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ARAGON43

Mon site relate les événements syndicaux, sociaux, politiques, culturels et environnementaux .

UN DECRET POUR NE RIEN CHANGER

Publié le 30 Mars 2009 par aragon 43 dans Actualités

UN DECRET POUR NE RIEN CHANGER

 

La montagne a accouché d’une souris.

Le « capitalisme moral » de Sarkozy vient de capituler en rase campagne.

Le décret qui prendra effet demain matin ne concerne que quelques groupes du CAC 40.

Il s’agit des banques et des entreprises de l’automobile essentiellement.

Les PDG et les hauts cadres de l’industrie et des finances peuvent dormir tranquille : on n’attentera pas à leurs stocks options, leurs actions gratuites, leur bonus, leur primes, leurs parachutes dorés.

Ils pourront continuer à se servir.

Ils ont, pour ceux ayant reçu des aides de l’état,  qui n’avaient pas pris la précaution de toucher leur pécule avant cette date du 1er avril, qu’une année à patienter pour à nouveau se remplir les poches.

Ce n’est qu’un décret occasionnel.

Madame Parisot, rassurée, pouvait alors dresser ce matin dans la presse des lauriers à l’hôte de l’Elysée, celui-ci ayant battu en retraite face à la révolte des CAC 40.

Ainsi, après un court moment de purgatoire, la frénésie des stocks options, des bonus, des primes, des salaires mirobolants pourra reprendre son cours normal.

Le capitalisme amoral a triomphé du capitalisme moral.

Au fait, qui aurait pu croire un seul instant que chez ces gens là on était prêt à sacrifier les gros pourboires ?

Peut-être les niais, mais en ce moment, ils sont de moins en moins nombreux à croire le châtelain de l’Elysée.

Le pourfendeur des patrons voyous n’avait en fait qu’un sabre de bois.

Les discours de Toulon et de Saint Quentin n’étaient faits que pour amuser la galerie et cacher les entourloupes de ce capitalisme auteur de la crise et utilisateur de la crise pour réduire l’emploi et les salaires.

D’ailleurs, cet écran de fumée autour des revenus des patrons, n’avait comme but principal de faire oublier le 19 mars.

De faire croire par un décret au bon peuple que les patrons font le sacrifice de leurs avoir et que tout le monde doit en faire autant.

L’Union sacrée contre le mouvement social montant.

C’est pourquoi ne perdons pas de vue que l’essentiel : c’est de faire monter un tel mouvement revendicatif dans le pays  pour  que celui-ci balaye toutes les bassesses actuelles de ce capitalisme en crise.

Le 1 er Mai devrait être l’occasion de manifestations monstres dans le pays.

 

Bernard LAMIRAND

 

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G20 A LONDRES AU CHEVET D'UN GRAND MALADE

Publié le 29 Mars 2009 par aragon 43 dans Actualités


G20  A LONDRES AU CHEVET D’UN GRAND MALADE


Les grandes puissances de ce monde vont se concerter concernant la crise qu’ils ont engendrée et qui fait tant de mal aux petits.

Ils seront au chevet du malade qui git à la City de Londres.

Vous savez, cet endroit, où pendant des années le capital a pris de grosses bitures de dollars et d’euros frelatés.

Celui-ci a trop ingurgitée de subprimes, de fonds spéculatifs, de fonds de pensions etc.… et il se paye de graves désordres dans ses organes vitaux dit-on.

Il ne cesse de rendre des actions pourries, des obligations sans valeur, des stocks – options dévitalisés.

Les banques en sont remplies.

Certains thérapeutes pensent que le malade ne fait qu’une crise de foie et qu’une bonne tisane le remettra sur pied en quelques mois pour repartir de plus belle dans ses addictions.

Quelques éminents psychiatres spéculent sur une maladie de type psychotique où il cauchemarde sur les gens ne lui feraient plus confiance.

D’autres préconisent au malade, comme remède de cheval, d’engloutir pendant des années des salaires et des emplois pour s’en remettre.

D’autres pensent que les vomissures d’actifs pourris ne sont que les conséquences d’une maladie plus grave encore.

Qu’un scanner s’impose.

Le patient serait atteint d’une maladie dégénérative et ses vomis, ses déjections, ses escarres (il s’arrache les croutes)  laissent apparaître les premiers signes d’une folie meurtrière.

Le capitalisme verrait des ennemis partout et une tumeur d’Otan est apparue au niveau de son Strasbourg.

Evidemment, les médecins du G20 vont essayer de sauver le malade en lui trouvant un traitement approprié.

Certains disent qu’un peu de sport de tir le remettrait dans la réalité de son boulot : dominer le monde, il faut le sortir dit-on au pentagone obamesque.

Le problème c’est que leurs décoctions et leurs diagnostics  -ils ont chacun-  ne sont d’aucun secours pour remettre la bête sur pied.

Alors que vont-ils inventer à Londres ?

Il n’y a rien de bon à attendre de ces gens là.

Et que va faire notre moralisateur de l’Elysée ?

Que pèsera t’il, lui qui a démoralisé la France profonde en fortifiant les riches du Fouquet ses amis, ou allant vivre la belle vie dans les palaces de Georges Bush, des émirs et des dictateurs arabes.

Un petit conseil, il veut publier un décret contre ceux qui abusent de stock-options, de bonus, de primes et de parachutes dorés : pourquoi ne pas sortir un décret qui  taxe à 100% tous ce que les PDG ont reçu dans ce sens depuis son arrivée au pouvoir.

Au dessus de 50 % « je prends tout avait dit Marchais », alors 100 % sur les excès, c’est pas méchant !

Enfin, au lieu de brandir des sabres de bois concernant les paradis fiscaux, pourquoi ne commence-t-il pas par les banques françaises en leur ordonnant de rapatrier immédiatement tous les actifs de la bourgeoisie française  placés dans ces paradis fiscaux.

Chiche Sarkozy.

 

Bernard LAMIRAND

 

 

 

 

 


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Le rat et les abeilles

Publié le 28 Mars 2009 par aragon 43 dans Actualités



Les rats et les abeilles










A Saint-Quentin les rats étaient réunis
les abeilles   interdit
le chef des rats tint ce langage
soyez toujours auprés de mon pelage

les abeilles piaffaient devant l'absence de travail
il y a en avait plus venant du serail
les rats financiers s'adonnant aux fleurs du mal
le miel en ces temps ne coulait plus pour le social

Alors le chef des rats parlat
devant les rats godillots  il s'égosillat
il préconisat un capitalisme moral
les rats  répondirent par le vénal

c'est  notre argent
disent -ils au chef rat hardiment
Alors pas de chambardement
un petit décret suffira du gouvernement

la chef rate
une vraie scélérate
s'emportat et détestat loi d'agrégat
et qu'on lui demandat de retirer fric de son cabas

Adieu veaux vaches cochons
et stock options
dirent dehors  les abeilles
laissez nous notre miel

le chef rat s'en alla plein de promesses
mais n'écoutat que rate duchesse
il fit un décret pas touche au crisbi
et au bonus il joua petit bras pour le profit

Il parti en Afrique
récupérer quelques uranium de briques
capitalisme moralisateur
le chef rat est un bonimenteur

Les abeilles du 19 mars en eurent marre
comme des essaims
pour ne plus mourir de faim
elles iront le 1er mai dire à bas les césars du dollar

Alors le premier mai
fait ce qu'il te plait
défile surtout pour le social
et contre l'argent sale

Bernard LAMIRAND













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DENAIN 1979 30 ANS DEJA...

