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ARAGON43

LOI KHOMRY: DETRUISONS LA ABSOLUMENT

31 Mars 2016 , Rédigé par aragon 43 Publié dans #syndicalisme

LOI KHOMRY: DETRUISONS LA ABSOLUMENT

LOI KHOMRY : LA DETRUIRE ABSOLUMENT

Le gouvernement peut faire toutes les simagrées indispensables pour cacher la réalité, rien ne pourra arrêter le monde du travail s’il se met en état de mobilisation pour empêcher que le pire arrive.

Plus d’un million de manifestants ont ce 31 mars défilé dans le pays pour s’opposer à cette loi scélérate.

Ils ont eu raison et de braver le mauvais temps, souvent pour dire leur indignation d’un gouvernement qui se dit de gauche puisse les outrager à ce point en leur demandant de céder leurs droits du travail à un patronat de plus en plus rapace. Bref de revenir sur des droits sociaux obtenus par des luttes tout au long du siècle dernier et qui ont vu des générations de travailleurs luttant pour conquérir des droits nouveaux.

Nos anciens, selon l’expression consacrée, doivent se retourner dans leur tombe en voyant cette bande de « vauriens », j’emploi ce mot, démolir les conquêtes de du Front populaire dont on va commémorer le 70eme anniversaire cette année, ou encore les victoires sociales de la libération et celles de 1968.

Tout cela inscrit dans le marbre des conquêtes ouvrières.

Tout ça à la poubelle nous disent Valls et sa chef majorette EL-Khomry, tombé du ciel où plutôt du de la vieille commode du Medef, et de l’ordonnateur des tâches Pierre Gattaz.

Je viens de parcourir le projet de loi que mon journal l’Humanité vient de publier : quelle déchéance ce gouvernement d’en être arrivé à recopier les prescriptions régulièrement répétées du Medef et particulièrement de l’Union des industries métallurgiques et minières, dont on sait avec quel soin celle-ci a toujours conseillé les gouvernements.

Ce texte est lamentable.

L’archaïsme « du faire suer le burnous » est à chaque paragraphe avec des attendus qui indiquent que le patron est seul maitre à bord et que nul ne peut contester son autorité ni même rouspéter qu’il se trouvera alors pris dans la nasse de l’évincement.

Un manifestant me disait ce matin à Creil, « on est retourné au 19eme siècle ». Il a raison et l’on croirait revenu au travail aux pièces et à la journée ou encore à quelques heures d’ouvrages ou de corvées.

Un autre disait, « les patrons vont pouvoir nous mener par le bout du nez si ce texte passe à l’Assemblée Nationale » : quel clairvoyance devant ce tableau nous ramenant au moyen-âge de l’histoire sociale de notre pays.

Le lisant, je faisais le lien avec les raisons invoquées par le gouvernement de rendre plus compréhensible le code du travail. Rappelez-vous, l’équipage gouvernemental et patronal n’avait pas trop de mot pour qualifier le code du travail comme indigeste. Le texte présenté sous le vocable de « loi du travail » est imbuvable à la lecture et il est imbuvable effectivement pour en saisir tous les coups fourrés qui se dégageront par la suite pour la meilleure interprétation possible pour l’exécuter dans les entreprises. Les salariés n’auront qu’à boire le « calice jusque la lie.

Un code du travail qui deviendra autant de code particulier dans chaque entreprise selon l’humeur et surtout l’appât du gain patronal.

Les grands patrons mais aussi le petits - parfois et souvent les pires- pourront « faire la loi chez moi » comme on disait dans le temps de nos grand parents.

Que de contorsions pour affirmer des instructions, tout compte fait anciennes. La durée du travail par exemple est développée avec tant de contours que l’on devine rapidement que le but n’est pas de clarifier mais de créer les meilleures conditions pour faire travailler les gens au maximum et d’allonger le temps de travail gratuit.

Les horaires, les pauses, les dérogations, les temps partiels, le temps de nuit, celui du dimanche et des jours fériés, tout est fait pour que dans l’enchevêtrement des formules pour présenter la chose comme l’entente entre le patron et le salarié à égalité par le raisonnable, la loyauté, par la courtoisie de chaque partie la vie au travail sera meilleure. On se croirait au paradis dans les lieux de travail. Mais les chaines toutes vieilles venant du siècle dernier, du temps des négriers sont à chaque ligne.

Tout est fait pour que les organisations syndicales ne soient plus que des figurants insignifiants avec le stylo sous la tempe.

Madame El-Khomry est prête à donner son nom à cette loi funeste pour le monde du travail et particulièrement pour les plus fragiles qui n’auront plus beaucoup de possibilités pour se défendre ; sinon que de se retrouver un beau matin remercié ( liquidé) par le patron quand celui-ci décidera de s’en séparer sans que quiconque puisse venir contester cette autoritarisme qui se trouvera libéré par cette loi dit du travail mais qui est une loi patronale.

Demain la patronat aura le pouvoir législatif, exécutif, judiciaire, dans son entreprise : il pourra légiférer, exécuter, juger selon son bon plaisir.

En m’appesantissant sur le texte je voyais déjà toutes les mesquineries, les machinations, les complots, les artifices pour se rompre le contrat d’embauche avec le salarié.

Les patrons auront beau jeu aussi de rendre un bilan négatif, après s’être bien servi, pour licencier les salariés de tel ou tel service ou telle ou telle entreprise. Nous savons tous comment ces malfaiteurs qui règnent dans les conseils d’administration procèdent pour dissimuler les profits et mettre telle ou telle entreprise dans le rouge comme on dit.

Dans le bassin Creillois, nous avons eu maints exemples, dont les derniers à Still Saxby et Goss à Montataire où les patrons sont partis avec les outils ailleurs et laissant sur le carreau des centaines de salariés.

Enfin, que dire de ces référendums pour contrer les organisations syndicales majoritaires, sinon que pour voir que derrière cela se cache la volonté de passer au dessus des syndicats et comme certains petits ou moyens patrons l’annoncent déjà qu’avec une telle loi ils grilleront les syndicats.

Vraiment un loi travail pour qu’à l’entreprise le travaille et tais-toi l’emporte et que la démocratie ne soit même plus évoquée devant un patronat maitre du jeu.

Bref un recul nous ramenant au servage.

Oui, il n’est pas trop tard pour empêcher la casse du code du travail.

Ce code peut être bien sûr amélioré dans son contenu, il le sera si la place des travailleurs est mise en avant car qui créent les richesse dans l’entreprise, sinon eux, et certainement pas ceux qui se l’accaparent en dividendes et en rémunérations ahurissantes comme celles de ces deux PDG de Renault et Peugeot.

Cette loi, finalement, ne vise qu’à permettre au patronat de relever son taux de profit.

Alors mettons cette loi par terre. Revendiquons-en sa déchéance immédiate.

Détruisons là afin qu’elle ne rende pas notre pays encore plus malade qu’il ne l’est.

Bernard LAMIRAND

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