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ARAGON43

Mon site relate les événements syndicaux, sociaux, politiques, culturels et environnementaux .

RETRAITE : nous ne sommes pas des moutons !

Publié le 29 Mars 2008 par aragon 43 dans syndicalisme

Selon les Echos de ce jour, "Sortant rarement de sa réserve, Xavier Bertrand a beaucoup écouté hier au cours des huit heures de rencontres bilatérales avec les partenaires sociaux sur la deuxième étape de la réforme des retraites. Reprenant la méthode qui a fait ses preuves sur les régimes spéciaux, le ministre du Travail a recueilli leurs propositions et transmettra « une première trame [de propositions] à la mi-avril », avec pour objectif de trouver des points de convergence même si aucun syndicat ne soutiendra globalement le gouvernement. Suivra une nouvelle journée de bilatérales sur les grandes orientations de la réforme. Xavier Bertrand a expliqué qu'un délai de deux mois était raisonnable pour mener la concertation à son terme."

Pour qui nous prend-on ?

Nous ne sommes pas des moutons !


A quoi rime ce simulacre de discussions, sinon qu'à montrer, de manière factice, que l'on écoute les partenaires sociaux alors que l'on se fout de leur avis.

Partenaires sociaux ! Il y aurait de quoi rigoler si l'affaire ne serait qu'anodine.Partenaires sociaux; c'est le dessein d'une collaboration de classe avec une hiérarchisation de ceux-ci.
Tout le monde n'est pas à la même enseigne dans ce jeu de carte biseauté.
L'un a tous les atouts,le patronat.

Et que dit ce patronat depuis des années " il faut mettre un terme à la retraite couperet"; c'est à dire à un âge fixée de la retraite;  60 ans en l'occurence.
Voyez toutes les études des experts "nous vivons plus longtemps et l'espérance de vie permettrait de poursuivre les carrières professionnelles au delà des 70 ans".
Ces experts, pour la plupart, appartiennent à des cabinets de l'ordre établi.
Au niveau de l'Europe, un livre vert devenu livre blanc nous invite à réfuter l'idée d'un âge légal de la retraite.
La plupart des pays européens, où sociale démocratie et  droite bourgeoise fricotent ensemble, l'âge de la retraite dépasse  les 65 ans et et l'on s'avance dans les pays nordiques vers les 70 ans.

Au fait, quelle est la stratégie de Sarkozy et de son gouvernement ?
C'est d'avancer ses pions et conquérir des positions au fur et à mesure que l'on a investi un lieu; par exemple cela démarre en 1993 avec les retraites du régime général puis celles des fonctionnaires en 2003 pour s'attaquer ensuite aux régimes spéciaux en 2007.
Le tout pour mettre tout le monde à 40 ans de cotisations. L'équité était-il dit !
Aprés cette égalisation des droits, il s'agit pour le patronat et le gouvernement de puosser sans cesse le curseur et la prochaine touche est 41 ans.
A chaque fois, les gouvernants, flanqués de certains syndicats à l'échine courbée, ont fait semblant de négocier pour en arriver à accepter les positions du MEDEF.
Michel Rocard avait dit que la retraite pouvait faire sauter quantité de gouvernements, le message a été entendu et on avance toujours en sourdine en faisant semblant de se concerter mais jamais de négocier.
Le décideur c'est le Medef et son stylo invisible dans les mains de Fillion.

C'est ce que fait Xavier Bertrant, l'homme des assurances, car au fond de la démarche, c'est d'arriver à ce que demain, comme dans les pays anglo-saxons, la protection sociale relève des assurances privées par des contrats assurant le plus tard possible une retraite par capitalisation.

La retraite du régime général et celle des fonctionnaires et des des régimes spéciaux ne seront plus alors que des souvenirs.
Les récentes déclarations de Denis Kessler, cet ancien révolutionnaire de 1968 "en peau de lapin" devenu assureur et vice président du Medef indique bien la voie qui est suivie: celle de casser cette immense conquête sociale de 1945 instituée par un ministre communiste, Ambroise Croizat, autour de la répartition et de la solidarité avec des cotisations payées autant par les salariés que les entreprises à partir des plus values venant de la création de richesse.
C'est cela que le patronat ne supporte pas et en allongeant l'âge de départ à la retraite avec des pensions de plus en plus réduites, le gouvernement satisfait les actionnaires et les grandes multinationales ainsi que les assurances privées chères à Monsieur Xavier Bertrant.

La CGT a donc toutes les raisons d'appeler à agir tout de suite et de ne pas se laisser séduire par la fausse concertation  de Xavier Bertrant qui n'est qu'un "attrrappe nigaud".

Bernard Lamirand.
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LA CRISE VA DEFERLER…… Article de Bernard Lamirand

Publié le 23 Mars 2008 par aragon 43 dans Actualités

LA CRISE VA DEFERLER……    Article de Bernard Lamirand

 

Les élections municipales et cantonales étant terminée, le pouvoir revient à la charge pour mettre en œuvre  et accélérer sa politique de terre brûlée en ce qui concerne les acquis sociaux.

Ce soir, le débat à l’émission de Moatti « Ripostes » a révélé ce que le président de la république et son gouvernement s’apprête à faire pour le libéralisme économique.

Une politique d’austérité dépassant les vieilles recettes de rigueur exercées par des gouvernements de droite comme de gauche, où les principales victimes seront les salariés et les retraités.

D’entendre le ministre chargé des relations avec le parlement indiquait que le crise allait être dure ; affirmation reprise par d’autres participants de droite, qui en rajoutaient,  pour en faire une obligation de se serrer la ceinture, montre que ce pouvoir a des objectifs clairs qu’il cache derrière des histoires de personnes qui font, en quelque sorte,  que de constituer un écran de fumée pendant que les dépeceurs du social agissent.