Publié le 27 Mars 2009 par aragon 43 dans syndicalisme

 

 

 

CONFERENCE SUR LES EVENEMENTS DE DENAIN EN 1978/1979 TENUE LE  21 MARS 2009 A DOUCHY LES MINES PAR Bernard LAMIRAND Ancien responsable CGT de la sidérurgie.

 

Dans cette introduction, je n’évoquerai que la période des années 1978 /1980 qui marque historiquement la casse de la sidérurgie à Denain.

Mais quelques mots sur cette implantation à Denain de la sidérurgie.

Les Forges de Denain, créées en 1834 ont fusionnées en 1849 avec les Forges d'Anzin. Après les la guerre 14/18, la reconstruction se fait sur le seul lieu de Denain avec, entre 1926 et 1931, la mise en marche de quatre hauts-fourneaux, une aciérie Thomas, deux fours Martin de 50 tonnes, un laminoir pour tôles, en font une des unités de production les plus complète et moderne de la sidérurgie française.

Denain est alors un haut lieu de production de l’acier.

Puis, après, nous savons qu’en 1947 le site de Denain comporte une usine à fonte équipée de 4 hauts-fourneaux de 5,50m, une aciérie Thomas équipée de 5 convertisseurs de 30 tonnes et une aciérie Martin de 5 fours de 50 tonnes et 1 de 80. Les aciéries alimentent un blooming, un train pour billettes et largets, 2 trains marchands pour aciers spéciaux à ressorts, 1 train à tôles fortes, un train trio, un train à tubes... Deux autre trains à aciers marchands (carrés, plats, cornières, ronds à béton) existent à Anzin. La masse des équipements atteint le seuil critique pour faire de cette usine le cœur d'Usinor. C'est ici que sera bâti le train à bandes de première génération (700 KT/an).

Usinor Denain devenait ainsi, pour les produits plats, l’usine sidérurgique la plus importante de France et même d’Europe : elle allait conquérir au redressement du pays et elle faisait la richesse de toute cette région du Hainaut Cambrésis.

Qui pouvait donc penser que ce fleuron de la sidérurgie allait être victime d’une telle destruction ?

Pourtant des indices pouvaient l’indiquer avec la construction d’Usinor Dunkerque, une usine en mesure de produire plus de 8 millions de tonnes d’acier avec des hauts fourneaux de forte capacité et des aciéries à l’oxygène remplaçant les aciéries Thomas et Martin dépassées.

A noter que ces nouvelles installations ont été testées en particulier à l’Usine de Denain.

Denain dans les 60/70 va poursuivre son existence : la demande d’acier est telle qu’Usinor utilise à fonds les capacités de toutes ses installations du nord et de la Lorraine. Cette situation ne va pas durer car dans cette période commencent à se faire sentir les premières directives européennes pour une politique sélective de la production afin de rendre l’acier plus rare et plus cher.

C’est le Plan du célèbre Davignon, commissaire Européen, qui déclenchera l’état de crise manifeste prévu à l’article 58 de la Communauté européenne du charbon et de l’acier.

Des premières mesures ne touchent pas Denain mais d’autres sites comme Usinor Louvroil et Usinor Thionville en 1977.

Pour les magnats des forges et pour les autorités européennes, la saignée est insuffisante, il faut frapper plus fort et démontrer que certaines installations sont dépassées et non rentables.

Le procès de Denain et de Longwy commence alors.

Pendant les vacances d’été de 1978, un petit communiqué dans la presse nous apprend que le PDG d’Usinor, Monsieur Hué de la Colombe ne part pas en vacances et restera à Paris pour préparer sa rencontre avec le premier ministre Raymond Barre à la rentrée.

Cette annonce éveille  l’attention et les soupçons dans la moiteur de l’été. Dans les derniers jours des congés, une rumeur commence à circuler à Denain, on parle de plus de 3000 suppressions d’emplois.

A la fédération de Métaux CGT, tout de suite, on réagit : Guy Valli le responsable de la sidérurgie met en place un dispositif pour informer les sidérurgistes de l’imminence d’une nouvelle casse de l’industrie sidérurgique nationale avec des menaces sérieuses sur Denain et Longwy.

Les réactions ne tardent pas, et à Denain les premiers politiques à s’élever contre les menaces de suppressions d’emplois seront le Maire de Denain communiste Henri Fievez et le député Gustave Ansart.

Je me souviens d’une de ces rencontres avec Gustave Ansart qui avait pris tout de suite la mesure de la gravité de la situation pour Denain. A cette époque, l’idée de la fermeture de Denain était considérée comme imaginaire même si on avait des craintes : peut-être des licenciements et un plan social comme il en avait déjà existé, mais la destruction de Denain, l‘usine mère ?

Des camarades CGT de Denain - Lucien Laurette et Belmire Rodriguez- auparavant, ne manquaient pas de souligner les investissements insuffisants pour le devenir de l’entreprise et de nombreuses interventions de leur part seront faites pour réclamer la construction d’un train à froid qui se fera à Mardyck.

Tout cela éveillait des soupçons.

Mais qui pouvait penser à une telle décision : celle de la fermeture totale de l’entreprise et la liquidation de plus de 5000 emplois ?

Devant ces rumeurs, un premier tract sera distribué dans l’usine le 30 Aout 1978 : un tract commun CGT-CFDT.

Gustave Ansart fait une déclaration pour dénoncer le gâchis de tant d’hommes, de cerveaux, de matériels.

Le 6 septembre 1978, c’est l’appel à la mobilisation de tous les sidérurgistes de Denain par toutes les organisations syndicales qui déclarent « qu’elles se rencontreront régulièrement pour définir ensemble les modalités d’action ».

Quelques jours plus tard, le conseil des ministres prend une première mesure, il prévoit la prise de participation de l’état dans le capital des groupes sidérurgiques. Ce n’est pas pour accepter ce que la CGT et le parti communiste demandent depuis longtemps  - la nationalisation démocratique de la sidérurgie -  mais c’est pour prendre des décisions en fonction des désidératas de la commission Européenne de réduction des capacités de production.

Après cette décision en conseil des ministres, les choses vont aller vite, l’assemblée nationale et sa majorité de droite vont voter un plan dit de sauvetage qui vise à la restructuration de la sidérurgie française et un nouveau PDG, Monsieur Etchégaray est nommé.

Rapidement ce PDG se met au travail pour arrêter son plan de restructuration.

La commission  nationale de la sidérurgie CGT réunit à Paris dénonce ce qui se prépare et notamment la fermeture d’unité de production comme celle de Denain et de Longwy.

J’y participe, et même dans notre commission, on a du mal à croire que le but de l’opération est la casse totale de ces usines qui ont fait le redressement de la France de la libération jusqu’aux années 1970.

Mais le capital et la droite n’ont aucun sentiment pour ces populations ouvrières. L’enjeu pour eux est de mettre en place des unités de productions qui font des profits maximum. Les populations et la réponse aux besoins ne les effleurent pas.

Denain va réagir : après l’annonce d’une mise en chômage de l’usine du 16 au 31 décembre, les salariés pénètrent dans les bureaux de la direction et demandent l’arrêt du chômage prévu en fin d’année et des précisions sur les bruits qui court concernant le licenciement de 3000 personnes à Denain.

La direction renvoie à la tenue d’un comité central d’entreprises à Paris. Celui-ci se tient le 12 décembre et le nouveau PDG annonce officiellement son plan avec la suppression de 5000 emplois à Denain et 550 à Trith Saint-Léger.

