FTM CGT : UN CONGRES A LA HAUTEUR DES LUTTES NECESSAIRES DES METALLURGISTES

Publié le 25 Novembre 2017

MOMENTS VECUS AU CONGRES DES METALLOS  TENU A DIJON DU 20 AU 24 NOVEMBRE 2017

J’ai participé pendant les deux premiers jours à la tenue du 41eme congrès de la FTM CGT*. J’ai revu plein de camarades côtoyé ou rencontré dans ma vie militante et cela fait toujours chaud au cœur de les revoir, de reparler de nos luttes, des moments agréables, mais aussi d’autres plus difficiles que nous avons traversé ensemble.

Des moments émouvant aussi à l’hommage rendu aux disparus-es depuis le dernier congrès.

Près de 400 délégués-es à ce 41eme congrès de la fédération et avec la présence d’une forte délégation de syndicalistes européens et mondiaux.

Des délégués-es venus-es nous parler de ce qu’est aujourd’hui le travail et la façon dont le capital s’empare des nouvelles technologies comme la façon dont il culpabilise les salariés à travers sa bataille idéologique concernant le coût du travail trop élevé: vieille rengaine du capitalisme dont le seul but est toujours de le réduire pour engranger davantage de profit.

41 congrès ont eu lieu depuis que la Fédération existe. Cela fait dans le  temps des milliers de militants-es venus-es de leurs syndicats pour décider des orientations à prendre dans la métallurgie ? Avec des noms prestigieux comme ceux de Benoit Frachon qui deviendra secrétaire général de la CGT, d’Henry Krasucki, d’Ambroise Croizat qui fut secrétaire général de la FTM CGT tout en étant ministre du travail,  et aussi  ces hommes et ces femmes qui résistèrent au nazisme comme Jean Pierre Timbaud, Suzanne Masson, Henri Gauthier et de Roger Linet, Henri Rol Tanguy, Simone et Auguste Gillot dont  nous eûmes tant de témoignages de leur part sur ces périodes noires de l’occupation où furent exécutés ou déportés-es tant des camarades dont les noms restent à jamais dans nos mémoires et dans notre histoire.

Une grande histoire de la FTM CGT demeure à travers ces quarante et un congrès et surtout une histoire des luttes des métallos bien racontée par l’institut d’histoire sociale CGT de la Métallurgie dans une belle exposition et par l’intervention de Claude Ven président de l’IHS.

Devant ces jeunes délégués-es pour la plupart, qui prenaient place à ce congrès, je revoyais défiler mes jeunes années de militantisme. Aucune nostalgie de ma part mais une fierté de voir la fédération toujours là et que son devenir est assuré par ces jeunes qui prennent toute leur place pour créer les conditions de luttes à la hauteur des enjeux d’aujourd’hui et de demain.

C’est toujours extraordinaire de voir réuni en un seul endroit, pendant quelques jours toutes les forces militantes de la métallurgie;  et elles étaient toutes là avec des idées bien arrêtées. Des idées de classes, des idées pour une vraie convention collective de la métallurgie, des idées pour combattre chômage et précarité, des idées pour intervenir pour redonner toute sa force à l’industrie et en finir avec la mise en concurrence de travailleurs sur cette planète. Ils venaient non seulement pour témoigner mais apporter leur solution face à cette situation de surexploitation qui règne dans les lieux de travail où le patronat veut être seul maitre à bord et remettre en cause les droits syndicaux obtenus par les luttes.

Ils et elles n’étaient pas venus pour faire un constat mais bien pour chercher comment combattre ce capitalisme mondialisé qui détruit toute la vie sociétale et collective et qui cherche à tout prix le profit maximum au détriment de l’humain, je dirai même de l’humanité et quel beau moment passé avec les délégations métallos d’autres pays.

Nul sentiment de défaite, de dépit, d’abandon pour ces délégués-es animés-es d’une grande combativité.

Dommage que le presse écrite et télévisuelle n’était pas là, elle aurait vu une CGT qui n’a pas l’intention de baisser les bras et qui cherche comment mieux se rassembler et construire l’unité indispensable pour battre l’UIMM, ce patronat le plus retors et le plus agressif que jamais qui inspire  Macron et ses colporteurs pour casser droits et conquêtes sociales.

Frédéric Sanchez, qui a remplacé Philippe Martinez devenu secrétaire général de la CGT, a placé d’emblée toutes ces questions que les métallos se posent pour lutter efficacement  face à ce capitalisme destructeur et comment non seulement lui résister mais passer à l’offensive et cela à l’unisson avec Philippe, qui, dans une intervention au congrès a fait appel à toutes nos forces militantes pour mener ce combat au plus près avec les travailleurs et les syndiqués-es qu’il faut « chouchouter » comme disait un délégué.

Un congrès donc vivant, contemporain à ce qui se passe dans les boites comme on dit : j’ai apprécié les débats sur les thèmes proposés qui allaient des conditions du travail avec  un problème majeur, celui du comment agir face à une organisation du travail qui évolue sans cesse avec  les évolutions technologiques utilisées par le patronat pour réduire l’emploi, accélérer les cadences de travail, précariser l’emploi, les salaires et le temps de travail.

A travers toutes les interventions, se devinait cette volonté émergente de ne pas subir et de renverser la table pour ainsi dire avec des propositions syndicales tels la convention collective des métallurgistes, un code du travail du 21eme siècle, une vie démocratique à l’entreprise sortant de la soumission patronale des ordonnances Macron Péricaud etc. .

Oui, un congrès qui marque une étape nouvelle : celle de métallos décidés à ne pas s’en laisser compter par ce patronat avide de profit dont il faut dénoncer le cout du capital qui pèse tant dans l’appauvrissement de la France et de ceux qui vivent de leur travail où de leur retraite.

Frédéric a été réélu  secrétaire général de la FTM CGT avec  une équipe en partie renouvelée, à l’unanimité, et dans une belle ambiance fraternelle entre délégués-es.

Oui, lucidité, combativité et donc pas défaitisme tel était le congrès des syndicats CGT de la Métallurgie.

Bernard Lamirand ancien secrétaire de la FTM CGT

* J’ai suivi les autres jours sur le site de la FTM CGT

Rédigé par aragon 43

Publié dans #FTM CGT

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