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ARAGON43

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MARX : GENESE DU CAPITALISME INDUSTRIEL

Publié le 25 Juillet 2016 par aragon 43 in Marx

KARL MARX TRAVAILLANT ELABORANT SA GRANDE OEUVRE "LE CAPITAL"

KARL MARX TRAVAILLANT ELABORANT SA GRANDE OEUVRE "LE CAPITAL"

MARX : LA GENESE DU SYSTEME CAPITALISTE INDUSTRIEL (Extraits du capital livre 1)

Toujours important de chercher tout ce qui a engendré la situation actuelle, notre réel pour mieux l’affronter.

Marx nous renseigne ici sur la naissance du capitalisme industriel.

Je reprendrai que quelques extraits significatifs mais il est évident qu’il vaut mieux lire intrinsèquement le développement et l’étude approfondie que fait Karl Marx sur cette genèse.

Je vous engage, pour ceux et celles qui ne l’on pas encore fait, de lire ou relire le capital de Marx dans ces moments où le capitalisme intervient pour redresser son taux de profit en s’en prenant aux conquêtes sociales, notamment en France avec la loi El-Khomry.

Bernard LAMIRAND

EXTRAITS :

La genèse du capitalisme industriel ne s’accomplit pas petit à petit comme celle du fermier. Nul doute que maint chef de corporation, beaucoup d’artisans indépendants et même d’ouvriers salariés ne soient devenus d’abord des capitalistes en herbe, et que peu à peu, grâce à une exploitation toujours plus étendue du travail salarié, suivie d’une accumulation correspondante, ils ne soient enfin sortis de leur coquille, capitalistes de pied en cap…..

…. Karl Marx reprend alors une citation d’un écrivain anglais : « A présent …. il paye ( le capitaliste) au propriétaire foncier la rente, au travailleur, le salaire, au percepteur, l’impôt et la dime, et retient pour lui-même une forte portion du produit annuel du travail, en fait, la partie la plus grande et qui grandit encore jour par jour. Aujourd’hui le capitaliste peut être considéré comme propriétaire en première main de toute la richesse sociale, bien qu’aucune loi ne lui ait conféré de droit à cette propriété…. Ce changement dans la propriété a été effectué par l’usure … et le curieux de l’affaire c’est que les législateurs de toute l’Europe ont voulu empêché cela par des lois contre l’usure…. La puissance du capitalisme sur toute la richesse nationale implique une évolution radicale dans le droit de propriété ; et par quelle loi ou quelle série de lois a-t-elle été opérée ? ».

Marx indique alors : « l’auteur cité aurait dû se dire que les révolutions ne se font pas de par la loi ».

…. les différentes méthodes d’accumulation primitive que l’ère capitaliste fait éclore se partage d’abord, par ordre plus ou moins chronologique, le Portugal, l’Espagne, la Hollande, la France et l’Angleterre, jusqu’à ce que celle-ci les combine toutes, au dernier tiers du XVII siècle, dans un ensemble systématique, embrassant à la fois le régime colonial, le crédit public, la finance moderne et le système protectionniste. Quelques une de ces méthodes reposent sur l’emploi de la force brutale, mais toutes sans exception exploitent le pouvoir de l’état, la force concentrée et organisée de la société, afin de précipiter violemment le passage de l’ordre économique féodal à l’ordre économique capitaliste et d’abréger les phases de transition. Et, en effet, la force est l’accoucheuse toute vieille société en travail. La force est un agent économique…

… De grandes fortunes poussaient en vingt quatre heures comme des champignons ( Marx souligne la traite des noirs et le rôle des grandes compagnies hollandaises concernant le sel, l’opium, le bétel et autres denrées et des mines aux richesses inépuisables)…

… le sort des indigènes était naturellement le plus affreux dans les plantation destinées au seul commerce d’exportation, telles que les indes occidentales, et dans les pays riches et populeux telles que les Indes orientales et le Mexique, tombés entre les mains d’aventuriers européens, âpres à la curée….

