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ARAGON43

Mon site relate les événements syndicaux, sociaux, politiques, culturels et environnementaux .

PROJET LOI TRAVAIL : LES LUTTES PLUS QUE JAMAIS POUR L'EMPECHER

Publié le 4 Juin 2016 par aragon 43 in Luttes

Le soleil des luttes en pleine levée
Le soleil des luttes en pleine levée

PROJET LOI TRAVAIL - LA LUTTE PLUS QUE JAMAIS POUR L’EMPECHER

Quelle satisfaction de voir enfin le monde du travail se mettre en mouvement. Est engagées depuis plus de 3 mois et de manière intensive et offensive les luttes indispensables pour reconquérir des droits sociaux dignes de ce 21eme siècle.

Il s’agit de vaincre la prééminence du profit et de la cupidité des 1 % face au 99 %.

Le gouvernement est aux abois : il ne faut surtout pas relâcher la pression.

Hollande et Valls portent la responsabilité de s’être fait les chiens obéissants du capital international et des banques.

Tout doit être fait pour que les travailleurs se mobilisent encore plus et se lèvent pour dire non à cette traîtrise.

Les rassemblements, les manifestations, les arrêts de travail, les coupures de courants, les trains à l’arrêt etc. .. tout cela est essentiel. Mais est tout aussi essentiel le débat démocratique avec tous les travailleurs dans les usines et les services et avec ceux et celles qui ne sont pas encore convaincus que l’on peut infliger une défaite à ce système corrompu de la tête aux pieds.

La bataille contre le projet de loi El-Khomry recueille l’assentiment majoritaire de la population. C’est précieux et il faut le conforter.

Il y va d’une grande bataille d’explication. Elle est sur rail, elle doit circuler davantage, elle est urgente car l’adversaire de classe tente de la faire dérailler par n’importe quel moyen jusqu’à utiliser le malheur qui s’abat sur les populations victimes des inondations.

Scélératesse jusqu’au bout de cette classe dirigeante qui va jusqu’à comparer nos luttes avec le terrorisme.

Tout est fait actuellement pour essayer de rendre impopulaire cette grande mobilisation. Les médias et les Pujadas et Lenglet et autres s’y emploient, ils en font un combat entre l’ancien et le nouveau : un nouveau qui serait en phase avec l’évolution du travail et un ancien arquebouté à des droits sociaux dépassé disent-ils en coeur. Et quelle mascarade quand on sait que de cette représentation ne secrèterait que le pus d’une société dépassée.

Toute la presse bourgeoise est donc mobilisée ( elle détient la quasi-totalité des médias) et les perroquets du système s’en donnent à cœur joie pour dénaturer cette lutte car ils savent que sur le fond des choses ces luttes peuvent faire écrouler toute une idéologie fataliste comme quoi rien n’est possible en dehors du capitalisme et de son suintement libéral.

L’intervention des forces de police et les dérisoires tentatives de corrompre les habituels défaitistes, toujours prêts à trouver le compromis du moindre mal, sont leurs armes favorites pour tenter de bloquer le flot montant de la colère et du mécontentement populaire dont ils n’arrivent pas à contenir le flot persistant.

C’est donc une bataille de classe qui se déroule en ce moment entre un système à bout de course prêt à tout pour durer face à une alternative progressiste en construction pour le dépasser.

Le projet El-Khomry : c’est celui du patronat le plus vieillot, celui du gouvernement le plus parjure depuis la libération, celui de la droite la plus voleuse ( stock options- dividendes- rémunérations exorbitantes, fraude fiscale et paradis fiscaux) celui du syndicalisme d’accompagnement le plus défaitiste . Ce projet ne vise qu’à permettre à la finance d’assurer la loi du profit maximum en puisant à fond dans le prix de la force de travail.

Un classique me direz-vous… oui…. mais un classique obligé aujourd’hui de puiser plus profondément dans le prix de la force de travail pour protéger les porte- feuilles bien remplis des actionnaires.

C’est donc une bataille de fond qui est engagée : il s’agit donc de faire en sorte que les travailleurs en saisissent l’importance de la gagner et de ne pas se laisser berner par les thuriféraires du système ou de ceux qui plient devant lui.

L’enjeu est là après une longue période de repli des luttes - essentiellement après 1968 -, où le système en crise a déployé tous les artifices nécessaires pour détourner le peuple. Cette première mobilisation nous plaçant à l’offensive est consécutive à des questions de fond enserrées dans la démolition du code du travail : notamment de remettre en cause le peu de vie démocratique à l’entreprise et de se défaire d’un système syndical, obstacle majeur pour un patronat se voulant maitre absolu des lieux de travail pour exploiter et surexploiter les salariés.