Plus d’un millier de Denaisiens et de Valenciennois sont là,  ils n’en croient pas leurs yeux, une colère immense parcoure l’assistance,  l’usine de Denain est mise à mort et  ils ne peuvent l’accepter. Je suis avec eux comme responsable de la métallurgie et je vois ces hommes et ces femmes bouleversées de ce qu’ils viennent d’entendre.

Nous allons ensemble manifester notre désaccord dans ce quartier huppé où la direction d’Usinor a son siège.

Le lendemain, toute la presse régionale titre sur le coup de grâce,  le sinistre, la catastrophe de Denain et le midi, toute l’usine est devant la direction pour manifester son refus d’une telle décision assassine.

Belmire Rodriguez, pour la CGT, prendra la parole et dira : « Monsieur Etchégaray vous bradez les hommes, les enfants, la France. Vous devez démissionner. Pour vous, il n’y a que le profit : il n’est pourtant pas loin le temps où Usinor Denain battait avec 2 millions de tonnes d’acier le record d’Europe de production, tonne t’il.

Alors va commencer une formidable mobilisation des ces travailleurs qui n’acceptent pas le verdict de l’Europe du Capital et de ce gouvernement Giscardien dont la hargne est totale avec un premier ministre qui indique que les pancartes et les slogans ne le feront pas changé d’avis.

Il aura plus que les pancartes et les slogans : il aura une population du valenciennois et du Denaisis qui va s’unir autour de d’Usinor Denain et de Trith Saint-Léger et des services centraux.

Le 20 Décembre une manifestation importante défile dans les rues de Valenciennes et le 22 décembre, à Denain c’est une manifestation énorme qui parcoure la ville avec des banderoles contre Bruxelles et le plan Davignon.

Noel se passe tristement dans les foyers denaisiens et des villes avoisinantes, villes où la population vit de la sidérurgie. L’archevêque de Cambrai fait une déclaration pour soutenir les sidérurgistes.

Dés le début janvier, tout le monde s’affaire pour préparer une riposte à la hauteur de l’attaque.

La fédération CGT de la métallurgie fait une déclaration invoquant la nécessité d’une riposte nationale de grande envergure. Son secrétaire général André Sainjon vient à Denain apporter tout son soutien à cette lutte.

Gustave Ansart se met totalement à la disposition de la lutte et ses interventions sont nombreuses et notamment sur les bancs de l’assemblée nationale. Gustave est outré de cette décision inhumaine dit-il et l’on saisit l’humanisme de cet ancien dirigeant syndical métallo proche de ses frères de combat de Denain.

J’ai vécu avec lui, avec René Carpentier maire de Trith, avec Alain Bocquet, ces moments difficiles et je puis dire qu’ils ont été les plus proches alliés de cette lutte du David de Denain contre le Goliath Européen.

Pierre Mauroy, président de la région Nord Pas de Calais est reçu par le président de la république et il essuie une fin de non recevoir.

Le même jour, à Lille, les métallurgistes CGT et l’UD CGT du Nord tiennent une conférence de presse et déclarent : « la restructuration a été décidée par l’Europe. Elle est inacceptable. Elle vise à long terme à réduire les capacités de la sidérurgie française. François Dumez Secrétaire Général de l’UD CGT, Bernard Lamirand, Raymond Leroy et Jean Paul Cadeddu de la FTM CGT seront en permanence avec les militants et les travailleurs de Denain.

A la lueur d’aujourd’hui, ce pressentiment d’atteinte à l’industrie nationale s’est malheureusement confirmée quand on regarde l’état de la sidérurgie française qui n’a plus rien de nationale depuis qu’un nouveau maitre de forges hindou en a pris le contrôle de ce qu’il en restait après leur remise au privé par Chirac en 1986.

Les pertes avaient été épongées  et les nouveaux maitres des forges pouvaient refaire des profits mirifiques.

C’est  dans les premiers jours de 1979 que le gouvernement fait part d’un plan de reconversion du Nord et Gustave Ansart déclare : «  ce sont des mesures dérisoires ».

Cette annonce provoque la colère des sidérurgistes de Denain et de Valenciennes. A Denain les grands bureaux seront occupés et des papiers déchirés. Belmire Rodriguez secrétaire général du syndicat indique : «  quel est le sort des sidérurgistes de Denain. N’est ce pas une opération pour désamorcer la lutte unitaire ? ».

La lutte va prendre une dimension nationale. Henri Krasucki secrétaire de la CGT intervient et déclare : «  que des initiatives de grandes envergures et unitaires se préparent pour les semaines à venir ». (Il fait une première allusion à l’idée d’une manifestation nationale à Paris)

Dans cette période de fin janvier 1979, l’effervescence est à son comble à Denain et les ouvriers sortent de l’usine, occupent plusieurs fois les voies ferrées, les axes de circulation, la perception et les CRS font alors leur apparition à Denain.

Le pouvoir montre ses dents.

Le 1er février leur colère atteint la fureur quand ils apprennent le transfert sur le littoral de la centrale de 30MW mis en service début 1978 et un millier de sidérurgistes entrent dans les bureaux de l’usine et brûle des dossiers.

Les actions, nombreuses à Denain – Valenciennes- Longwy, sont reçus positivement dans la population. Le gouvernement est obligé de rencontrer les organisations syndicales le 6 févirer1979 et le ministre du travail Boulin annonce qu’il est prêt à discuter de préretraites à 55 ans.

Ces mesures ne correspondent pas aux exigences des travailleurs qui veulent le maintien de leur outil de production et de leur emploi. Bien sûr ils ne sont pas contre les départs en retraites à 55 ans qui sont une vieille revendication des sidérurgistes à cause des conditions de travail et du travail postés.

C’est alors que le Président de la république  se répand dans le journal « le monde » dans un article où il s’épanche : «  Longwy n’est pas la Lorraine, Denain et Valenciennes ne sont pas le Nord Pas de Calais, et ces deux régions ne sont pas la France... » ; Ce message sera perçu comme une provocation et le lendemain 46 autocars quittent Denain pour se rendre à Paris avec un slogan : « Denain Vivra » : les accès à Charles De Gaulle seront bloqués, le périphérique aussi et au retour des heurts avec les gardes mobiles feront plus de 40 blessés.

Le pouvoir a choisi la répression qui se manifestera avec violence dés lors à chaque manifestation de sidérurgistes que ce soit dans le Nord ou en Lorraine.

Le 16 février sera une date qui comptera dans la mobilisation : plus d’une centaine de milliers de grévistes dans le Nord Pas de Calais et une manifestation qui déferle sur Valenciennes, une véritable marée humaine de plusieurs kilomètres de long, certainement une des plus grandes manifestations qu’ait connue la ville de Valenciennes.

Dans cette effervescence, tous les politiques sont interpellés ; même Michel Debré le gaulliste se présentera avec des accents anti-européen et François Mitterrand se déplacera à Denain, il dénoncera le plan sidérurgique avec son ami Mauroy, ils firent des propositions qu’ils ne mirent d’ailleurs pas en application une fois au pouvoir. Au contraire Mauroy fit fermer le dernier vestige d’Usinor Denain, le train à bandes.

D’autres manifestation vont poursuivre ce combat pour le maintien de la fonte et de l’acier à Denain et je vois toujours cette immense manifestation de tout le personnel de l’usine jusqu’ici à Douchy avec un engin de transport d’acier : celui-ci restera dehors, à l’entrée de l’usine pendant des jours comme un symbole de  leur volonté de produire de l’acier.

