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ARAGON43

Mon site relate les événements syndicaux, sociaux, politiques, culturels et environnementaux .

SARKOZY SE SERT

Publié le 30 Octobre 2007 par aragon 43 dans Actualités

Ah que les jours passent et ne se ressemblent pas !
Hier on accusait les cheminots  parce qu'ils bénéficiaient, "lesprivilégiés",  de rente de situation avec une retraite prise avant les autres et patatras voilà qu'aujourd'hui d'autres avantages  (les vrais)apparaissent ;   bien plus sérieux ceux- là : "les rémunérations de nos donneurs de leçons d'équité".
Cela aprés les stocks options.
Ainsi, le nouveau tsar, (a cause des modifications de la constitution qui en feront un personnage monarcal comme le souhaite la commission Balladur Lang) va  légiférer ses augmentations de salaires mensuels (19000 euros par mois).
Bougre!
Qu'est-ce qu'il va faire Sarkozy avec cet argent ? Le placer ? Il n'a rien à dépenser à l'Elysée et ses vacances sont payés par les milliardaires?
Voilà un individu qui a le gîte et le couvert  complet à l'Elysée et qui s'augmente tsaristement d'une paye à faire palir la pauvre garde barrière de la SNCF.
Un proverbe nous dit  que "l'on est jamais mieux servi que par soi-même", Sarkozy a donc décidé d'appliquer  à lui-même cette maxime et de s'augmenter alors qu'il a refusé la moindre petite augmentation aux smicarts cet été.
Et la brave aboyeuse de la 2 , Laborde, de le défendre, et de dire au peuplade qui regarde la chaîne que c'est mérité et que les autres ont plus, par exemple Merkel en Allemagne, qui elle, paye ses charges entre parenthèses. Laborde n'aura eu aucune parole bienfaisante d'équité, la veille, pour ces braves employés (es) d'air France qui réclamaient leur dû.
Il est vrai que Sarkozy n'a pas besoin de revendiquer et de  faire grève.
J'ai une proposition à faire pour  tous "ces malheureux" qui honorent par le fric leurs hautes responsabilités, que nous ingrats n'avons pas  sû reconnaitre: de décider  "d'un bouclier rémunérationnel"  et d'attribuer 50% de leurs rémunérations aux pauvres, et là, ils feraient, ces gens-là, à quelques semaines de Noël, un grand geste d'équité que Martin Hirsh, le commissaire aux pauvres du gouvernement Fillion, s'empresserait de faire la distribution aux sans papiers et aux sans domicile fixe.
Sarkozy fait un effort !
Et puisque tu viens de pondre une loi pour tes rémunérations; ponds -en une pour tous les bas salaires et les basses retraites; ils te seront reconnaissants ; chiche !

Bernard LAMIRAND

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CLASSES ET LUTTES DE CLASSE

Publié le 29 Octobre 2007 par aragon 43 dans communisme


L’Humanité des débats. Gauche et classes sociales

Les ruptures sociales déterminantes

Par Michel Simon, sociologue (*), professeur émérite à l’université de Lille-1

On ne peut plus parler

de classes et de lutte de classes dans les termes des vulgates (déjà très réductrices) du siècle dernier. Mais rien dans l’étude des réalités actuelles ne justifie qu’on renonce à ces outils d’analyse. Encore faut-il d’abord regarder « en haut », vers des groupes aux effectifs très restreints mais dont l’importance dans le jeu social est déterminante, comme « la très haute bourgeoisie » et de façon générale les catégories dirigeantes. Ce « pôle dominant » n’est plus celui d’hier. Son insertion dans une « jet upper class » mondiale n’est guère douteuse. Il n’a pas pour autant disparu, comme viennent de le rappeler avec éclat Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot. Or la représentation des distances et antagonismes sociaux diffère du tout au tout, selon qu’on intègre dans l’analyse ces réalités (et leurs corrélats en termes de puissance sociale, de revenu et de patrimoine) ou qu’on les « oublie ». Sur l’autre versant, la « classe productive », que Marx dans les « Considérants » ne réduit pas au seul salariat, n’est plus non plus celle d’hier. Pour autant, nier ses différenciations internes et perdre de vue le cumul de nuisances que subissent, plus que d’autres, les catégories ouvrières et populaires n’est soutenable ni en termes de connaissance ni en termes d’action.

Ne faut-il pas aller plus loin ? Reste-t-il vrai ou non que l’argent représente, non « la richesse », mais un droit de tirage sur les richesses créées par le travail collectif, et que l’appropriation à un pôle suppose la dépossession, voire l’exploitation à l’autre, sous des formes qui ne sont bien entendu plus celles du XIXe siècle ? Qu’on ne doive pas entendre « richesse » au sens strictement matériel du terme, que ses modes d’appropriation se situent moins que jamais au seul niveau de l’entreprise (exemples : le foncier, le crédit), qu’il faille partir des caractéristiques financières et transnationales du capitalisme contemporain : qui le nie ? Pas plus que ne sont contestables l’urgence environnementale, celle du combat pour la paix, ou l’existence de phénomènes de domination (de genre, notamment) qui ne se réduisent pas à la domination de classe, mais que cette dernière attise tout en renvoyant, sur le fond, au même socle idéologique. Mais, si on ose pousser l’investigation jusqu’au bout, ne retrouve-

t-on pas toujours l’aspect prédateur et destructeur d’un capitalisme dont le dynamisme créatif demeure l’autre facette ? Il est temps d’en débattre ensemble sur la base, non de citations ou de batailles « d’ismes », mais de l’analyse concrète des réalités de notre temps.

