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ARAGON43

Mon site relate les événements syndicaux, sociaux, politiques, culturels et environnementaux .

VALLS ET JAURES !

Publié le 30 Avril 2008 par aragon 43 dans communisme

VALLS   ET JAURES !

 

Je me demande d’ailleurs pourquoi associer le sieur Valls à ce grand homme que fut Jaurès.

Valls ne doit pas avoir de grande modestie pour se permettre une telle digression.

L’individu Valls, semble-il, se croit sorti de la cuisse de Jupiter depuis qu’il a été reçu par le monarque de l’Elysée.

Je n’avais pas envie de lui faire de la publicité.

Mais la sortie de son livre le fera de toute façon à ma place et une vaste entreprise idéologique est entrain de se dérouler autour de ce chercheur de place pour montrer qu’il n’y a plus d’autres alternatives que le capitalisme matinée d’un peu de social pour les pauvres.

Sa visite chez Sarkozy, son refus douteux d’un poste ministériel, ses amitiés avec des membres du gouvernement montre que l’individu entend surfer sur les malaises de la société et les repères floues d’une gauche qui ne sait plus où est sa gauche.

Ce qui m’a particulièrement édifié venant de ce socialiste « en peau de lapin », c’est sa préférence pour Clemenceau par rapport à Jaurès.

Bon, je ne vais pas faire la comparaison entre les deux, des gens plus instruits que moi l’ont fait depuis bien longtemps.

Et l’avantage est certainement pour cet homme de paix et de progrès humain, d’idées qu’est Jaurès qui demeure une référence pour longtemps.

 

Paix et progrès humain, ce n’est pas la tasse de thé de ses amis du gouvernement et de Sarkozy.

S’allier ou se rendre complaisant avec ce pouvoir, c’est, tout compte fait, accepter cette société d’injustice qu’est le capitalisme.

Valls est sans aucun doute un laudateur du système.

Quand j’entends le sieur Valls dire dans les médias : « qu’il croit inéluctable l’allongement de la durée de cotisations pour les retraites et leur financement par le secteur privé et l’épargne », nous ne sommes plus loin de la droite et de l’effacement d’une pensée de gauche .

A l’entendre, aujourd’hui, le débat de société ne peut être que des adaptations à la marge d’un système libéral.

Le blairisme issue du thatchérisme.

L’humanité de ce jour nous décrit d’ailleurs très bien ce que pourrait être le programme socialiste qui sera discuté prochainement, plus rien de révolutionnaire et simplement rejoindre la sociale-démocrate européenne dans ses exercices putatifs avec la droite libérale.

On peut mieux comprendre pourquoi des socialistes sont réceptifs aux sirènes de la droite française et accepter de travailler avec le gouvernement le plus réactionnaire depuis la libération.

D’ailleurs certains vont à « la gamelle du pouvoir » ; voyez l’autre sieur, celui qui s’est emparé du conseil général de la Seine Saint Denis, Bartolone qui est du voyage en Tunisie avec Sarkozy, l’homme du « Karcher » de la Courneuve.

Comment peut-on voyager avec cet individu qui est entrain de recoloniser au nom de l’Europe méditerranéenne le littoral Magrébin avec tous les dictateurs du coin.

La gauche aujourd’hui qu’est ce que c’est ?

Nous sommes tous en droit de nous interroger.

Cette gauche là n’est pas la mienne et devant ce capitalisme qui, dans le monde, ne peut plus répondre aux besoins des populations, il faut sans aucun doute créer une alternative communiste.

Le projet de cette alternative est à construire, le PCF est indispensable pour le faire naître et le partager avec des millions de français.

Les Royal, Valls, Bartolone, Bockel, Kouchner, Lang, Gayssot et autres ne sont que des avatars d’une union de la gauche dépassée.

Le PCF peut redevenir, face à cette déconstruction sociale actuelle, non seulement un rempart mais un outil indispensable à une force de progrès unissant des hommes et des femmes épris de paix et de progrès sociaux.

Nous pouvons unir Marx et Jaurès dans ce 21éme siècle où tous les espoirs sont permis.

 

Bernard LAMIRAND PCF j’y tiens.

 

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L’AGE DE LA RETRAITE AUX ENCHERES

Publié le 28 Avril 2008 par aragon 43 dans syndicalisme

L’AGE DE LA RETRAITE AUX ENCHERES

 

« Le gouvernement, inflexible sur l'augmentation de la durée de cotisation à 41 ans d'ici 2012, a annoncé des incitations futures à l'emploi des seniors et une hausse des pensions au 1er septembre, dans ses orientations sur les retraites transmises dimanche aux partenaires sociaux », nous dit ce matin une dépêche de l’AFP.

Tout est résumé dans cette déclaration des intentions de ce gouvernement thatchérien.

Quand je dis « âge de la retraite aux enchères » ; c’est le « qui dit plus » qui est entrain de s’exercer car demain on dira 42 puis 43 etc.….

La droite, depuis les décrets Balladur- Veil de 1993, travaille la question d’une mise à niveau sur les conditions les plus défavorables pour ensuite faire marcher tout le monde du même pas.

Incontestablement « le livre blanc » de Rocard l’a aidé.

Ainsi, dernier épisode,  les régimes spéciaux ont été alignés sur les règles des annuités du secteur privé.

Tout le monde étant à quarante ans maintenant, il s’agit d’allonger la durée de cotisations de tous les travailleurs indistinctement.

C’est le moment où se développe une nouvelle campagne idéologique -après celles des nantis et privilégiés et de l’équité public privé- pour considérer, qu’avec l’allongement de l’espérance de vie, on peut et on doit travailler plus longtemps.

Vous allez voir toutes sortes de techniciens en gérontologie vous dire qu’il ne faut plus parler de vieillissement, terme désuet et que l’on peut travailler plus longtemps que les 60 ans.

L’idée que l’on peut vivre une vie à la retraite en pleine forme est a proscrire; il faut être à l'article de la mort pour cette bourgeoisie, qui elle, prépare bien sa retraite avec les parachutes dorés.

Certains évoquent même de grands savants qui étaient encore très créatifs à l’âge canonique pour exiger que l'on travaille plus longtemps.


Mais diable, pourquoi faudrait-il être obligé « de travailler jusque mort s’en suive  » et à qui cette philosophie servira ?

