MADAME EL KHROMI BIENFAITRICE DU MEDEF

Publié le 19 Février 2016

MADAME EL KHROMI BIENFAITRICE DU MEDEF

LA VIE DEMAIN SELON MADAME DE EL KHOMRI

Nous sommes en 2021, la droite a triomphé aux élections présidentielles et législatives en 2017 avec le concours du PS devenu un parti libéral regroupant les libéraux socialistes, les centristes et une partie des verts proches de la droite.

Les politiciens socialistes battus et leurs larbins on été recasés au Medef : un geste de bonté à leur égard de la part de Monsieur Gattaz.

Le nouveau président de la République avait nommé Pierre Gattaz premier ministre et Marine le Pen ministre du chômage et de l’insécurité sociale pour poursuivre la politique antisociale de son prédécesseur.

Ceux-ci, dans un élan de générosité, ont demandé à Madame El Khomri d’être la croque-mitaine de service, la dame des basses œuvres faisant marner tous ces « oisifs » que Madame Le Pen considère comme improductifs.

La vie est devenue dure pour la famille Martin, une famille qui avait auparavant un travail en CDI pour le mari et l’épouse et des enfants qui poursuivaient leurs études : elle habite désormais dans un taillis situé au bord du périphérique.

Monsieur Martin, chaque matin, vers 4 h se lève, nous sommes en plein hiver, il fait très froid, il allume une bougie, consulte une vieille montre qu’il a piqué au marché aux puces de Montreuil, s’habille rapidement, chausse de vieilles rangers récupérées dans un tas d’ordures, enfonce un vieux manteau rapiécée et un passe-montagne et s’en va « au travail » sans avoir déjeuner car il n’y a plus rien à avaler dans le garde-manger installé dans un vulgaire trou à rat .

Il pointera chez un particulier, un nommé Mocron, qui tient sous sa coupe des centaines d’hommes, de femmes, d’enfants, qui œuvrent pour lui depuis que les patrons ont été libérés de toutes contraintes syndicales et sociales. On les nomme les « auto entrepreneurs » ( terme nouveau pour situer une condition d’exploitation de la main d’œuvre différente de celle de salarié qui rappelle trop la lutte de classe). Ils sont tous assujettis à une plate forme américaine qui touche 50% des bénéfices réalisés sur la confection de chemises, le reste étant partagé par la famille Mocron(45%) et qui laisse « une générosité » aux dits auto- entrepreneurs comme Monsieur Martin.

Monsieur Martin, ne porte plus son âge, il a une trentaine d’années, on lui donnerait volontiers la soixantaine : l’âge moyen d’espérance de vie depuis que le gouvernement socialiste a mis en pièces le code du travail par les retouches successives en faveur des patrons et ensuite par sa disparition pour laisser la place à l’autoritarisme du MEDEF. Lui-même ne se rappelle même plus de la date exacte de sa naissance tellement il est abruti par les conditions de travail qui règne dans la tanière où le burnou sue nuit et jour ; il perdu d’ailleurs tous ses papiers Monsieur Martin où plutôt ceux-ci lui ont été confisqués par la dame patronnesse : une garce qui subtilise tout, y compris elle serait capable de lui prendre sa vieille montre qu’il aime tant et qu’il cache quand il entre dans la soue patronale.

Il est 6 heures, Martin et ses camarades sont au boulot - « camarade » un mot qu’il ne faut certainement plus prononcer de vive voix devant la cheftaine de peur d’aller nettoyer les chiottes de Mocron comme punition - ils entament une journée de travail qui va être longue jusque 18 heures, Monsieur martin peste devant ces horaires qui n’ont plus rien à voir avec les 35 heures, il devra faire plus si le « singe » considère qu’il y a une commande urgente et alors le retour se fera la nuit longeant le périphérique tout en faisant attention aux belles bagnoles des riches qui n’hésitent plus à écraser quelques quidams pour se faire plaisir depuis que le tir aux pigeons a été supprimé du fait d’un manque de livraison d’ateliers délocalisés en extrême- orient ou au Maroc.
Martin attend que le « dresseur » ( on appelle ainsi le contremaitre) qui apporte vers midi une soupe dite El Khomri composée de quelques légumes qui se battent en duel dans une mangeoire où chacun-e avec une grosse cuillère en bois absorbe le liquide depuis que les cantines n’existent plus du fait qu’elle étaient du temps mort et ralentissait la productivité.