On ne parle ni n’agit de la même façon selon que l’on juge le cours actuel du monde simplement « injuste » ou foncièrement illégitime. Or force est de constater à gauche, depuis plusieurs décennies, un processus de « Bad Godesberg » plus ou moins rampant. En témoigne la prévalence de plus en plus criante d’un discours sur les valeurs qu’il est vital de tenir, à la condition que ce ne soit pas au détriment de l’insistance sur les ruptures sociales et sociétales hors desquelles ce discours reste proclamation vide. Ce phénomène affecte en grand le Parti socialiste. Il n’épargne pas le Parti communiste, nonobstant un début de redressement à son dernier congrès. Une chose est de savoir, à un moment donné, où placer le curseur, compte tenu de ce que les citoyens sont disposés à soutenir et des alliances (voire des recompositions) auxquelles il est plus qu’urgent de travailler. Mais faute de redonner concrètement vie à ces fondamentaux, on ne peut ni contracter d’accord dans la clarté ni travailler à la reconstruction d’un « sens commun » transformateur, hors duquel il ne peut y avoir ni mobilisation consciente ni inversion des rapports de forces idéologiques et politiques.

(*) Dernier ouvrage publié :

les Ouvriers et la politique

(avec Guy Michelat),

Presses de Science Po, 2004.

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LE TRAITE EUROPEEN

Publié le 28 Octobre 2007 par aragon 43 dans politique

Les socialistes le sont-ils encore !
Naiveté de ma part !
Non !
Mais que reste t'il de cet affichage?
Plus grand chose !
On savait déjà depuis longtemps qu'ils ont un péché mignon: quand la situation est difficile et qu'ils n'ont plus beaucoup d'arguments pour vanter leur démarche réformiste alors ils mettent leurs oeufs à couver, à la manière du coucou, dans le nid qu'ils n'ont pas eu le courage de confectionner.
En l'occurence, le lit libéral de la droite  aprés l'avoir tant méprisé.
(  kouchner,Strauss-Khann,Lang,Attali,Besson,Allègre,etc...et bientôt d'autres je suppose.
Nos chers amis n'en sont vraiment plus à l'union de la gauche;  ils cherchent une autre voie, celle où se retrouve tous ceux qui ont choisi de ne pas faire de la peine au capital thatchérien et blairiste .
J'ai vu et écouté ce midi, à la télé, Rebsamen le N°2 du PS; celui-ci, comme son compère Hollande, est prêt à ratifier ce traité européen et abandonner ce qu'il a juré lors des présidentielles "de recourir à un référendum et non à un vote du parlement".
Là, nous voyons apparaitre, petit à petit, les grandes manoeuvres du PS libéral: celui de la jointure a effectué avec une partie de la droite pronant un libéralisme européen.Coudre un tel joint demande un peu de temps et l'Europe est le premier jalon.
En même temps, se défaire des derniers débris de l'union de la gauche et retrouver une sorte de "camp de la troisième force" celui de Guy Mollet, de Mendés France avec le MRP et tous les avatars que nous avons connu à cette période des années 50/58.
Il nous reste que le brave Fabius pour dire qu'il préférerait un référendum mais pour combien de temps encore ?
Alors, le PCF, se retrouve à nouveau aux prises avec "que faire de cette union de la gauche" et je crois que le PCF a raison de se battre pour un référendum et de créer les conditions de sa tenue, et il faudra faire fort, car nous ne sommes plus du tout dans la situation de Chirac complétement affaibli.
Nous avons une droite qui a gagné les élections et qui sait que sa fenêtre de tir sur la constitution européenne est courte et elle va s'employer avec les sociaux démocrates libéraux à ce que rapidement cette épine du pied qu'est le traité européen lui soit retirée par le biais d'un vote du parlement.
Cela pose donc une question de fond pour les communistes, (Etre nous même PCF) et mené tambour battant une campagne auprés des français pour dire qu'il est antidémocratique que les parlementaires fassent "fi" du vote du peuple.
Cela serait, depuis 1958, la première entorse à l'expression de ce peuple dans son vote

Un référendum ne peut être modifié que par le peuple lui même.
Nous devons, nous communistes, sans attendre, lancer cette campagne auprés des citoyens .
Je suis pour une pétition nationale des français équivalent à un vote de leur part pour que soit organisé un référendum et s'il y a refus des autorités; il faut l'organiser, le référendum, avec le peuple, dans chaque commune.
Je pose cette demande à la direction nationale du PCF.

