérateur, jusqu’à nous libérer d’une vie devenue trop pesante. Et cette chaîne sans fin des humains dépasse et poursuit l’existence de chaque individu en l’inscrivant dans l’histoire humaine. Ce n’est plus  Sisyphe dans sa tragique solitude. Il ne s’agit pas de gravir sans fin un sommet inatteignable par le poids surhumain d’un fardeau « terrestre » nous rabaissant sans cesse, c’est l’histoire sans fin de la découverte de l’autre et du nécessaire plaisir, appelé bonheur, de s’unir, soutenir, écouter, partager pour mieux vivre.

 

Ainsi le débat sur la dépendance, qui traverse nos vieilles sociétés toujours profondément marquées par mille formes d’oppression, ne peut échapper à la critique justement portée à l’encontre d’une organisation sociale fondée sur l’exploitation de la production des richesses.

 

De telles fondations dévoient toute forme de lien, isolent l’individu et recréent, contre ses objectifs émancipateurs premiers, les conditions premières de la sélection naturelle abusivement désignée par les initiateurs de ce courant de pensée désastreux : darwinisme social.

 

Il nous faut donc lutter pour redonner leurs sens aux mots et rehausser au niveau de la dignité humaine ce couple fondateur qui lie indissolublement dépendance et autonomie.

 

Le 20 mars 2011

Paul CESBRON

 

 

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RETRAITES EXIGEONS TOUT DE SUITE LES AUGMENTATIONS INDISPENSABLES FACE A LA VIE CHERE ET AUX ACTIONNAIRES QUI PIQUENT NOTRE POGNON

Publié le 25 Mars 2011 par aragon 43 dans syndicalisme

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RETRAITES A QUAND LES REVALORISATIONS ?

Nous sommes presque arrivé au mois d'avril et aucune annonce de revalorisation des retraites tant du régime général que des complémentaires n'a été faite pour le 1er avril 2011.

C'est proprement scandaleux.

Une information parue dans l'humanité de ce vendredi nous indique que pour les complémentaires ARCO et AGIRC il faudra attendre les éventuelles signatures du projet présenté par le MEDEF aux organisations syndicales et qui stipule en particulier l'alignement de droits à la retraite complémentaires selon la loi amenant le régime général à 62 ans et 67 ans à taux plein.

En d'autres termes, il faudrait signer selon la loi sarkozienne et accepter que les droits à la complémentaire correspondent au régime général. Et pour corser le tout - manœuvres de chantage-les revalorisations ne seront opérées qu'en fonction d'un nombre de signatures satisfaisant d'où l'idée de reporter les revalorisations à plus tard.

On sait qu'actuellement seule la CFDT serait prête à signer mais à condition de ne pas être seule.

La  CGT refuse carrément ce marché de dupe.

Il est plus qu'urgent que les retraités se mobilisent et réclame leur dû.

Que cesse cette érosion continue du niveau des retraites  et que soit rétabli de véritables critères pour revaloriser les retraites tant du régime général que des complémentaires notamment en revenant à un calcul selon l'évolution des salaires et en retraites complémentaires en mettant fin au système en cours depuis des années et qui ratiboisent les retraités et futurs retraités en matière de retraite et de droits futurs pour les actifs.

Il faut exiger de suite que des négociations s'engagent immédiatement pour que les retraites soient revalorisées au 1er avril 2011 avec un rattrapage à partir du 1er janvier, date qui devrait redevenir celle de la remise en ordre des retraites chaque année.

D'autre part une mesure s'annonce urgente: plus aucune retraite cumulée (régime général et complémentaire) inférieure au SMIC mensuel.

Il est inadmissible de voir des retraités recevant des retraites en dessous de ce niveau. Et c'est la même chose pour toute personne au chômage où en précarité.

Il faut servir des rémunérations à tout ce qui souffrent de la crise, de ce système qui priorise les riches et leurs dividendes.

Que chaque retraité, là où il est agisse, et que l'indignation monte de partout.

Envahissons les lieux de rencontres des retraités et avec eux définissons les formes d'action sans tarder.