 

 

La théorie  du curseur que j’ai eu l’occasion de développer dans d’autres écrits, il y a quelques années, est entrain de s’appliquer.

Maintenant le curseur est unique :  c'est celui auquel tous les salariés seront désormais astreints : la durée de cotisations ;  et l’on vous expliquera tantôt que vu les déficits des caisses de retraites il faudra augmenter les annuités de cotisations. Vous aurez aussi des « olibrius » qui vous diront qu’on est en pleine forme et qu’on ne vieillit plus, et qu’on peut rajouter une année voire plus pour avoir droit à la retraite.

On expliquera qu'il vaut mieux travailler pour garder la forme le plus longtemps possible etc....

Nous serons alors placé sous la dictature des assurances et du Medef pour accorder la retraite qu'en dernier ressort.

41 ans de cotisations nous dit l’inflexible Xavier Bertrant (pas pour les siens), ministre du travail et ex-assureur du coté de Saint Quentin dans l’Aisne ;  on pourrait  lui employer la formule « on n’est jamais mieux servi que par soi-même » : cet individu sert les assurances privées car derrière les mesures qu’il entend prendre, se profilent des contrats juteux pour ceux qui auront les moyens de s’assurer des rentes vu la dégradation des systèmes de retraites solidaires qui seront la résultante des réformes de Sarkozy.

Nous aurons affaire à un système qui s’apparentera à ceux des assureurs avec la durée actuarielle révisable régulièrement.

Aux enchères oui, car le "toujours plus tard"  est fait pour que le patronat soit dégagé des cotisations de l'entreprise.

Avec ces 41 ans de cotisations et plus, nous aurons demain? des hommes et des femmes qui se traîneront au boulot jusque 70 ans pour avoir droit à une retraite pleine et entière.

Oui, il faut se battre pour que la retraite soit possible sans restriction à partir de 60 ans pour n’importe quel travailleur.

Je réfute le critère du nombre d’années de cotisations car il est devenu injuste à cause de la précarité et du chômage ou encore par le fait que les jeunes commencent leur vie professionnelle de plus en plus tardivement.

L’on me dit : « mais qui va payer » ; je suis désolé de répéter un vieux discours, mais il est inscrit dans le marbre de la lutte de classe ;  il faut prendre sur les profits : l’entreprise doit rendre aux salariés les 10% et plus de part salariale prise sur la valeur ajoutée dérobée par les actionnaires.

Oui, ne nous laissons pas faire et ce n’est pas parce que le libéralisme européen qui dirige l’Europe impose ces normes qu’il faut céder.

La bataille des retraites doit être menée et il faut aider la CGT dans sa démarche de mobilisation des actifs et des retraités.

Le 1er mai est un premier rendez-vous.

 

Bernard LAMIRAND

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1968 TEMOIGNAGES

Publié le 27 Avril 2008 par aragon 43 dans Actualités


1968  A Usinor Dunkerque (Bernard LAMIRAND)     

Les événements de 1968 vont précipiter les choses. L’usine va être occupée pendant plusieurs semaines. Malheureusement je suis absent les premiers jours du conflit. J’ai une violente crise d’appendicite et je dois être opéré d’urgence le 13 mai,  le jour de l’imposante manifestation des travailleurs contre la répression au Quartier latin par le gouvernement gaulliste.

Je vais suivre les événements en ayant les nouvelles à mon réveil par Marie mon épouse, je suis  impatient de rentrer à la maison pour  me rendre à l’entreprise et rejoindre la lutte.

Cette lutte à Usinor Dunkerque ne vient pas par hasard, comme ailleurs, les travailleurs en ont marre du système gaulliste (10 ans ça suffit). Les sidérurgistes d’Usinor Dunkerque veulent leur dû en salaires et en réduction du temps de travail et ils revendiquent de nouveaux droits syndicaux. Déjà, dans les années précédentes à Usinor Dunkerque, des conflits avaient éclaté aux aciéries et aux laminoirs : une grève massive avait d’ailleurs marqué la visite du Général de Gaulle en 1965, celui-ci  était affaibli par son premier échec politique : sa mise en ballottage aux élections présidentielles en 1965. Voulant visiter l’usine, il reçut un véritable camouflet, la direction espérait lui montrer une séquence de laminage des bobines mais l’exigence des syndicats de l’usine était que pour sa venue, la direction attribue une forte prime à tous les travailleurs. Devant le refus de la direction, nous nous mimes en grève, ( toute l’usine fut arrêtée) la direction dut faire appel à des ingénieurs et des contremaîtres pour faire marcher le train continu à chaud et réaliser la sortie de bobines d’acier : le résultat fut accablant et affreux pour les ténors de la direction, la plupart des bobines d’acier furent mises au rebut, et ce jour là, les hauts cadres perdirent le peu d’autorité qu’ils avaient encore sur le personnel : ils furent la risée de toute l’usine.

A Usinor Dunkerque, la mobilisation fut très forte en mai 1968, l’usine fut  totalement occupée, plus rien ne fonctionnait. Ce fut le mouvement le plus fort que j’ai eu à connaître dans cette entreprise, une action massive provenant de la base, seulement quelques cadres avec la direction s’opposeront à cette grève et joueront les « briseurs de grève ».

Je ne vais donc pas traîner en convalescence. J’avais besoin de repos, mais la  hâte d’être partie prenante de cette grande lutte était la plus forte.

Mon médecin, un gaulliste invétéré, proposa, vu les événements, de prolonger mon arrêt maladie.  Il signifia que c’était à « mes risques et périls » si je reprenais le travail. Je  refusai et pris le chemin de l’usine où je me déclarai tout de suite gréviste. Le gars responsable du  piquet de grève hurla en voyant ma carte de gréviste vierge, « où était-tu !», il fallu que j’expliquasse les raisons de mon absence : je ne suis pas sûr, encore aujourd’hui, que cette bande de braillards m’ont cru. Après cette réception,  j’étais un peu refroidi, on m’affecte au piquet de grève et au tuyau d’arrosage qui, dans la sidérurgie, n’est pas un tuyau pour arroser les fleurs : la pression est telle qu’elle peut faire reculer une manifestation, renverser les meneurs et on le verra par la suite.