Bernard LAMIRAND

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LES COMMUNISTES MANIFESTENT

Publié le 27 Octobre 2007 par aragon 43 dans politique

Cet aprés-midi, vers les 14 heures et à pa rtir de la République nous manifesterons.
Cette manifestation, ce n'est pas pour nous montrer mais bien pour travailler ces mobilisations futures que nous espérons contre ce pouvoir populiste et à tendance pétainiste (travail-famille-patrie).
Nous avons à réanimer les combats collectifs et de solidarité face à cette maladie symptomatique de cette société capitaliste, "le chacun pour soi" ou encore le travailler plus pour gagner plus où les gogos vont se faire avoir puisqu'au bout ce sera "travailler plus gagner moins".
Alors on me dit "gagner moins" ;  mais on fera des heures supplémentaires et on arrondira nos fins de mois !
Illusions d'optique !
Gagner plus c'est pas prouvé! Loin de là:  ce n'est pas le quidam qui décidé des heures, c'est le tolier n'est-ce-pas!
Et ce tolier dans ce qu'il affectionne le plus "diviser pour régner" il les donnera ces heures qu'a ceux qui auront l'échine la plus courbée, aux plus méritants, à celui qui se crévera au boulot.
Et puis "gagner plus" si c'est pour le reperdre le lendemain? Sarkozy a dèjà régler la musique; ce qu'il attribue d'une main il le reprend de l'autre: les franchises, les forfaits, les taxes, le carburant etc.
Et puis "travailler plus" jusqu'à foutre en l'air sa santé, cela va couter plus cher avec des remboursements maladie moindres et puis c'est la pension de retraite qui attendra plus longtemps et qui sera amputée.
Et puis le "travailler plus" c'est nous amenait à bosser 5 ans de plus pour avoir notre retraite; c'est donc un travail gratuit,puisque pendant ces 5 ans de perdus, nous aurions dû avoir la contrepartie de nos cotisations solidaires pour lesquelles nous nous sommes conformés avec notre contrat social.
Puisqu'il y a des mots à la mode, je vais en employer un pour une fois : " c'est du donnant perdant" ; je le dis à tous les gogos qui sont entrain de plaindre cette France qui n'aurait plus d'argent dans les caisses alors que cet argent file vers les gros bonnets du pays :  les Arnaud et Lagardère et consorts qui s'en mettent pleins les poches.
Alors cet aprés midi, c'est un moment important politique; nous défilons politiquement pour rassembler cette gauche et combattre le capitalisme.
Avis aux amateurs.
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SARKOZY PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE OU CHEF DU PERSONNEL

Publié le 26 Octobre 2007 par aragon 43 dans politique

La république est mal barrée avec une président qui se croit tout permis.
J'avais un certain respect pour cette fonction d'un président élu par la peuple.
Même si je ne partage pas la cinquième république et le fait du prince.
Mais ici, ce  matin , au dépôt du Landy, prés de la gare du Nord, on aura tout vu. Un président de la république venir affronter des travailleurs comme un vulgaire chef du personnel venant faire des remontrances au personnel mécontent.
Pour être le président de tous les français, on ne vient pas les provoquer sur leur lieux de travail, et leur dire à ces ouvriers du dépot qu'ils ont gagné une espérance de vie et qu'il doivent partir plus tard à la retraite.

Sarkozy, dans ce rôle de père fouettard du Medef, ne parle d'équité que pour les salariés en les rabaissant et en leur enjoignant de rejoindre le copain qui a moins et qui l'accepte bon gré mal gré et cela me rappelle, dans mon entreprise, quand le patron essayait de nous diviser;
Equité,  la meilleure équité, c'est de revoir à la baisse toutes ces retraites chapeau que ces amis se partagent.
Equité, c'est augmenter les salaires au même niveau que les augmentations que se sont octroyés les patrons du CAC 40 cette année.
Equité, c'est de donner un travail bien rémunéré à tous en contrat à durée indéterminée.
Equité, Monsieur Sarkozy, le chef du personnel de la maison France, c'est de mettre au même niveau les salaires entre les femmes et les hommes.
Chiche Monsieur Sarkozy.

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HOMMAGE A CEUX DE CHATEAUBRIANT ET CAEN

Publié le 22 Octobre 2007 par aragon 43 dans Actualités


CAEN ET CHATEAUBRIANT

 

Une fin de semaine  très chargée puisque les camarades de la CGT du Calvados m’avaient convié à participer à l’hommage des  fusillés de Caen le samedi, et le dimanche je devais me rendre à Chateaubriand.

Je ne connaissais pas précisément les fusillés de Caen, mais à y voir les noms de ces résistants sur le monument rendant hommages aux fusillés de Caen devant l’ancienne caserne : c’était des militants, des patriotes, qui se sont levés contre les forces d’occupation en faisant dérailler des trains et en faisant de multiples actes de résistance dans le moment le plus tragique du pays.

Et ils n’ont pas attendu que les allemands attaquent l’URSS pour agir.

Il y avait parmi eux Lucien Sampaix, dirigeant national du parti communiste et adjoint de Gabriel Péri directeur de l’humanité, qui de camps en camps d’internement est arrivé là.

Ils furent tous fusillés par les nazis après avoir été livré par la police pétainiste.

Gabriel Péri abattu au Mont Valérien et les douze de Caen et Lucien Sampaix furent exécutés à la même heure à 10 heures le 15 décembre1941 et ils partirent en chantant la marseillaise et l’Internationale.

Les mêmes conditions que les 27 de Chateaubriand emprisonnés et livrés aux allemands par des français pétainistes qui trahissaient la nation et le peuple.

Nous les avons donc honorés et puis je suis parti en direction de Chateaubriand avec mon épouse Marie après avoir rappelé le contexte dans lequel Guy Moquet et ses camarades ont été exécutés (voir blog précédent).

La route de Caen à Chateaubriand nous est apparue longue et nous sommes arrivés pour déjeuner et déjà la ville était remplie de ce peuple qui venait honorer les 27 de Chateaubriant.

Nous prîmes place et nous vîmes arriver le cortège à la sablière, le lieu où ils furent fusillés.

Moment impressionnant avec l’appel des fusillés et le réponse « mort pour la France » cela vous fait serrer la gorge :  les drapeaux tricolores déployés, la remises des gerbes par les personnalités et notamment par Marie George Buffet, le silence, la sonnerie aux morts : cela marque.

Le discours de Marie George fût d’une grande hauteur ; chez elle, point de récupération mais le respect à ces hommes et aux femmes internées de Chateaubriand.

Elle trouva les mots justes pour rendre hommage à ces militants morts pour la France et qui donnaient une autre image de ceux qui les avaient choisis pour aller au poteau d’exécution par haine de classe.