Bernard LAMIRAND

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LIBYE QUEL EST LE BUT ?

Publié le 19 Mars 2011 par aragon 43 dans Actualités

tf1-lci-nicolas-sarkozy-colonel-kadhafi-lors-visite-libye-j.jpgLIBYE: QUEL EST LE BUT ?

D'emblée je veux dire mon aversion totale pour ce criminel de Kadhafi qui a mis son peuple sous l'éteignoir dès qu'il a pris le pouvoir. Aucun homme de progrès ne le regrettera.

Il a tué et mis en prison tous ceux qui pouvaient lui faire de l'ombre comme ses amis Ben Ali et Moubarak et d'autres qui ont chaud à leurs f… en ce moment face à leur peuple assoiffé de liberté.

Cela dit, s'il tire sur son peuple, en rébellion actuellement, il tire les libyens comme des lapins avec des armes provenant notamment de la France.

Kadhafi, après une période anti-américaine, avait rejoint les autres roitelets du Maghreb et du Moyen -orient (cette pépinière de dictateurs grassement payé par les grandes puissances capitalistes). Ces puissances capitalistes  se sont accommodées longtemps de ces gens là qui étaient tout compte fait que leurs marionnettes.

Des marionnettes qui ne savaient que faire pour remercier leurs maitres, allant jusqu'à leur payer de beaux voyages dans leurs hôtels paradisiaques. Ces marionnettes venant à leur tour passer leurs vacances en France, et pour certains, avec l'argent détroussé à leur peuple, ils se sont achetés de superbes demeures dans les beaux quartiers parisiens.

Le comble fut atteint avec la visite de Kadhafi chez Sarkozy:  tellement ils étaient copains tous les deux que le maitre de l'Elysée lui a permis de planter sa tente dans les propriétés de la cinquième république. De Gaulle a dû se retourner dans sa tombe.

Il y a quelques mois, nos gouvernants s'acoquinaient encore avec ces tristes individus et leurs valets et nos policiers les apprenaient à manier les armes que Sarkozy leur avait vendues tandis que nos militaires les aidaient à maitriser les technologies d'armement les plus sophistiquées. Les puissances occidentales, car il s'agit essentiellement d'elles, interviennent donc dans le cadre de l'ONU pour obtenir l'arrêt des combats meurtriers et le cessez le feu entre les belligérants.

Maintenant, les voilà, tous ces manipulateurs de roitelets, obligés de retourner leur veste et d'apparaitre comme les meilleurs défenseurs des révoltés ( c'est du cinéma).D'ailleurs Juppé a bien indiqué ce soir que le but était d'aider le peuple à se débarrasser de Kadhafi.

Pour le reste c'est au peuple libyen de se libérer et de choisir ses représentants est-il dit.

Est-ce vraiment cela ?

Posons nous la question suivante : vont-ils, ces puissances intervenantes, ( en particulier la France) se contenter de frapper les avions, les chars, les batteries anti-aériennes, les rampes de fusée de Kadhafi qu'ils lui ont livrés, où vont-ils aller plus loin et intervenir sur terre prétextant l'aide aux révoltés dont on sait trop, d'expériences, qui tire les ficelles derrière (CIA).

Cette décision d'intervenir apparait comme une assistance au peuple en rébellion, mais est-ce simplement cela ?

Chat échaudé craint l'eau froide dit-on.

Il y a des raisons de se méfier.

Cette intervention armée dans un autre pays que le sien est un acte de guerre selon les codes militaires. Elle peut conduire à nous refaire le coup de la première guerre irakienne, où, sous prétexte de libérer le Koweït, les puissances occidentales dont la France avec Mitterrand (Pas Chirac ensuite) sont intervenues sur le territoire irakien et ont ensuite confortées leur présence sur les puits de pétroles du coin en allant jusqu'à éliminer un autre despote qu'ils avaient enfanté et qui leur avait bien servi contre l'Iran des ayatollahs .

On ne sera donc pas surpris que derrière cette intervention, après avoir liquidé Kadhafi, l'on retrouve le même scénario qu'en Irak et la prédominance des majors du pétrole.