La crise nous viendrait des Etats-Unis et rien ne pourrait l’arrêter.

C’est une crise financière ont-ils dit, ce qui est exact, mais on oublie de préciser qui en est le responsable : le système capitaliste et la spéculation financière qui ronge les économies capitalistes.

Marx a vraiment raison.

Chacun y allant de son couplet pour avertir le peuple qu’elle est à nos portes et à celles de l’Europe et que nous n’y pouvons rien au niveau de la France.

Une façon de préparer Monsieur tout le monde français à de nouveaux sacrifices.

Seul le président de la république quand il dirigera l’Europe, à partir du second trimestre pourra faire des propositions dont on peut douter qu’elles seront pour toucher à la caisse les « richards européens » qui l’entourent .

Mélenchon,  seul participant de gauche à ce débat, a tenté de définir les responsabilités du système capitaliste mondialisé, je m’interroge d’ailleurs s’il ne devrait pas prendre sa carte au PCF, ses propos marxistes étaient justes.

Cette crise n’est pas en effet imbattable si la France prend des mesures pour atteindre les coupables : ceux qui spéculent et que défend Strauss-kahn ou encore Ségolène Royal qui ont tous deux défendu le traité constitutionnel européen permettant justement à ces spéculations financières de se répandre dans le monde à travers les       grosses banques, les assurances, les fonds de pensions et les multinationales.

Tous ces gens de droite présents à cette émission, notamment Jean François Khan, dans leur dithyrambe contre Sarkozy, n’ont qu’esquivé la vrai question : la faillite du capitalisme.

Les réformes viseront essentiellement à faire payer les pauvres et à protéger les riches dans cette crise du capital où la social-démocratie française et européenne est prête à se coucher devant le « dollar roi » et les Etats-Unis.

Il est évident que la première des réformes qu’ils visent en France :  c’est la sécurité sociale et les retraites.

L’obligation de passer à 65 ans est d’or et déjà inscrite dans le programme gouvernemental comme la réduction des dépenses de santé qui toucheront les plus exposés aux risques de la maladie.

L’emploi sera à nouveau sous une pression maximale pour abaisser les salaires et accentuer la précarité et les cadences de travail.

Le chômage servira pour mettre en concurrence les salariés.

La manifestation syndicale de samedi prochain doit donc être un premier avertissement et il importe que nous soyons nombreux dans la rue pour dire non à la casse de notre système de santé et de retraite que veut nous imposer le gouvernement Fillion et le MEDEF.

Le combat continue donc et le PCF a toutes les raisons de prendre la tête de ce combat pour que cette droite soit battue avant les échéances de 2012.

Et pourquoi pas, même si l’histoire ne se répète pas, de créer les conditions d’une telle mobilisation du peuple que le pouvoir Sarkozien soit obligé de rendre les armes et de procéder à de nouvelles élections avant cette date.

Le peuple peut changer la donne.

La rue est les occupations des lieux de travail sont aussi une façon d’exprimer le départ anticipé de cette droite.

 

 

 

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MAI JUIN 1968 UN GRAND MOMENT SYNDICAL

Publié le 21 Mars 2008 par aragon 43 dans syndicalisme

MAI JUIN 1968 UN GRAND MOMENT SYNDICAL

 

(Intervention de Bernard Lamirand Président de l’IHS Métallurgie CGT pour l’inauguration de l’expo fédérale 1968 au 38eme congrès à Lyon du 16 au 21 mars 2008).

 

Pour vous donner un éclairage sur l’exposition concernant les événements de 1968, permettez-moi de vous en rappeler le contexte.

1968 représente le plus grand mouvement de l’histoire du monde du travail en France: plus de 10 millions de salariés se mirent en grève et occupèrent les ateliers, services et bureaux pendant plusieurs semaines.

Un mouvement démocratique avec un grand esprit unitaire des travailleurs.

Les événements de 1968 ne sont pas arrivés dans un ciel serein.

Il faut partir de1958 pour saisir ce mouvement. C’est l’année qui marque l’installation de la cinquième république avec un pouvoir personnel et autoritaire gaulliste.

Un pouvoir qui n’accepte pas de faire évoluer les pratiques sociales.

En effet, les usines ne sont plus celles où l’on travaille « à la Zola » ; l’arrivée de nouvelles technologies modifie fondamentalement les procédés de travail.

Il y a toujours une classe ouvrière majoritaire, mais les ingénieurs, cadres et techniciens sont de plus en plus nombreux.

Les femmes apparaissent plus nombreuses dans les professions de la métallurgie.

L’appareil productif,  encore aux mains de familles puissantes du capitalisme d’avant guerre, évolue vers des entités multinationales.

Le mouvement syndical, puissant à la libération, est amoindri ;  la division syndicale bat son plein.

Mais tous ces changements produisent des premiers effets avec des jeunes qui refusent de faire la guerre d’Algérie.

Durant cette période de 1958 à 1968 le mouvement social prend de l’ampleur.

On peut situer plusieurs phases de ce mouvement :

Les facteurs déclenchants dans la métallurgie :

On note des luttes vite réprimées au moment où la guerre d’Algérie entre dans sa phase finale, particulièrement au Creusot  où pendant plus d’un mois, en 1962 , les grévistes vont complètement bloquer les installations pour des augmentations de salaires.

Des mouvements importants de la sidérurgie Lorraine.

Les congrès de la FTM CGT, dans cette période, montrent un développement des luttes revendicatives sur les salaires et les conditions de travail.

