PCF : RESOLUTION PCF CONGRES ET INTERVENTION DE DENIS DURAND

Publié le 17 Avril 2016

PCF CONGRES
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Voici a résolution adoptée par la très large majorité du conseil national .

http://www.pcf.fr/…/def…/files/resolution_version_finale.pdf
et l'intervention de Denis Durand

.
Il y a un an encore, la rue appartenait aux mouvements réactionnaires des « bonnets rouges » ou du « mariage pour tous ». Aujourd’hui, c’est le mouvement contre la loi El Khomri et les « nuits debout ». Valls et Hollande n'ont rien vu venir, croyant les Français convertis, bon gré mal gré, à l’idéologie de la baisse du coût du travail. Jean-Luc Mélenchon n’a rien vu venir non plus. Faisant le même diagnostic sur l’état de l’opinion, il était trop occupé à repeindre en bleu-blanc-rouge sa plate-forme électorale pour 2017.
Instruits par les dures leçons de l’histoire, nous sommes plus modestes. Nous avons choisi d'écouter ceux qui disent : le travail n’est pas tout dans la vie, nous voulons des mesures concrètes pour que chacun puisse maîtriser tous les moments de sa vie en se libérant de la malédiction de la précarité et du chômage. Nous n’avons pas été pris au dépourvu puisque nous avions décidé une campagne « zéro chômage, pour une société de partage » et que nous avons pu en quelques jours exprimer dans la forme d’une proposition de loi vingt ans de travail sur la sécurisation de l’emploi et de la formation. C’est-à-dire les éléments concrets d’une alternative progressive au salariat capitaliste, et au lien de subordination des travailleurs au capital qu’il comporte sous la menace permanente de la précarité qui gangrène jusqu’aux emplois en CDI et aux emplois publics parce qu’elle traduit la crise profonde de ce qu’on appelle le « marché du travail ».
Autre manifestation de la crise du capitalisme financiarisé, le scandale des « Panama Papers » met en relief, à travers le cas de la Société générale, le rôle central des 25 banques « systémiques », cette « hydre mondiale » dont parle l’économiste François Morin, qui contrôlent la création monétaire avec la bénédiction des banques centrales et des gouvernements, et qui s’en servent pour organiser la tyrannie des marchés financiers sur toutes les décisions prises par les entreprises et les gouvernements. On ne changera pas cela sans un combat pour une autre utilisation de l’argent sur tous les terrains. Cela va jusqu’ à la politique monétaire. L’argent que la BCE déverse par centaines de milliards sur les marchés doit servir aux gens, aux peuples : cette idée commence à rassembler des forces très diverses à travers toute l’Europe.
Cela non plus, Jean-Luc Mélenchon ne l’a pas vu venir avec ses discours ambigus sur la « sortie des traités européens » qui tendent à désarmer tous les mouvements pour changer l’Europe.
La BCE nous sert pourtant sur un plateau l’occasion de mettre en évidence l’actualité d’une alternative : devant l’inefficacité de sa politique, elle a été amenée, à son dernier conseil des gouverneurs, à relancer des opérations de refinancement « ciblées » : si les banques prêtent aux entreprises, la BCE leur prêtera de l’argent à 0 % pour 4 ans. Si elles continuent à prêter aux entreprises dans les prochains mois, elle continuera de leur prêter mais cette fois-ci à -0,4 % : elle leur donnera de l’argent en plus de celui qu’elle leur prête ! Mais qui va décider à quoi va servir cet argent ? Les patrons ! Selon quels critères ? La rentabilité et le coût du travail ! Cela ne peut donc pas marcher, cela prépare de prochaines crises. C’est donc dès les entreprises que la lutte est à l’ordre du jour, pour que les travailleurs et leurs représentants aient le pouvoir d’imposer le financement par les banques de projets porteurs d’une sécurisation de l’emploi et de la formation, comme nous l’avons inscrit dans notre proposition de loi.
L’actualité souligne donc la pertinence des quatre axes de construction d’une alternative de gauche rappelés par le projet de résolution soumis aujourd’hui au Conseil national : emploi, argent, Europe, démocratie.
Comment permettre au mouvement populaire de prendre une force suffisante pour se libérer de la nasse de l’élection présidentielle et de son verrouillage ? En revenant dix ans en arrière, à l’époque bénie des « comités antilibéraux » ? En se ralliant en rase campagne à la candidature de Jean-Luc Mélenchon ? Pas sûr que l’unité et l’existence même du PCF puissent résister aux ferments de division que comportent ces propositions.
Au contraire, c’est en s’engageant sans complexes dans les tentatives de rassemblement pour une alternative à gauche, sous les formes très évolutives où elles se présentent aujourd’hui, en développant nos propositions répondant concrètement à la crise, que le PCF peut se rassembler et être à la hauteur de ses responsabilités devant le mouvement populaire.

Rédigé par aragon 43

Publié dans #PCF CONGRES

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