Et puis, si on y regarde de plus prêt, et il n'y a pas besoin d'être expert en géopolitique pour s'apercevoir des intérêts stratégiques des intervenants dans ces lieux bourrés de pétroles et de gaz, et observons que s'ils sont obligés de se débarrasser de toutes leurs créatures despotiques face à des peuples qui n'en peuvent plus, ils sont déjà entrain de travailler à ce que les révolutions échappent à ceux qui les ont menés et déjà leurs hommes de rechange se profilent dans cette région.

Le référendum en Egypte, ce jour, pour une nouvelle constitution, est tellement  limité dans l'expression démocratique du peuple égyptien que l'on devine déjà les formes nouvelles d'une démocratie de type oligarchique qui est  toute prête à remplacer l'ancienne méthode despotique.

Espérons que le peuple rejettera cette constitution bidon.

En Libye, la nouvelle forme de pouvoir pour servir les multinationales est déjà dans les cartons.

Bien sûr, les libyens, tunisiens, égyptiens ont raison de vouloir se débarrasser des progénitures usées du capitalisme, mais qu'ils se méfient,  derrière ce qui se prépare ce sont de nouveaux toutous pour que le pétrole et le gaz n'échappe pas aux grandes multinationales.

Les peuples, là-bas, ont toutes les raisons de pousser le plus loin possible leur volonté de démocratie pour ne pas se faire rouler.

Aidons le peuple libyen dans sa lutte pour mettre fin à la dictature, aidons-le à ce qu'il prenne ses affaires en main.

Créons les conditions que la Libye et son peuple ne tombent entre les mains des impérialistes ( le tableau était édifiant ce jour à l'Elysée autour de Sarkozy se trouvaient toutes les puissances occidentales et les cheiks des émirats ainsi que le sultan du Maroc).

 

 

Bernard LAMIRAND

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LES RETRAITES SE DOIVENT D'AGIR

Publié le 19 Mars 2011 par aragon 43 dans syndicalisme

arton171-844f3.gifLES RETRAITES NE RESTERONT PAS LES DEUX PIEDS DANS LE MÊME SABOT.

La situation des salariés, en général, s'est dégradée ces dernières années sérieusement avec le chômage et les emplois précaires et des salaires de plus en plus bas et pour les retraités des coupes sombres sur leurs retraites depuis 20 ans.

De retraités  affichés comme privilégiés par Balladur, il y a une vingtaine d'années: ils étaient accusés par le patron du MEDEF Seillière et la droite de faire leur retraite sur le dos des générations suivantes. De retraités dit privilégiés, ils sont aujourd'hui devenus des retraités sacrifiés sur l'autel du profit.

L'idéologie dominante a fait en sorte que le privilégié n'était plus celui qui amasse les dividendes à la pelle mais le brave retraité, auquel, du même coup,  on lui a retiré près de 20% de sa retraite en une vingtaine d'années pour la transférer vers les actionnaires grands bénéficiaires de ce transbordement.

Coup de billard à trois bandes superbe puisqu'il devait soit disant rétablir l'équilibre salaires- retraite en faveur des actifs, comme le formulait le Medef, mais la boule a ricoché sur les actifs pour aller se planter dans les dividendes des actionnaires.  

Une grande bataille pour augmenter les salaires et les retraites s'avèrent donc indispensable.

C'est un duo solidaire: un bon salaire et se tisse une bonne retraite;  à condition bien entendu que le rapt ne peut se faire par des tripotages lors des revalorisations annuelles où encore avec la complicité de certaines organisations syndicales pour les retraites complémentaires à travers le prix d'achat du point retraite pour les actifs et la valeur du point retraite pour les retraités que l'on ratatine par de savantes régles mathématiques.

Ces complicités là, avec le patronat, ont réduit fortement les retraites complémentaires des ouvriers mais encore plus celles des cadres de l'AGIRC.

Dans la métallurgie, depuis le début de l'année 2011, des grèves de plus en plus nombreuses ont lieu sur la question salariale. De succès ont été obtenus dans des entreprises en lutte. Les salariés exigent de fortes augmentations d'autant plus que les grands groupes de la métallurgie ont réalisés des profits records en 2010 et les PDG se sont payés grassement des rallonges considérables.