Et puis il y avait Odette Niles la présidente de l’Amicale des fusillés de Chateaubriant et de Voves ; une jeune fille de 17 ans d’alors, et qui avait promis un baiser à Guy Moquet ;  une grande résistante Odette, une femme du peuple, une jeune fille qui s’était engagée dans la résistance dès l’occupation de la France par les Nazis, comme toutes ces femmes internées dont Marie George a relaté leur vie et leurs actes militants en indiquant une chose : ces femmes n’avaient pas droit aux fusils car elles étaient femmes et elles furent déportées et abattues à la hache comme Suzanne Masson.

Et puis, nous avons eu droit à un magnifique spectacle des enfants de Chateaubriant avec un groupe de théâtre de la commune ; cette année, c’était les femmes dans la résistance et ce spectacle nous rappelait le contexte dans lequel le pays se trouvait à ce moment là,  et la trahison des élites et l’anticommunisme qui amenait des français à livrer aux nazis d’autres français qui continuaient le combat contre le fascisme.

La sablière est un lieu où l’on sent l’âme de cette résistance, de cette petite flamme qui va jaillir et permettre à  la France de se libérer parce qu’il y a eu des hommes et des femmes qui ont tout de suite réagi contre l’occupant.

Nous étions nombreux dans ce lieu, plus de 5000 certainement, et quel respect et une personne nous disait : « c’était autre chose, l’autre jour, quand Sarkozy est venu » avec ses fans, le respect y manquait dans ce lieu où ce beau monde se livrait à la starisation, à l’applaudissement de la vedette, à la signature d’autographe comme à la sortie d’une opération médiatique orchestrée.

Châteaubriant, oui, un haut lieu de résistance et de respect et ces gens-là venu pour applaudir et faire la claque au chef de l’Etat ont manqué de respect.

Et puis, quel sincérité, quand vous voyez ces hommes et ces femmes de tout âge allant et venant sur chaque emplacement où se trouve graver les noms des suppliciés, avec cette ferveur encore intacte après tant d’années pour ceux qui ont contribué à nos libertés aujourd’hui menacée.

Ce matin, 22 octobre, j’étais de retour à la maison après ce long périple et malgré un peu de fatigue je suis allé donner un coup de main aux camarades de Nogent qui distribuaient l’huma spéciale au lycée Marie Curie.

Nous avons reçu un bon accueil des jeunes et le temps nous a manqué pour discuter car l’heure des cours approchait ;  mais je suis persuadé que l’expression des communistes laissera des traces.

Des jeunes ne connaissaient pas Moquet et Châteaubriant avant que le gouvernement ne décide de faire lire cette lettre.

Cela montre à quel point, l’éducation nationale a besoin de prendre à bras-le-corps cette période de notre histoire, non pas pour l’instrumentaliser, comme a tenté de le faire Sarkozy, mais pour en tirer les leçons au moment où la haine revient et où nos libertés sont menacées.

Peut-être, que demain, en respectant la laïcité, les enseignants feront appel plus souvent à des historiens, des résistants, des syndicalistes pour expliquer ces périodes historiques.

Je me suis aperçu, pour le peu de temps de discussion, que ces jeunes étaient intéressés par l’évocation de ce que fut cette jeunesse de 1940 confrontée à la barbarie nazie.

Je terminerai par mon retour à la maison, la radio diffusait des interventions  de résistants, d’historiens et de personnes qui donnaient leur avis sur l’évocation de Guy Moquet dans l’école de la république et j’ai remarqué que beaucoup d’hommes et de femmes appréciaient cette lecture dans les classes mais en insistant pour que l’on en reste pas là et que l’on fasse part du contexte de leur arrestation et de leur exécution.

Bien sûr, il y avait les grincheux habituels, et puis d’autres  qui agissent toujours par réflexes anti-communistes et pour eux ces militants et Guy Moquet ne pouvaient pas être des résistants puisque les communistes avaient soi-disant attendu l’envahissement de l’URSS avant d’agir.

Ces gens-là gommaient tous les actes de résistance communiste dés l’occupation de la France.

Une singulière interprétation de l’histoire qui a donc bien besoin d’être enseignée dans les écoles avec sincérité.

 

Bernard LAMIRAND

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GUY MOQUET ET LE CONTEXTE

Publié le 19 Octobre 2007 par aragon 43 dans Actualités


CONTRIBUTION de Bernard LAMIRAND à la rencontre organisée par l’UD CGT du Calvados à l’occasion de la lecture dans les lycées de la lettre de Guy Moquet.

 

Jean Marcenac, écrivain, dans la présentation du livre «  ceux de Chateaubriand » disait : « ceux de Chateaubriand sont tombés dans la pire nuit, et l’aurore n’était qu’en eux ».

Cette phrase révèle ce moment où la France est dans l’abîme le plus profond : celui du nazisme et de la collaboration des élites de la grande industrie et de la bourgeoisie qui ont choisi Hitler par haine de la classe ouvrière.

Cette bourgeoisie, qui redirige le pays après le front populaire, avait hâte de prendre sa revanche ; l’occasion était rêvée avec l’arrivée de l’occupant en 1940.

Et ce même Jean Marcenac, pour ces héros de Chateaubriand, emprunte pour les honorer : la fermeté, d’âme et la lucidité de Socrate, dans le « criton » ;  lorsqu’il annonce que demain il faudra boire la ciguë, et qu’il refuse de s’évader parce que sa mort injuste sera plus utile que sa vie à la venue de la vraie justice ;  ne la retrouvons –nous pas chez Charles Michels dit Jean Marcenac, quand Charles Michels convainc ses camarades de l’inanité de s’évader !

