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ARAGON43

LIBERTES SYNDICALES : AFFAIBLISSEMENT DANS LE MONDE

18 Juin 2016 , Rédigé par aragon 43 Publié dans #INTERNATIONAL

LONDRES LE TRAVAIL DES ENFANT DANS LES PIRES CONDITIONS  AU DEBUT DE L'INDUSTRIALISATION

LONDRES LE TRAVAIL DES ENFANT DANS LES PIRES CONDITIONS AU DEBUT DE L'INDUSTRIALISATION

LIBERTES SYNDICALES : AFFAIBLISSEMENT DANS LE MONDE

CONFÉDÉRATION SYNDICALE INTERNATIONALE

CSI en ligne

041/090616

Indice CSI des droits dans le monde: affaiblissement des droits des travailleurs dans la plupart des régions, la pire année en termes d’atteintes à la liberté d’expression et à la démocratie

Bruxelles, le 9 juin 2016 (CSI en ligne): L’affaiblissement des droits des travailleurs et des travailleuses dans la plupart des régions est aggravé par les graves atteintes à la liberté d’expression et de réunion, selon l’Indice CSI des droits dans le monde 2016. Les restrictions à la liberté d’expression et de réunion, notamment les graves atteintes dans certains pays, ont augmenté de 22 %, et des restrictions ont été enregistrées dans 50 pays sur les 141 faisant l’objet de l’enquête.

L’Indice CSI des droits dans le monde classe 141 pays à la lumière de 97 indicateurs reconnus au niveau international en vue de déterminer où les droits des travailleurs/euses sont mieux protégés, tant dans la loi que dans la pratique.

« Nous sommes confrontés au rétrécissement de l’espace démocratique et à une augmentation de l’insécurité, de la crainte et de l’intimidation des travailleurs et des travailleuses. L’escalade des atteintes aux droits, même dans les démocraties, notamment les propositions du gouvernement de la Finlande et la nouvelle loi sur les syndicats au Royaume-Uni, révèle une tendance alarmante pour les travailleurs et leur famille », a déclaré Sharan Burrow, secrétaire générale de la CSI.

« La répression des droits des travailleurs va de pair avec un contrôle accru exercé par le gouvernement sur la liberté d’expression, de réunion, ainsi que d’autres libertés civiles fondamentales, et un nombre trop élevé de gouvernements cherchent à consolider leur propre pouvoir, étant souvent aux ordres des grandes entreprises, qui considèrent généralement que les droits fondamentaux sont incompatibles avec la recherche du profit à n’importe quel prix ».

Le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord sont à nouveau la pire région pour les travailleurs et les travailleuses, où le système de la kafala dans les pays du Golfe réduit toujours en esclavage des millions de travailleurs. À l’autre bout de l’échelle, les droits en Europe, traditionnellement la région présentant les meilleurs résultats selon l’Indice, continuent de s’aggraver. Malgré l’échec manifeste des politiques d’austérité, de nombreux gouvernements européens continuent de porter atteinte aux droits des travailleurs. L’incapacité de la plupart des pays européens à remplir leurs obligations envers les réfugiés, notamment le droit au travail, ne fait qu’aggraver le problème.

La Confédération syndicale internationale recueille, depuis plus de 30 ans, des données sur les violations de la liberté syndicale et du droit de négociation collective des travailleurs dans le monde. Pour la troisième année consécutive, la CSI présente ses conclusions dans l’Indice des droits dans le monde, présentant un aperçu unique et complet de la manière dont les lois gouvernementales et les pratiques des entreprises se sont détériorées ou améliorées au cours des 12 derniers mois.

Les dix pires pays au monde pour les travailleurs et les travailleuses sont le Belarus, la Chine, la Colombie, le Cambodge, le Guatemala, l’Inde, l’Iran, le Qatar, la Turquie et les Émirats arabes unis.

Le Cambodge, l’Inde, l’Iran et la Turquie ont fait leur entrée, pour la première fois en 2016, dans le classement des dix pires pays pour les travailleurs/euses. Le gouvernement du Cambodge a approuvé une nouvelle loi sur les syndicats limitant davantage la capacité des travailleurs/euses à négocier leurs conditions de travail et leurs salaires, alors que la police en Inde recourt régulièrement de manière disproportionnée à la violence pour réprimer des manifestations de travailleurs/euses, dont un grand nombre ont été détenus pour avoir simplement exercé leurs droits garantis dans les législations nationales. L’Iran condamne les travailleurs/euses à de lourdes peines de prison pour avoir mené des activités pacifiques, et la Turquie cible les fonctionnaires engagés dans des activités syndicales légitimes et pacifiques, dont au moins 1 390 font l’objet d’enquêtes. Le gouvernement turc est également devenu synonyme d’atteintes à la liberté d’expression, suite à l’expulsion de dix journalistes étrangers depuis octobre dernier, et les journalistes turcs sont victimes d’une dure répression, y compris des jugements et des emprisonnements sous de faux prétextes, dont la « sécurité nationale ».