Pour les retraités, la situation continue  de se dégrader de plus belle malgré la cajolerie de Sarkozy à leur encontre.

Les revalorisations 2010 ont été insuffisantes pour combler les dépenses des retraités notamment sur des postes de débours qui pèsent particulièrement sur leur pouvoir d'achat comme le logement, l'électricité et le gaz, les médicaments, les mutuelles et pour ceux qui ont besoin d'aide à domicile les tarifs sont entrain de s'envoler.

L'indice de prix officiel, pour un retraité, ne veut plus dire grand-chose quand ses dépenses explosent en matière de santé par exemple.

La ponction qui s'est sournoisement appliquée sans discontinuer depuis les décrets Balladur Veil en 1993 ,tant pour le régime général que pour les complémentaires (avec des accords pourris des autres organisations syndicales réduisant les pensions complémentaires), conduisent aujourd'hui nombre de retraités à se situer parmi les personnes en dessous du seuil de pauvreté et les autres retraités, aux pensions plus élevées, voient celles-ci se réduire et donc  rejoindre le gros peloton des mal lotis.

Nous sommes presqu'en Avril et nous ne connaissons pas encore ce que seront les revalorisations des retraites en 2011. C'est scandaleux.

Un retraité me disait hier à la manif de Paris: "ils se foutent de nous  ".

Hier, dans toute la France, des rassemblements ont eu lieu pour protester contre ce gouvernement et contre les patrons qui, exprès, retardent les augmentations: ces rassemblements se sont déroulés dans les grandes villes avec des présences plus ou moins importantes de retraités.

Ces rassemblements étaient organisés par la CGT.

Les autres organisations faisant défaut.

Incontestablement une colère sourde existe et elle apparait dans les discussions dans les marchés, les lieux de rencontres de retraités, mais la mobilisation a du mal à s'enclencher, il faut s'en expliquer.

Est-ce l'issue de la bataille pour la retraite à 60 ans ?

Est-ce la crise et des effets de fatalité ?

Est-ce l'attente de jours meilleurs avec des changements politiques en 2012 ?

C'est un peu de tout. C'est aussi un rejet politique pour ceux qui avaient cru aux promesses de Sarkozy en 2007, notamment les retraités.

C'est également le climat malsain qui règne et les offensives haineuses de la fille à Le Pen pour diviser les travailleurs et les retraités. Diviser pour régner, chacun et chacune connait cette vieille citation de la classe possédante et qui montre bien que ces divisions sont entretenues dans l'espoir de diviser les travailleurs et retraités entre eux et laisser du même coup les patrons du CAC 40 empocher près de 82 milliards d'euros en 2010.

L'UCR CGT  a raison quand elle indique par la voix de sa secrétaire générale, Françoise Vagner, la nécessité d'agir et de multiplier les initiatives.

Le besoin de remuer cette situation, de faire sortir cette  colère rentrée, apparait indispensable si l'on veut des mobilisations à la hauteur de l'enjeu: des revalorisations conséquentes des retraites et un minimum au niveau du SMIC pour tous et je pousse, quelque soit sa carrière.

Un retraité a cotisé toute sa vie pour une retraite décente comme l'on disait dans les revendications pour l'obtenir: il n'y a aucune raison à ce qu'il paye le chômage et la précarité qu'on lui a imposé en activité, la crise et les dettes des banquiers et des spéculateurs.

Il me semble que la bataille du niveau de vie des retraités doit s'engager et le débat avec eux doit avoir lieu sur le terrain, là où ils vivent, là où ils vont faire leurs course, là où ils vont se faire soigner etc.

Je verrai bien, tout au long de l'année 2011, des milliers d'initiatives revendicatives des retraités sur leur pouvoir d'achat, sur la baisse des médicaments, des loyers, de l'énergie, des soins à domicile etc.

Chacun, chacune, peut et doit prendre ou susciter des initiatives.

Il règne sans aucun doute aussi une certaine attente des élections présidentielles.