Je revois ces camarades de Denain et de Trith comme Belmire Rodriguez, Sarrazin, Bernard Ethuin, Lemaire secrétaire du CE, Robert Chatelain, GeorgesCacheux,  Stanis Soloch, Elie Salengro et  d’autres qui m’excusent de ne pas tous les nommer, se dépenser sans compter pour cette grande lutte.

Au niveau national monte très fort l’idée d’une manifestation à Paris, la CGT le porte énergiquement et les autres organisations syndicales manifestent déjà quelques réticences à la lutte.

C’est vrai que la pression est rude pour que soit accepté un accompagnement social de la fermeture des installations tant à Denain qu’à Longwy. Certaines organisations syndicales chercheront des prétextes pour se sortir du mouvement en invoquant la politisation de l’action. Qui pouvait exclure ces hommes et ces femmes, travailleurs d’Usinor, conseiller municipaux, militants syndicalistes et politiques qui se battaient aux cotés de leurs camarades ouvriers, employés, techniciens ?

La lutte se poursuivait et on l’on sentait bien que le pouvoir devenait de plus en plus agressif dans son soi-disant maintien de l’ordre. Le 6 Mars leur brutalité s’exprime, Georges Bustin député communiste est molesté par les CRS et à Mortagne du Nord les manifestants bloquent les péniches. C’est au retour, après des affrontements violents à Saint-Amand, que les CRS à Hasnon, avec une rare férocité, brisent les vitres de cars, jettent des grenades lacrymogènes dedans et frappent les grévistes.

Dés le lendemain, devant la gravité de ces événements, tout Denain et la population des alentours va manifester sa colère et sa réprobation.

5000 sidérurgistes se rassemblent à l’entrée de l’usine, les CRS sont dans la ville, l’affrontement est inévitable et va durer toute la journée avec de nombreux blessés. C’est une ville en émeute dira la presse et les journaux télévisés ; la population du Nord prend fait et cause pour Denain, contre la répression et des dizaines de milliers de personnes vont venir prêter main forte aux ouvriers en lutte.

A Paris les négociations se poursuivent à la Direction, apprenant l’agression de Denain, la délégation CGT quitte la réunion en signe de protestation. Avec François Dumez secrétaire Général de l’UDCGT je suis au coté des militants et de ses ouvriers en lutte et je peux témoigner qu’ils n’étaient pas des emportés, les multiples provocations accentuaient leur colère et de la façon dont le pouvoir avait traité leurs camarades, la veille à Hasnon..

L’émeute se poursuivit tard dans la nuit et le lendemain ; et je vois toujours Gustave Ansart agissant à la mairie, se rendant à  l’Union locale téléphonant au niveau du gouvernement pour le retrait des forces de police.

Cet homme s’est dépensé sans compter pour le maintien d’Usinor Denain et dans ses yeux perçait cette volonté farouche d’empêcher cette catastrophe humaine qu’il pressentait. C’était celui qui avait écrit auparavant ce superbe livre « de l’ouvrier d’usine jusqu’à l’assemblée nationale » : il accomplissait simplement son mandat de député de par le peuple et pour le peuple.

Je profite de ce trentième anniversaire  pour rendre hommage à ce grand dirigeant du mouvement ouvrier.

Dans ces événements graves de Denain,  des coups de fusil blessèrent des CRS,  jamais nous ne sûmes vraiment qui avait tiré. Quelques jours plus tard, d’autres provocations, celles des autonomes que la police laissait circuler librement dans les abords de la manifestation de Paris, nous mirent la puce à l’oreille sur des provocations que nous estimèrent téléguidées.

Comme je veux être bref, la suite des événements sera plus vite rappelée, mais je ne peux mettre de coté l’immense manifestation des sidérurgistes à Paris le 23 mars 1979.

Celle-ci va se préparer avec la venue le 9 mars à Denain de Georges Séguy où 6000 personnes entrent dans l’usine et le secrétaire général de la CGT déclare dans le train à bandes : «  faute d’avoir pu réduire la résistance des sidérurgistes… le gouvernement et le patronat imaginèrent porter un coup décisif à Denain, … eh bien c’est raté … c’est un succès dont la portée dépasse largement le cadre de Denain et du Valenciennois ». C’est ce même jour, chez un habitant de Denain, que fut mis en marche Radio Quinquin, radio CGT de lutte et c’est Georges Séguy qui l’inaugurera.

Dans ces moments là, pour la lutte, l’imagination ne manque pas et l’on réalise des journées portes ouvertes qui se dérouleront avec des dizaines de milliers de visiteurs. Dans la sidérurgie les grèves se multiplient à Dunkerque, à Fos Sur Mer, en Lorraine et dans la Loire ;  tous nous nous affairons à porter largement l’action.

Le 23 Mars, c’est la grande manifestation à Paris, seul la CGT appelle, les autres organisations ont trouvé un fallacieux prétexte pour ne pas y participer : celui de la politisation du mouvement, mais de nombreux militants d’autres organisations syndicales qui luttent aux cotés de leurs camarades CGT feront le déplacement dans les cars affrétés par la CGT.

Qu’à cela ne tienne, plus de 100 000 participants partent des gares et des portes de  Paris se rendent Place de la république et défileront dans le bon ordre jusqu’à la provocation des forces de polices et des autonomes qui brisent les vitrines place de l’Opéra.

Les grèves et les actions unitaires à Denain et à Longwy se poursuivent vaille que vaille et les 6 avril la direction générale d’Usinor confirme son plan de casse.

-fermeture de Chiers Anzin

-Arrêt de la production de Denain repoussé d’un an

-Maintien du TAB

- 3500 suppressions d’emplois

-1900 préretraites 

-750 personnes en formation

Pendant la même période les grèves s’étendent notamment à Usinor Dunkerque et à la Solmer à Fos. C’est le résultat d’une période sans acier décidé au niveau national. A Denain, chaque jour, des actions particulières s’organisent notamment vers Cambrai ou vers l’autoroute ainsi que la gare de Valenciennes. Dans ces actions, la chambre patronale de Valenciennes n’est pas oubliée et elle brûle. Les métallurgistes de Renault Douai viennent apporter leur soutien et expliquer les conditions de mutations sur Renault et ce qu’elles révèlent comme piège.

Les quatre jours se Dunkerque sont neutralisés au passage de Denain.

Mais ce qui est attendu par les travailleurs ce sont les négociations : elles se sont engagées au niveau national à Paris au siège de l’Union patronale des industries métallurgiques et minières.

Dans ces instants, les débats sur le devenir de la sidérurgie française sont de première importance, la question de l’avenir de cette filière acier est posée et un rapport déposé par la  FTM-CGT métallurgie au conseil économique et social fait grand bruit, il s’agit d’un mémorandum qui montre le caractère mensonger de ce plan acier décidé sur la base d’une surproduction, il montre que des propositions de modernisation peuvent permettre de poursuivre la production tant à Denain qu’à Longwy.

Mais l’irréparable va arriver : le lâchage des organisations syndicales réformistes va se vérifier dans les négociations pour une convention sociale à Paris. Celles-ci, hormis la CGT, vont accepter les conditions de la direction : fermeture des installations prévues et préretraites à partir de 50 et 55 ans et des dizaines de milliers de mutations qui se poursuivre jusqu’aux années 90.

Dans la nuit du 24 juillet au 25 juillet, j’y suis, les autres syndicats signent et la délégation CGT refuse. Nous avions alors décidé d’une vaste consultation des sidérurgistes pour rejeter la partie mutations tout en acceptant les départs en préretraites : prés de 80 % de ceux-ci rejetèrent l’accord.