Jean Breteau déclare «  il n’y a pas de petites revendications ».

La fédération des Métaux cherche à retrouver l’Unité syndicale à travers des initiatives concrètes sur les conditions de travail, les classifications, la formation professionnelle.

Ces luttes prennent de la dimension avec l’arrivée de nouvelles couches de travailleurs et en particulier les ICT, qui ont des revendications particulières concernant l’établissement de nouvelles grilles des salaires et des classifications.

Des luttes se développent parmi les jeunes pour en finir avec les abattements salariaux.

Des revendications  surgissent pour la reconnaissance des ouvriers spécialisés (des grèves importantes des OS dans les usines automobiles et notamment à Renault Billancourt et Au Mans, Flins) où des conflits éclatent et s’amplifieront après 1968.

Les jeunes sont embauchés massivement dans les technologies de l’Aéronautique, de l’électronique, de la machines outils, de la sidérurgie, ils réclament plus de liberté dans leur travail et ne supportent plus le coté inquisiteur des chefs fidèles au vieux patronat paternaliste.

Le ras le bol s’exprime, 1963 fut l’année des 8 millions de journées de grèves, un record dans le genre.

De Gaulle reçoit son premier camouflet avec les mineurs qui entrent en grève pour leurs salaires et leurs conditions de travail.

Tous les puits de mines sont occupés.

La grève durera plusieurs semaines ; De Gaulle, devant la pénurie de charbon touchant toute l’industrie et les usagers dut céder.

Les luttes dès 1965 vont prendre alors une autre tournure.

Ces luttes dans les entreprises dépassent les problèmes de division qui demeurent au niveau national.

Cependant les choses bougent à ce niveau : la CFTC, en proie à une dure bataille entre les tenants d’une ligne de collaboration avec le patronat et une autre ligne qui a combattu pour la paix en Algérie, évolue avec des militants chrétiens de gauche.

La CFTC en 1964 se transforme en CFDT.

Ce changement créé les conditions d’un accord d’unité d’action CGT CFDT en 1966.

Les choses vont vite évoluer et le nombre de conflits recensés par la fédération CGT de la métallurgie va aller en se multipliant en 1966/1967.

Une grande grève va marquer cette période : celles des ICT des chantiers navals de l’Atlantique à Saint-Nazaire en 1967.

Le début 1968 marque alors une évolution qualitative de ces luttes, les cahiers de revendications apparaissent jusqu’au confins des bureaux directoriaux, les femmes réclament l’égalité avec les hommes.

L’Union des métaux relate cet instant par un article de Lucien Chavrot, secrétaire général adjoint de la FTM CGT ce qui pourrait se produire. Le tam-tam revendicatif devient assourdissant dans les usines de l’Aérospatiale de Toulouse. Le 1er mai 1968 fut imposant dans toute la France par des puissantes manifestations.

Cette rétrospective dans le déclenchement de mai 1968 montre que la situation mûrissait inexorablement.

La répression du quartier latin et le soulèvement des étudiants seront les étincelles qui feront exploser le tonneau de dynamite.

 

Les occupations :

 

Cla-greve-en-france.gifelles-ci démarrèrent tout de suite après la grande manifestation du 13 mai 1968 pour riposter à la répression des étudiants du quartier latin.

La France était en état de choc.

Combien sont-ils à cette manifestation, les organisateurs en compteront plus d’un million.

A Lyon, 60000 personnes défilent.

La plupart des métallos Rhônalpins sont dans la rue.

Les occupations d’usines vont alors se multiplier comme une traînée de poudre.

La base décidait ce qu’elle comptait faire.

Le 14 mai, c’est une entreprise de la métallurgie qui donne le signal des occupations : Sud –Aviation Bouguenais se met en grève et occupe. La vague atteint Renault Cléon le 15 mai et Renault Flins dans la matinée du 16 mai et ensuite Renault-Billancourt quelques heures plus tard.

A la Snecma Corbeil ce sera le 17 Juin.

Ailleurs, le mouvement prend à chaque heure de l’ampleur, A Tours avec les Cadoux, les sidérurgistes de Denain occupent les voies ferrées, ceux de Dunkerque occupent la boite et soudent les grilles.

Les Tam-tam de Sud Aviation raisonnent plus que jamais à Toulouse.

Ici, à Lyon, la grande usine de Berliet entre en lutte, partout dans la métallurgie les usines s’arrêtent et y compris au Creusot où une première tentative avortée est relancée le lendemain avec cette fois l’occupation totale.

Tous les services publics s’arrêtent 

Des comités de grèves naissent un peu partout.

Je pourrais énumérer longtemps tous ces lieux de travail qui deviennent des lieux de luttes magnifiques avec des hommes et des femmes de toutes catégories qui organisent leur grève.

Les cahiers de revendications s’établissent démocratiquement.

On recherche les moyens de vivre pendant tout le temps de la grève et les abords des usines sont utilisés par des agriculteurs, qui, par solidarité, viennent offrir leurs produits pour que les familles de grévistes ne manquent de rien.

Tous les jours, des assemblées générales se tiennent et des initiatives s’organisent pour manifester et se rendre vers les pouvoirs publics totalement dépassés par ces événements.nord_eclair_0001.jpg

L’outil de travail est protégé, on assure sa maintenance, des distractions sont organisées et on voit se produire des artistes.

Mais ce qui va compter le plus : c’est la démocratie syndicale : elle est exemplaire ;  les travailleurs apportent leurs suggestions et on consulte les syndiqués.

L’unité d’action trouve sa raison d’être, mais il ne faut pas idéaliser, des mouvements venus de l’extérieur tentent de détourner le mouvement vers des actions violentes.

