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ARAGON43

LE POPULISME A L'OEUVRE : MEDITATIONS

11 Novembre 2016 , Rédigé par aragon 43

LE POPULISME A L’ŒUVRE

Les élections présidentielles américaines ont montré le degré auquel le populisme peut atteindre quand les narcisses et les égos sont lâchés dans la nature par le système.

Si on regarde le monde, l’épidémie est entrain de s’étendre, le populisme, le nationalisme et la xénophobie pénètrent dans les fanges de la crise.

Les boucs émissaires sont vite trouvés : ceux et celles particulièrement touchés par les soubresauts d’un capitalisme utilisant toutes les facettes de sa domination pour exister et demeurer.

La puissance « étasunienne » en est l’élément majeur.

L’exemple Tremp montre à quel point une population peut être manipulée par ces manieurs d’anathèmes.

De même, la façon dont les médias alimentent les déjections de ces individus-es et en particulier celles de Tremp, tout en jouant les courroucés.

Ainsi, aux Etats-Unis, un spéculateur immobilier devenu milliardaire vient d’accéder au pouvoir. Cela a fait trembler la caste des dirigeants américains mais pas seulement : il faut voir  en France à quel point la fine fleur politique et médiatique s’est évertuée à montrer que ce n’était pas possible que « l’Amérique de la liberté » puisse mettre à la tête de ce pays un individu de la sorte.

On nous rapportait la bassesse de ce triste sire tant sur ses conceptions de la femme, des musulmans, des latinos, de la justice, de la xénophobie du personnage etc. Nous les entendions craindre la fermeture des frontières, le rapatriement dans le sol américain des entreprises délocalisées en Chine et ailleurs et de la mise en difficulté du commerce international et de prédire une chute de la bourse dans un pays se renfermant sur lui-même.

Avec  cela on  nous indiquait aussi les risques de guerre d’un fou à la maison blanche et la crainte d’alliance avec l’autre potentat nationaliste et populiste le russe Poutine allié aujourd’hui au despote turc Erdogan.

Une crainte, certes au diapason du personnage Donald Trump, mais savamment entretenue pour ne pas parler des vrais problèmes et du bilan du capitalisme avec à sa tête les USA fauteurs de guerre avec l’OTAN et les pays Européens.

Tous ces exégètes, dans leur boule de cristal, ne prévoyaient pas la victoire de Tremp et à l’abri des sondages, ils étaient confiants et communicatifs, même s’il pouvait y avoir quelques craintes si les peuplades américaines appauvries dans cette Amérique  dite de la liberté ne venaient à la dernière minute troubler l’ordre existant.

Et patatras, le milliardaire devenu populiste pour ravir le fauteuil suprême, l’emporte haut la main en nombre de sièges et ravit la Maison blanche à l’autre richarde, la dénommée Clinton, mais celle-ci, ne l’oublions pas fait partie de la même dynastie que Tremp : le fric roi ;  et ils ont tous les deux pour supporters les banques américaines et les grandes multinationales US.

Alors ces idéologues politiques et médiatiques, nous les avons vu  complètement sidérés, les Pujadas et Guetta et autres obligés de ranger les papiers prêts pour exalter la victoire de la « Clinton » pour finalement devoir signifier l’élection du « rustre » et de tenter de l’expliquer sur le coin d’une table en pleine nuit américaine.

Le monde allait s’écrouler et la catastrophe allait jaillir des rives américaines : une sorte de tsunami envahirait jusqu’au plus petit rivage du monde disaient-ils.

Il fallait voir la mine terreuse à la télévision de tous ces thuriféraires de l’Amérique auquelle ils s’étaient dérangés en masse avec des moyens énormes télévisuels et radiophoniques pour célébrer la victoire de la promise du système libéral. En France, tous les perroquets du système étaient là pour annoncer la bonne nouvelle américaine et s’aplatir devant sa majesté Hillary.

Ils attendaient le nouveau promu et déjà ils cancanaient sur son compte considérant qu’il était incapable de diriger les Etats-Unis d’Amérique.