La chambre syndicale de la sidérurgie et le gouvernement ainsi que les signataires ne tinrent pas compte de ce vote.

La lutte reprendra à la rentrée de septembre 1979 mais le cœur n’y est plus, la signature de la mise à mort de Denain fait des ravages, le découragement s’installe chez ceux qui avaient été les plus combatifs ;  les militants CGT  continuent à se battre mais ce paraphe rompt ce qu’il restait d’une unité devenue embarrassante  pour les organisations réformistes.

Coté politique, les maires des communes de la 20eme circonscription se réunissent et exigent le maintien de la production de fonte et d’acier.

Le 26 novembre 1979, 1644 travailleurs de Denain reçoivent une lettre de la direction les informant de la suppression de leur emploi. Les ouvriers ayant reçu la lettre se précipitent aux grands bureaux et jettent des documents par la fenêtre. La CGT propose d’occuper l’usine.

Des consultations laisseront apparaître des positions différentes selon que le vote est organisé par le front uni des signataires ou la CGT.

Le 25 décembre des sidérurgistes dépose une banderole sur le parvis de Notre Dame de Paris. La production d’acier bloquée reprend progressivement.

C’est le Noel le plus pire que j’ai vécu ; Denain c’est la tristesse qui règne, aux aciéries de Paris Outreau à Boulogne Sur Mer la direction annonce la liquidation de plus d’un millier d’emplois.

En Lorraine et dans la Loire des plans de suppressions d’emploi commencent à s’exécuter.

Gustave Ansart déclare : «  fallait-il laisser la CGT seule à se battre ? Mes amis et moi avons choisi de rester fidèle aux promesses que nous avions faites de défendre cette région et ses travailleurs et restons à la disposition de tous ceux qui cherchent une solution à ce conflit.

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La bataille de l’acier se poursuivra en 1980.

Les installations de production de fonte et d’acier seront arrêtées dans l’année.

 

L’arrivée de Miterrand en 1981 comme président de la république et de Pierre Mauroy comme premier ministre suscitera un grand espoir.

 

Cet espoir fut rapidement déçu par les décisions du gouvernement de fermer le reste des installations sidérurgiques de Denain.

 

Un Nouveau plan acier en 1984, décidé par Mauroy et Fabius suscitera à nouveau de grandes luttes

.

De nouvelles installations furent fermées à Valenciennes, en Lorraine et dans la Loire.

 

Le parti communiste français s’opposera à ce plan et quittera le gouvernement en juillet 1984.

Ce plan social fit ensuite des émules dans d’autres professions.

 

L’acier français coulait des jours mauvais, en 1986, sous le gouvernement Chirac, une nouvelle restructuration eut lieu, les 2 groupes furent réunis en un seul, des capacités de production furent abandonnées dans le domaine des produits longs notamment à Gandrange, Longwy.

L’acier français ne coulait plus alors qu’à Dunkerque, Fos et Florange et Hayange et dans des aciéries électriques.

Des aciéries électriques étaient supprimées notamment dans la Loire.

Le site de Mondeville  était abandonné.

Creusot Loire au Creusot démantibulé.

 

Le patronat n’avait plus qu’à récupérer une sidérurgie très rentable, ce qu’il fit, pour ensuite le confier à Mittal, un aventurier hindou qui n’avait plus qu’à ramasser des bénéfices considérables.

Les dernières décisions prises par Mittal à Gandrange confirment que le plan Davignon a été respecté à la lettre par les directions qui se sont succédé.

Mais là je m’éloigne un peu, laissons le soin aux camarades qui militent actuellement dans la sidérurgie de faire le procès de ces nouveaux maitres des forges.

 

Finalement, cette mise à mort de Denain, préludait toute une démarche libérale faite des casses et de restructurations conduisant notre pays à des abandons industriels en cascades et à une fragilisation de notre potentiel industriel comme nous l’avions supputé à cette époque.

 

La crise que traverse le capitalisme en ce moment est la conséquence de cette économie ou ne prime que le marché libre et non faussé et l’appât du gain aux dépens de la création de richesses et de sa répartition en faveur des travailleurs.

 

Bernard LAMIRAND

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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RETRAITES UN VOL MANIFESTE

Publié le 27 Mars 2009 par aragon 43


Communiqué

de l’Union confédérale des retraités CGT

 

RETRAITÉS FLOUÉS

 

Sur la revalorisation des retraites

L’effet des revalorisations des pensions pour 2008 a été de 1,87% (1,1 % au 1er janvier + 0,8% au 1er septembre), quand l’INSEE mesure une évolution moyenne annuelle des prix de + 2,8%. Or, le correctif prévu par la loi de finance 2009 ne comblera même pas le retard, alors que la loi elle-même fixe le principe d’un rattrapage complet de l’inflation. Le gouvernement vient d’annoncer une augmentation de 1%. Pour certains régimes spéciaux, la proposition actuelle n’est même que de 0,4% !

D’autre part, l’augmentation des pensions est fixée pour 2009 au 1er avril au lieu du 1er janvier. Trois mois d’augmentation de moins : un véritable hold up sur les retraites estimé à 350 millions d’euros !

Quant à l’augmentation des retraites complémentaires, elle ne sera que de 1,30%, sans aucun rattrapage sur l’inflation de 2008 (1,46% en 2008) !

 

Sur les basses pensions

La fixation d’un minimum de pension à hauteur de 85% du SMIC dont s’enorgueillit le gouvernement n’aura qu’un effet temporaire. En effet, l’indexation sur les prix creuse un écart de plus en plus important entre les salaires et les pensions.

 

Sur la pension de réversion

On frise l’escroquerie : le Président s’était engagé à augmenter le taux de la pension de réversion de 54% (actuellement) à 60% de la pension initiale. Le décret à paraître ne concerne que les retraités dont la somme totale des pensions sera en dessous de 800 euros.

 

Sur le minimum vieillesse

Le gouvernement se vante à grand renfort de publicité dans les journaux d’une augmentation de 25 % du minimum vieillesse (attribué à ceux qui n’ont pas ou peu travaillé) ne sera en fait attribué qu’à une personne seule, soit 400000 personnes sur les deux millions de retraités ayant à peine de quoi vivre.

 

Les retraités sont un des moteurs du développement de la société. Ils ont subi de plein fouet les envolées des prix pendant une bonne partie de l’année dernière. Ils ne veulent pas payer une crise économique et sociale dont ils ne sont pas responsables. Avec la CGT, ils revendiquent :




 

POUR GAGNER

LES RETRAITES ONT ÉTÉ TRÈS PRÉSENTS DANS LES MANIFESTATIONS UNITAIRES DU 29 JANVIER ET DU 19 MARS

LA CGT RETRAITES LES APPELLENT A SE RASSEMBLER ET A POURSUIVRE

LA MOBILISATION TANT A L’APPEL DES CONFÉDÉRATIONS

QUE DES ORGANISATIONS SYNDICALES DE RETRAITES

 

Montreuil, le 27 mars 2009

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HUMANITE DIMANCHE ET LE 23 MARS 1979

Publié le 27 Mars 2009 par aragon 43 dans syndicalisme

Une correspondance de  Bernard LAMIRAND concernant la grande manifestation des sidérurgistes à Paris le 23 mars 1979.

 

 

 

A l’humanité Dimanche

 

Je viens de lire avec beaucoup d’intérêt le rappel de cette grande manifestation du 23 Mars 1979 à Paris.

Bravo pour cette belle page d’histoire écrite par Tanguy Péron.

J’y étais en tant que responsable CGT de la métallurgie du Nord Pas de Calais et sidérurgiste.