Et dedans, dans ce camp de Choisel, il y a des hommes que nous connaissons bien, ce sont les dirigeants syndicaux de 1936 et les communistes du front populaire ;  ils ont dirigé les luttes et les occupations d’usines pour la plupart d’entre eux.

Ils font tous partie de notre mémoire collective et de l’histoire de ce pays,  mais je voudrais citer Jean Pierre Timbaud,  c’est lui qui quelques années avant le front populaire, par une grève restée célèbre à Citroën en 1933,  a créé cette stratégie d’occupations des usines, ce qui ne s’était jamais fait auparavant.

Jean Pierre Timbaud, les patrons de la métallurgie le connaissaient bien, il fait partie des négociations nationales à Matignon au côté de Frachon, de Croizat, de Jouhaux. Il a l’œil sur ce jeune communiste, Guy Moquet, au camp de Choisel ;  ils fraternisent. Guy l’appelle « Tintin » ;  c’est pour ainsi dire son aîné et pourtant Jean Pierre Timbaud c’est la jeunesse de 1936.Voyez combien les événements s’enchaînent vite à ce moment avec une autre génération qui s’affirme au moment de l’occupation au côté de celle de 1936,  et je ne peux m’empêcher de vous faire référence à Roger Linet, un métallo camarade de Jean Pierre Timbaud et de Rol Tanguy et qui écrira celle belle page d’histoire de ces jeunes résistants qui vont traverser la tourmente comme l’intitule son livre.

Guy n’a pas accepté l’emprisonnement à Alger et la déchéance de son père comme député, il n’accepte pas non plus l’occupation nazie et la collaboration. Il a vu de ses yeux d’enfant, 1936, il a vu auparavant les hordes fascistes défilaient et essayaient de prendre l’assemblée nationale d’assaut en 1934, il a vu la réaction des travailleurs et l’unité syndicale retrouvée. Et puis, il y a ces années du front populaire et l’Espagne qui devient républicaine mais cela ne dure qu’un temps, la guerre d’Espagne éclate et il entend parler de ces brigades internationales qui vont défendre la  jeune république espagnole.

Cela prépare cette identité de résistance de Guy Moquet, cela le marque.

Il épouse son temps et il va le montrer avec cette génération de jeunes qui vont lever l’étendard de la révolte face à la collaboration vichyste et à l’occupation nazie bien avant l’intervention nazie en URSS.

Guy Moquet, juste avant d’être fusillé, a cette formule qui est encore aujourd’hui un message qui se transporte à nous : « vous qui restez, soyez dignes de nous, les 27, qui allons mourir ».

Alors, demain à Châteaubriant, leur sera à nouveau rendu hommage par des générations de militants communistes et cégétistes rassemblés – et cela se fait depuis 1944 et ce n’est pas l’intrusion de Sarkozy qui changera quelque chose à ce qui est un moment pour réfléchir à notre destinée par rapport à  ces hommes qui ont eu le courage de s’affronter à la barbarie et qui se sont sacrifiés pour notre liberté et le progrès social.

Et tous ces hommes, et d’autres, qui sont morts par la suite pour libérer la France, nous invitent aujourd’hui à être toujours à la hauteur de leurs combats et de les faire vivre ces combats dans notre réalité d’aujourd’hui.

Cette réalité, nous la connaissons tous, nous venons d’en vivre un épisode avec les attaques de ce gouvernement de droite concernant les retraites des régimes spéciaux.

Il y a là,  la marque de la revanche de 1936 dans les propos du gouvernement actuel. La riposte des salariés et des retraités avant-hier est sans conteste un rapport de force dont ce gouvernement devra compter.

Ce sont incontestablement des politiciens qui veulent en finir avec les garanties sociales acquises en 1945 et ils s’attaquent à ce socle que fut le programme du Conseil national de la résistance et je voudrais citer ce que disait dernièrement un  patron du MEDEF, le dénommé Kessler paru dans « challenges » : la liste des réformes ? C’est simple, prenez tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception. Elle est là. Il s’agit aujourd’hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil National de la Résistance (…).

La petite flamme sortie de Châteaubriant avait constitué dans cette résistance les principes fondateurs auxquels s’attaque Sarkozy et le Medef aujourd’hui.

D’un coté on flatte le sacrifice de cette résistance et de l’autre on veut la détruire.

Et cette lettre alors, que vient-elle faire dans cette attirail de Sarkozy ; elle sera lue dans les lycées ; pourquoi pas ! Mais derrière voyons que se cache le noir dessein de casse généralisée de ce qui fait le contrat social de ce pays.

Cette lettre est émouvante, Guy s’adresse à ses parents, il y a de l’émotion qui se fera sentir quand elle sera lue dans les écoles de la république si les enseignants le décident ;  mais peut- elle être lue sans rappeler le contexte dans lequel se trouvait les 27 de Châteaubriant ?

La lecture de cette lettre, sans ce rappel, viserait à se servir du sacrifice de ce jeune pour une récupération moralisatrice en direction des jeunes. C’est ce que Sarkozy cherche en ne l’accompagnant d’aucune mention des raisons pour lesquelles Moquet a été fusillé.

Châteaubriant c’est autre chose, et les lycéens ont besoin d’être éclairés autrement que les arguments de ces pères fouettards actuellement aux commandes de la république.

Le contexte de leurs arrestations mérite d’être connu de ces jeunes.

Ils étaient tous syndicalistes ou communistes et souvent les 2 à la fois.

