MACRON ET LA CHASSE AUX CHOMEURS

Publié le 27 Décembre 2017

Monsieur le Président,

Lettre ouverte

J’apprends ce jour, en pleine période de fêtes, que vous vous apprêtez à faire la chasse aux chômeurs.

Dans le passé, si mes souvenirs sont bons, les présidents de la République organisaient des battues à Rambouillet et les trophées, après avoir été exposés, finissaient dans quelques organisations pour les pauvres en guise de charité. Nous avions aussi connu des présidents qui chassaient en Afrique les lions, les rhinocéros, les éléphants et d’autres bêtes et en profitaient pour rapporter quelques diamants du temps de Bokassa 1er.

Vous, vous avez décidé avec votre « délictueuse(1) » du travail, de vous occuper de chasser les chômeurs, une ethnie qui pousse comme des champignons depuis l’effondrement du droit à pouvoir travailler dans de bonnes conditions et d’avoir l’emploi sûr et véritable.

C’est ce que nous venons d’apprendre dans nos chastes oreilles par les médias et notamment dans le « Canard enchainé de ce jour ».

Nous ne savions pas que ce gibier vous intéressait à ce point, vous qui le considériez comme relevant de la fainéantise (2).

Votre « délictueuse(1) » du travail, c’est vrai, avait déjà eu la main lourde dans le groupe Danone où elle débusquait tous les « surplus » au boulot. Elle a ainsi mis à la porte des milliers de travailleurs.

Certainement que vous l’avez choisi comme ministre, vu ses dispositions, pour traquer ceux et celles qui ne répondent pas aux critères d’aujourd’hui de l’emploi qui doit être évanescent dans l’entreprise pour le profit maximum.

Des « comparses » ont fait le même choix  en d’autres lieux que le « marchand de yaourt » et il va de soi que ces travailleurs se sont injustement retrouvés chômeurs à cause d’elle  et de ses complices du Medef.

Vous avez fait, vous et vos prédécesseurs, de notre France, un vrai parc de « laisser pour compte », y compris cette jeunesse dont vous ne leur offrez que des petits boulots mal rémunérés, temporaires et indignes de leurs connaissances et expériences professionnelles.

En fait, c’est comme si l’on rassemblerait une faune dans une vaste réserve à disposition dont on gérerait les flux et reflux selon les besoins. N’est ce pas cela cette mise à l’écart de ces hommes et de ces femmes qui avaient un travail et que celui-ci leur a été enlevé pour une meilleure côte des actions en bourse ?

Evidemment, il vous faut quand même nourrir les « enchainés » à ce système de plus en plus infâme ; mais  il faut faire là aussi des économies sur les indemnités chômage déjà pitoyables envers ces personnes.

Alors, les employés de « l’enclos » doivent devenir des chasseurs, pas des chasseurs de têtes comme vous dites pour les beaux postes dans les groupes et les cabinets ministériels, mais des chasseurs d’hommes et de femmes en déshérence en les poursuivant et en les stigmatisant  comme des mauvais chercheurs d’emploi où plutôt comme « des tire au flan  ».

Ce personnel n’est pas de cette trempe et vous ne ferez ce que qu’il vous plait car ils ont une autre conception de leur métier.

Ces hommes et ces femmes vous les écartez donc comme des fraudeurs.

Mais au fait que deviennent les vrais fraudeurs ? Ceux qui placent leurs pognons dans les paradis fiscaux, ceux de ces multinationales, de ces banques, qui ont pignon sur rue dans les  zones défiscalisées et même en Europe : allez vous démasquer votre  ami Junker qui a fait fleurir toutes les grandes fortunes au Luxembourg, allez- vous poursuivre et punir ces patrons voyous en les délestant de leurs dividendes et de leurs stock options comme vous voulez délester de pauvre gens qui n’ont que cela pour vivre ?

Quelle honte de vouloir les appauvrir encore plus. 

Ainsi donc vous nous faites un plan pour coincer ces  6 millions de chômeurs inscrits (j’emploie ce terme plutôt que ce terme hypocrite « les privés d’emplois »). Ces gens là, c’est vous et vos prédécesseurs qui les avez mis dans cette situation et ce n’est pas en leur mettant « le coup du père François » qu’ils retrouveront le chemin de l’espoir et d’un vrai travail dont vous êtes infoutu de leur donner.

Comme au temps de bons points et des retenues voici revenu, vous voilà prêt à les guetter dans leur moindre geste, à les noter, à leur demander des comptes rendus pour ensuite les cocher sur  des listes noires. Quelle cruauté pour des hommes et des femmes qui ont pour certains et certaines des années de travail  de devoir narrer ce chemin de croix sans cesse que vous leur imposait à travers toutes les chausses trappes qui les empêchent de trouver un vrai boulot parce que  soumis à des formations souvent bidon, des horaires, des distances et de travaux qu’ils ne sont pas dans leurs compétences.

Cela ressemble à  plus qu’un reproche mais  plutôt à du déshonneur d’être mis ainsi à l’index par la punition sur leurs pauvres allocations.

C’est insupportable Monsieur le Président.

Votre verdict sera donc expiatoire : il importera que la sanction tombe et que les « pris dans la nasse » de l’accusation, trouveront leur subsistance réduite avec des tarifs dégressifs comme à l’image de ce qui se refait en Allemagne où le chômeur est traqué.

Monsieur De Macron, en faisant la chasse à cette main d’œuvre inoccupée, vous deviendrez alors une sorte d’auxiliaire du travail aléatoire à vil prix qu’aime tant le monde patronal.

Je ne vous dis pas Bonsoir.

Bernard LAMIRAND

  1.      Une patronne devenue ensuite ministre qui cumule sur un an près de 700 PV de l'inspection du travail
  2.      Emmanuel Macron vendredi 8 septembre à Athènes : "Je ne céderai rien, ni aux fainéants ni aux cyniques ni aux extrêmes.

Rédigé par aragon 43

Publié dans #POLITIQUE, #Actualités

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