Le récit est juste, notamment les provocations des autonomes qui étaient des flics déguisés en casseurs.

Ce mouvement était très large et comprenait les sidérurgistes, les populations concernées par les fermetures de sites sidérurgiques et les travailleurs de la région parisienne qui avaient apporté toute leur solidarité.

Je me souviens de la présence massive des travailleurs de Renault Billancourt.

Dans cette période, toutes les usines sidérurgiques française entrèrent en action tant en Lorraine, Nord Pas de Calais, Loire et Solmer à Fos etc.

Le rappel de cette grande lutte de 1979 aurait mérité, à mon avis, un équilibre entre Longwy et Denain, les deux pôles les plus touchés.

Ces deux régions ont été saignées à blanc par le gouvernement français dirigé par Raymond Barre et Giscard et par les décisions de la commission européenne et de son commissaire à l’industrie le comte Etienne Davignon.

Celui-ci avait lancé l’état de crise manifeste ( article 58 de la CECA) en 1977, pour engager une vaste restructuration qui allait durer plus de dix ans pour aboutir aujourd’hui à ce qu’il n’y a plus ni de sidérurgie nationale, ni  de sidérurgie européenne mais un  nouveau maitre des forges  qui règne sans partage sur ce qu’il reste, Mittal,  un  flibustier de l’acier au niveau mondial.

La Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA), chère à Robert Shuman, allait au bout de ce cycle disparaître alors que son but était de créer les conditions  d’une grande industrie de l’acier européen.

Je regrette que n’ait pas été soulignée la part qu’ont prise les sidérurgistes de Denain et de Valenciennes dans cette grande lutte. Aucune allusion aux émeutes de Denain après les provocations des forces policières. Par exemple, aucune photo des manifestations imposantes qui se sont déroulées dans le Denaisis et le Valenciennois.

Concernant les radios de lutte, c’est une décision de la CGT de les faire vivre et en particulier d’Henri Krasuki. Dans le Nord, il y avait la radio-sœur de Lorraine cœur d’acier avant la manifestation parisienne, elle a été inaugurée par Georges Séguy lors du meeting qu’il a tenu au train à bandes de Denain devant plus de 6000 travailleurs dans un HLM de Denain.

Les raisons de la fermeture de sites sidérurgiques étaient marquées du sceau du profit : C’est dans ce contexte que Davignon, commissaire européen à l’industrie, propose en novembre 1977 un plan qui  relève les prix de l’acier et limite la production ; en 1978, des études du Hudson Institute et de la Chase Manhattan Bank prévoyaient une forte croissance de la consommation d’acier en Europe et contestaient la logique du Plan Davignon.

La fédération des métaux CGT sortira un mémorandum qui fit grand bruit à l’époque et qui contredisait cette casse industrielle et proposait des solutions pour maintenir et développer les productions d’acier.

La volonté de réduire les capacités de production pour renchérir le prix de l’acier et retrouver le profit était la raison principale.

Le prétexte pour y parvenir était de considérer qu’il y avait des canards boiteux dans la sidérurgie française et c’est avec cet argument que Barre et les présidents des groupes sidérurgiques d’Usinor et de Sacilor, dont l’état avait pris une participation majoritaire, ont cassé l’outil de production qui était loin d’être dépassé tant à Denain qu’à Longwy.

IL aurait été utile aussi de rappeler que les communistes, dans cette période, avaient été à la pointe de l’action dans les bassins sidérurgiques et je veux souligner le rôle joué par Gustave Ansart député de Denain et d’Antoine Porcu député de Longwy.

 

Bernard LAMIRAND

Ancien responsable CGT

Sidérurgie et métallurgie

Du Nord Pas de Calais

Et membre du comité

Consultatif de la CECA

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BONUS N'EN JETEZ PLUS LA COUR EST PLEINE

Publié le 25 Mars 2009 par aragon 43 dans Actualités

 

 

BONUS N’EN JETEZ PLUS LA COUR EST PLEINE

 

Ah les fripons, ils se dépêchent de toucher leur bonus avant que le drôle de l’Elysée arrête les frais par décret, faute d’avoir pu obtenir un règlement à l’amiable avec le MEDEF.

Voilà où nous a conduit cette politique en faveur des friqués qui se payent ainsi des parachutes dorés depuis des années sans que les hypocrites, qui étaient hier à Saint-Quentin, lèvent le petit doigt.

Ainsi, nous apprenons ce soir, que selon Mediapart   le PDG de la société, Gérard Mestrallet, s'est vu attribuer 830.000 stock-options (valeur estimée: 7,7 millions d'euros!), et le vice-président et directeur général délégué, Jean-François Cirelli, 300.000 avec le feu vert de l'état. 

Des méritants ces gens-là, ils ont privatisé et fait exploser les compteurs à Gaz concernant la facturation des braves gens.

Nous comprenons mieux pourquoi ces deux fortunés ont oublié de baisser les tarifs du gaz aux usagers en plein hiver.

Nous comprenons mieux pourquoi ces individus, avec l’aide de Sarkozy, qui était auparavant contre, ont privatisé GDF.

Nous apprenons aussi que le crédit agricole, qui vient de recevoir la manne de l’état, a attribué pour sa filiale 50 millions à se partager entre 800 cadres.

D’autres PDG, auparavant, s’étaient octroyé des sommes phénoménales, autant sous les gouvernements Jospin, Chirac et Sarkozy.

Ainsi voici quelques exemples en euros :











MORIN VALEO                             3,2 MILLIONS POUR LA RETRAITE

MILER DEXIA                               3,7 MILLIONS POUR DEMISSIONNER

TCHURUK ALCATEL                   6,0MILLIONS POUR PARTIR

FORGEARD EADS                        8,0 MILLIONS DEMISSION

BERNARD CARREFOUR            29,0MILLIONS DEPART RETRAITE

                                                     +  9,8 MILLIONS D’INDEMNITES

WEINBERG PINAULT                  5,3 MILLIONS

 

 

Tout ceci en dehors des énormes salaires et des stocks options que ces messieurs se confectionner eux-mêmes.

Et plein d’autres viendront, dont on connaitra bientôt les noms avec les assemblée générales de société pour les comptes 2008.

 

Tout cela, au moment où les licenciements se multiplient et  où des entreprises se cassent la figure à cause des « conneries financières »  de tout ce monde de riches qui dirigent ce pays.

 

Cela dit, en d’autres temps, est-il normal que des gens de cette espèce puissent avoir de telles rémunérations ?

Non…

C’est un maraudage légalisé.

Ils se servent.

C’est cela qu’il faut interdire.

Voilà ces dirigeants d’entreprises, de grosses entreprises du CAC 40, comme celle de la société générale avec son PDG « Bouton d’or » ; je l’ai baptisé ainsi,  qui se rémunèrent eux-mêmes et ont ce pouvoir exorbitant de prendre dans la caisse les fruits du travail de milliers de salariés.

Qui pourraient mériter de tels émoluments ?

Personne !

Cette caste, c’est celle qui fêtait la victoire de Sarkozy au Fouquet. C’est celle qui place son pognon dans les paradis fiscaux.

La ficelle est un peu grosse quand l’hôte de l’Elysée joue les chevaliers blancs à Saint Quentin ; ces parachutes dorés il les protège avec bouclier fiscal.

Dire qu’il faut protéger tous les français concernant l’impôt en ne prélevant pas plus que 50 % est une mascarade.

Peut-on comparer un salaire entre 2  et 5000 euros avec ces centaines de millions d’euros que s’octroient ces grands patrons.