Mais, avant d’en arriver là, où en était la lutte ? Celle-ci était coordonnée par une intersyndicale CGT- CFDT- FO.

A  coté, un groupe virulent, s’étant baptisé « les katangais », haranguait les foules pour monter des opérations commandos contre les « jaunes et la direction. Ces gens là gesticulaient beaucoup. Il n’y avait pas qu’eux : les mouvements gauchistes et étudiants venaient eux aussi pour mener des opérations violentes. Tout cela ne faisait pas sérieux avec une CGT dont la direction syndicale ne cachait pas une orientation sociale-démocrate mélangée d’anarcho-syndicaliste. Mais, je suis dans le bain, la grève se poursuit durement avec des incidents et des affrontements contre les CRS et les gardes mobiles. Cela va durer plusieurs semaines, entrecoupé de négociations avortées y compris une tentative de kidnapper le PDG.

Nous arrivons à un moment où la situation commence à se retourner après le fameux meeting de Charléty ou « la social-démocratie opportuniste » avec les Mitterrand, Mendés France, Rocard et la CFDT croient leur heure arrivée et qu’ils peuvent ramasser le pouvoir. Ce sera, le retour du Général de Gaulle  qui s’annonce par une manifestation de tous les réactionnaires et fort de ce rassemblement, il dissous l’assemblée nationale pour organiser de nouvelles élections. Ce sera  un raz de marée de la droite, une chambre introuvable dira un politologue.

De Gaulle reprendra le contrôle du pays et au niveau de l’entreprise des négociations ont enfin lieu : elles seront difficiles, les projets présentés par la direction sont jugés insuffisants par les travailleurs réunis en assemblée générale chaque jour à l’entrée de l’usine. Une énorme barricade s’est constituée en vue de faire face aux provocations des jaunes et d’une intervention possible des forces dites de l’ordre. A plusieurs reprises, ce sont de véritables convois armés qu’organisent les « occupants » qui défilent dans les rues de Dunkerque et de Grande Synthe pour s’opposer à la direction et ses nervis. Des camions servent de pièces d’artilleries, des frondes sont installées, le minerai de fer devient projectile. Des militants énervés, membres de diverses organisations, s’y distinguent par leur virulence et leurs irresponsabilités.

Ce « jusqu’au-boutisme » nous amènera à être parmi les derniers à reprendre le travail. Je me dis que l’on aurait pu se dispenser d’avoir allonger le temps de grève inutilement car la direction avait cédé sur pas mal de choses. Je ne distinguais pas encore, à cette époque, qu’il fallait savoir terminer une grève. Ce « jusqu’au bout » va diviser les travailleurs et les patrons vont monter des comités pour la liberté du travail avec des éléments gaullistes et d’extrême- droite. Des heurts de plus en plus nombreux auront lieu aux abords de l’entreprise.

La violence s’exacerbe donc de part et d’autre.

La direction, de plus en plus provocatrice, monte à l’assaut des piquets de grève qui commencent sérieusement à se dégarnir. Un jour, toute la direction arrive aux portes, aux cris de « liberté du travail » ; étant d’astreinte aux piquets d’entrée de l’usine ce jour là, je suis parmi ceux qui vont  les asperger et les faire reculer. Le directeur nous somme de le laisser passer, il fait machine arrière devant la puissance du jet de la lance à incendie.

Lui et ses sbires sont pipants et pitoyables ; ils n’ont plus qu’à aller se changer après une telle douche froide.

J’ai su,  plus tard,  que le directeur avait cherché à savoir qui était cet individu qui l’avait copieusement aspergé. Il n’allait pas tarder à le savoir.

Mais la grève se termine et nous gagnons d’importants acquis qui sont encore aujourd’hui inscrits dans les feuilles de paie.

Quelques mois plus tard je devenais responsable du syndicat CGT et du comité d’entreprise ; pour moi militant de la JOC à cette époque, une page nouvelle s’ouvrait et 68 me permettait de discerner la lutte de classe et ce qu’elle recélait comme acte militant et mon engagement syndical et politique allait prendre alors une autre dimension.

 

Bernard Lamirand : Ancien Secrétaire Général du syndicat CGT Usinor Dunkerque

 

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SARKOZY PASSE À PERTE ET PROFITS SES PROMESSES ELECTORALES

Publié le 24 Avril 2008 par aragon 43 dans politique

SARKOZY PASSE À PERTE ET PROFITS SES PROMESSES ELECTORALES

 

Je me suis refusé à regarder pendant une heure quarante l’intervention du Président de la République.

Une heure quarante pour affirmer une ligne politique : celle du patronat et de la bourgeoisie internationale.

Il  ne pouvait en être autrement.

Le coté  « mea-culpa » sur sa conduite des affaires, ses contradictions, ses couacs et ceux de son gouvernement n’étaient relatés que pour noircir les papiers journalistiques de la presse et des médias peopolisés..

Les journaux que je viens de consulter indiquent que Sarkozy a éludé les vraies difficultés posées aux français après un an de pouvoir.

Sur tous les sujets il met en œuvre une politique réactionnaire. Peut-il en être autrement de la part de cet homme représentant les intérêts des nantis ?

Cet homme est nocif pour la France et l’Europe des travailleurs.

La question essentielle, celle du pouvoir d’achat des salariés et des retraités, n’est pas résolu et sa promesse d’être le président du pouvoir d’achat n’existe plus.

Il en est revenu « au vieux bazar gaulliste » de la participation et de l’intéressement.

Ce président propose même pour payer le revenu de solidarité active de s’en prendre à la prime de l’emploi et surtout de virer des listes du chômage les demandeurs d’emploi qui ne répondront pas aux conditions des deux emplois proposés par l’ANPE.

Rien non plus sur les franchises et sur l’ensemble du dossier de la santé.

Pour les futurs retraités ils devront accepter de travailler plus longtemps et de cotiser plus pour leur retraite.

Le Medef peut dormir sur ses deux oreilles et ce n’est pas les petites remontrances sur le capitalisme et ses excès qui courrouceront les patrons qui ont la satisfaction de voir Sarkozy confirmer que les réformes c’est pour les aider à mieux exploiter la main d’œuvre à moindre coût et de pouvoir en disposer comme bon leur semble.