L’attente de sa première déclaration fut longue.

Soudain l’homme apparu, calme et serein, avec sa famille et son clan comme c’est l’habitude là-bas de mettre en avant sa progéniture dans les cercles dominants. Ce n’était plus le même homme, la victoire l’avait changé, il apparaissait posé et il débita son premier discours. Le coté populiste s’effaçait pour faire place à la charge de président des Etats-Unis mais surtout de maitre à bord de la première puissance capitaliste de la planète.

La démagogie et l’insulte avaient disparu, il félicitait son adversaire qu’il avait voué aux gémonies encore la veille, la menaçant de prison ;  il s’adressa au peuple non pas par le verbe agressif et coléreux mais comme un gentil yankee. Après tout il avait gagné, il pouvait alors ranger ses colts et quitter son costume populiste pour endosser celui de  président de tous les américains comme il en fit la promesse putative.

La farce populiste et démagogique arrivait donc à sa conclusion.

Tout a toujours une fin chez les batteurs d’estrade. Nous en connaissons quelque chose dans notre pays.

Le peuple avait été pris à témoin, Tremp avait réussi à lui faire avaler toute la morgue du  système capitalisme et notamment sa facette populiste quand celui-ci est acculé.

Dans sa déclaration, les choses devenaient tout autre, on allait passer aux choses sérieuses, des investissements pour les routes, les infrastructures, unir les américains, être la puissance toujours première dans le monde, permettre aux entreprises de prospérer particulièrement ; bref le programme libéral nécessaire à la recherche du profit maximum.

Mon petit doigt me dit que la main invisible du capital, de ses banquiers et hommes d’affaires, de ses multinationales, avaient  pris la mesure de l’arrivée de l’impétrant et de lui fournir tout de suite la panoplie du parfait homme lige du capital et de sa tête de pont les Etats-Unis.

C’était pour rire donc tout ce qui s’était passé ;  comme une mauvaise pièce de théâtre dont il fallait ingurgiter jusqu’au bout les clapotis les plus vils des démagogues nécessaires pour que la farce réussisse. Maintenant fini la rigolade, le capital a besoin de rassurer et d’organiser en conséquence ce monde toujours dans une crise où il se débat comme un diable dans l’eau bénite du dollar et de la planche à billet qu’il faudra actualiser pour qu’elle produise plus de billets encore pour mettre à genoux les seconds couteaux du système et mettre de l’ordre dans les puits pétroliers et les champs de gaz et les zones minières du monde pour que le capital respire mieux et enfournent les profits.

Les bourses des principales places mondiales dont il était annoncé qu’elles s’écrouleraient, d’un seul coup, repartaient à la hausse et battaient même des records. Monsieur Tremp comme un prestidigitateur rendait possible les affaires et les hold-up financiers en tant que spécialiste de la question.

Tout rentrer donc dans l’ordre libéral, le milliardaire Tremp était au pouvoir et sa feuille de route était tout compte fait prête avant son élection.

Depuis les médias ont mis une sourdine, ils ne parlent presque plus du personnage rustre.  Des gouvernants qui l’avaient à juste raison mis plus bas que terre, lui faisaient la courte échelle et rivalisaient déjà pour être parmi les premiers invités du personnage peu ragoutant mais le capitalisme est-il ragoutant ?

En France, l’air courroucé, le féal Hollande baissait la garde de même Merkel et la caste de l’oligarchie européenne.

Même le petit nabot de Béziers, Ménard l’invitait dans sa ville peut-être pour inaugurer l’exode de tous ceux et celles qui ne portent pas un nom bien français.

Marine le Pen en a été  tout retournée et elle se voit déjà au pouvoir. Napoléon le petit trépigne sur les estrades, le messie établi son règlement intérieur à destination des députés qu’il veut à sa botte de sept-lieues, le cru château voudrait vendre sa piquette à l’encan etc.

Dans ce marigot infâme, seul compte la vérité et je reprendrai cette citation de Jean Jaurès : « le courage c’est de chercher la vérité et de la dire  ».

Bernard LAMIRAND

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