Les débats sont rudes entre la CGT qui se bat pour que le mouvement reste syndical, et d’autres comme la CFDT affirment une démarche proche des thèses de Cohn Bendit.

Comme le dit un camarade dans la dernière revue de l’IHS CGT de le Snecma Corbeil «  la vie s’écoulait dans l’atmosphère de lutte et aussi de bonne ambiance. Je n’ai jamais connu tant d’investissements de la part de collègues de travail.

C’est dans ce moment que vient la reconnaissance de la section syndicale d’entreprise.

Il  faut savoir qu’à cette période le syndicat n’était pas reconnu à l’intérieur des murs de l’entreprise.

Ce mouvement avait acquis, dans la dernière semaine de mai, une ampleur maximale et le gouvernement dirigé par Pompidou, premier ministre, dut se résoudre  à négocier ; ce qui amènera à un constat de négociation soumis aux travailleurs de Renault-Billancourt qui refusèrent les propositions gouvernementales.

Certains, considéreront que la CGT avait été battu.

Le bureau confédéral répondit d’une manière nette : «  En consultant démocratiquement les travailleurs en grève, la CGT a souligné objectivement ce qui est positif, ce qui est médiocre et ce qui est négatif.

Dans toute la France, les travailleurs ont pu se prononcer en connaissances de cause. Pour l’immense majorité, la réponse est nette : les concessions patronales et gouvernementales sont notoirement insuffisantes, la grève continu ».

Cette déclaration datait du 28 Mai.

Dans cette période, le pouvoir à la dérive réagit ;  la droite manifeste aux champs Elysée en réunissant des centaines de milliers de personnes.

Il reste à ce moment là plus de 9 millions de grévistes.

De Gaulle dissous l’Assemblée nationale et convoque les électeurs pour des élections législatives fin juin

Début juin, les reprises du travail vont s’échelonner à partir de constats d’entreprise. Cependant la période devient de plus en plus mouvementée,la police intervient brutalement, à Peugeot Sochaux, deux ouvriers tombent : Jean Baylot, 24 ans, tué par balles et Henri Blanchet, 49 ans, frappé par une grenade offensive, succombera le 13 juin.

L’ampleur de la protestation fait reculer le pouvoir qui retire la police des usines Peugeot à Sochaux et à Renault Flins. Les négociations sont relancées dans la métallurgie.

Un processus de négociation est ainsi engagé au niveau des entreprises et à Billancourt, Aimé Halbeher, secrétaire du syndicat, jugera les résultats des négociations positifs.

Des résultats analogues sont enregistrés dans les autres établissements et la reprise s’effectuera le 18 juin.

La période d’occupation tire à sa fin et à Peugeot le travail reprend le 19 juin ainsi qu’à Berliet après 35 jours de grève dans cette grande entreprise de Vénissieux.

Ailleurs quelques entreprises continueront : à Usinor Dunkerque, à Caterpillar Grenoble, Paris Rhône.

Mais vers le 30 juin on peut estimer que le travail a repris dans toutes les entreprises de la métallurgie.

Une moisson importante d’acquis sociaux sera la marque de 1968. Sur le plan de la syndicalisation de nombreux syndicats doublent leur nombre d’adhérents et la fédération comptera plus de 400000 adhérents alors qu’en 1967 elle ne dépassé guère les 150000.

 

LES ACQUIS DE 1968

Un rappel : Mai 1968, c’est la généralisation de la 4ème semaine de congés payés. Accord de Grenelle : hausse des salaires de plus 10% en moyenne, SMIG horaire augmenté de 2,22F à 3F, réduction de la durée du travail (en moyenne de 43h) pour préparer la semaine de 40h, libre exercice du droit syndical….et bien d’autres.

 

Quelques exemples de ces constats de négociations ou de protocole de reprise du travail que j’ai pu consulter et qui ne sont qu’indicatifs de cette grande moisson de l’été 1968.

Les salaires :

Le Smic augmente en 1968 de l’ordre de 30 % ;  beaucoup de manœuvres et d’ouvriers spécialisés sont concernés.

L’ensemble des grilles va se trouver bouleversée et à Hispano Le Havre, Renault, Peugeot les évolutions des autres catégories se situeront aux alentours de 10 à 15 %.

Un salaire minimum garanti apparaît à Berliet.

A Hispano Le Havre, on va pousser à la réduction de l’éventail des classifications en ne retenant plus que 4 échelons par catégorie.

A Usinor Dunkerque la plupart des salaires ouvriers sont augmentés et dépassent les 20 % mensuels.

A Creusot Loire Firminy, le salaire minimum passe de 600 francs mensuels au 1/6/68 à 640 francs au 1/10/68.

Ce n’est que quelques indications.

 

La durée et temps de travail :

Dans la plupart des entreprises, l’horaire affiché est de 48 heures.

Les conditions de travail sont dures, la fatigue se lit sur les visages de ces hommes et femmes travaillant à la chaîne où en poste.

L’âge de la retraite est de 65 ans.

Mai et juin 1968, d’âpres négociations s’engagent sur la durée du travail et se dessinent dans les protocoles d’accord des réductions du temps de travail qui ramèneront les horaires aux  40 heures dans les années 70.

Ces réductions d’horaires sont compensées entre 66% et 100%.

Dans la sidérurgie apparaît pour la première fois l’idée d’une cinquième équipe en poste pouvant conduire à 33H 36 les horaires des postés à Usinor Dunkerque.

L’ensemble des sidérurgistes obtient une première étape avec les 42 heures pour le travail en poste continu.

A Firminy apparaît la préretraite à 60 ans.

A la Thomson Sartrouville, toutes les réductions du temps de travail sont compensées à 100%.