Pour eux, il faut tout prendre au dessus  de la valeur de 8 SMIC.

Et s’ils partent ailleurs, on trouvera toujours des gens plus corrects et compétents qui prendront leur place.

Les indispensables peuplent les cimetières.

Dernière chose, les sommes indiquées ne comprennent pas d’autres prestations de ces messieurs, qui collectionnent un nombre considérable de jetons de présence dans les conseils d’administration où se retrouvent tous ces rapaces.

 

Bernard LAMIRAND

 

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SARKOZY A SAINT QUENTIN ET TINTIN POUR LES SALAIRES

Publié le 24 Mars 2009 par aragon 43 dans Actualités


 

 

SARKOZY LE BATTEUR D’ESTRADE DE SAINT QUENTIN

 

Ah qu’il était sentencieux ce président de droite, ce soir à Saint-Quentin, ville dirigée par ses compères.

On a même vu le ministre de la ville bourgeoise de Chantilly, le dénommé Woerth être applaudi par les ouailles bourgeoises des alentours.

Pour la circonstance, on avait interdit toute manifestation dans les rues, seulement un rassemblement était autorisé tout près de la bourse du travail.

Liberté, liberté chérie….. Où étais-tu ?

4000 personnes étaient là pour faire la claque.

Tout avait était préparé pour valoriser le capitalisme moral et plus profondément une société morale car il y avait des accents de « travail, famille, patrie ».

Il ne manquait qu’à ce meeting que le sabre et le goupillon.

Mais ils n’étaient pas loin.

Le châtiment était la marque de fabrique de ce discours.

Les mois et les années de prison étaient distribués à une foule acquise comme si on lui aurait donnée à la vindicte des coupables.

On avait les applaudissements de cette vieille France égoïste.

On avait surtout le narcissisme d’un personnage qui se croit investie d’une mission divine et qui en appelle à l’union sacrée.

Les gogos des présidentielles étant priés de continuer à croire au vendeur d’illusions sociales.

Ce discours a été préparé par une journée de pilonnage contre les patrons profiteurs.

Le but était clair : faire diversion.

Faire oublier les résultats désastreux de sa politique.

Les français n’ont jamais été aussi mal lotis qu’en ce moment et il voudrait nous faire croire qu’il n’y est pour rien.

La crise a bon dos.

Depuis la rentrée de septembre, il s’est mis à dos plein de gens et pas seulement les travailleurs.

Ces réformes sont vues comme favorisant les intérêts d’une caste de privilégiés.

Il ne serait pas responsable de ce qui nous arrive, ah la belle affaire, c’est bien lui et ses copains qui sont aux gouvernements depuis 2002 et qui ont participé aux tours les plus pendables du libéralisme qu’il feint de dénoncer aujourd’hui.

C’est lui qui fait appliquer une constitution européenne contre l’avis de ses concitoyens.

Lui qui parle avec dédain des théories de Friedman sur la marché libre et non faussé l’a mis en place dans notre pays.

Il faut aussi avoir de l’aplomb pour faire la leçon sur les libertés, le respect, l’honnêteté, lui qui n’hésitait pas à mépriser les habitants d’une cité de la Courneuve en le menaçant de les nettoyer au Karcher où encore par sa repartie à un manifestant « casse-toi pauvre con ».

Et alors, le clou de la soirée, c’est de mettre en opposition les manifestants avec d’autres qui n’ont pas le temps de manifester parce qu’ils travaillent.

Il a révélé, pour ceux qui en doutaient encore, le personnage qu’il est : un homme à la frange de la droite et de l’extrême droite.

Jamais, à aucun moment, il n’a remis en cause sa politique néfaste pour les populations qui en souffrent et ce n’est pas les cataplasmes qui régleront les souffrances actuelles d’un peuple qui en a marre de ses fanfaronnades.

Il a terminé par le G20 en dressant sa crête de coq déplumé : qui pourra croire en la crédibilité d’un batteur d’estrade qui va partout, promet tout et son contraire, pour finalement s’incliner devant un capitalisme amoral.

Le 19 mars lui est visiblement resté à travers la gorge ; alors il a voulu ce soir remobilisé ceux qui lui avaient fait confiance avec « le travailler plus pour gagner plus ».

A mon humble avis c’est raté.

L’écoutant, je me suis demandé s’il n’avait pas oublié que nous n’étions plus en campagne électoral présidentielle mais qu’il était le président de la république.

Un président nu devant la crise d’un système qu’il croit contrôler à coup de menton alors qu’il n’a qu’un sabre de bois.

Les travailleurs n’ont eu aucun satisfécit dans son laïus, seul le parterre de nantis a eu la satisfaction que l’on ne toucherait en aucun cas au bouclier fiscal.

Les milliards coulent à flots pour eux.

Triste président.

 

Bernard LAMIRAND

 

 

 

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DE WENDEL ET LES ROUGON MACQUART

Publié le 24 Mars 2009 par aragon 43 dans Actualités

 

 

 

 

 

LA FAMILLE DE WENDEL EN BROUILLE

 

Qui a dit que la famille De-Wendel était unie comme les dix doigts de la main ?

C’est vrai que lorsque tout va bien, quand l’auge est pleine, les porcs  se goinfrent sans grouiner.

C’est une image.

Je ne prétends pas transformer l’habitacle des maitres de forges lorrains en  étable à cochons.

Ce serait injuste pour ces gens qui ont tant donné à la France.

Rappelons que les De-Wendel propéraient y compris au-delà des frontières nationales.

Aujourd’hui les temps sont durs chez nos ex-maitres des forges, la pitance se fait maigre avec la crise.

C’est la première fois que cela leur arrive depuis les pertes épouvantables des années 75/80 où ils ont dû céder leurs butins sidérurgiques acquis depuis le début de l’ère industrielle par les grands parents dont ils vouent un culte quasi- congénital.

Et voilà maintenant qu’ils se disputent dans la famille, la famille des cousins : ce qui n’était jamais arrivé auparavant ou tout au moins personne n’avait été mis dans la confidence.

Mais racontons un peu comment ils ont réussi à redresser la barre pour offrir chaque année à leur nombreuse progéniture de bons dividendes.

Ces gens là, dans ces années là,  avaient  quelques difficultés de fin de mois et Raymond  Barre voyant avec quelle peine ils ramaient pour faire suer le burnous des sidérurgistes lorrains, pour des rapports aux gains aussi faiblards, leur avait  retiré cette épine du pied par un joli magot de départ.

Une belle prime de licenciement comme acte de cession de leur patrimoine industriel.

Une sorte de parachute dorée de l’époque.

Ah, ils n’ont volé personne, ils ont vendu, l’état prenant seulement en charge le passif accumulé et la future facture des licenciements massifs.

Ils vous diront qu’ils ont cédé leurs entreprises pour une bouchée de pain à la « gueuse ».

Cette libéralité versée par l’état giscardien pour solde de tout compte leur a permis de se lancer alors dans la finance et dans des métiers où le rapport était plus juteux.

Nous avons vu alors cette famille s’enrichir de confortables revenus.La bourse cela rapporte.

La banque, les sociétés financières, les holdings de ceci ou de cela, tout cela rapportait gros et la famille avait hérité d’un jeune capitaine, le dénommé Sellière ;  Seillière est un petit fils De Wendel :  il a fait prospérer pour ainsi dire le pactole de la maison.

Le problème, c’est que ces derniers temps, la confiance n’est plus au zénith et des dissensions règnent pour s’accaparer des meilleurs morceaux et d’avoir droit au festin capitalistique.

