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ARAGON43

MELENCHON LE POPULISME ET LA LUTTE DE CLASSE

31 Octobre 2016 , Rédigé par aragon 43 Publié dans #COMMUNISME

LA PENSEEMELENCHON LE POPULISME ET LA LUTTE DE CLASSE

Je viens de lire, dans l’Humanité de ce jour, un article qui m’éclaire un peu plus encore sur la démarche de cette « France insoumise » sous la houlette de Jean Luc Mélenchon.

Cet écrit éclaire sa démarche et l’auteur de l’article souligne que Mélenchon rompt avec les pratiques de gauche à travers un débat avec la philosophe Chantal Mouffe qui travaille sur le populisme.

Rompre mais pour quelle pratique nouvelle ? La question mérite éclaircissements et les prescriptions apportées par le candidat Mélenchon sont évocatrices.

Au cœur de cette discussion, on peut discerner qu’elle est l’importance que Jean Luc Mélenchon  et Chantal Mouffe accordent au combat de classe qui se mène actuellement entre le capital et le travail : les deux protagonistes ne l’apprécient que secondairement pour ne pas dire presque rien.

Mais est-ce  étonnant ?

C’est donc  sur le fond qu’il faut discuter de l’orientation qu’a choisi Mélenchon et qui dépasse les enjeux de la présidentielle et qui me faisait dire, dans un papier précédent, que la candidat Mélenchon ne vise pas la présidence de la République mais d’asseoir à travers cette élection  un mouvement plébiscitaire comme d’autres l’ont fait avant lui, avec des fortunes diverses, et dans des contextes différents, dont je me garderai bien de l’identifier avec la posture de Mélenchon, un rédempteur, dont le populisme apparait de plus en plus messianique.

Que dit l’article intitulé « Démocratie » page 22 de l’humanité du 31 octobre 2016 ?

Je reprendrai seulement deux passages qui me semblent significatifs : le premier concerne « fédérer le peuple », et je le cite quand il se propose de fédérer le peuple : « une énorme population urbaine interdépendante » ,  l’ère  de l’homo urbanus mis en réseau, une multitude », dont le moteur n’est plus  seulement la lutte de classe, mais une lutte contre « la prédation de la masse humaine » sur son «  écosystème » dont l’existence est désormais menacée.

Sans développer, loin de moi de négliger la lutte à mener sur les conséquences écologiques de ce système qui domine la planète et dont il ne dit mot, mais d’en faire l’alfa et l’oméga, c’est négliger l’importance de la lutte de classe actuelle entre le capital et le travail, et ceci à l’échelon de la planète.

Une telle piste escamotant l’exploitation capitaliste n’est qu’une voie de garage car elle n’attaque pas l’exploitation capitaliste dans ses fondements. Cela mériterait un article de fond des économistes marxistes et notamment à quel point ces multinationales veulent dominer la planète et rendre les états de plus en plus assujettis à la recherche du profit maximal avec des tribunaux acquis à leur cause contre les travailleurs dans le cadre d’un marché libre et non faussé.

Le deuxième passage est aussi éclairant : au débat qu’il a avec la philosophe Chantal Mouffe  autour du populisme, Mélenchon prend ses distances avec ce mot, qui flétrit dit-il, préférant le mouvement et ajoutant « sans bords » que je souligne,  pour fédérer le peuple,  mais il ne récuse pas le mot populisme en reprenant certains bouleversements qui se sont produit en Amérique Latine et en fin de compte il ne nous donne aucune explication sur ce concept « fédérer le peuple » sinon qu’à travers sa personne, ce qui va à l’encontre du marxisme dont il n’est pas un adepte me semble-t’il.

Et, au lieu de parler de bataille idéologique de classe, il parle d’idées, d’affects, de symboles allant jusqu’à l’incarnation du mouvement par une personne comme il le précise.

La boucle est bouclée : Mélenchon est bien en ordre avec lui-même, on ne saurait lui reprocher cette honnêteté politique : le choix qu’il fait tourne autour d’un mouvement qu’il conduit et on est bien dans une sorte de pouvoir personnel que j’ai dénoncé précédemment.

Nous sommes loin alors de l’idée d’une sixième république reposant sur le peuple et d’en finir avec une constitution qui prive  le peuple d’être décideur. Mélenchon s’engage, dit-il, dans un au-delà de la gauche et précise «  je veux rassembler les gens de gauche, mais pas seulement. Plus loin il ajoute,  « je ne pouvais pas dire je veux rassembler la gauche », car je ne veux pas me rassembler avec le PS. »

Au fond, derrière cette incantation antisocialiste, lui qui vient du berceau Mitterrandien et qui ne le renie pas, il est bien sur une posture populiste qui repose sur un sauveur suprême.

Bernard LAMIRAND

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