C’est le cas aussi de Peugeot Sochaux où toutes les réductions du temps de travail ramène l’horaire hebdomadaire à 45 heures dans un premier temps.

Bref, partout l’heure est à l’abaissement du temps de travail et ce cycle se poursuivra durant les années 70/80 pour arriver aux 40 heures partout.

 

La protection sociale des salariés

 

Des protections et des statuts privilégient des catégories que l’on a mensualisées avec des avantages en cas de maladie et d’ancienneté.

Les ouvriers n’en bénéficient pas en général.

L’engagement de rediscuter des conventions collectives modifiera cet aspect des choses.

1968 trace ce qu’ensuite le patronat de la métallurgie sera obligé de céder dans des accords nationaux de mensualisation.

Les salaires sont mensualisés à la Thomson Sartrouville et des jours de congés sont obtenus en cas  d’enfants malades.

A Berliet, apparaît la protection des militants en matière d’évolution de carrière.

Un statut est étudié en matière de maladie, de capital décès et la prime d’ancienneté des ouvriers est alignée sur celle des employés, techniciens, dessinateurs et agent de maîtrise.

A hispano le Havre un minimum social est obtenu ainsi que la disparition des 3 jours de carence en cas de maladie.

A Firminy, la mensualisation de l’ensemble du personnel est obtenue de même à Usinor Dunkerque.

Ces quelques accords de reprise montre incontestablement tout ce que le patronat lâche dans cette période et cette moisson va être intégré dans des accords nationaux de la métallurgie qui seront discutés dés le début 1969 avec notamment le paiement des jours de maladie des ouvriers et la prime d’ancienneté qui va représenté jusqu’à 17 % des salaires bruts.

 

Le droit syndical

 

Avant 1968, le syndicat n’était pas reconnu dans l’entreprise.

La pratique démocratique des occupations allait bousculer toute une pratique de répression syndicale dès que le syndicat s’exprimait.

La moisson fut extraordinaire.

D’abord la reconnaissance de la section syndicale d’entreprise qui sera confirmée par la loi.

La mise en place de délégués syndicaux avec heures de délégation.

Le droit de réunion autorisée une fois par mois.

L’affichage et la distribution de tracts à l’intérieur à la condition de ne pas gêner la production.

Des locaux mis à la disposition des syndicats avec le matériel nécessaire.

A Peugeot Sochaux, dans l’antre du patronat le plus répressif avec Citroën, la direction couche sur le papier la reconnaissance et l’existence du syndicat et la possibilité de constituer des sections syndicales.

Il est dit, partout, que le section syndicale pourra afficher ses tracts, distribuer la presse, les tracts, et collecter les cotisations syndicales ainsi que réunir une fois par mois les adhérents.

Le syndicalisme s’installe dans les murs de la sacro-sainte propriété privée.

L’UIMM cède.

Je terminerai cette présentation en vous disant que 1968 est un grand moment pour l’affirmation syndicale et que tout ce qui a conquis mérite aujourd’hui d’être rappelé, non pas par nostalgie d’un passé révolu, nous ne sommes plus dans les conditions de vie et de travail de 1968  mais pour utiliser cette expérience pour un syndicalisme qui doit prendre en compte ce que sont ces entreprises aujourd’hui où la précarité règne, où de multiples sous-traitants vivent dans le même site et cela nécessite certainement de nouveaux droits pour réunir des hommes et des femmes qui n’ont pas les mêmes statuts.

 

L’exposition dans le hall montre ces événements, il a fallu des années de débats, de luttes pour arriver à cela ; c’est ce que vous êtes entrain de faire à ce congrès en travaillant les conditions d’un syndicalisme CGT à la hauteur des besoins des salariés d’aujourd’hui.

1968 est attaqué pour ce qu’il représente une libération face à un autoritarisme patronal et gouvernemental de l’époque, la CGT a décidé avec ses instituts d’histoire d’organiser partout des rencontres pour restituer ce grand moment d’émancipation des travailleurs pour que l’histoire de cette période permette d’appréhender l’avenir.

 

 

 

 Je terminerai cette présentation en vous invitant à visiter l’exposition et par cette citation de Paul Valéry : L'histoire est la science des choses qui ne se répètent pas

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UN PCF REQUINQUE

Publié le 16 Mars 2008 par aragon 43 dans politique

UN PCF  EN MEILLEURE FORME

 

C’est meilleur de voir ce parti communiste, que l’on disait mort, obtenir de bons résultats dans l’ensemble aux élections municipales et cantonales.

Certains avaient fait une croix dessus et espéraient se servir d’une nouvelle défaite pour faire passer dans la chronique mortuaire un avis définitif de décès.

Ils en seront pour leur frais ; le malade va mieux mais il n’est pas encore guéri.

Nous avions eu une campagne électorale difficile pour Marie George Buffet, malgré l’engagement des militants qui tenaient à leur identité de communiste, et j’avais senti, à ce moment, que les communistes relevaient la tête malgré les embûches de toutes sortes.

Ils ont porté la candidature de Marie George face « aux croches pattes » d’antilibéraux et de communistes cherchant « leurs meilleurs ailleurs ».

Bien sûr, cela a déstabilisé la campagne du PCF avec des camarades qui jouaient contre leur camp.

Cette élection présidentielle, faut-il le rappeler,  n’était pas une élection facile pour le PCF, qui, d’ailleurs, n’a jamais considéré cette élection comme démocratique car elle éveille des sentiments de culte de la personne aux antipodes de la pensée communiste.

On nous annonçait une campagne électorale catastrophique pour les municipales et cantonales.