Il y a beaucoup de prétendants aux partages des bons morceaux comme des bas morceaux.

C’est tellement grave que la presse a été mis au courant et je cite des extraits de ce que relate « rue 89 » c’est du plus pur Roman de Zola quand les Rougon-Macquart s’empoignent entre eux.

Extrait : (Drôle de « séminaire de renforcement de la cohésion familiale » vendredi chez les Wendel. Trois jours avant, dans un courrier, des actionnaires familiaux demandaient le départ de « l’équipe dirigeante de Wendel », dont le Conseil de surveillance est présidé par le chef du patronat européen Ernest-Antoine Seillière et le directoire par Jean-Bernard Lafonta.

 (En juin 2008, sa cousine Sophie Boegner, administratrice de la société familiale, a déposé une plainte contre X pour « abus de biens sociaux et recel » dénonçant un montage financier complexe grâce auquel le management de Wendel a mis la main sur des titres représentant 324 millions d’euros, dont 79 millions pour le cousin Ernest-Antoine Seillière…)

(L’affaire ébranle une partie de la famille. La confiance, admet-on, avait déjà été entamée par l’endettement lié à l’entrée à 21% de Wendel dans Saint-Gobain, et l’effondrement de l’action Wendel de 145 à 18 euros. Les accusations de Sophie Boegner ont attiré l'attention sur un fonctionnement opaque et sur le plan d'intéressement des dirigeants)...

(Le 3 mars, un groupe d’une quarantaine d’actionnaires familiaux se réunissent chez un de leurs cousins, Nicolas de Schonen. Ils décident d’adresser à François de Wendel une lettre lui demandant que l’assemblée générale de la SLPS se tienne au moins un mois avant celle de Wendel et qu’y soit proposé le vote à bulletin secret d’une résolution donnant mandat au conseil d’administration de faire remplacer l’équipe dirigeante de Wendel…)

Pour obtenir un consensus, la lettre, qu’Eco89 s’est procurée, choisit un terme un peu flou et demande le renouvellement de « l’équipe dirigeante » : 

« Au vu de la situation financière préoccupante du groupe qui met en péril la préservation des intérêts patrimoniaux de notre famille et du manque de transparence ressenti par un grand nombre d’entre nous » commence le courrier qui demande le vote d’une résolution « donnant mandat au conseil d’administration de faire remplacer le plus rapidement possible l’équipe dirigeante de Wendel par des gestionnaires à même de représenter les valeurs familiales ».

Un séminaire comme si de rien n'était

(Après un discours sur l’histoire de la famille, les participants ont été dispersés en ateliers. Ernest-Antoine Seillière a participé à la table ronde consacrée aux « droits et devoirs de l’actionnaire ».  Pas un mot pendant la soirée sur la lettre réclamant le départ des dirigeants. « Quand on veut empêcher les gens d’en parler, on ne s’y prend pas autrement », plaisante un cousin…)

Comme on peut s’en rendre compte, rien ne va plus chez les cousins qui, comme des petits chapons, attendent la becquée trop accaparée par les plus vigoureux.

Pourvu que Sarkozy n’aille pas trop loin dans son capitalisme moral ?

Qu’ils se rassurent, le drôle de l’Elysée n’ en a aucunement l’intention au contraire il travaille d'arrache-pied à rendre le  butin plus légal.


 

Barnard LAMIRAND.



 

 

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MARX ET L'ACCUMULATION ET LE CAPITALISME AMORAL

Publié le 24 Mars 2009 par aragon 43 dans politique

 

SARKOZY ET LE CAPITALISME MORAL : BARATIN !

 

D’ abord un extrait du livre 1 du Capital de Marx : « Son mouvement d'élimination transformant les moyens de production individuels et épars en moyens de production socialement concentrés, faisant de la propriété naine du grand nombre la propriété colossale de quelques-uns, cette douloureuse, cette épouvantable expropriation du peuple travailleur, voilà les origines, voilà la genèse du capital. Elle embrasse toute une série de procédés violents, dont nous n'avons passé en revue que les plus marquants sous le titre de méthodes d'accumulation primitive. »

 

Ainsi, ce jour, à Saint-Quentin dans l’Aisne, région naguère très industrialisée, le drôle de l’Elysée va parler devant un parterre de godillots sarkozien de la moralisation du capitalisme.

 

Le capitalisme peut-il être moral ? Cette question a été tranchée de puis bien longtemps.

Celui-ci ne peut être moral car c’est une escroquerie : c’est l’extorsion de la plus value par les actionnaires.

Les travailleurs sont dépossédés d’une partie importante de ce qu’ils ont crées par leur travail.

Dison- le tout simplement, le capitaliste est un voleur.

Ce capitalisme a donc besoin de toujours trouver les meilleurs moyens d’extorquer aux travailleurs le produit de leur travail.

C’est pourquoi il a sophistiqué ses outils, il n’en ait plus à la pince monseigneur, il a des instruments nouveaux : fonds de pension, actions gratuites, stocks options, bonus, bouclier fiscal pour se protéger, paradis fiscaux pour cacher le magot.

Les discours de Toulon et certainement celui de ce soir à Saint-Quentin, ne visent qu’à mettre un rideau de fumée sur les frasques des amis de Sarkozy qui s’en mettent plein les poches depuis des années.

C’est aussi un contre feu après la grande manifestation du 19 mars et pour essayer de faire oublier que la crise c'est eux. 

Ce sont des compères qui ont spéculé, profité et  pris leur part de butin dans les caisses des entreprises.

Une brochette de ces individus étaient visibles au Fouquet le soir des présidentielles.

Ils ont été pris la main dans le sac avec l’écroulement des bourses, révélateur de leurs manigances financières depuis des lustres de libéralisme.

Pendant des années ces gens- là se sont attribués des stock-options, des bonus, des salaires mirifiques et les ont placés dans les paradis fiscaux.

Le problème n’est pas simplement de rendre plus acceptable le rapt de la plus value par les représentants du grand capital par des lois interdisant les stock-options ou bonus quand l’entreprise ne dégage plus de bénéfices mais de toucher le cœur du système.

Et ce cœur du système, c’est bien les mécanismes permettant l’extorsion de la plus value aux bénéfices des actionnaires par le dividende attribué y compris quand la société ne va pas bien.

Des milliers de milliards d’Euros ou de dollars ont été pris aux travailleurs par les exploiteurs.

Dans notre pays, ils nous ont dépouillés ces dix dernières années plus de 10 %  de la valeur ajoutée nous revenant.

Ce qu’il faudrait faire, dans un premier temps c’est de rendre aux salariés et aux usagers l’appartenance de toutes les banques, elles n’ont aucune raison d’être privées et d’appartenir à quelques magnats financiers puisque l’argent qui est déposé est le notre.

Il faut qu’elles soient sous contrôle des salariés et des usagers.

Il faut donc se débarasser des profiteurs.

Plus largement, une  première loi devrait interdire tout licenciement pour cause financière.

Si une entreprise, un jour doit cesser son activité, la réduire, la modifier, un système de sécurité sociale professionnel doit permettre de reclasser tous les travailleurs concernés sans perte de ses droits sociaux et de son salaire.

Le salaire doit être le seul acte de rémunération du travail du PDG au salarié le moins qualifié, l’échelle de grandeur de la rémunération doit aller au maximum d’un Smic à Huit.

Enfin, plus aucune rémunération occulte ne doit être versée à quiconque.

Le capital est amoral ;  supprimons- le.

 

Bernard LAMIRAND

 

 

 

 

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