La loi travail demain lui conférerai un pouvoir quasi absolu : c’est une violence d’état conjuguée avec celle du patronat qu’il faut retourner par une lutte sans merci : c’est une exigence incontournable.

Il y a derrière cet acharnement à détruire le code du travail d’en revenir à l’autoritarisme et nous entendons d’ailleurs des patrons et des hommes politiques préconiser que dans la concurrence internationale le syndicat est un obstacle de plus en plus insupportable et qu’il peut être troqué pour des ententes avec les salariés dans l’entreprise sous son égide. On appelle cela en terme marxistes la collaboration de classe.

Dès lors, pourquoi pas demain, en finir aussi avec la loi de 1884 concernant les syndicats et le droit de grève dont on voit en ce moment toutes les atteintes pour en limiter l’exercice.

La mobilisation doit donc encore grandir et atteindre d’autres proportions : celle de l’internationalisme, car les travailleurs du monde entier.

En Europe les travaux sont engagés pour museler le syndicalisme et ce qu’il représente comme acteur majeur s’opposant à la domination patronale.

Dans cet ordre d’idée, le syndicalisme européen doit prendre la mesure de l’enjeu actuel et être à l’initiative pour unir les syndicats européens face à cette attaque des droits sociaux et des libertés syndicales.

Sans unité et sans lutte, aucune des formes syndicales existantes ne sortira sain et sauf d’une pareille attaque antisyndicale.

Le projet de loi El-Khomry ne vient pas par hasard, il est issu des grandes transnationales, il a été conçu dans les fonds baptismaux de cette Europe néolibérale de Bruxelles.

L’Europe, pour eux, est un lieu majeur pour renier ce que fut l’Europe des conquêtes sociales du vingtième siècle.

Il n’y a rien de tel que de fouiller dans les stratégies de l’Europe du fric qui siège à Bruxelles pour s’en apercevoir et découvrir toutes les dispositions de la Communauté européenne et je cite ci-après un texte paru dans le « figaro » qui expose pourquoi le projet de loi El-Khomry n’est que le fac-similé de cette Europe. C’est bien l’abaissement des droits sociaux.

Le figaro indique : « Voici quelques extraits de la politique européenne à travers les GOPE : « Les GOPE, ce sont les «Grandes Orientations de Politique Économique». ….

« Au départ toutefois, les GOPE n'étaient que des textes vagues et peu engageants. Pour les rendre plus contraignants et dans l'espoir de donner enfin son plein potentiel à l'idée délicieuse de «surveillance multilatérale», la Commission de Bruxelles s'est chargée d'en accroître la portée au sein d'un document important publié en 1998, à la veille de la mise en place de l'euro….

« Ce document intitulé Croissance et emploi dans le cadre de stabilité de l'Union économique et monétaire s'intéresse au tout premier chef - comme son nom l'indique - à la question du marché du travail et à l'emploi. Il confère un rôle central aux GOPE et indique de manière claire ce qu'elles doivent contenir, en égrenant l'une derrière l'autre ces formules bien connues au doux parfum de schlague: «stabilité des prix», «assainissement des finances publiques», «modération des salaires nominaux», «renforcement des incitations à la discipline salariale». Bref, toute la panoplie ».

« Depuis qu'elles existent, les GOPE ont toujours contenu des injonctions à réformer le marché du travail. Si l'on examine celles pour 2012 par exemple - parfaitement au hasard: il s'agit juste de l'année de l'élection de François Hollande - on voit que le Conseil recommande à la France de «revoir la législation, notamment la procédure administrative de licenciement». Ou de «veiller à ce que l'évolution du salaire minimum favorise l'emploi, notamment des jeunes, et la compétitivité», ce qui signifie, traduit du Volapük de Bruxelles en Français des Deux-Sèvres ou de Haute-Garonne, qu'il ne faut pas augmenter le SMIC.. »

Tout est dit dans ces extraits sur la façon dont la France doit se soumettre aux intérêts des grandes multinationales et des banques d’affaires dans le cadre d’une Europe du fric.

Le combat engagé contre la loi El-Khomry est donc bien sur ce fond là.

Il faut donc en débattre avec les travailleurs et les mobilisations actuelles doivent être éclairantes et elles le sont quand est décortiquée comme le font en particulier la CGT et FO cette loi antisociale et antisyndicale.

Alors oui, accélérons les luttes, rendons-les massives par le débat partout dans les entreprises y compris là où le syndicalisme n’est pas présent ou a disparu déjà dans les attaques du capital.

La consultation sur le projet de loi travail est un élément majeure pour encore monter d’un cran la compréhension et l’engagement des travailleurs et de ceux et celles rejetées du travail, en précarité et en retraite.

Le 14 juin, une marée humaine, une marée montante et déferlante à Paris du monde du travail peut balayer cette loi patronale.

Bernard LAMIRAND

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