Les choses ne se sont pas passées comme certains le souhaitaient et nous avons pu voir de nombreux communistes à la base créer les conditions pour présenter des candidats, soit dans des listes d’union de la gauche ou dans des listes de large union avec à leur tête des militants communistes résolus à défendre leur identité de communistes.

C’est à partir de cela que le PCF a repris toute sa place après avoir bataillé avec le parti socialiste qui voulait encore réduire son influence.undefined

-Batailler par rapport à l’introduction du MODEM, parti de droite dans des listes de gauche.

-Batailler pour que la campagne se place sur un terrain de propositions allant à l’encontre des politiques menées par Sarkozy et consort.

-Batailler pour que les programmes prennent bien cette dimension des citoyens et de leur place dans la vie de la cité en ne confiant plus le pouvoir à des notables pendant 6 ans. Là, il faudra s’accrocher dur avec les socialistes et quelques uns de chez nous. 

A certains endroits, le PS a triché avec une union de la gauche dont il faudra revoir le contenu car elle ne doit pas servir de marche pied pour une domination d’un parti hégémonique distribuant les restes aux autres organisations politiques ou profiter pour faire des alliances pour battre les candidats communistes en récupérant les voix de droite en restant au second tour.

L’élection à Calais d’une UMP, flanqué du front national et avec un ex-socialiste montre la puanteur anti-communiste.

La perte d’une municipalité communiste, celle de Saint-Leu d’Esserent, dans mon département doit nous inviter aussi à être plus attentif à notre vie communiste sur le terrain, là où nous avions la confiance des électeurs.

A Creil et à Montataire nous progressons parce que l’activité des communistes a été réelle et l’identité placée au cœur de la campagne.

Avec ces élections, les communistes qui ont défendu à la conférence de la Défense le devenir du PCF, ont toutes les raisons d’être satisfaits de cette remontée du PCF car ils y ont contribué. Les rencontres, les débats de quartiers, les harangues etc. prouvent que les raisons de nos échecs sont en nous et que lorsque l’on se projette dans le réel, notre identité PCF est appréciée.

J’ose espérer que ce début de retour du PCF va être utile pour le congrès de fin décembre et pour un PCF du vingt et unième siècle.

Les résultats électoraux prouvent, en tous les cas, que la désaffection du peuple vis-à-vis des communistes, était en lien avec tous les abandons de ces dernières années sur notre identité PCF qu’il faut continuer à regagner sur le terrain et dans les entreprises.

Alors continuons à la cultiver cette identité.

 

Bernard Lamirand

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L’ALLIANCE AVEC LE MODEM DE BAYROU

Publié le 10 Mars 2008 par aragon 43 dans communisme

L’ALLIANCE AVEC LE MODEM DE BAYROU

 

Voici pour commencer une citation concernant Marie George Buffet paru ce jour dans le journal « La tribune » pour le rejet de toute alliance avec le MODEM : « Se félicitant du "recul" de la droite aux premier tour des élections municipales, la secrétaire nationale du Parti communiste Marie-George Buffet a appelé lundi à "rassembler largement à gauche" et à rejeter les "alliances contre-nature avec le Modem ».

Cette déclaration vaut son pesant d’or, en effet, ce soir à la télévision, Pujadas donnait l’information suivante : le Modem Marseillais fusionnerait avec la liste d’Union de la Gauche et le Parisien vient de déclarer : «  Les choses avancent vite à Marseille où le socialiste Jean-Noël Guérini négocie avec le MoDem. Selon nos informations, l'accord serait scellé. Jean-Luc Bennhamias, ancien Vert passé sous la bannière orange, qui a obtenu 5,54% des suffrages au premier tour, va appeler à l'alliance pour empêcher la réélection de Jean-Claude Gaudin, vice-président de l'UMP ».

Ces informations si elles étaient confirmées nous entraînerait à autre chose que quelques candidatures isolées de membres du Modem parce qu’il s’agirait d’un accord d’Union entre la droite centriste et les partis de gauche à Marseille.

Je pose la question suivante à la direction nationale : va-t-elle couvrir un éventuel accord à Marseille avec le MODEM ?

Pour battre Gaudin, faut-il aller jusqu’à se renier ?

Quelle est la position des communistes Marseillais et pas seulement de quelques dirigeants ?

Je rappelle que précédemment, j’avais critiqué la façon dont les responsables communistes marseillais avaient baissé pavillon, sur qui devait mener la liste, dans un arrondissement où le maire sortant était communiste.

Les manœuvres et magouilles de tout genre ne vont-ils pas se multiplier, le discours de Ségolène Royal appelant à fusionner avec les listes du MODEM montre la direction dans laquelle s’engage le parti socialiste : aller vers son ancien péché mignon : l’alliance privilégiée avec les centristes est une probabilité qui devient effective dans ces élections municipales et cantonales et prépare le terrain à des alliances sociales libérales.

Les communistes viennent de faire de bons scores au premier tour des municipales et des cantonales parce qu’ils ont mis en avant leur identité de communistes dans des listes d’union où encore en se présentant seuls lorsque les socialistes voulaient leur enlever des sièges.

Que va dire la direction du parti ? La déclaration de Marie George Buffet ne vaut elle indication pour tous les communistes de se retirer immédiatement de ces listes qui ne peuvent que créer de la confusion dans nos rangs et y compris parmi les électeurs qui vote communiste.

Bernard LAMIRAND

 

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BELLE MANIF DE RETRAITES (ES)

Publié le 6 Mars 2008 par aragon 43 dans Actualités

BELLE MANIF DE RETRAITES (ES)

 

Le 6 mars à l’appel de toutes les organisations syndicales de retraités (es) des manifestations et rassemblements se sont déroulés dans toute la France.