« Les quatre nouveaux ajouts au club des mauvais élèves représentant les dix pires pays témoignent clairement de l’atteinte conjointe aux droits des travailleurs et à d’autres libertés fondamentales », a indiqué Sharan Burrow.

Dans d’autres pays, outre les dix pires pays, les conditions se sont détériorées au cours de la dernière année, y compris en Indonésie, au Monténégro et au Paraguay. Les manifestations en Indonésie contre les changements dans le système de fixation du salaire minimum ont été brutalement réprimées par la police, utilisant des canons à eau, des gaz lacrymogènes et procédant à des arrestations massives. Le gouvernement du Paraguay refuse constamment l’enregistrement des syndicats, exposant les travailleurs à la discrimination par les employeurs, tandis que la législation sur les faillites au Monténégro prévoit la suspension de la législation du travail dans les entreprises en liquidation judiciaire, touchant ainsi les travailleurs/euses dans 2 363 entreprises au cours des cinq dernières années.

Les principales conclusions du rapport sont les suivantes:

• 82 pays excluent les travailleurs/euses de la législation du travail.

• Dans plus de deux tiers des pays, les travailleurs/euses ne bénéficient pas du droit de grève.

• Plus de la moitié des pays privent une partie ou l’ensemble des travailleurs/euses de la négociation collective.

• Sur les 141 pays, le nombre de pays qui refusent ou limitent la liberté d’expression et de réunion a augmenté, passant de 41 à 50, auxquels viennent s’ajouter l’Algérie, le Cameroun, les États-Unis et le Pakistan.

• Sur les 141 pays, le nombre de pays où les travailleurs/euses font l’objet de violence physique et de menaces a augmenté de 44 pour cent (passant de 36 à 52), dont la Colombie, l’Égypte, le Guatemala, l’Indonésie et l’Ukraine.

• Des syndicalistes ont été assassinés dans au moins 11 pays, notamment au Chili, en Colombie, en Égypte, au Salvador, au Guatemala, au Honduras, en Iran, au Mexique, au Pérou, en Afrique du Sud et en Turquie.

« Travailler ensemble pour réclamer une amélioration des salaires, des droits et des conditions fait des travailleurs une cible tant des forces de sécurité de l’État que des malfrats à la solde des entreprises », a indiqué Sharan Burrow. « Cela se produit tant dans le secteur public que privé, y compris dans les chaînes d’approvisionnement mondiales, source notoire d’exploitation et de pauvreté. Les gouvernements doivent respecter leurs obligations en vertu du droit international au travers des normes juridiques qu’ils adoptent à l’Organisation internationale du travail et garantir la responsabilisation des entreprises multinationales établies dans leur pays à l’égard de tous les travailleurs dans leurs activités internationales, tant dans leur pays qu’à l’étranger. L’alternative serait un plus grand appauvrissement des familles qui travaillent et une nouvelle stagnation de l’économie mondiale, tandis que les personnes peinent à payer leurs factures quotidiennes, incapables d’investir dans l’avenir de leurs enfants, voire d’effectuer les plus modestes achats. »

L'Indice CSI des droits dans le monde 2016 note les pays à partir de 97 indicateurs et, en fonction de leur résultat, les pays sont classés dans une des cinq catégories suivantes.

1. Violations sporadiques des droits: 13 pays, dont l’Allemagne et l’Uruguay

2. Violations réitérées des droits: 22 pays, dont l’Irlande et le Japon

3. Violations régulières des droits: 41 pays, dont l’Australie et Israël

4. Violations systématiques des droits: 30 pays, dont la Pologne et les États-Unis

5. Les droits ne sont pas garantis: 25 pays, dont le Belarus, la Chine et le Nigeria

5+ Les droits ne sont pas garantis du fait de l'absence de l'État de

5+ droit: 10 pays, dont le Burundi, la Palestine et la Syrie

Pour de plus amples informations ou pour tout entretien avec Sharan Burrow, veuillez contacter Gemma Swart: +32 479 06 41 63 ou gemma.swart@ituc-csi.org.

Consulter le rapport: Indice CSI des droits dans le monde 2016 http://www.ituc-csi.org/IMG/pdf/survey_ra_2016_fr.pdf

Télécharger la carte de l’Indice CSI des droits dans le monde http://www.ituc-csi.org/IMG/pdf/ituc-violationmap-2016-fr_final.pdf

Télécharger l’infographie de l’Indice CSI des droits dans le monde – violations des droits des travailleurs http://www.ituc-csi.org/IMG/pdf/emc_ituc_a4_fr__workersrights_1.pdf

Télécharger l’infographie de l’Indice CSI des droits dans le monde – les dix pires pays au monde pour les travailleurs et les travailleuses http://www.ituc-csi.org/IMG/pdf/emc_ituc_a4_fr_workers_rights_2.pdf

La CSI représente 180 millions de travailleurs au sein de 333 organisations affiliées nationales dans 162 pays et territoires.

Suivez-nous sur internet: http://www.ituc-csi.org et http://www.youtube.com/ITUCCSI

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