Monsieur Martin à des craintes ce matin : il a appris que le carnet de commande des chemises à la « Macron » a baissé et que le tôlier allait s’appuyer sur la loi El Khomri pour virer manu-militari du personnel de trop comme il le fait régulièrement sans être embêtés par des plaintes au conseil des prud’hommes dont les bâtiments sont devenus des lieux d’instruction patronale.

Le tôlier est d’humeur massacrante : il est même en furie et frappe avec sa canne des enfants qui ne vont pas assez vite pour coudre les boutons des chemises. On sent dans l’atelier misérable que cela va barder et qu’il s’apprête à rendre son verdict en tant que maitre absolu ( le code du travail a disparu en 2016) et il sait qu’il aura le soutien de l’Etat et du front de droite avec Gattaz et Marine Le Pen . Il a en effet tout loisir de « lourder » les serfs et ce matin, dans la cour de l’entreprise il ne s’en privera pas : les sbires s’affairent déjà, l’appel a été fait et le tri est en cours et les plus défaillants-es, ceux et celles qui sont affaiblis par les dures conditions de travail, seront impitoyablement expulsés de l’entreprise avec des flics patronaux qui les déposeront le plus loin possible de l’entreprise macroniste.

Monsieur Martin est dans le paquet. Il est renvoyé, un terme ancien, revenu à la mode depuis que les procédures de licenciements ont disparu toujours avec la loi El-Khomri.

Monsieur Martin ne sait plus à quel saint se vouer. D’ailleurs on se demande si même les saints ne sont pas obligés d’ indiquer le nombre de brebis condamnés à travailler jour et nuits et surtout dimanche compris.

Que va-t-il devenir Monsieur Martin ?

Comment nourrir une famille de 7 enfants, provenant de plusieurs unions après des désunions précédentes du fait des cadences de travail infernales qui faient que même les couples les plus unis se désunissent avec ces temps de travail que le patron décide selon sa volonté et ses profits ?

En chemin, il rencontre ses enfants, ils viennent d’être pourchassés par la police des espaces verts chers aux bourgeois parisiens désireux de respirer le bon air : ils ont été « tapés » et leur nom ont été pris pour que Madame le Pen puissent sévir et supprimer le peu d’allocations familiales qui lui l reste.

Madame Martin est rentrée depuis peu, elle a fait le ménage dans les grands hôtels de grand matin, elle entretient les belles demeures du 16eme arrondissement, un arrondissement où il faut montrer patte blanche pour y pénétrer devant des gardes armés jusqu’au dent : c’est là qu’elle voit toutes les nuits le chassé-croisé des belles voitures, de belles femmes, le cou criblé de bijoux, elle a reconnu un jour la patronne de son mari : des gens qui font ripaille et dépense l’argent retiré des chemises que son mari et ses enfants fabriquent.

Monsieur Martin ne voit vraiment pas comment s’en sortir, il va faire appel à la charité mais il a appris que même les petites sœurs des pauvres et l’armée du salut sont maintenant obligés de distribuer leur charité qu’à condition que les bénéficiaires aient un travail dans les entreprises dites Macron et acceptent de travailler gratuitement.

Madame le Pen, chaque semaine, vérifie avec une armée de délateurs tous les cas sociaux, et chaque cas est répertorié sur un registre pouvant servir aux patrons pour embaucher et débaucher à leur guise. De même un livret du travail est désormais mis en place et indique tout le parcours de l’esclave et notamment ses incartades et les punitions reçues.

Monsieur Martin, a hâte de retrouver une vraie gauche et se mord les doigts de s’être abstenu aux élections et d’avoir contribué à élire une droite dure et extrême au pouvoir.

IL se rappelle le temps des droits sociaux et se dit que l’on y le reprendra plus.

Il n’est pas trop tard. Revenons à la réalité : tout est encore possible pour mettre par terre cette fichu politique de droite du gouvernement socialiste.

Bernard Lamirand

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Rédigé par aragon 43

Publié dans #humour

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