Ce discours de Sarkozy indique bien que sa politique, c’est surtout de tenir compte des desideratas de la bourgeoisie au détriment des français modestes.

Sur les grandes questions du monde et notamment de l’appauvrissement qu’engendrent les politiques libérales, Sarkozy ne s’est pas épanché.

Nous avons donc maintenant pour « l’an deux » de ce président l’affirmation de ce qu’il est réellement : un homme de droite, d’une droite prête à saccager les acquis sociaux pour assurer la rentabilité du capital.

Qui peut encore en douter ?

Lang !

Attali !

Strauss-Kahn !

La social-démocratie !

Nous voilà donc averti, fini le temps des promesses électorales, le discours de ce soir voulait rompre cela.

Nul doute que le peuple va subir de plein fouet cette politique thatchérienne et que la nécessité d’organiser la riposte devra être forte et unitaire et cela donne plus de poids à la démarche de la CGT de créer les conditions unitaires d’un vaste mouvement autour des salaires, des retraites et de la santé.

Il me semble aussi que le parti communiste français a toutes les raisons d’affirmer ses propositions pour dépasser ce capitalisme et montrer que la politique de Sarkozy, c’est bien celle d’un libéralisme qui échoue et ne peut que produire que des reculs de société.

Les émeutes de la faim dans un certain nombre de pays pauvres peuvent s’étendre et déjà en France et en Europe la misère s’installe y compris dans les classes moyennes.

Le parti communiste est indispensable pour faire saisir aux gens que des perspectives de progrès sont envisageables mais pour cela il faudra engager une sacrée bataille d’idée.

 

Bernard LAMIRAND

 

 

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APPARITION A L’ELYSEE D’UN DISPARU

Publié le 18 Avril 2008 par aragon 43 dans politique

APPARITION A L’ELYSEE D’UN DISPARU

 

On le croyait disparu depuis que le radeau de la méduse de 2002 avait sombré dans le marécage de la gauche plurielle.


Le château était dans tous ses états : dehors, dans les jardins, les oiseaux piaffaient d’impatience comme aux beaux jours de la cohabitation où Jospin, après un conseil des ministres, prenait l’air et apprivoisait les piafs en vue de son arrivée prochaine.

Dans ma chronique sur les visiteurs de Sarkozy, après la visite du farceur Cohn Bendit, vient le tour de Jospin le lâcheur.

Je sais, vous allez me dire que Wurtz y est allé aussi pour préparer la présidence européenne de notre maître Sarkozy : pas de commentaires, je risquerais d’être désagréable.

Si, une phrase, je me souviens d’un meeting lors du référendum de la constitution européenne, où il s’était tout seul fabriqué un mythe sur la naissance de la communauté européenne, à savoir la communauté Européenne du charbon et de l’acier (CECA) a été quelque chose de formidable comme acte créateur de l’Europe. Je suis allé le voir pour lui dire mon ressentiment, à moi le sidérurgiste, qui sait ce qu’a coûté cette CECA : la destruction d’une grande partie de la sidérurgie européenne et l’installation du flibustier hindous Mittal aux commandes de ce qui reste de notre sidérurgie nationale.

Revenons à Jospin, vous savez ce grand premier ministre de la gauche plurielle qui a abandonné ces troupes en pleine bataille en disant : « j’arrête la politique ». Sa visite, ce jour à l’Elysée, telle qu’il nous l’a expliqué ce soir à la télé était pour donner son opinion au futur président de l’Europe et lui dire ce qu’il devrait éviter pendant sa présidence car lui savait puisqu’il avait présidé avec Chirac à l‘époque de Nice et de Lisbonne.

J’ai noté ses conseils, cela ne va pas chercher bien loin et en tous les cas, de sa part, il n’y a pas la moindre allusion à la casse de nos retraites et à la baisse du pouvoir d’achat qui viennent de là.

Il faut dire, que Lisbonne c’est lui, et à cette époque, le sieur Jospin se situait vers l’allongement de l’âge de la retraite, le retour des seniors au boulot et le mise en place de fonds de capitalisation.Il ne pouvait rien faire contre les restructurations industrielles.

Jospin, ce soir, nous a trouvé quand même trouvé une réponse à cet  épineux problème  de la crise financière et de plusieurs milliards d’Euros partis en fumée en proposant à Sarkozy de recourir au service de son ami Strauss Khan directeur du FMI.

Vu les dégâts dans le monde entier  qu’a fait cette organisme depuis qu’il existe et les responsabilité qu’il porte dans les émeutes de la faim, nous avons tout à craindre de ce trio pour régler la crise « Sarkozy Strauss Khan- Jospin pour sauver le dollar américain ».

Comme je suis « unitaire pour deux » je ne me répandrai pas dans les rues de ma ville bien-aimée en disant «  Jospin où t’a mis ta gauche ».

Tristesse quand même de voir ce politicien venir apporter son aide à ce réactionnaire, qui actuellement, casse l’ensemble de nos droits sociaux.

Mais vous allez me dire «  tu te faisais des illusions sur Jospin ? ».

Non !

Vous avez raison ;  Jospin  reste dans ton île de Ré et fais du vélo et pense à améliorer les pistes cyclables.

 

Bernard LAMIRAND

 

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COHN BENDIT A L’ELYSEE …..

Publié le 16 Avril 2008 par aragon 43 dans politique

COHN BENDIT A L’ELYSEE …..

 

Le grand révolutionnaire de 1968, celui qui honnissait les bourgeois dans ses diatribes à Nanterre, vient de se rendre à l’Elysée pour une rencontre avec le Président de la République.

Il a beaucoup changé…...

La rondeur physique ne dément pas la rondeur politique du personnage.

Le jeune étudiant de 1968, celui qui faisait des pieds de nez au « grand Charles », est devenu un notable allant à la messe capitaliste ; un dévot quoi...

Le grand Charles, s’il serait toujours là, pourrait le désigner comme compagnon de la libération du capital.

Bien sûr, il a encore le coup de gueule, mais il l’exerce dans le cadre de la légalité bourgeoise,dans ses petits chaussons tissés à la communanuté européenne.

Et ses coups de gueule ne vise jamais le capital.

Il est vrai que le bonhomme n’a jamais eu grande connaissance de la lutte de classe.