Ce n’est donc pas un hasard si leur internement pour certains datent d’avant guerre.

Ils sont les victimes de la répression qui s’organise après le pacte germano-soviétique.

Ils sont alors des otages tout désignés quand sera abattu l’officier allemand à Nantes.

L’anti-communisme et l’anti-cégétiste le plus virulent vont pouvoir s’exprimer violemment.

Pucheu, le ministre de l’intérieur du gouvernement de Vichy va s’y employer.

Mais auparavant, il est bon de situer ce qui va amener des français à faire fusiller leurs compatriotes.

Un rappel est nécessaire pour bien caractériser l’époque.

Le monde change après l’affreuse boucherie de 1914/1918. Ce premier conflit capitaliste s’est conclu par des pays exsangues et la révolution gronde partout et en Russie la révolution d’octobre consacre l’arrivée des communistes au pouvoir ? En France dès la fin de la guerre des conflits éclatent, ils sont écrasés par la répression et la division syndicale bouche l’horizon. L’union sacrée n’est plus qu’un souvenir face à un adversaire de classe déterminé.

La bourgeoisie tente un peu partout d’endiguer cette montée révolutionnaire.

Le décor se noircit encore plus quand le premier Krach boursier de Wall Street  appauvrit et met en chômage  des millions de travailleurs en Europe et aux Etats-Unis.

Le fascisme alors se fonde et Hitler prend le pouvoir en 1933 en Allemagne. Partout en Europe continentale jusqu’aux portes de l’URSS les démocraties bourgeoises s’effondrent les unes après les autres.

La France est elle-même menacée et il fallu en 1934 contenir et battre les ligues fascistes. L’unité syndicale retrouvée permet l’arrivée du front populaire et les conquêtes sociales de 1936.

Cela en était trop pour le patronat français et plus particulièrement du puissant comité des forges qui se jura de venger l’affront de 1936.

Dès lors, le travail de sape aboutira à ce que rapidement le front populaire vole en éclat, et les gouvernements successifs qui seront aux manettes seront ceux décidés par les princes des forges et en particulier Daladier puis Paul Raynaud  et enfin l’immonde Pétain.

Il est bon de rappeler que ces gens là ont créées toutes les conditions pour que la défaite de la France consacre leur internationalisme du fric.

Ils ont eu le toupet d’accuser le front populaire et les 40 heures comme raison principale de la défaite. Encore, dernièrement, à l’assemblée nationale, à une question posée sur les 35 heures le premier ministre Fillion s’est pourfendu du même discours, je le cite : « vous avez défendu l’idée que la droite est la droite, que la gauche est la gauche, que l’histoire balbutie, que vous avez toujours été à l’origine des conquêtes sociales, quand nous aurions toujours tenté de nous y opposer (…)C’est oublier la responsabilité du front populaire dans l’effondrement de la nation française en 1940 ».

La revanche est toujours là, mais les choses aujourd’hui se compliquent pour cette bourgeoisie sur son passé et les révélations succèdent aux révélations et confirment que cette droite et le patronat de l’époque trahissaient bien avant la guerre la France et ses intérêts.

Ils vont tout faire et en particulier le comité des forges dirigés par les De Wendel et les Schneider pour briser l’élan populaire de 1936.

Ils invoqueront comme Fillion la responsabilité du front populaire dans la défaite de 1940 à cause des 40 heures et des congés payés comme un coût insupportable pour l’économie et qui aurait conduit au retard de l’armement de la  France face à celui des nazis.
Mais cela ne résiste pas aux révélations des archives qui sont maintenant consultables et qui montrent que les élites françaises de la banque et de l’industrie ont saboté l’économie française dans les années trente.

Les livres d’Annie Lacroix Riz le précise : « le choix de la défaite et industriels et banquiers sous l’occupation » où elle révèle que ces élites avaient fait le choix de l’Allemagne.

Pour montrer à quel point leur désir de vengeance contre le front populaire était une idée fixe qui allait aboutir à toutes les félonies possibles, je reprendrai un passage de son livre « le choix de la défaite » je la cite : En 1972, Patrick Fridensen liait étroitement l’histoire de la société Renault à celles des luttes sociales ; se montrait prudent envers la documentation patronale, accusée de refléter beaucoup moins les réalités, par exemple sur les thèmes conjugués des effectifs en excédent et de la baisse de rendement entre 1936 et 1938, que les puissantes « motivations politiques » de Renault et des siens ; et étudiait «  l’organisation de la revanche patronale » de 1936 réalisée, auprès d’autres ténors de la Confédération générale du patronat français, par le trio Renault-Peyreade-Le Hideux, dont le troisième s’est indûment exclu à posteriori ( les allemands l’appréciaient surtout pour son initiative dans le combat antibolchévique depuis 1936 à Renault-Billancourt). Vastes desseins nous dit Annie Lacroix Riz d’une bataille de la Marne anti-ouvrière qui réunit toutes les régions et les branches d’industries ».

Elle nous parle des moyens financiers : prés de 8 à 10 millions pour lutter contre la classe ouvrière et je ne résiste pas à mettre en corrélation ces moyens énormes pour l’époque et les caisses noires du l’UIMM actuellement pour financer les actions contre les syndicats comme vient de la dévoiler l’affaire Gauthier Sauvignac.

Ce que l’on peut dire pour le groupe Renault on peut le dire pour d’autres firmes de la métallurgie et de la chimie : ils ont choisi leurs intérêts contre ceux du pays.

Ils ont organisé « un contre 1936 » et se sont appuyés incontestablement sur la montée du nazisme.