C’est un grand succès.

J’ai participé à la manifestation de Paris.

Plus de 15000 retraités (es) ont arpenté les boulevards de Sèvres- Babylone jusqu’aux Invalides.

Les revendications inscrites dans les mots d’ordre et les pancartes tournaient autour du pouvoir d’achat des retraités qui n’a fait que de se détériorer depuis les années 1990. Et notamment depuis les décrets Veil Balladur de 1993.

Depuis ce temps là, les retraités n’ont fait que perdre du pouvoir d’achat (20%).
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Au point, qu’aujourd’hui, la presse relate la pauvreté grandissante de ces hommes et femmes qui ont travaillé et créer des richesses durant leurs vie professionnelle et qui aujourd’hui ne peuvent plus vivre décemment de leur retraite.

Je me souviens d’une grande manifestation des retraités en 1995, à Paris, où la presse bourgeoise s’était déchaînée contre les retraités qualifiés de nantis et de privilégiés parce qu’ils manifestaient contre les attaques sur leur pouvoir d’achat. Nous avions même entendu ce discours de retraites « d’égoïstes » comparés aux salaires des actifs.

Cette attitude visait à écarter les retraités du débat sur le devenir des retraites et de les considérer comme un monde à part profitant des cotisations versées par les actifs.

Cela a visait à empêcher les solidarités de luttes entre actifs et retraités : diviser pour régner selon la bonne vieille méthode patronale.

Les mesures prises par la suite par Fillion additionnées à celles plus anciennes de Balladur en 1993 ont donc considérablement appauvri les retraités au point d’en faire une sorte de « érémistes des retraites ».

Ce soir, nous avions à la télévision, le dénommé Fillion, qui, la main sur le cœur, s’apitoyait sur les basses retraites en disant qu’il n’avait pas attendu les manifestants de ce jour pour agir pour les retraités et personnes âgées. Et de brandir la décision des 25 % pour le minimum vieillesse sur 5 ans ; ce qui ne représentera guère une grande évolution des minimas en 2012.

Il a bien pris soin de ne pas évoquer le minimum contributif des salariés, inférieure au minimum vieillesse, dont plusieurs millions de retraités sont concernés. La raison est bien simple : c’est lui le responsable en tant que ministre du travail du gouvernement Raffarin de cette casse des basses retraites des contributifs ; c'est-à-dire de ceux qui ont cotisé pour leur retraite.

Enfin, je voudrais dire ma satisfaction d’avoir vu des retraités de la CFDT, CGC, FO au coté de la CGT criaient à gorge déployée « Sarkozy- Fillion des sous pour les retraites, halte à la casse de notre pouvoir d’achat. ».

C’est d’autant plus satisfaisant que depuis des années leurs responsables nationaux signent des accords, notamment dans les complémentaires qui réduisent le nombre de points retraites attribués pour les actifs et dévalorisent le prix du point des retraités.

Leur participation à cette manifestation laisse augurer que les comportements précédents de ces organisations, qui ont contribué par leur signature à une baisse considérable des retraites complémentaires ne sera plus qu’un mauvais souvenir lors des négociations qui vont s’engager prochainement et qu’ils n’iront plus signer la baisse du pouvoir d’achat des retraités à la cloche de bois chez Fillion.

J’ai le droit d’être naïf et d’y croire encore.

J’en serai fort aise.

Bernard LAMIRAND

 

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L’UIMM A L’EPREUVE

Publié le 3 Mars 2008 par aragon 43 dans Actualités

L’UIMM A L’EPREUVE

 

Dans quel monde vivons-nous ?

Vous me répondrez dans un monde capitaliste.

Vous avez raison : vous gagnez un voyage au paradis capitaliste de l’avenue Wagram à Paris  siège de l’UIMM !

L’UIMM est une vieille maison du capital français, une centenaire,  très traditionnelle avec ses mentors qui ont toujours défrayé la chronique. Le baron Seillière en est le dernier exemplaire.

Ce maître des forges est le rejeton de ces familles qui ont commencé à s’enrichir sous l’empire et sur le développement des forges et des mines. (Voir ouvrage de Jean Magniadas IHS CGT)

Ils n’ont jamais fait de cadeaux aux salariés -hommes femmes, enfants- qu’ils ont exploité sans vergogne dans les mines et les aciéries.

Avant guerre, ils ont combattu le mouvement ouvrier avec une hargne et une violence qui ne s’est jamais démentie par la suite.

Les métallurgistes, malgré leur force en 1936, n’ont pu obtenir la convention collective nationale unifiant tous les métallos.

1945 avait signé une grande défaite de ce patronat et ils s’employèrent par tous les moyens ensuite à prendre leur revanche.

L’aprés1968 et l’arrivée de la gauche au pouvoir en 1981 leur donnèrent la plus grande trouille de leur vie  puisque qu’ils furent pris en flagrant délit de transports de fond en Suisse.

Ils financèrent un célèbre tract « Monsieur Dupont voit rouge ».

La nationalisation de grands groupes de la métallurgie et de la sidérurgie les mirent en transes.

Les maîtres des forges : De Wendel, Scheider, Labbé etc. ont toujours exercé un pouvoir sans partage dans cette organisation qui avait ses entrées à la banque de France et faisait et défaisait les gouvernements de la troisième république.

Ils ont arrosé largement les mouvements de droite et d’extrême droite dans cette période agitée de la montée de l’extrême droite française, et certains de leurs ont choisi Hitler plutôt que le front populaire.

Et pendant l’occupation allemande, leur contribution au régime de Pétain fut manifeste et leurs responsables  ont fait partie de l’équipe qui a pondu la charte du travail avec des traîtres de la CGT métallurgie.