Les profits peuvent dormir tranquille car l’individu Cohn Bendit est un apparatchik européen libéral : une sorte de dirigeant soviétique du polit bureau de l’Europe libérale ;  il parcourt l’Europe pour valoriser le libéralisme : ses prestations lors du référendum sur la constitution européenne le démontre.

En ce moment, il a droit à toutes les télévisions à sa botte pour le quarantième anniversaire de 1968 et nous avons droit à nouveau à toutes les facéties de ce farceur.

Farceur car il n’a jamais eu l’intention de faire la révolution et la plupart de ses amis de l’époque non plus, eux qui écument aujourd’hui les plus belles places des grandes institutions bourgeoises.

Il faut dire que nous, les vrais soixante-huitard, nous savions qu’il n’était qu'un pseudo révolutionnaire.

Ses coups de gueule de l’époque et ses provocations n’ont fait peur qu’aux « clébards » du seizième arrondissement et leur minable opération de Charléty fut un fiasco.

Dans les usines occupées nous en avions que faire de ces individus.

Ses amis venaient aux portes de entreprises pour nous parler de la révolution prolétarienne et nous vanter « la Chine de Mao » mais leurs discours sentaient « le bouquin jauni » et ne passaient pas les grilles soudées de nos entreprises

De le voir aujourd’hui se rendre chez Sarkozy, soi-disant pour des raisons Européennes, n’est donc pas surprenant.

Ce personnage a fait le tour du propriétaire et il a atterrit là où il était destiné.

A quand Monsieur Sarkozy une place de ministre pour le rouquin ?

Vous pourriez lui confier le ministère de la coordination des anciens soixante-huitards recyclés à droite et au Medef.

Et à quand la remise de la médaille pour bons et loyaux services à la bourgeoisie à ce grand et émérite révolutionnaire en peau de lapin.

 

Bernard Lamirand   soixante huitard des usines

 

 

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BERLUSCONI DE RETOUR

Publié le 14 Avril 2008 par aragon 43 dans communisme

BERLUSCONI DE RETOUR

 

Eh bien, ça y est !

Berlusconi, l’homme de la droite extrême, du Vatican et du patronat vient de triompher.

Il a remporté les élections et revient au pouvoir pour la troisième fois.

Il ne pouvait en être autrement.

Les travailleurs italiens vont souffrir encore plus.

Pourquoi ont-ils voté pour cet individu ?

Tout Simplement parce que la gauche italienne est devenu insignifiante.

Nous aurons donc deux populistes : l’un en France et l’autre en Italie. Et si l’on observe l’Europe, celle-ci devient de plus en plus la chasse gardée de la droite et de la bourgeoisie européenne.

Le triste Prodi, de la marguerite fanée, a ainsi contribué au retour de Berlusconi.

L’attelage qu’il dirigeait, allant de la droite centriste en passant par les repentis communistes devenu sociaux libéraux et les restants communistes, se sont complus à défendre le libéralisme et les nantis italiens. Honte à eux.

Pire que la gauche plurielle ! C’est peu dire. Les retraités en savent quelque chose

Il est vrai qu’avec Prodi et Veltroni il ne pouvait en être autrement : Walter Veltroni  a misé sur le centre droit « Nous sommes réformistes, pas de gauche » a-t-il dit.

Cet ancien communiste vient de prendre « une branlée » et j’en serais fort aise si nous n’avions pas les fascistes entrain de parader à Rome avec la petite fille de Mussolini ce soir.

Le social n’était sûrement leur tasse de thé à ces larbins.

De même la défaite minable du regroupement « Arc en ciel » où l’on a choisi cette appellation pour ne plus s’appeler communiste. Tout cela montre que ces manœuvres ne sont pas appréciées par le peuple qui ne voit plus d’autres perspectives.

Et quand je pense, qu’à la fête de l’humanité, des dirigeants du conseil national nous ont vanté cette alliance des communistes avec Prodi et Veltroni, il y a de quoi s’interroger.

A ceux qui ont honte du PCF je les invite ce soir à méditer l’expérience italienne.

 

Bernard LAMIRAND PCF j’y tiens.

 

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LA FAIM ET LE COMMUNISME

Publié le 14 Avril 2008 par aragon 43 dans communisme

LA FAIM ET LE COMMUNISME

 

On nous avait dit qu’avec néo-libéralisme, « la faim dans le monde » aurait été extirpée pour le début du vingt et unième siècle grâce « aux échanges libres et non faussés ».

Les manifestations de la faim dans les pays pauvres et asphyxiés par les obligations de l’organisme de contrôle du capitalisme, le FMI, montrent qu’il n’en est rien et que le pire est envisageable.

L’excellent éditorial de Patrick Appel Muller dans l’humanité de ce matin révèle toutes les raisons de ce fléau qui reprend de la vigueur dans le monde et pas seulement dans les pays en voie de développement.

Patrick a raison de souligner quel est le bras qui arme cette famine : la misère.

Et la misère provient de quoi, sinon que de cet «  Attila » des temps d’aujourd’hui, le libéralisme qui détruit tout sur son passage.

Le capitalisme, pris dans sa frénésie de recherche du taux de profit maximum a besoin de labourer toutes les terres de profits existantes dans le monde.

De la spéculation sur les monnaies, sur la profitabilité à tout prix de la production, sur le fric à se faire sur l’habitat, sur les cultures et l’alimentation rien ne doit lui résister.

Nous avions connu, hier les émeutes de Buenos-Aires parce que les gens avaient été  détroussés de leurs économies et que leur argent ne valait plus rien et aujourd’hui on les détrousse dans le monde entier en multipliant par trois les prix des denrées alimentaires.

Tous les peuples sont sous la coupe de cette égorgeur : le capital.

On nous parle des droits de l’homme pour la Chine ; c’est vrai que les chinois devraient faire autrement que de jouer les répressifs car ils ont toutes les raisons de montrer qu’ils font mieux  que les pays capitalistes qui règnent dans le monde et qui l’affame ce monde : ne sont-ils pas sortis des famines qui caractérisaient leur pays et c’est un exploit de permettre à ce milliard et demi d’individus de vivre sans avoir la faim qui le tenaille et la mort qui le guette.