Il faut que le syndicalisme retraité et la lutte ne soient pas rangé dans le tiroir des attentes.

Certains retraités disent ouvertement qu'ils régleront en 2012 leur compte avec Sarkozy qui les a floué durant 5 ans. D'autres espèrent un nouveau sauveur suprême: l'inaction et l'attentisme serait alors la pire des choses et favoriseraient les habituels prometteurs ainsi que le Front national qui fait parti de ceux qui depuis des années ont combattu notre système de retraite solidaire et l'âge de départ à 60 ans.

En réalité, ce qui va compter pour les retraités, c'est leurs luttes en 2011: l'immobilisme de cette catégorie  de la population est attendue par les fossoyeurs des retraites, nous les connaissons: les assurances privées. Un calme plat sur le front des retraites serait de bonne augure pour eux et ils pourront alors imposé des systèmes de capitalisation après 2012 et jouer à la bourse nos cotisations et nos retraites.

La meilleure façon d'assurer demain sa retraite et son pouvoir d'achat, c'est d'agir et ne pas attendre les élections présidentielles.

Alors on agit tout de suite !

 

Bernard LAMIRAND

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PREFERENCE NATIONALE PAS COMPATIBLE AVEC LE SYNDICALISME

Publié le 17 Mars 2011 par aragon 43

Publié le jeudi 17 mars 2011
Déclaration commune CFDT - CGT – FSU – SOLIDAIRES – UNSA

La préférence nationale n’est pas compatible avec le syndicalisme !



 
La situation sociale est grave : 5 millions de demandeurs d’emploi, 8 millions de Français vivant sous le seuil de pauvreté, accroissement de la précarité, conditions de travail dégradées… L’accroissement des inégalités et des injustices mine la cohésion sociale. L’absence de perspectives, un dialogue social insuffisant, provoquent interrogations et désarroi face à l’avenir.
Dans ce contexte, les organisations syndicales, ne peuvent rester indifférentes à l’utilisation de la situation sociale pour promouvoir certaines thèses dans le débat public comme le fait le Front national.
La thèse de la préférence nationale est antinomique avec les valeurs fondamentales du syndicalisme. L’exclusion, le rejet de l’autre, le repli de la France sur elle-même et la fermeture des frontières, la désignation de boucs émissaires, la dénonciation de l’immigration comme responsable de tous les maux sont des attitudes qui, l’histoire en témoigne, ne peuvent conduire qu’au pire.
Les organisations syndicales agissent quotidiennement pour rechercher et exiger des réponses face à cette situation sociale ; en matière d’emploi, de pouvoir d’achat, d’égalité des droits… Leur action est portée par les valeurs qui sont celles du syndicalisme au cœur desquelles figurent la solidarité entre tous les salariés et la lutte contre toutes les formes de discrimination.
Les organisations syndicales CFDT – CGT – FSU – SOLIDAIRES – UNSA sont déterminées à empêcher l’instrumentalisation du syndicalisme par le Front national qui n’est pas un parti comme les autres et dont les orientations sont à l’opposé des valeurs qu’elles portent. Les organisations syndicales sont aussi garantes du respect de ces valeurs au sein de leurs organisations et par leurs militants.
Le 17 mars 2011
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SARKOZY ET LE POT AU LAIT

Publié le 16 Mars 2011 par aragon 43 dans politique

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LA LAITIERE ET LE POT DE LAIT MOISI DE SARKOZY

Adieu veaux, vaches, cochons, couvées….

Le fermier général a daigné visiter la ferme et l'élevage de Madame Poux, dans le Tarn et Garonne, cette femme qui lui avait dit tout le mal qu'elle pensait de la politique laitière du gouvernement lors d'une émission de télévision avec des invités venant du plus profond de la France.

Il a fallu qu'elle dise qu'il n'avait pas répondu à son invitation pour que ce matin débarque l'intéressé avec les galonnés et tout le saint Frusquin habituel de la cour élyséenne.

C'est que le bougre, il est au plus bas des sondages, et un peu de France rurale, qui lui fait défaut en ce moment, est une nécessité pour retrouver une couvée de gogos.

