LES BILLES DES CHEMINOTS

Publié le 2 Mars 2018

LES  BILLES DES CHEMINOTS

Pourquoi as-tu plus de billes que moi s’écrie le môme ?

Nous avons joué, durant notre enfance, aux billes lors des récréations dans la cour de l’école ou  à la sortie des classes sur le chemin de retour et  nous avons tous des souvenirs de ces confrontations qui nous ramenaient à la maison en pleurs parce que nous avions perdus ou triomphants parce que nous avions soustrait un tas  de billes à un camarade.

Il y avait  des gagnants et de perdants.

Moi je vais vous parler d’autres billes.

Un monde où le gagnant veut imposer sa loi du profit et prendre toutes les billes.

Le sac de billes des cheminots (leur statut) serait pour ces gens là un privilège exorbitant.

Et l’on fait donner la charge avec un institut de sondage nous révélant que 7 français sur 10 veulent que ce "privilège" soit enlevé aux cheminots.

Je me suis dit : « mais qu’est-ce qui fait qu’ils en veulent autant à ce sac de billes  composé de quelques agates qui ne coutent pas chères  à l’exemple des voyages gratuits des cheminots sur les lignes de chemin de fer avec leur famille ou un emploi garanti( ce qui devrait être la moindre des choses pour tous) et quelques autres acquis venant des conditions de travail d’un métier dur et difficile quand il s’agit de transporter des gens et des marchandises nuits et jours dimanches et fériés compris.

Mais qu’est-ce que ce statut a  à voir avec des "privilèges" ?

Quel esprit malfaisant a-t'il pu induire de braves gens à croire que ce statut les empêcherai de respirer ?

Des "privilèges" disent-ils en cœur !

On peut aisément retourner cette fulgurance venant des milieux les plus nantis de ce pays.

Voyons un peu ces braillards qui hurlent contre des avantages acquis des cheminots. On chuchote que certains de ces messieurs ont des statuts tous autres que celui des cheminots : par exemple ils roulent carrosses sans bourse délier, soit disant pour le boulot et ils utilisent la grosse voiture de l’entreprise pour leurs besoins personnels ;  et puis il y a  les jardiniers et les femmes de ménages gratos, des places dans les hôtels les plus luxueux de la côte d’Azur ou bien à Marrakech, des vacances à la neige à Avoriaz avec toute la famille et les amis-es et parfois les maitresses, et des soi-disant  colloques payés sur le compte de l’entreprise dans des lupanars pour riches du coté du Qatar et nous avons en tête quelques hauts personnages dans d’autres hôtels y compris avec des malandrins…. La liste est longue de leurs avantages en espèces  sonnantes et trébuchantes  et l’on pourrait aussi souligner quelques illustres individus  bien en vue qui tapent sur le service public mais vivent à ses crochets avant de voler de leurs propres ailes  puis faire fortune dans les groupes du CAC 40  et certains, peu regardants, n’hésitant pas à cumuler avec toute sorte de jetons présence.

Voilà leurs statuts et les beaux sacs de billes composés non d’agates mais de rubis.

On a aussi nos perroquets médiatiques, dressés  dans des écoles américaines où on les apprend à casser du sucre sur le petit. Nous avons en ce moment quelques spécimens qui lâchent leur bave chaque jour sur les antennes nationales. Ceux là sont loin d’être des malheureux et dès qu’ils sont virés d’un poste en retrouvent un autre sans coup férir et l’on peut dire que leur emploi à vie est un filon de haut standing.

Alors ce bourrage de crâne ça suffit !  Notamment sur des personnes ingénues et dont on veut en faire des accusateurs  du statut du cheminot. Ceux-là, tout compte fait,  s’en prennent  qu’à eux  mêmes : demain ils seront à leur tour les victimes et les dindons de la farce.

Et oui ….. Et en plus  pourquoi ne pas s’attaquer à  tous ceux qui ont une convention collective, en fait un statut; ce jeu là s’appelle jouer contre son camp.

Et  puis, il y a la haine de classe, comme celle de l’inénarrable François  de Closets, vous savez celui qui avait écrit un bouquin virulent contre les syndicats il y a une vingtaine d’années, sous le titre « Toujours plus » où il dégueulait sa bile patronale :   eh bien cette moisissure de la bourgeoisie vient de sortir du bocal de naphtaline et  hurle à mort contre le statut des cheminots, lui qui a les "rognons bien couverts" pour servir ses maitres en exerçant sa verve pisseuse contre le monde du travail.

Alors, au fait,  ce statut pourquoi en parlent-ils autant ? Tout simplement parce qu’il est l’obstacle principal à la privatisation de la SNCF.

Que les usagers n’oublient pas cela car ils en seront les premières victimes.

Oui le Statut  des cheminots n’est qu’un prétexte.

Bernard LAMIRAND

Rédigé par aragon 43

Publié dans #Actualités, #SYNDICALISME

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