DELEVOYE ET LA SURCOTE

Publié le 22 Janvier 2019

ILS VEULENT DEMOLIR NOTRE RETRAITE

Jean Paul Delevoye, haut commissaire à la réforme des retraites, commence à dévoiler concrètement son plan pour démolir le régime général des retraites mis en place par  Ambroise Croizat à la libération.

Un système qui a fait ses preuves, qui a permis aux retraités-es d’avoir une retraite correcte basée sur la solidarité intergénérationnelle à 60 ans.

Cependant un travail de sape avait déjà concouru à réduire sa portée notamment en retardant l’âge de la retraite et les paramètres qui permettaient de disposer de prestations sur les 10 meilleures années.

Les mesures précédentes indiquaient bien que le but n’était pas d’en rester là.

Ce qui vient d’être annoncé est grave.

En effet, Jean Paul Delevoye travaille un système de surcote pour les futurs retraités-es qui accepteraient de poursuivre leur vie professionnelle au-delà des 62 ans. Une sorte de méthode à la Sarkozy que l’on pourrait intituler «  travaillez plus longtemps pour gagner plus à la retraite ».

La boucle serait pour ainsi dire bouclée avec un montage par points pout toutes et tous,  privé et public ; un  système sensé être égalitaire et simple nous dit-on mais qui recèle plein de chausses trappes pour les ayants droits.

Il faut savoir que ces surcotes sont le pure copie des accords AGIRC et ARCOO signée par la CFDT- -CFE CGC-CFTC et le patronat permettant de retarder les départs en retraites après 62 ans sans le dire.

Delevoye, en fait, a trouvé l’astuce pour arriver à retarder l’âge de la retraite tout en jurant ses grands dieux qu’il ne touche pas à l’âge légal de 62 ans.

La Surcote est l’arme pour y parvenir.

Regardons un peu le contenu des complémentaires. Les accords ARCCO et AGIRC, leur fusion, sont des sources d’inspiration très utiles pour que le régime à points supplante le régime général et les retraites des secteurs publics et nationalisés par un moins disant systémique.

D’abord ces accords impactent la retraite à 62 ans par des mesures punitives et authentifie l’abandon de la retraite à 60 ans.

Par exemple, le fait  de vouloir partir à 62 ans, entraine une sanction immédiate : le salarié subit un abattement de 10 %  de sa retraite complémentaire pendant 3 ans et il ne lui reste qu’à accepter de retarder son départ par un système de surcote qui le conduit à une majoration de sa  retraite de 10 % pour 8 trimestres, 20% pour 12 trimestres, 30% pour 16 trimestres continué après les 62 ans.

Si on y rajoute que le calcul par points dans les régimes complémentaires s’effectue  qu’en fonction  du salaire de référence qui intègre les bas salaires, des pertes de salaire à travers la précarité des emplois, les périodes de chômage qui  réduisent le nombre de points attribués et que ces points de plus en plus chers donnent alors un nombre de points  de plus en plus réduit et qui joue sur le calcul du point de retraite servi lui-même restreint et  les surcotes servent alors à atténuer des pertes considérables et à rallonger l’âge de la retraite.

Surcote et allongement de l’âge de la retraite, valeur de points effondrée, ne sont que des moyens pour mettre à mal les conquis de la Sécurité sociale en matière de retraite et l’on peut déjà indiquer que les futurs retraités-es seront les grands perdants de ce démantèlement de nos systèmes actuels de retraites que veut opérer Macron.

Ce sera le cas pour les jeunes à la recherche d’un travail et d’une carrière à contrat à durée indéterminée qui verront leur projet d’emploi encore plus retardé par le fait de ces surcotes qui maintiendront des vieux salariés au travail dans les pires conditions et eux-mêmes, plus tard, quand viendra le moment de prendre leur retraite, du fait de pension minimale par le nombre de points réduit tout au long d’une carrière hachée, devront faire comme leurs ainés, pris dans le système de surcote, de poursuivre un travail  pour avoir l’entièreté de leur retraite qui  pourrait dépasser les 65 ans invoqués par Delevoye  et ses déclarations sur ce sujet témoigne qu’ils ont l’intention de se servir de la surcote pour en faire un variable d’ajustement permanent.

Bref nous serions alors aux antipodes de l’existant actuel avec un taux plein à 62 ans qui valide par trimestre et qui permet avec le régime général d’effacer notamment des périodes de perte de salaires à cause s du chômage et des contrats à durée déterminée. 

Il y a quelques années j’avais fait pour la CGT de la Métallurgie en tant que secrétaire chargé de la politique revendicative un éditorial intitulé « la retraite pour les morts ». Eh bien, si le futur retraité ne sera pas aux derniers articles de la vie, il ne sera plus dans les conditions que nous avons connu avec le système du régime général mis en place par Croizat et la retraite sera celle d’une fin de vie ne permettant plus de la vivre comme une vie nouvelle.

Bernard LAMIRAND

 

Rédigé par aragon 43

Publié dans #Retraites, #SECURITE SOCIALE

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