Encore une fois, Patrick a raison de dénoncer cette banque mondiale et ce FMI qui ont imposé aux pays pauvres l’abandon des cultures vivrières au profit des matières premières à exporter et de pointer du doigt ces multinationales qui dictent leur loi dans le monde entier.

On nous parle de dictature en Chine, OK, mais la dictature des marchés est bien plus horrible car elle fait mourir des millions d’individus de faim et aussi de manque de santé.

Cela, nos pontifes de l’information n’en parlent jamais.

Un homme, l’ancien rapporteur spécial des Nations –unis sur le droit à l’alimentation, a jeté l’alarme depuis bien longtemps, c’est Jean Ziegler, et il n’hésite pas à dire que « c’est un crime contre l’humanité ».

En France et en Europe, nos dirigeants nous dit-on n’ont rien vu venir ; je m’insurge contre cette allégation ; ils ont vu venir puisqu’ils sont les incitateurs principaux de cette misère qui se développe un peu partout dans le monde.

Cette Union Européenne du profit en est le principal responsable avec les Etats-Unis d’Amérique et leurs dirigeants ont tout fait pour rétrécir le prix de la force de travail et les peuples sont pris par les deux bouts de leurs sales politiques : la baisse des salaires et de la protection sociale et la hausse des prix.

Ce qui devait arrivé est arrivé: les émeutes de la faim font sortir les affamés.

Je plaide pour que ce monde des affamés fassent disparaître les temples du fric du monde entier.

Une dernière chose de cette article : comment faire pour changer ce monde pourri par le fric sinon que d’en appeler à une autre société et les communistes ont toutes les raisons de reprendre leur bâton de pèlerin pour changer cette société et arrêter de se frapper la poitrine.

Le capitalisme est entrain de montrer à travers cette famine qui le traverse de part en part qu’il n’est plus producteur de progrès de l’humanité.

Et qui peut l’être ?

Le Communisme !

A nous de le dire déjà dans notre pays.

 

Bernard Lamirand PCF j’y tiens.

 

 

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POUR UN NOUVEL INTERNATIONALISME DES PEUPLES

Publié le 13 Avril 2008 par aragon 43 dans politique

Samir Amin : pour un nouvel internationalisme des peuples

Publié 12 Avril 2008

Comment analysez-vous les développements actuels de la crise économique et financière à l’échelle mondiale ?  

 Samir Amin. La financiarisation du système libéral, considérée par beaucoup comme une forme nouvelle, durable du capitalisme, n’était à mon avis que le moyen conjoncturel pour le capital de surmonter ses contradictions. La croissance des revenus du capital et la réduction de ceux du travail ne peuvent être poursuivies indéfiniment. Le versant financier du système était son talon d’Achille. Les subprimes ne sont pas la cause de la crise, qui est systémique, mais seulement l’accident de parcours qui l’a déclenchée. Après la privatisation des profits, les forces dominantes en place vont s’employer à en socialiser les pertes, c’est-à-dire à les faire payer aux travailleurs, aux retraités et aux pays vulnérables du tiers-monde. Le capitalisme, comme système historique, est, selon vous, dans une phase de « déclin ». Qu’est-ce qui justifie une telle analyse ?

  Samir Amin. Le système capitaliste, comme système historique, a connu une très longue maturation. Au contraire, son apogée, amorcé au plan politique par la Révolution française et au plan économique par la révolution industrielle, s’est concentré sur le XIXe siècle, c’est-à-dire sur une période très courte. La fin de cet apogée est annoncée très tôt, dès 1871, par la Commune de Paris et peu après, en 1917, par la première révolution au nom du socialisme, la révolution russe. Contrairement aux apparences et aux opinions dominantes, le capitalisme est entré, alors, dans une longue période de déclin. Remis en cause au XXe siècle, comme système économique, social et politique par les projets alternatifs (socialistes, communistes), il est également confronté au contraste grandissant qu’il a lui-même produit entre les centres dominants et les périphéries dominées. Ce contraste a alimenté la révolte, le refus des peuples dominés de s’ajuster, d’accepter cette domination et la dégradation des conditions sociales qu’elle engendre.

 Comment s’articulent ces deux dimensions - idéologique et géopolitique - de la remise en cause du capitalisme ?

  Samir Amin. Elles sont indissociables. Tout simplement parce que le capitalisme réellement existant, comme système mondialisé, est impérialiste par nature. Cette indissociabilité a été formalisée, au siècle dernier, par les révolutions socialistes qui ont pris corps aux périphéries du système capitaliste. Je pense aux révolutions chinoise, vietnamienne et cubaine. Cette association, au XXe siècle, entre les deux dimensions de la remise en cause du capitalisme constitue en quelque sorte une première « vague ». Celle des révolutions au nom du socialisme, des grands mouvements de libération nationale avec des degrés divers de radicalité, du non-alignement, de l’anti-impérialisme. Cette première vague a atteint ses limites historiques assez rapidement. Elle s’est essoufflée. Très rapidement, dans le cas des pays du tiers-monde sortis de la libération nationale. Moins rapidement dans le cas des révolutions au nom du socialisme. Mais le résultat est le même : cette première vague s’est émoussée, puis exténuée.

 Vous estimez néanmoins qu’une seconde « vague » de remise en question d’ensemble du système mondialisé peut prendre naissance. Mais comment ?

  Samir Amin. Entre la vague qui s’est épuisée et la nouvelle vague, possible et nécessaire, du XXIe siècle, il y a un creux. Dans ce creux, les rapports de force sociaux, politiques, sont inégaux. Tellement inégaux qu’ils permettent une contre-offensive du capital, renforcée par les illusions de la fin de l’histoire, de l’effacement totale de la première vague. Ce qui permet au néolibéralisme de construire un discours réactionnaire, et non pas « libéral », comme il se prétend. C’est un discours de retour au XIXe siècle, sur le modèle du discours de la Restauration, qui illustrait, en France, l’aspiration à un retour avant la Révolution. Sarkozy est la parfaite illustration de ce discours réactionnaire. Ce qu’il appelle « réformes » désigne en réalité des contre-réformes visant l’abolition de tout ce que les travailleurs ont conquis au cours du XXe siècle. Nous sommes dans ce creux. Mais nous voyons déjà se dessiner sur l’océan les premières rides de ce qui peut devenir la nouvelle vague. On peut les voir, par exemple, dans ce que j’appelle les avancées révolutionnaires de l’Amérique latine. Le processus que connaît ce sous-continent est caractéristique. Il est à la fois anti-impérialiste (particulièrement anti-yankee, puisque c’est l’impérialisme nord-américain qui domine brutalement cette région du monde) et à aspiration socialiste. Cette aspiration est formulée de façons diverses, parfois vagues, parfois plus précises, voire dogmatiques. Mais il est intéressant de constater qu’anti-impérialisme et aspiration socialiste sont, là encore, indissociables.

