RAPPORT DELEVOYE L'ARNAQUE DU SIECLE

Publié le 1 Septembre 2019

RAPPORT DELEVOYE RETRAITES POINT DE VUE GENERAL

Ce premier article fait  suite au rapport Delevoye. J’en donne un point de vue général le plus concis possible  avant de passer à une analyse plus fouillée en une dizaine d’articles  qui vont  s’échelonner sur plusieurs semaines.

Un élément moteur inspire le rapport  Delevoye: il s’agit d’une déclaration désormais célèbre, celle de Denis Kessler ancien vice président du Medef, qui disait dans la revue patronale « Challenges », en 2007, à l’adresse du nouveau président de la république Nicolas Sarkozy, je le cite : « Le modèle social français est le pur produit du Conseil national de la Résistance. Un compromis entre gaullistes et communistes. Il est grand temps de le réformer, et le gouvernement s'y emploie… A y regarder de plus près, on constate qu'il y a une profonde unité à ce programme ambitieux. La liste des réformes ? C'est simple, prenez tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception. Elle est là. Il s'agit aujourd'hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance ».

L’idée est d’en finir avec un régime de retraite de la Sécurité sociale mis en place en mai 1946 par Ambroise Croizat ministre communiste du travail et de la Sécurité sociale. Le pilonnage  avait commencé avec les décrets Balladur en 1993, puis les mesures reculant l’âge de la retraite  dans les gouvernements sous Chirac, Sarkozy et Hollande avec des réformes paramétriques, mais l’attaque est aujourd’hui sur les fondamentaux

Le rapport Delevoye est donc  une suite de mesures structurelles pour en finir avec le système de retraite de la Sécurité sociale. Ainsi ces mesures concerneront les générations nées depuis 1963 et les personnes atteignant 62 ans en 2025.

Cette réforme dite "systémique" inquiète le pouvoir face aux risques de réaction des français  et il cherche à  reporter d’un an la loi comme vient de l’annoncer Monsieur Darmanin ministre du budget.

Plusieurs entourloupettes sont prévues pour faire mourir le système né à la libération et qui permet des retraites connues et garanties à tous les salariés-es, soit par la loi, par des statuts ou des conventions. Je cite  parmi la submersion de textes technocratiques du rapport Delevoye trois attaques qui vont modifier de fond en comble notre système actuel de retraite.

La retraite à point : les points  ne seraient comptabilisés que sur la base des heures travaillées tout au long d’une carrière de plus en plus hachée, sur la base de 1 euro cotisé donne les mêmes droits, quel que soit le moment où il a été versé, quel que soit le statut de celui qui a cotisé  dans le cadre d’un compte individuel  mettant fin  au calcul sur les 25 meilleures années pour le privé  ou les 6 derniers mois de salaires dans le secteur public et nationalisé. Le système deviendrait  individuel, indéterminé et inégalitaire et correspondrait à une esquisse de ce que pourrait être des pensions versées par les assureurs sur des bases liées à l’espérance de vie.

 Le financement : La cotisation retraite salariés -employeurs demeure mais elle serait  bloquée à 28,12 %  avec comme hypothèse que la part du PIB consacrée aux retraites ne devra plus dépasser 14 % et cela malgré la hausse du nombre de retraités à venir qui fait dire au Conseil d’orientation des retraites (COR)  qu’à périmètre de prestations constant il faudrait y consacrer 16 % de PIB en 2050, la réforme proposée entérine sciemment une réduction du niveau des pensions par tête et l’obligation pour les retraités (présents ou futurs) de recourir à d’autres formes de revenus pour compenser le manque .Plus personne ne serait alors assurée de la pérennité de sa retraite.

L’âge de la retraite : l’âge de départ à la retraite, actuellement 62 ans, deviendrait une coquille vide.  Macron avait  indiqué qu’il n’y toucherait pas, or, par la proposition de Delevoye d’un l’âge pivot à 64 ans avec décote et surcote le salarié ou l’ayant droit attendrait  64 ans ou encore  serait  incité à poursuivre plus longtemps pour obtenir  les points nécessaires pour partir dans de bonnes conditions. La déclaration de Macron revenant sur cette idée de l’âge pivot et fixant  son choix  sur le nombre d’années cotisées  (43 ans Loi Touraine) retarderait davantage  le moment du départ du fait de l’entrée au travail de plus en plus tardif des jeunes. Un jeune commençant à travailler à 26 ans partirait à taux plein qu’à 69 ans.

Voilà les trois raisons qui démontrent l’arnaque qui se prépare.

Nous quitterions alors un système à prestations définies pour s’engager dans ce que les experts appellent un système à cotisations définies et quand à l’ âge de la retraite  il ne serait plus qu’une simple variable d’ajustement.

Un projet  donc qui démantèlerait  un système actuellement garanti  et conduirait à un recul généralisé des prestations et de l’âge de la retraite.

Dans les prochains articles, je décortiquerai ces principales mesures qui remettent en cause le pacte social passé en 1945 qui régit toujours  nos retraites sur la base non seulement de la répartition mais de la solidarité intergénérationnelle.

 

Bernard Lamirand

 

 

Rédigé par aragon 43

Publié dans #Retraites, #Actualités, #SECURITE SOCIALE

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