Pourquoi je fais cette digression ? C’est pour montrer comment arrive Pucheu qui est un des piliers de ceux qui mènent le combat contre les communistes et la CGT.

C’est tous ces gens là qui feront le « sale boulot » demandé par les nazis : choisir les otages de Chateaubriand pour venger le lieutenant colonel Hotz abattu par les résistants.

Pucheu n’a pas de peine à les désigner, il les connaît mieux que quiconque pour les avoir eu en face de lui lors des occupations d’usines de la métallurgie.

Les internés de Châteaubriant viennent donc de ce tumulte de l’histoire qui se déchaîne depuis les années trente et où la classe ouvrière et les intellectuels se battent contre le fascisme et pour le progrès social.

C’est un officier de la gendarmerie nationale, le dénommé Touya qui fait fonction de chef du camp de concentration de Choisel et c’est un capot de la pire espèce.

Les internés politiques se trouveront vite confrontés à la collaboration entre les forces occupantes et la gendarmerie aux ordres de Vichy où certains vont obéir sans se poser de questions et d’autres seront mal à leur aise face à cette coopération entre les nazis et Vichy.

Dans ce camp se trouvent donc tous ceux qui ont été arrêtés par la police française après la signature du pacte Germano-soviétique et  par la chasse organisée ensuite par Pétain et Laval dès leur accession au pouvoir. Ce sont des syndicalistes et des communistes ; plus de 5000 arrestations furent réalisés dans cette période et dans les premiers mois de l’occupation.

 

Le drame ne va donc pas tarder à se présenter.

Il se place dans le contexte du moment ; l’armée allemande subit ses premiers revers en Union Soviétique, en France les mineurs de charbon se mettent en grève dans le nord Pas de Calais et à Nantes c’est l’exécution de l’officier Allemand Hotz, feld commandant de Nantes.

Hitler exiger des otages pour chaque allemand abattu et Pucheu va répondre à cette demande et annuler une liste dite « de bons français » pour y mettre à la place des communistes et syndicalistes qui ne peuvent être pour ces gens là que des mauvais français ou pas du tout des français.

C’est le sous-préfet Lecornu de Châteaubriant qui confirme que ce choix a été fait par le régime de Vichy.

Je le cite « Monsieur le ministre de l’intérieur (Pucheu) a pris contact aujourd’hui avec le général Stulpnagel afin de lui désigner les internés communistes les plus dangereux parmi ceux qui sont actuellement concentrés à Châteaubriant. Vous voudrez bien trouver ci-dessous la liste de soixante individus fourni s à ce jour ».

Des discussions ont eu lieu nous dit Fernand Grenier qui a écrit «  ceux de Châteaubriant aux éditions sociales », je le cite : « une voiture fait même la navette entre la kommandantur et le bureau du camp. Les machines à écrire tapent des noms. Le téléphone fonctionne en permanence entre Paris et Châteaubriant : « celui-ci, oui !... celui-là, non !... attendez, nous vérifions ! ».

Pucheu est le bras séculier ; il se souvient nous dit  toujours Fernand Grenier «  qu’il est le grand commis de la haute industrie. Il sait combien d’années de luttes quotidiennes sont nécessaires pour former des dirigeants de fédérations syndicales ouvrières…..il connaît la confiance des travailleurs pour les députés, les maires, les conseillers municipaux communistes et cela n’est pas l’affaire d’un jour. Le misérable calcule. Inscrire ceux-là en première place des hommes à fusiller, c’est amputer la classe ouvrière des dirigeants d’élites qui lui manqueront après la guerre.

C’est au surplus une tradition : Bismarck, en 1871, libérait les prisonniers français pour que les versaillais aient assez d’hommes pour massacrer les communards !

Les fusils SS vont rendre service à la grande bourgeoisie française en rayant du monde des vivants les meilleurs de ceux qui la combattent ».

Les 27, étaient de ceux-là, de ceux qui vont tomber par milliers pour la France, le liberté et la démocratie.

Pucheu, c’est l’homme lige des forges, il vient des industries métallurgiques et minières et il choisi donc en connaissance de cause.

Les 27 vous les connaissez tous, mais je voudrais m’arrêter sur le cas de Guy Moquet.

Guy Moquet, c’est le benjamin, 17 ans, c’est le fils de Prosper Moquet député communiste déchu et emprisonné à Alger avec Croizat et d’autres députés communistes.

Guy, nous dit encore Fernand Grenier, est un grand garçon, magnifique, il a conservé les traits de l’enfance, il pétille d’intelligence et il est pleinement le gamin parisien, sûr de lui, avec ses réparties rapides et une pointe d’ironie ».

Il a été arrêté à la gare de l’Est et son crime est d’avoir distribué des tracts contre Vichy et la puissance occupante.

Pucheu sait son âge mais pour lui peu importe, il est le fils d’un député communiste et l’on se doute qu’il n’a pas l’intention de faire de cadeau et que la vengeance du comité des forges doit s’exercer. Il ne tient pas compte que Moquet doit être libéré après la décision du tribunal.

Ce comité des forges qui faisait la pluie et le beau temps du temps de la troisième république et qui s’incruste partout dans le régime de Vichy est là pour ne pas faire de quartiers.

On en revient à cette trahison des élites si bien décrite par Annie Lacroix Riz.

Et elle nous le dit encore dans un passage sur le procès de Pucheu à Alger en 1944.

 «Pucheu, que son procès pour trahison fit connaître quelques peu (…) avait été étroitement associés aux cagoulards et autres mouvements fascistes d’avant guerre, comme agent du cartel sidérurgique il avait cherché à promouvoir la coopération entre l’industrie lourde française et allemande. En d’autres termes, lui comme plusieurs d’entre eux, avait un passé collaborationniste et ne montrait pas de la simple bonne volonté pour s’allier à l’ennemi mais de l’acharnement.