… Dès leur naissance les grandes banques, affublées de titres nationaux n’étaient que des associations de spéculateurs privés s’établissant à coté des gouvernements et, grâce aux privilèges qu’ils obtenaient, à même de leur prêter de l’argent public. Aussi l’accumulation de la dette publique n’a -t-elle pas plus de gradimètre plus infaillible que la hausse successive des actions de ces banques, dont le développement intégral date de la fondation de la banque d’Angleterre, en 1694…

… Il faut avoir parcouru les écrits de ces temps là, ceux de Bolingbroke, par exemple, pour comprendre tout l’effet que produisit sur les contemporains l’apparition soudaine de cette engeance de bancocrates, financiers, rentiers, courtiers, agents de change, brasseurs d’affaires et loups-serviers.

Puis, après avoir montré le rôle de l’impôt dans la capitalisation de la richesse et l’expropriation des masses Marx en vint à la capitalisation industrielle.

J’en cite que quelques extraits : … Le système protectionniste fut le moyen artificiel de fabriquer des fabricants, d’exproprier les travailleurs indépendants, de convertir en capital les instruments et conditions matérielles de travail, d’abréger de vive force la transition du mode traditionnel de production au mode moderne. Les états européens se disputèrent la palme du protectionnisme et, une fois entrés au service des faiseurs de plus-value, ils ne se contentèrent pas de saigner à blanc leur propre peuple, indirectement par les droits protecteurs, directement par les primes d’exportation, les monopoles de vente intérieur, etc. …. la source enchantée d’où le capital primitif arrivait tout droit aux faiseurs , sous forme d’avance et même de don gratuit, y fut souvent le trésor public….

… Avec le développement de la production capitaliste pendant la période manufacturière, l’opinion publique européenne avait dépouillé son dernier lambeau de conscience et de pudeur…. et, jusqu’à nos jours, les notabilités de Liverpool ont chanté les vertus spécifiques du commerce d’esclaves, « lequel développe l’esprit d’entreprise jusqu’à la passion ( On l’entend à nouveau (Gattaz, Hollande, Valls et autres genre M. Le Pen, Sarkozy) forme des marins sans pareil et rapporte énormément d’argent ».Liverpool employait la traite 15 navires en 1730,53 en 1751,74 en 1760,96 en 1770 et 132 en 1792.

Dans le même temps que l’industrie cotonnière introduisait l’esclavage des enfants, aux Etats-Unis elle transformait le traitement plus ou moins patriarcal des noirs en un système d’exploitation mercantile. En somme, il fallait pour piédestal à l’esclavage dissimulé des salariés en Europe l’esclavage sans phrase dans le nouveau monde….

…. tantae molis erat « tant il était difficile » !Voilà de quel prix nous avons payé nos conquêtes ; voilà ce qu’il en a coûté pour dégager les « lois éternelles et naturelles » de la production capitaliste, pour consommer le divorce des travailleurs avec les conditions de travail, pour transformer celle-ci en capital, et la masse du peuple en salariés, en pauvres industrieux (labouring poor) chef d’œuvre de l’art , création sublime de l’histoire moderne. Si, d’après Augier, c’est « avec des taches naturelles de sang, sur une de ses faces », que « l’argent est venu au monde », le capital y arrive suant le sang et la boue par tous les pores.

Ce passage que j’ai pris dans le capital montre à quel point le capitalisme s’est servi et asservi la force de travail. Aujourd’hui dans d’autres conditions, n’est-ce-pas cela qu’il fait quand on observe la façon dont il se sert de la force de travail dans le monde où l’on retrouve toutes les facettes de son exploitation selon l’état des pays ( esclavage ancien ou dit moderne, précarité absolue du travail, salaire de subsistance etc.

* en abrégé Bernard Lamirand

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