 Vous évoquez des « avancées révolutionnaires » en Amérique latine. Qu’entendez-vous exactement par là ? Quelle différence faites-vous avec la révolution ?

  Samir Amin. Je crois qu’il faut voir ce long déclin du capitalisme comme pouvant devenir une longue transition vers le socialisme mondial. « Longue » signifiant ici qu’un tel processus historique pourrait prendre plusieurs siècles, cette transition impliquant des vagues successives. La tradition communiste a pensé la révolution et la construction du socialisme comme des possibilités relativement rapides, dans un temps historique court, sur des années ou des décennies. Je préfère, aujourd’hui, parler d’avancées révolutionnaires plutôt que de révolution. « Révolution » inspire l’idée, fausse, que tous les problèmes pourraient être réglés du jour au lendemain. Des « avancées révolutionnaires » correspondent, à mes yeux, aux amorces de mise en place d’autres logiques que celles du capitalisme. Elles peuvent, à leur tour, préparer d’autres avancées, des « vagues » ultérieures. Mais il n’y a pas, en la matière, de déterminisme historique. Il y a des nécessités objectives, au sens hégélien du terme, mais pas de déterminisme absolu. Si cette transition vers le socialisme ne devait pas s’opérer, le scénario serait celui d’une longue transition vers toujours davantage de barbarie. Les deux possibilités coexistent.

 Ce creux de la vague est propice, dites-vous, au développement de toutes sortes d’« illusions » sur le capitalisme. Qu’est-ce à dire ?

 Samir Amin. « Le vieux monde se meurt. Le nouveau monde tarde à paraître. Et dans ce clair-obscur les monstres surgissent », écrivait Antonio Gramsci. Cette phrase m’a toujours frappé par sa justesse et sa puissance. On peut dire que l’ancien monde, celui de la première vague de remise en cause du capitalisme, est mort. La seconde vague est en train de naître. Dans ce clair-obscur, les « monstres » prennent la forme de personnages comme Bush, Sarkozy, Berlusconi, d’un côté, comme Ben Laden et ses complices de l’autre. Mais ce clair-obscur est aussi un moment de grandes illusions, que l’on peut classer en trois familles. Elles se répartissent dans le monde en des lieux différents, l’une ou l’autre est dominante selon les régions, mais elles existent et coexistent partout. Appelons la première l’illusion « sociale-démocrate ». C’est l’illusion d’un capitalisme à visage humain. Elle a pu se traduire dans un projet politique à certains moments de l’histoire du capitalisme, quand le rapport de forces était plus favorable aux classes populaires. Je ne dénigre pas du tout ce qu’ont réalisé les régimes du « welfare state » après la Seconde Guerre mondiale. Mais ces réalisations n’auraient pu voir le jour sans la « menace communiste » qui hantait alors la bourgeoisie. Cette menace était incarnée, aux yeux des dominants, par l’URSS. En réalité, la menace n’était pas tant celle du communisme ou de l’URSS que la menace que représentaient pour eux leurs propres peuples. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, les retraites par répartition, les régimes spéciaux ou la Sécurité sociale auraient été impensables sans la puissance, dans le cas français, du Parti communiste. C’est vrai un peu partout dans le monde, sous des formes différentes. Ce capitalisme à visage humain n’est donc envisageable que dans les périodes d’affaiblissement du capital. En revanche, lorsque la domination du capital est assise, forte, il n’a pas du tout de visage humain. Il prend son visage réel, un visage tout à fait sauvage. Nous sommes dans un moment de ce genre. Dès lors, croire, aujourd’hui, dans la possibilité d’un mouvement vers un capitalisme à visage humain relève de l’illusion. Une illusion grave et dangereuse, dans la mesure où elle désarme les classes populaires en leur faisant miroiter la possibilité d’avancées sans luttes, sans renversement des rapports de forces en leur faveur. Cette famille d’illusions est dominante en Europe occidentale. Dans les pays dits émergents, ce sont les illusions nationalistes qui dominent. Ce type d’illusions consiste à considérer que des pays comme la Chine, l’Inde, le Brésil, assez forts, désormais, pour entrer dans le système capitaliste mondial, peuvent s’imposer comme des partenaires à égalité avec les anciennes puissances. Ces illusions sont nourries par une abondante littérature sur la crainte de « l’hégémonisme chinois montant », presque une variante de la peur du « péril jaune ». À cette littérature en répond une autre, nationaliste celle-là, faisant l’éloge des évolutions en Chine et ailleurs. En réalité, les rapports de forces internationaux, la domination du capital financier, de l’impérialisme collectif des États-Unis, de l’Europe et du Japon ne permettra pas à ces pays de jouer à égalité, sur la scène mondiale, avec les vieilles puissances. Le langage de plus en plus agressif vis-à-vis de la Chine en témoigne. Ce langage trouve déjà sa traduction, dans le réel, avec des agressions brutales visant des pays faibles, comme l’Irak. D’autres pays, moins faibles, mais qui sont néanmoins des puissances moyennes, comme l’Iran, sont à leur tour menacés. Derrière ces agressions se profile, en réalité, la volonté des États-Unis d’envisager jusqu’à une guerre contre la Chine si celle-ci devenait trop menaçante pour leurs intérêts. Dans un tel contexte, croire que les pays émergents pourront s’imposer dans le système pour rompre avec la logique capitaliste est une illusion. La troisième série d’illusions, la pire, recouvre les passéismes. Ces illusions-là frappent les peuples défaits dans l’histoire. C’est le cas des pays arabes, et, plus largement, des pays islamiques, mais aussi de l’Afrique subsaharienne, tentés par la recherche de solutions dans les « racines », dans la reconstruction aberrante d’un passé mythique qui n’a jamais existé. Ces passéismes se déguisent facilement. La religion, l’adhésion à la religion s’y prêtent, de même que la revendication de racines « ethniques » ou « tribales ». Ces illusions se fondent sur une pseudo-authenticité fabriquée, qui n’a rien à voir avec la réalité. Nous sommes dans un moment où ces trois illusions travaillent des sociétés différentes.