Tout ce beau monde regroupant des traîtres confédérés CGT et les dirigeants de l’UIMM ont aidé à la réquisition des travailleurs métallos pour l’Allemagne (STO).Voir ouvrages d’Annie Lacroix Riz « Le choix de la défaite ».

Cette organisation a continué par la suite à « fluidifier le dialogue social » en poursuivant les militants de la CGT et en mettant en place des syndicats jaunes à Citroën et chez Simca ou encore en soutenant tout ce qui concourrait à la lutte anticommuniste dans la guerre froide.

Combien cela fait de milliards, personne ne pourra le dire ; cette organisation n’a jamais montré ces comptes et comment l’argent lui arrivait.

Ce soir, nous apprenons que l’UIMM va revoir les indemnités de Gauthier Sauvagnac pris la main dans le sac, et cela est présenté comme une sorte de compromis qui, ne cherchons pas midi à quatorze heures, ne vise simplement qu’à étouffer l’affaire, à la relativiser et déjà ses amis gouvernementaux estiment suffisant le pas effectué par cette forteresse patronale.

Ce patronat ne doit pas avoir la conscience tranquille en ne répondant pas sur la destination des sommes énormes sorties de la caisse UIMM.

Gauthier Sauvagnac devrait être licencié pour faute grave par son employeur l’UIMM et ne recevoir aucune indemnité.

Un salarié qui fait une faute grave dans la métallurgie n’a pas droit à des indemnités.

L’attitude du nouveau président, Monsieur de Saint-Geours -tiens encore un nom à consonance-  a dit ce soir, à la télévision, et  c’est à mourir de rire que Gauthier Sauvagnac ne lui a pas confié le secret.

Etonnant dans cette vieille maison où les secrets de famille sont bien gardés.

Un proverbe dit «  la vérité n’est pas toujours bonne à dire » ; dire la vérité : c’est avouer les combats contre la CGT et le parti communiste et le coût financier.

La crainte de révélations ne serait pas celle de ses liens avec la droite et ses parlementaires.

Le silence est une manière comme une autre d’éviter que la bombe explose.

Bernard LAMIRAND

 

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CREIL NOGENT L’IDENTITE COMMUNISTE

Publié le 1 Mars 2008 par aragon 43 dans communisme

CREIL NOGENT L’IDENTITE COMMUNISTE

 

Hier soir, j’ai participé au repas fraternel de la liste « la gauche » menée par Jean Paul Legrand pour la ville de Creil.

Cette ville a besoin de retrouver ses racines populaires et la liste de Jean Paul, composée d’hommes et de femmes des quartiers populaires, représente ce bol d’air.

Les communistes sont à l’aise parce qu’ils sont dans le vécu de ces cités où l’on  découvre l’autre : le voisin, la voisine, les retraités, les jeunes,  et on se parle.

On fait de la politique comme on va à la source pour y  boire de l’eau.

Limpide ! Non,les gens expriment leurs préoccupations, leurs contradictions apparaissent, leurs différences aussi et tout cela se travaillent dans les discussions où émergent des idées nouvelles et une profonde fraternité.

Ils sont attentifs à ce que disent les communistes et ils portent un autre regard sur la politique.

On ressent leur espoir d’être enfin considéré et de pouvoir exprimé leur opinion si longtemps négligée par des « édiles en écharpe » qui leur dictent ce qui serait bon pour eux.

Les autres listes se trouvent un peu désarçonnées par cette campagne et ils sont obligés, laborieusement, de se déplacer eux aussi mais on sent la délégation de pouvoir « à plein nez » qui l’emporte chez eux.

« Vous nous élisez et puis on fait ;  et circulez pendant tout le mandat, y a rien à voir ».

C’est un peu ce qui va se passer dans la ville d’à coté où j’habite, Nogent sur Oise, où une liste de gauche, d’intérêt communal, veut prendre la mairie de droite.

Passons…..

Ce matin, j’ai distribué avec les copains de la cellule, un tract communiste et l’accueil était ouvert, un homme s’est longtemps attardé auprès de moi pour discuter de la situation.

Son analyse était que la France a besoin de communisme dans ce qu’elle vit actuellement.

Il m’a fait un reproche qui s’adresse à tous les communistes : « vous n’avez pas su voir l’évolution de la classe ouvrière, la montée des services, l’apparition et le développement des nouvelles catégories de salariés et puis votre identité est cachée dans vos alliances avec les socialistes qui vous bouffent petit à petit.

Redevenez vous-mêmes avec le PCF me dit- il.

A coté, il y avait un distributeur de tract pour une liste de droite hostile à la municipalité sortante et il nous dit, à moi et à une camarade, « qu’il est de gauche ». Nous le mettons en contradiction ; « comment peut-on être de gauche en étant sur une liste de droite » ; il nous répond qu’il aurait bien voulu une autre liste que celle des socialistes -sous-entendu- mais que cela n’est pas le cas à Nogent.

Quel « embrouillamini » ; quand les idées ne sont plus claires, la pensée du monde du travail n’arrive plus à discerner la différence entre la droite et la gauche.

Y a du boulot à faire.images-copie-15.jpeg

Du boulot à faire aussi pour que l’on ne confonde plus « un coco d’un radis ».

Espérons que le congrès de fin d’année contribuera à éclaircir les choses.

A moins que nous finissions dans les valises de la sociale démocratie où dans celles des gauchistes.

En entendant, bon vent à l’identité communiste renaissante, que la source tarie depuis des années se réveille et coule à flot pour l’avenir du PCF.

Bernard LAMIRAND

 

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