La dame Poux et son pot au lait a donc reçu sa visite et il a promis de remédier à la situation faite aux producteurs de lait pour qui le précieux liquide rapporte plus que des clopinettes.

Dans sa magnanimité,  le surintendant des mangeoires et auges de toutes sortes a dit que c'était une injustice et qu'il allait, pour ainsi dire, faire mordre la poussière à ceux qui ramassent les royalties, en l'occurrence les intermédiaires, les dénommés Leclerc, Pinault, Arnauld, Mulliez et autres qui s'en metttent plein les fouilles et la panse au passage de leur caisse d'hyper marché.

Il y a fort à parier que ces fortes paroles d'injustice raisonneront longtemps dans les déserts agricoles comme celles naguère de la Lorraine que le pourfendeur de Mittal avait prononcé pour sauver les ouvriers sidérurgistes de Gandrange: on sait ce qu'il en est advenu.

Napoléon le petit n'est juste bon qu'à terrasser les mouches par des petites tapes sur le cul des vaches au salon de l'agriculture.

Il est à craindre que le lait va se sauver ou encore que la moutarde va monter au nez des producteurs contre les laiteries et les gros industriels du CAC40 que sont les Nestlé, Danone etc.

Le Fouquet's a besoin de fric en ce moment et le club n'est pas prêt à donner la moindre centime à ces jongleurs de pis.

Une seule chose, amis producteurs de lait, nationaliser toutes les laiteries et arrêter de croire que votre salut viendra de la FNSEA, tenue par la droite qui, petit à petit, est entrain de vous réduire à un petit cube de "vache qui pleure".

Attention à ne pas être "gros Jean comme devant ".

"Pierrette" Poux, Sarkozy n'est qu'un bonimenteur.

Bernard LAMIRAND

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MA FRANCE CELLE QUI N'A RIEN A VOIR AVEC LA FILLE A LE PEN

Publié le 14 Mars 2011 par aragon 43

Jean Ferrat
MA FRANCE



De plaines en forêts, de vallons en collines
Du printemps qui va naître à tes mortes saisons
De ce que j'ai vécu à ce que j'imagine
Je n'en finirai pas d'écrire ta chanson
Ma France

Au grand soleil d'été qui courbe la Provence
Des genêts de Bretagne aux bruyères d'Ardèche
Quelque chose dans l'air a cette transparence
Et ce goût du bonheur qui rend ma lèvre sèche
Ma France

Cet air de liberté au-delà des frontières
Aux peuples étrangers qui donnaient le vertige
Et dont vous usurpez aujourd'hui le prestige
Elle répond toujours du nom de Robespierre
Ma France

Celle du vieil Hugo tenant de son exil
Des enfants de cinq ans travaillant dans les mines
Celle qui construisit de ses mains vos usines
Celle dont Monsieur Thiers a dit: qu'on la fusille
Ma France

Picasso tient le monde au bout de sa palette
Des lèvres d'Éluard s'envolent des colombes
Ils n'en finissent pas tes artistes-prophètes
De dire qu'il est temps que le malheur succombe
Ma France

Leurs voix se multiplient à n'en plus faire qu'une
Celle qui paie toujours vos crimes, vos erreurs
En remplissant l'histoire et ses fosses communes
Que je chante à jamais celle des travailleurs
Ma France

Celle qui ne possède en or que ses nuits blanches
Pour la lutte obstiné de ce temps quotidien
Du journal que l'on vend le matin d'un dimanche
A l'affiche qu'on colle au mur du lendemain
Ma France

Qu'elle monte des mines, descende des collines
Celle qui chante en moi, la belle, la rebelle
Elle tient l'avenir inséré dans ses mains fines
Celle de trente-six à soixante-huit chandelles
Ma France

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TELEVISION LA RONDE DES PREFERES

Publié le 13 Mars 2011 par aragon 43 dans Actualités

Osmo.jpgTELE : LA REVUE DES HABITUES

Ah, ils y étaient presque tous, les  préférés des chaines, ce dimanche à la télé, ressassant leurs banalités politiciennes.

