RAPPORT DELEVOYE LE SENS FALLACIEUX DE L'EQUITE ET DE L'UNIFICATION DES REGIMES DE RETRAITES

Publié le 9 Septembre 2019

EQUITE ET UNIFICATION DES REGIMES DE RETRAITES  RAPPORT DELEVOYE

D’abord quel sens  donné à ce mot  « équité » employé fréquemment  par Delevoye dans son rapport et qui voudrait  faire apparaitre comme quelque chose de juste des modifications au système actuel par répartition ; de même le  lien avec l’unification de tous les régimes de retraites existants dans notre pays (42) brandis comme archaïques et compliqués alors que ce sont des régimes proches des réalités des conditions professionnelles et notamment des contraintes particulières auxquelles ont à faire face les salarié-e-s .

La CGT a avancé depuis quelques années déjà, une maison commune des systèmes de retraites et notamment pour rendre encore plus solidaires nos systèmes de retraites par répartition.

La démarche d’équité – maitre-mot employé par Delevoye- ne remet pas en cause les fondements de l’inégalité, au contraire dans l’esprit des économistes libéraux, elle est synonyme d’accepter des différences et même de les rendre légales  : par exemple l’exploitation capitaliste et le fait que l’exploiteur tire tous les avantages  de l’exploitation des salariés-es et notamment du prix de la force de travail, qu’il veut équitable, c'est-à-dire reflétant la division du travail, les inégalités sociales sont considérés comme justifiée : cela s’appelle la subordination à un maitre, à une domination financière, à une hiérarchisation des pouvoirs (classe dominante).

L’équité serait  donc d’accepter la situation actuelle et de comprendre par exemple qu’un système de retraite soit équitablement réparti et notamment de se partager le peu qui reste de la création de richesse quand l’actionnaire a subtilisé la plus grande partie de la plus-value.

Pour les retraites, Delevoye nous indique qu’il est équitable qu’entre le patronat et les salariés les cotisations  retraites se limitent à 28,12 % et avec une règle d’or de ne pas dépasser en dépenses de prestations retraites 14 % du produit intérieur brut. L’équité consiste donc à ce que l’on ne puisse améliorer les pensions et retraites au-delà de ces chiffres et permettre ainsi au capital de s’octroyer sans  aucun verrouillage le maximum de la plus value de plus en plus accaparée par le patronat.

Pour ce qui concerne l’unification des régimes de retraites, cette idée qui, de prime abord apparait séduisante, réunir les régimes particuliers ; apparait en fait comme un coup du Medef : non plus rogner ces régimes plus avantageux que celui de la Sécurité sociale mais les faire disparaitre carrément en remettant en cause  ce que ces régimes ont obtenus par des luttes ; ce  que l’on appelle des conquis.

Pourquoi ne pas procéder par l’inverse ? C'est-à-dire prendre tout ce qu’il y a de bon dans ces régimes particuliers pour améliorer les conditions de la retraite du régime général de la Sécurité sociale en y intégrant  tout ce qui est le plus avantageux de ces régimes spéciaux et du secteur public.

Bref, ne vaut-il pas mieux, de laisser les régimes spéciaux exister au lieu des dispositions contenues dans le rapport Delevoye d’unification et d’alignement par le bas et engager une évolution de notre système de Sécurité sociale de retraite par le haut en consolidant son caractère de répartition, de solidarité, d’égalité hommes femmes et envers la jeunesse.

La CGT fait des propositions qui vont dans ce sens et qui respectent l’existant fruit des luttes des travailleurs avec une maison commune de la retraite.

Bernard LAMIRAND

 

 

Rédigé par aragon 43

Publié dans #Actualités, #Retraites, #SECURITE SOCIALE

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