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ARAGON43

PRESIDENTIELLES 2017

11 Février 2017 , Rédigé par aragon 43

LES PRESIDENTIELLES 2017 BIS

C’est une élection qui décide de ce que sera l’avenir de notre pays et de son peuple ainsi que ses relations avec le monde.

Cette élection est viciée par le fait que le peuple devra se contenter d’élire un potentat pour cinq ans et celui-ci fera les promesses rituelles avant d’en faire qu’à sa tête une fois élu.

C’est cela la cinquième république conçue à l’origine pour un sauveur suprême et qu’il faut absolument changer.

La gauche part avec de nombreux handicaps pour une élection présidentielle qui, à plus d’un titre, pour une partie qui la compose (j’en fais partie), voudrait qu’elle disparaisse d’un suffrage universel direct élisant un autocrate.

Remarquons la discrétion de nos compétiteurs là-dessus.

Cela dit, peut-on laisser le terrain libre et permettre au système de faire vivre cette fausse démocratie comme celle du peuple souverain : nous venons d’en vivre un épisode cuisant avec Hollande et son équipage pendant 5 ans ?

Faisons d’abord un peu d’histoire.

Les communistes, dés la mise en place de cette élection présidentielle au suffrage universel direct (La loi du 6 novembre 1962 (Journal officiel du 7 novembre 1962), après s’y être opposé, décidèrent d’apporter leur soutien à la candidature de François Mitterrand en 1965 face à De Gaulle Président de la cinquième république ( 21/12/1958), élu par le congrès, et disposant d’un pouvoir césarien que cette constitution lui conférait.

Dès cette époque, ce système obligera à des alliances, souvent laborieuses, vu les positions des uns et des autres, notamment à gauche. Nous eûmes des moments où la candidature communiste fut exercée dés le premier tour et d’autres où le parti communiste appellera au premier tour ou au second à une candidature sociale démocrate face à la droite et en 2002 un appel à voter pour la droite face à l’extrême droite au second tour.

Cette histoire de la décision communiste montre à quel point le choix a toujours été difficile mais fluctuant en fonction des rapports de force.

Nous avons réalisé deux bons scores : celui de Jacques Duclos qui fut à deux doigts d’être présent au second tour avec près de 21 % en 1969 et Georges Marchais en 1981, qui, dans des circonstances différentes fit un score honorable avec 15,34 % des voix au premier tour. Puis nous avons présenté des candidats en 1988, 1995, 2002, 2007 avec des fortunes diverses nous amenant à nous exclure de cette élection considérant qu’elle n’était pas favorable au PCF.

En 2012, en effet, nous avons décidé d’en revenir à une candidature non communiste dans le cadre d’un rassemblement autour de l’humain d’abord et le Front de gauche en présentant Mélenchon qui obtint un peu plus de 11 %.

Une décision partagée et sans coup bas après un débat démocratique dans le parti mais avec une dynamique de rassemblement.

Ce n’est pas le cas pour cette élection de 2017. Les dès étant pipés d’avance.

Le Front de gauche s’étant restreint depuis que l’ambition personnelle s’est affichée par opposition à la décision collective d’une gauche capable de dépasser les clivages et de combattre le libéralisme comme le social- libéralisme.

Alors que faire ?

Pierre Laurent, depuis le début de cette séquence présidentielle, interpelle à l’unité sans jamais être entendu pour une candidature dépassant les divisions dans la gauche progressiste.

La France dite « insoumise » s’est de facto construite sous l’étendard de Mélenchon devenant un parti aspirant représenter la gauche dite radicale à elle seule et proclamant que seul son candidat était en mesure d’être Président de la République.

Le fait accompli du prince était alors imposé.

Fallait-il se précipiter dans les bras de Mélenchon le « Mitterrandiste de toujours « qui nous fait que « des pieds de nez », et qui, tout compte fait, n’a aucunement l’intention de partager un commun politique ?

Sa charte est éloquente : Mélenchon veut en fait voler de ses propres ailes avec son propre parti auquel il faudrait se rallier ….

Avons- nous fait preuve de stratégie politique devant une telle situation en se ralliant à lui ?

Le soutien communiste pour Mélenchon, car il s’agit de cela, nous entraine dans une sorte de schizophrénie : nous soutenons cette candidature, mais nous en même temps nous n’adhérons pas à son programme dont chacun sait que dans de nombreux domaines il nous éloigne des objectifs d’une vraie transformation de la société et pas seulement sur la partie sociale mais sur le fond du capitalisme et de ce monde dans lequel nous vivons et qu’il faut dépasser.

Cette situation, nous la voyons évoluer chaque jour et pas dans la bonne direction, dans un monde de plus en plus violent et antidémocratique et avec un retour aux formes les plus éculées des rapports humains que sont le racisme, la xénophobie, la haine, la mise sous le boisseau des droits de l’homme sous un capitalisme de plus en plus prêt à défendre son pré carré y compris en recourant aux plus bas instincts de l’homme.

Nous avons vraiment besoin de remettre en selle l’idée communiste après ses déboires dû au stalinisme. Le temps est venu d’être nous- même force de proposition vers notre peuple mais aussi à toutes les forces de progrès du monde.

Nous pouvons mesurer combien manque, en ce moment, la parole communiste dans ce bras de fer qui s’est engagé pour cette élection.

Quand on observe ce qui se passe en ce moment, la déroute des Sarkozy, Valls, Hollande, Juppé, Fillon et autres, nous pourrions favoriser une candidature de progrès qui dépasse les clivages actuels : une telle candidature reliée à des engagements pourrait être d’un apport considérable pour trouver le vrai rassemblement d’une gauche capable de rassembler les français sur un programme de transformation sociale.

Il est encore temps d’agir et seuls les communistes peuvent jouer un rôle pour ne pas en rester à un échec prévisible et au danger d’une catastrophe qui s’annonce avec la droite et l’extrême droite au pouvoir.

Bernard LAMIRAND

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