Des gens loin du peuple, pensant qu'à leur ambition carrièriste.

J'ai voulu écouter, pris au jeu (mea culpa), ce que Strauss-Kahn allait nous dire sur Canal plus, dimanche midi, il devait nous faire des révélations. J'ai tout de suite compris que c'était une présentation encenseuse d'un futur candidat qui ne l'est pas tout en l'étant, disant qu'il avait pris sa décision mais qu'il ne le dirait pas. Puis détour sur sa vie familiale, sur sa compagne qui touille la salade, ses dons de cuistot pour griller un steak, sa vie à New-York dans un quartier huppée, son arrivée à son bureau réunissant son personnel qui l'appelle patron, ses déplacements pour triquer les endettés de la planète à qui il tient un discours de père de famille, montrant du doigt ceux ayant fait des dépenses inconsidérées et la nécessité de faire des économies et de souffrir pour leur bien-être futur. Je l'avoue, j'ai tombé endormi pour me réveiller au moment où "la Lagarde du capital" venait le voir au FMI et ils s'embrassent comme deux amants du capital: les embrassades de deux commis du capital international. Je retombe endormi et je me réveille à la fin de l'émission en entendant Strauss-Kahn dire qu'on ne fait pas obligatoirement la même chose quand on est directeur général du FMI que Président de la république. Une façon de berner les nigauds qui pourraient le croire et oublier ses méfaits au FMI en 2012.

 Les travailleurs grecs qu'il a mis au régime sec apprécieront.

Et puis revinrent ces mots : " je suis de gauche et il y a ce qui est possible de faire de ce qui ne l'est pas et pour bien se faire comprendre, il assène: "(Être) un homme de gauche, ce n'est pas nier la réalité, Il faut dépasser le possible mais pas promettre l'impossible. L'impossible, on l'aura compris c'est de ne pas toucher au grisbi des riches mais par contre le possible c'est de faire payer la crise aux pauvres.

La bourgeoisie peut dormir sur ses deux oreilles, si Sarkozy mord la poussière en 2012 ou avant,  elle a un vrai candidat de rechange.

Et puis la revue s'est poursuivie avec les éternels batteurs d'estrade, le programme de ce dimanche étant très copieux pour les perpétuels batteurs d'estrades qui se succèderont jusque tard dans la nuit sur les chaines, au point qu'on pourrait leur offrir un lit de camp;  il y a  le dénommé Copé qui n'en finit pas de faire sa ronde des chaines, Nathalie Kosciusko-Morizet (surnommée NKM) et ses balivernes sur la situation des centrales nucléaires japonaises, et puis nous avons vu arriver sur la deuxième chaine, avant un autre débat prévu d'ici quelques jours sur une autre chaine publique, le camelot, le clown professionnel Borloo qui se voit déjà dans l'arène podium des bêtes du cirque présidentielle.

Il ne manquait que Valls, il devait souffrir d'une extinction de voix pour toutes ses prouesses vocales la semaine dernière, de même la blondasse qui a eu sa semaine, avec sondage à l'appui, où elle a pu singer le prolo en difficulté, elle qui l'a enfoncé encore un peu plus en approuvant le plan de Sarkozy passant la retraite à 67 ans.

Et pour finir Bayrou sur CPolitique (NAVIRE EN PERDITION).  Ainsi  s'acheva pour moi la revue des abonnés de l'étrange lucarne et je pris mon parti d'écouter du Ferrat sur la deuxième chaine avec Drucker -et oui ! - et Isabelle Aubret  et puis "chabada" sur la troisième chaine - encore eh oui ! - avec toujours Isabelle chantant Ferrat et une jeune femme interprétant des chansons de révoltes Mélissmell, un nom à retenir.

Un bon moment sentant le parfum de luttes qui nous sort de ces exhalaisons malodorantes d'experts, d'exégètes, de journaleux pesant et repesant sans cesse les chances des écuries en course pour les présidentielles.

Peuple de France, réveille-toi  et chantes : ah çà ira, çà ira, tous les aristocrates à la lanterne…

Bernard LAMIRAND

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