L’amiral Darlan (le comparse militaire de Pétain dans le gouvernement de Vichy)  pouvait compter sur ces hommes, qui non seulement s’employaient à livrer biens et produits manufacturés à l’Allemagne, mais servaient aussi d’intermédiaires pour permettre aux allemands de prendre possession ou contrôler  des usines françaises. Inutile de dire qu’ils gagnèrent gros dans les opérations et firent prospérer leurs propres affaires ».

Oui, pour conclure, cette lettre de Guy Moquet ravive la mémoire collective pour peu que l’on rappelle le contexte dans lequel ces militants furent assassinés par leurs bourreaux nazis et français.

Mais cette lettre ne peut en aucun cas servir d’instrumentalisation.

Les lycéens y verront que ces élites et celles d’aujourd’hui qui rabâchent le retour à un ordre moral sont décidés à casser ce que fut le combat de ces résistants et de la lueur qu’ils fécondèrent et qui conduisit à ce fameux programme du conseil national de la résistance que Sarkozy veut mettre par terre définitivement.

Sarkozy a cru utiliser la lettre de Guy Moquet pour mettre en avant ses théories qui, a plus d’un titre, se rapprochent des incantations pétainiste autour du travail, de la famille et de la patrie qui avait pendant l’occupation remplacé au fronton des mairies : liberté ,égalité, fraternité.

Châteaubriant, cette année marquera la convergence de tous ceux qui ne veulent pas que cette droite réactionnaire utilise le sacrifice des fusillés de Châteaubriant.

 

Nogent sur Oise le 19 octobre 2007.

 

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LES VRAIS PRIVILEGIES :SARKOZY FILLION ET CONSORTS

Publié le 18 Octobre 2007 par aragon 43 dans syndicalisme

Aujourd'hui 18 Octobre les régimes spéciaux sont en grève pour défendre leurs droits et garanties sociales.
Cette grève rassemble les travailleurs de la SNCF,EDF,RATP, les services de transports urbains, auxquels se joignent d'autres salariés notamment dans le privé.
Ils ont raison car cette attaque de la droite en prépare une autre plus grave en 2008: celle de l'ensemble des droits à la retraite du régime général et  du secteur nationalisé et de la  fonction publique.
Je voudrais défaire cette idée distillée par la droite et la bourgeoisie que ces catégories seraient des privilégiés.
D'abord à ces gens là, je voudrais leur dire "pas vous", car cette notion de privilégiés vous concerne hautement, vous qui venez d'encaisser prés de 14 milliards de cadeaux fiscaux.
Privilèges ! Regardons ces Messieurs PDG qui s'octroient avec leur conseil d'administration des stocks-options et des parachutes dorés en cas de départ de leur entreprise: n'est-ce-pas Monsieur Forgeard d'EADS !
Alors ignoble de qualifier  de privilèges le fait de partir plus tôt en retraite dans les régimes spéciaux dont l'histoire nous dit qu'ils viennent de loin, et parfois même de l'époque de la royauté, notamment pour la marine marchande.  Régimes spéciaux , ces termesont été bien choisies: ils correspondent à des métiers et professions qui contiennent des contraintes particulières:  des questions de sécurité de transport, de travail de nuit etc...
Demain,  laisserons nous dire  que les sidérurgistes qui travaillent en feux continus nuits et jours dimanches et jours fériés compris,  et qui ont des garanties en horaires et en primes pour ces travaux contraignants,  sont des privilégiés par rapport aux autres et qu'ils doivent se mettre au diapason en abandonnant leurs acquis?
Cette notion de "priviléges" vu par le patronat et la droite peut conduire, demain, la plupart des salariés à être alignés sur le moins disant et voir en fait le prix de leur force de travail réduite pour que la plus value créée  soit accaparée davantage par l'actionnaire et le PDG pour ses stocks-options.
Et puis enfin, pour ne pas être plus long dans ce papier de colère, je voudrais dire à tous les travailleurs qui gobent les messages médiatiques comme des vérités, que leur ennemi ce n'est pas le cheminot qui gagne sa paye à "la sueur de son front" comme on disait naguère, mais bien celui qui exploite tous les jours dans des conditions de plus en plus pénibles des salariés sans droits et qui le jettent souvent vers les 55 ans dehors quand ils ne peuvent plus donner le maximum de leur force de travail.
Et enfin, je m'élève contre cette idée que les cheminots rouleraient sur l'or; mes parents étaient cheminots; ma mère quelques années de garde-barrière avant d'arrêter et d'élever ses enfants et mon père cantonnier poseur; je sais ce que c'est que vivre dans le pauvreté.Ce père, devant la misérable paye était obligé de prendre sur son repos pour travailler dur  quelques champs  pour que nous ayons de quoi manger et vivre correstement.
Mon père est mort   du fait des conditions de travail sur les voies à 64 ans; il n'a que peu profiter de sa retraite prise à 57 ans et ma mère a reçu une dérisoire retraite de reversion jusqu'à sa mort en 2000.
Privilégiés mes parents... ignobles vos propos de "privilégiés" Sarkozy et Fillion ! combien avez-vous dans votre compte en banque pour parler ainsi ?
J'écoutais tout à l'heure Bernard Thibaut sur France-inter, il a raison, les privilégiés ne sont pas dans les rangs des salariés et retraités salariés.
Bernard LAMIRAND  fils de cheminot et métallo.

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