 Vous proposez, dans votre dernier livre Pour la Cinquième Internationale, de favoriser la cristallisation de la deuxième vague critique du capitalisme. De quelle manière ?

 Samir Amin. Le moment de démoralisation des forces populaires, des ralliements aux idées selon lesquelles le « socialisme était définitivement vaincu » et le capitalisme était devenu « la fin de l’histoire » ont cédé la place, dès la fin des années quatre-vingt-dix, à l’appel au combat pour un autre monde, meilleur. Les forums sociaux altermondialistes ont été l’un des lieux donnant une visibilité aux luttes. Mais il reste beaucoup de chemin à parcourir pour que la convergence de ces luttes se cristallise dans des stratégies cohérentes et efficaces, capables de mettre en déroute les projets de contrôle militaire de la planète par les États-Unis et leurs alliés, d’ouvrir des voies nouvelles au socialisme du XXIe siècle, un socialisme plus authentiquement démocratique que celui de la vague du XXe siècle. Associer le combat démocratique au progrès social, reconstruire sur cette base l’internationalisme des peuples face au cosmopolitisme du capital, tel est le défi auquel la gauche est confrontée dans le monde entier.

 Entretien réalisé par Rosa Moussaoui

mercredi 13 février 2008 par Ghassan Waïl

MASSAOUI Rosa, AMIN Samir [1]

[1]  Samir Amin est membre du Conseil international du Forum social mondial et président du Forum mondial des alternatives (Égypte). Il est auteur de très nombreux ouvrages d’analyse économique et politique et de géopolitique. Il participait samedi dernier à Paris au colloque « Altermondialisme et post-altermondialisme » organisé par l’association Mémoires des luttes et la revue Utopie critique.

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LA DILUTION POUR LA DISPARITION

Publié le 13 Avril 2008 par aragon 43 dans communisme

 

 

LA DILUTION POUR LA DISPARITION

 

Le processus de la disparition du parti communiste italien (PCI), le plus puissant en Europe occidentale après la libération, arrive à son terme.

Expérience concrète de ce qui nous arrivera si les liquidateurs du PCF l’emportent au congrès de la fin d’année.

L’Italie est un cas d’école très intéressant.

 

Le parti communiste italien a éclaté au moment où il y avait une brèche ouverte par la fin de la période sociale démocrate et de la démocratie chrétienne complètement pourrie par la corruption.

Des communistes italiens, déjà très engagés dans l’acceptation de l’Europe libérale, y trouvaient leurs pitances en créant un nouveau parti social démocrate et se proposèrent de gouverner avec la droite italienne centriste.

Des communistes attachés à leur valeur créèrent le parti de la refondation communiste.

Le PCI disparaissait.

Et bien c’est fini : la refondation communiste est entrain de se transformer en une nouvelle organisation appelé « Arc en Ciel » et leur leader, Fausto Bertinotti, poussant à cette nouvelle fusion organique avec une tripotée d’organisations associatives et verts et avec des citoyens non adhérents à des partis politiques, a décidé de faire disparaître à tout jamais l’idée d’un parti communiste dans ce pays.

Pourquoi cette nouvelle organisation ?

Tout simplement pour peser et avoir encore une petite place chez l’ancien « Coco » Veltroni (1) si celui-ci dans sa quête de pouvoir avec les centristes bat Berlusconi.

Bertinotti a déjà fait le coup avec Prodi et son gouvernement de gauche et centriste dont les italiens se demande encore aujourd’hui quelle différence, à part quelques nuances, il y avait avec toutes les politiques de droite précédentes dans ce pays.

La casse des retraites italiennes est là pour le prouver.

Bertinotti vient donc d’avaler son bulletin de naissance pour un futur plat de lentilles (pas sûr d’ailleurs) et ne vient-il pas de dire à la question posée de l’avenir du communisme dans son pays, je le cite : « le communisme restera comme tendance culturelle, de la même manière que le féminisme et l’écologisme ».

Voilà où peut nous amener les digressions actuelles de certains membres de notre direction nationale préconisant la disparition du PCF pour le remplacer par une force communiste.

Cette expérience italienne est à coupler avec celle de Die linke en Allemagne, et un des anciens communistes de l’Allemagne de l’Est, Grégor Gysi,  vient à dire que la nouvelle organisation n’a plus rien à voir avec le communisme.

Encore un, ayant sali l’idée du communisme dans son pays,  qui rejoint le peloton des repentis pour la gamelle et les fastes du pouvoir.

Et dire que nous avons des adeptes chez nous de ces nouveaux modèles pour une gauche dont le moins que l’on puisse dire c’est qu’elle n’a pas du tout l’envie de transformer la société.

Un bon conseil, si vous entendez parler pour qualifier cette nouvelle organisation de noms empruntés à la flore (Olivier, marguerite), où encore « arc en ciel »l méfiez vous, demain vous pourriez vous trouver embringuer dans des politiques de droite sous couvert de ces appellations ou encore du mot gauche qui ne voudra plus dire grand-chose alors.

Il n’est pas trop tard pour éviter que le processus italien nous dilue à notre tour.

 

Bernard LAMIRAND  Communiste PCF

(1) La carrière politique de Walter Veltroni a commencé dès l'adolescence. Membre de la fédération de la jeunesse du parti communiste italien (FGCI), il est repéré très tôt pour ses qualités d'orateur. En 1975, il devient secrétaire provincial du FGCI, puis responsable de la propagande de la commission et de l'information dans la fédération romaine du parti communiste (PCI). A l'âge de 32 ans, il rejoint le secrétariat national du parti. Il soutient Achille Occhetto dans la fondation du nouveau PDS, le parti démocrate de la gauche, pour lequel il devient responsable de la communication. En 1996, aux côtés de Romano Prodi, il fonde l'Ulivo - le pôle de l'Olivier - la coalition centre-gauche qui arrive au pouvoir la même année.

 

 

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